
Cet opérateur indo-pakistanais est accusé d’être impliqué dans le projet visant à permettre l’évasion du colonel Patrick Rakotomamonjy.
Nouveau rebondissement dans l’affaire de tentative d’incendie de la maison de force de Tsiafahy. Dans un communiqué publié hier, le ministère de la Justice a engagé une procédure officielle de coopération judiciaire en vue de réclamer l’extradition de Shemir Sokataly vers Madagascar. Le cas de cet homme d’affaires indo-pakistanais, interpellé le 23 octobre dernier à Flic-en-Flac, sur l’île Maurice, est actuellement au centre des négociations entre la justice malgache et les autorités mauriciennes. Des émissaires malgaches, composés de magistrats, d’officiers de police judiciaire et de représentants du ministère de la Justice, séjournent actuellement à Port-Louis afin de soutenir cette demande et de présenter les éléments nécessaires à l’examen du dossier. À travers cette démarche, la justice malgache entend poursuivre la procédure relative aux faits présumés liés à la tentative d’incendie et d’explosion de la maison de force de Tsiafahy, ainsi qu’à la tentative de faciliter l’évasion d’un détenu. Une affaire qui a également éclaboussé le colonel Patrick Rakotomamonjy, déjà détenu à Tsiafahy pour des motifs de déstabilisation et d’atteinte à la sûreté de l’État. Association de malfaiteurs, complicité de tentative d’incendie criminel, aide à l’évasion en bande organisée, complicité de troubles à l’ordre pénitentiaire et financement d’activités délictueuses : ce sont, entre autres, les chefs d’inculpation qui pèsent sur le président-directeur général de la société agroalimentaire Maëva Groupe, basée au Mozambique. À souligner que ce dernier faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice malgache. Le ministère de la Justice souligne toutefois que la décision d’extradition relève des autorités judiciaires mauriciennes, dans le respect des procédures légales et des droits de l’intéressé. Une manière de laisser entendre que l’extradition en question n’est, pour le moment, pas acquise automatiquement.
Preuves accablantes
Shemir Sokataly est notamment accusé d’être le principal bailleur de fonds du projet visant à incendier la prison de haute sécurité de Tsiafahy et à préparer l’évasion du colonel Patrick Rakotomamonjy. L’ancien directeur du Bureau des doléances de la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar est incarcéré dans cette maison de force depuis le 16 avril de cette année. Dans un téléphone portable découvert dans sa cellule lors d’une fouille effectuée le dimanche 23 août, des preuves accablantes auraient été trouvées, si l’on en croit les révélations de la procureure Narindra Navalona Rakotoniaina. Parmi ces preuves figuraient des discussions compromettantes concernant un plan d’évasion, des messages vocaux, ainsi que des correspondances avec plusieurs personnes à l’extérieur de la prison, dont une influenceuse résidant à l’étranger, qui avait pour mission de chercher un financement de 4 000 euros. D’après les explications, le nom du patron de Maëva Groupe aurait notamment été cité dans ces preuves saisies. Sept individus ont été incarcérés dans cette affaire. Les yeux sont désormais rivés vers la justice mauricienne, qui devrait donner sa réponse à cette requête d’extradition dans les jours qui viennent. Après l’affaire de l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, en détention provisoire à Maurice depuis un an, le dossier Sokataly constitue un énième dossier chaud traité entre les justices des deux pays.
Davis R



