
Le Syndicat des Inspecteurs des Douanes de Madagascar (SIDM) appelle au respect de la présomption d’innocence et des procédures légales, sans pour autant s’opposer aux enquêtes ni aux sanctions justifiées.
Lors d’une conférence de presse donnée hier au QG Restaurant, à Ankorondrano, le SIDM a tenu à apporter des clarifications sur les récents événements qui ont secoué le corps des douaniers ces derniers temps, notamment sur les suspicions de corruption à l’aéroport international d’Ivato.
Accusations de corruption
« Le SIDM ne s’oppose ni aux enquêtes ni aux sanctions lorsqu’elles sont justifiées, ni aux réformes nécessaires. Il demande simplement que tout se fasse dans le respect de la loi, de la vérité et des droits de chacun. » C’est en substance le message porté par les représentants du SIDM, dirigé par son secrétaire général, Daramana Herisoa Georges. Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par des accusations de corruption visant des agents des douanes, notamment à l’aéroport international d’Ivato. Il s’agit d’une manière de fustiger la diffusion d’accusations qui ne sont pas forcément vérifiées, mais qui nuisent malheureusement à l’image de l’administration douanière. Cela ne signifie pas pour autant que le syndicat cherche à nier l’existence de pratiques de corruption au sein de la Douane ni à soustraire les éventuels agents fautifs à leurs responsabilités. « Il faut distinguer les agissements individuels du fonctionnement de toute une administration », estime le SIDM, qui fait remarquer que « les soupçons visant certains agents ne sauraient justifier une mise en cause généralisée de l’ensemble du corps des douaniers ».
Discrédit
Le syndicat déplore ainsi que des accusations relayées dans l’espace public, avant même que les faits aient été établis, contribuent à jeter le discrédit sur l’institution. Il s’interroge également sur le respect des procédures légales dans le traitement de certaines affaires récentes et sur la communication autour des faits reprochés aux agents concernés. Il s’agit d’une manière d’en appeler au respect des droits des agents mis en cause. Au-delà de la défense des agents, le syndicat interpelle également les responsables de l’administration douanière, en leur demandant de prendre pleinement leurs responsabilités, notamment en apportant les éclaircissements nécessaires, en assurant la traçabilité des décisions et des instructions, y compris celles émanant de la hiérarchie, et en veillant au respect des droits de leurs collaborateurs. On rappelle que, ces derniers temps, le président de la Refondation de la République, Michael Randrianirina, a multiplié les descentes à l’aéroport international d’Ivato. L’on apprend également que des éléments de la présidence de la République y opèrent. La question qui se pose est de savoir si ces éléments présidentiels ont la qualification nécessaire en matière de contrôle aux frontières. Dans le cas contraire, le risque que des rapports sans fondement soient adressés au PRRM est énorme. Une menace pour ce métier, pourtant très réglementé et déjà géré par plusieurs entités techniques.
R. Edmond.




