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jeudi, septembre 10, 2026
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Spring Meetings : Madagascar avance ses pions et rassure ses partenaires à Washington

La délégation malgache, conduite par le Premier ministre Mamisoa Rajaonarison, au Capitole des États-Unis.

Aux Spring Meetings du FMI et de la Banque mondiale, Madagascar affiche une présence remarquée. À Washington DC, on parle d’une délégation malgache offensive, structurée et visiblement à l’aise dans ses échanges avec les partenaires techniques et financiers.

Dès les premières rencontres, le ton est donné. Madagascar vient à Washington avec une ferme volonté de mettre en œuvre son plan de relance économique, qui n’est ni improvisé ni réduit à des annonces. Selon la délégation malgache, ce plan s’appuie sur des réformes, sur une meilleure gouvernance, sur des projets structurants mieux exécutés, sur un environnement plus favorable à l’investissement, dans le cadre d’un pacte avec le secteur privé. Cette ligne – soutenue par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Ramiarison, également gouverneur du FMI (Fonds monétaire international) et de la Banque mondiale – semble avoir trouvé un écho positif auprès des institutions de Bretton Woods et des partenaires techniques et financiers.

Orientations

Avec la Banque mondiale, les discussions ont mis en évidence une convergence encourageante autour de plusieurs priorités jugées décisives pour la transformation économique du pays : infrastructures, énergie, transport, eau, numérique, capital humain, climat des affaires et accès au financement. Le rôle central du secteur privé dans la création d’emplois a également fait l’objet d’un consensus. La partie malgache a défendu l’idée que l’État doit d’abord créer les conditions permettant à l’investissement productif d’émerger, tout en consolidant la confiance entre acteurs publics et privés.

Signaux positifs

Pour appuyer cet engagement du gouvernement à transformer l’économie, le Premier ministre, Mamisoa Rajaonarison, à la tête de la délégation malgache, a été reçu jeudi dernier au Capitole des États-Unis, pour discuter de l’avenir de la relation commerciale entre les deux pays. En effet, cette bonne impression tient aussi à la capacité de la délégation à porter un discours réaliste. Face à un contexte international plus tendu, Madagascar a plaidé, devant les institutions de Bretton Woods, pour une lecture lucide des contraintes macroéconomiques, notamment en lien avec les tensions sur les produits pétroliers et leurs effets sur la croissance. L’objectif n’est pas de contourner les exigences de rigueur, mais d’adapter le cadrage aux réalités du moment afin de préserver les marges nécessaires à l’investissement et à la relance. Au-delà des prises de position, plusieurs signaux reçus à Washington apparaissent encourageants. Les partenaires se montrent attentifs aux efforts engagés par Madagascar en matière de réformes, de fiscalité, de gestion de la dette, de digitalisation et de rationalisation des dépenses. Des appuis supplémentaires sont envisagés dans des secteurs à fort impact sur l’emploi et sur les conditions de vie de la population.

Concret

Au fond, la séquence washingtonienne révèle une évolution importante. Madagascar ne se présente plus seulement comme un pays demandeur d’appuis, mais comme un interlocuteur qui cherche à convaincre, à négocier et à construire des partenariats autour d’une vision. En avançant ses pions avec constance et clarté, la délégation malgache a contribué à renforcer la confiance autour d’un cap : celui d’une relance fondée sur l’investissement, la production, l’emploi et la crédibilité de l’action publique.

Antsa R.

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