
Le jeudi 24 septembre dernier, la Commission nationale malgache pour l’UNESCO, sise à Behoririka, a accueilli une conférence consacrée au Sorabe, ce manuscrit arabo-malgache qui constitue un patrimoine documentaire unique. Véritable mémoire des communautés de la côte Est, le Sorabe a fixé pour la première fois la langue malgache à l’écrit grâce à l’alphabet arabe, ouvrant ainsi Madagascar aux échanges culturels et historiques.
Enseignante-chercheuse italienne, Sylvia Neposteri consacre ses travaux au Sorabe depuis 2009. Elle est affiliée à l’Université de Milan, où elle développe une approche pluridisciplinaire mêlant philologie, histoire et anthropologie. En 2023, elle a publié « Voici l’histoire de nos ancêtres Anakara », un ouvrage fondé sur le manuscrit HB6 conservé à l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, à Paris.
Les « fandraka », les livres renfermant le Sorabe, sont estimés entre 200 et 250 exemplaires dispersés à travers le monde. Ils contiennent des récits historiques, des généalogies, des pratiques divinatoires et des savoirs médicinaux. Pour Sylvia Neposteri, il est urgent de recenser, d’étudier, de traduire et de publier ces manuscrits afin de les préserver et de les transmettre aux générations futures.
En marge de la recherche académique, ces travaux ouvrent la voie à une reconnaissance internationale. Le Comité national malgache Mémoire du Monde souhaite en effet inscrire le Sorabe au Registre international du patrimoine documentaire de l’UNESCO, une étape décisive pour assurer sa conservation et sa diffusion auprès des générations futures.
Hanitra Andria



