
Discipline emblématique du patrimoine culturel malgache, le Savika a conquis le public de la Capitale dimanche dernier à Mahatsinjo, dans la commune rurale d’Alasora. Une première réussie pour l’association des natifs d’Imady Ambohipo (FITIA), à l’origine de cette initiative visant à rapprocher cette tradition betsileo du grand public tananarivien.
Longtemps resté confiné aux zones rurales, le Savika a suscité un véritable engouement dimanche à Alasora. Nombreux étaient les spectateurs venus d’Antananarivo et de ses environs pour assister à ce spectacle inédit. L’événement a également été honoré par la présence de représentants du ministère de la Communication et de la Culture, de députés élus dans les régions betsileo, ainsi que de maires et de notables. La manifestation a réuni des « mpisavika » expérimentés, avec des zébus spécialement acheminés depuis la région d’Amoron’i Mania, berceau de cette pratique ancestrale. Des pratiquants résidant dans la Capitale, porteurs de cette tradition, ont également pris part à l’événement. « C’est vraiment impressionnant d’assister au Savika à Tana. On avait l’impression d’être à Imady », témoigne Mme Ninie. Le Savika, rappelons-le, est bien plus qu’un simple sport. Il s’agit d’un affrontement spectaculaire au cours duquel de jeunes hommes défient un zébu à mains nues, en s’agrippant à sa bosse ou à ses cornes, sans aucune protection. Au-delà de la performance physique, cette pratique obéit à des rites précis et revêt une forte dimension symbolique et identitaire chez les Betsileo, où elle est traditionnellement pratiquée lors des grandes festivités.
Au-delà du spectacle, l’objectif affiché par les organisateurs est clair : promouvoir et transmettre ce patrimoine aux nouvelles générations, tout en le faisant découvrir à ceux qui ne le connaissent pas. L’événement s’inscrivait également dans un cadre convivial, marqué par diverses animations culturelles, artistiques et musicales, ainsi que par une cérémonie d’échange de vœux entre les natifs d’Imady. Fort de ce succès, l’association FITIA, dirigée par Andriamahenintsoa Tolojanahary, entend poursuivre cette dynamique de vulgarisation. Un prochain rendez-vous est d’ores et déjà annoncé pour le 3 mai à Ambatomirahavavy, preuve que le Savika est en passe de trouver une place durable dans le paysage culturel de la Capitale.
Manjato Razafy




