
La fronde anti-TVM s’intensifie. Entre la Gen Z samedi et les clubs auto dimanche à Analakely, le week-end sera chaud. Un camouflet pour le fisc et les députés, poussés dans leurs retranchements.
La tension monte d’un cran. Malgré les tentatives désespérées des tenants du pouvoir pour désamorcer la contestation naissante, la fin de semaine s’annonce particulièrement animée dans la capitale. Deux mouvements de contestation sont programmés pour fustiger l’application de la Taxe sur les véhicules à moteur (TVM), instaurée par la Loi de finances initiale 2026. Une fronde fiscale qui rassemble désormais différentes générations d’usagers de la route, bien décidées à faire reculer le gouvernement.
Excessif. Le coup d’envoi des hostilités sera donné ce samedi par la « Gen Z ». À travers sa plateforme de communication, ce mouvement de jeunes a lancé un appel à une manifestation générale. « La nouvelle loi concernant la TVM pour les motos et les voitures est inacceptable. Le peuple subit déjà la pauvreté et les difficultés quotidiennes, et on continue de lui imposer des taxes et des impôts excessifs », fustigent les organisateurs, qui exigent purement et simplement la suppression de cette redevance. Le lendemain, dimanche, le relais sera pris à Analakely par le monde du tuning et des automobilistes. Les différents clubs de passionnés de mécanique (Golf MK2, Peugeot 206, Golf MK4, Peugeot 207, entre autres) se sont donné rendez-vous au cœur de la ville pour afficher leur opposition. En tout cas, chaque club s’organise déjà sur les réseaux sociaux.
Contreparties. Pourtant, le Directeur général des impôts (DGI), Liva Rajoelison, a tenté, mercredi dernier, d’éteindre l’incendie en annonçant le report de l’échéance de paiement, initialement fixée au 15 juillet. En vain. Cette décision n’a en rien calmé l’opinion publique, hostile à cette taxe depuis mercredi. Pour les contestataires, le report n’est qu’un écran de fumée : ils réclament l’abrogation pure et simple d’une charge financière lourde pour des ménages déjà asphyxiés par l’inflation. D’autant que les contribuables déplorent l’absence de contreparties visibles, pointant du doigt l’état pitoyable des routes malgaches.
Bad buzz. Face à cette fronde, le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, s’est retrouvé au centre d’un véritable bad buzz sur la toile. Tentant de surfer sur le mécontentement populaire, ce dernier a affirmé que cette taxe avait été instaurée sous l’ancien régime et que les parlementaires s’activeraient à la supprimer lors de la prochaine Loi de finances rectificative (LFR). Une sortie médiatique qui a suscité le ridicule : l’opinion publique n’a pas manqué de rappeler que ce sont ces mêmes députés qui ont voté à l’unanimité la Loi de finances initiale (LFI) en novembre dernier, après la chute du régime Rajoelina. Cette co-responsabilité flagrante entre le législatif et l’exécutif ne passe pas. Alors que le week-end s’annonce sous haute tension, une autre revendication gagne un peu plus de terrain dans les discussions : celle de la dissolution pure et simple de la Chambre basse.
Julien R.


