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jeudi, septembre 24, 2026
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Street fashion : Antsiranana s’en souvient

C’était une de ces premières qui marquent, bien après l’extinction des lumières.

À Antsiranana, au cœur du mois de juillet, la Fashion Street, animée par l’association Tamana, fait encore parler d’elle parmi les jeunes. L’événement est resté dans toutes les mémoires comme un refrain qu’on continue à fredonner. Une première édition saluée de tous côtés, couronnée de succès, qui a fait mentir ceux qui croyaient la ville endormie.

Le délestage a bien essayé de voler la vedette. Les lampadaires, sans courant, n’ont pu éclairer les silhouettes défilant sur le tapis rouge. Mais il en fallait bien plus pour éteindre l’enthousiasme. Presque instinctivement, les spectateurs ont levé leurs téléphones vers le ciel. L’éclairage public a été remplacé par des centaines de lampes de fortune. Ce soir-là, la lumière venait de la foule. Et c’était peut-être la plus belle scénographie.

Pendant longtemps, Antsiranana est apparue comme une ville paisible, parfois jugée trop tranquille, presque en retrait. Une renommée qui oubliait pourtant son passé. Dès la seconde moitié des années 1990, puis durant la décennie 2010, la ville a accueilli de nombreux événements culturels, artistiques et populaires qui ont façonné sa mémoire collective.

Aujourd’hui, le flambeau est repris par une nouvelle génération. Depuis l’après-Covid, associations, collectifs et jeunes créateurs font souffler un vent nouveau dans la cité. Ils refusent l’immobilisme. Ils créent, ils essaient, ils inventent, ils osent. Car une ville ne vit pas seulement de son passé : elle vit de l’audace de ceux qui l’imaginent grande, chaque jour un peu plus.

La ville de Varatraza paraît avoir laissé derrière elle cette vieille réputation de « zaza maditra » que certains lui appliquaient volontiers. Elle inspire plus qu’elle ne surprend désormais. Elle sert de référence, de modèle aux communes voisines, démontrant qu’avec de la volonté, de l’imagination et un peu de folie créative, une jeunesse peut redessiner le visage de sa ville.

Au fond, la Fashion Street n’était peut-être pas qu’un simple défilé de mode. C’était une déclaration. La preuve qu’aucun délestage ne peut plonger dans les ténèbres une jeunesse déterminée à faire rayonner sa ville. Mais quand les lampes s’éteignent, les rêves savent toujours trouver le moyen d’éclairer le chemin.

Iss Heridiny

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