La célébration du « Taombaovao malagasy », le Nouvel An malgache qui s’étale sur plusieurs jours, a obtenu cette année l’adhésion d’un plus grand nombre de personnes dans la capitale, à en juger par les longues files qui se formaient à Mahamasina pour le « Fidiovana », hier, et la présence du public aux différentes festivités au programme de la célébration.
« Taombaovao » et dissensions
Seulement, la date du Nouvel An malgache est encore loin de faire l’unanimité dans le pays. La question risque de susciter de vifs débats lors de la concertation nationale à venir. Le décret n°2026-006 du 6 janvier 2026 fixant la liste des jours fériés, chômés et payés au titre de l’année 2026, fait mention du Nouvel an malgache, férié, chômé et payé suivant le calendrier fixé lors de la concertation nationale. Mais comme celle-ci n’a pas encore eu lieu, la célébration actuellement en cours ne fait pas l’objet d’un jour férié.
Pourtant, le « Taombaovao malagasy » doit avant tout refléter l’unité nationale. Pour l’heure, les positions semblent éloignées les unes des autres, entre l’Alahamadibe au mois de mars du calendrier grégorien, et le « Lohataona », en septembre comme c’est le cas dans la partie Nord du pays. On se rappellera de la tenue d’un sommet de la communauté royale de Madagascar en 2024, qui a abouti à un début de consensus : la célébration du « Taombaovao Malagasy » en mars et le « Fetin’ny hasim-pirenena iraisan’ny Malagasy », en septembre. Mais visiblement, les divergences de vue semblent être fortement ancrées et les positions difficilement conciliables. Pour les uns, le « Taombaovao » en mars reflète davantage l’Alahamadibe auquel est associé le « Fandroana » du temps de Ralambo, symbolisant le renouveau du pouvoir sacré du roi, pour les autres, le « Taombaovao » en septembre symbolise davantage le début du printemps marqué par le réveil de la nature, la floraison de l’Ambiaty, annonçant le « lohataona », le début d’une année nouvelle.
En attendant la tenue de la concertation nationale où seront attendus l’entente et le véritable consensus entre les différents pôles défenseurs de la tradition malgache, astrologues, et historiens, sur la fixation d’une date unique pour le Nouvel An malgache, la célébration à deux dates risque de persister encore longtemps. Il est peut-être temps que les dissensions prennent fin… enfin.
Hanitra R.


