
« Et pourtant, il n’y avait pas encore eu ni concertation nationale ni décret de date officielle sur l’événement en question… », a posté un jeune historien sur son mur. L’article 2 du décret publié par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique le 19 janvier 2026 stipule : « … Le Nouvel An, ou taom-baovao malagasy, suivant le calendrier fixé lors de la concertation nationale », ce qui ne semble pas être pris en compte.
En effet, certains tenants des traditions des régions ne cachent pas leur inquiétude. D’après Ndriañatsaroña, un astrologue originaire de Bemanevika Sambirano, « la célébration du 18 et 19 mars ne reflète guère l’unité nationale ». Ainsi, le reste de la Grande Île ne se sent pas concerné, voire marginalisé. L’historien Randriamahefa décrit l’origine de la fête : « L’Alahamadibe en question est en souvenir du fandroana instauré par le roi Ralambo d’Alasora-Ambohitrabiby (Imerina), symbolisant le renouveau de son pouvoir sacré. Ses prédécesseurs l’ont substitué par la date de leur montée au trône ou la date de leur anniversaire. Pendant la colonisation, c’était le 14 juillet et les ray aman-dreny apportaient le hasina auprès du gouverneur général de l’époque. Et les autres…? ». Oui, les autres ne sont que des spectateurs impuissants, recroquevillés derrière l’écran de leur smartphone, faisant défiler rapidement les photos et les vidéos de leurs concitoyens de la capitale, transportés par l’ambiance de convivialité.
En revanche, des érudits voient la situation sous un autre angle. L’anthropologue Yannick Rahasinavelo, par exemple, a avoué : « Il faut du temps pour bâtir une nation. Ce n’est pas par hasard si le gouvernement n’a pas encore décrété le Nouvel An malgache jour férié. Il faut trouver le point commun des Malgaches. Nous devrions attendre la concertation ».
Force est de rappeler qu’en septembre 2025, le SIRFA (Sehatra Itambaran’ny Raiamandreny Faritanin’Antsiranana) – cercle réunissant les raiamandreny et olo-be de la partie septentrionale du pays, a soulevé l’importance de l’unité nationale à travers le lohataoño malagasy. « La tradition orale et les recherches effectuées par divers spécialistes en sciences humaines confirment que le lohataona, ou lohataoño, marque le début du printemps, une nouvelle année de récolte », a fait savoir le professeur linguiste Jean de Dieu Kalobotra. D’ailleurs, les membres de l’Académie malgache, composés de chercheurs, ont inclus l’événement dans le calendrier du pays au début des années 1900…
Iss Heridiny




