
Dans le district d’Andapa, la commune rurale d’Ambodidivaina ne se contente pas de rêver de développement : elle le bâtit. Sous la houlette de son maire, Théodore Rasolomanana, élu sous les couleurs du parti ADN, la localité impose sa marque : l’action pure.
« Acta non verba ». Ce n’est pas un simple slogan à Ambodidivaina, c’est une profession de foi. À la tête d’une commune enclavée, Théodore Rasolomanana a compris que, pour changer le quotidien de ses administrés, il ne faut pas attendre les miracles d’en haut. La dernière illustration en date ? Le village d’Ambodisatrana. Le 13 août dernier, la dalle du pont flambant neuf, point névralgique de passage, a été coulée. Adieu le vieux pont de bois précaire, place à une structure pérenne. « Remercions le maire, c’est grâce à lui, sa pioche et son marteau, que cette infrastructure a pu voir le jour », s’enthousiasment les riverains.
Culture ADN
Le bilan de l’édile ne s’arrête pas aux infrastructures. De la réhabilitation de pistes, avec l’appui dynamique des fokonolona, à la distribution de 170 lampadaires pour sécuriser les nuits, en passant par l’octroi de kits scolaires aux nouveaux titulaires du CEPE et la fourniture de matériaux de construction pour les bureaux de fokontany, le maire quadrille le terrain. Pour Théodore Rasolomanana, la proximité est une règle d’or. Sa marque de fabrique ? Ces espaces de concertation où les olo-be et notables villageois scrutent le bilan annuel. « Une culture ADN », précise-t-il, reconnaissant au passage le soutien constant de l’instance dirigeante de son parti. Pourtant, cette énergie débordante se heurte régulièrement à un mur de béton : l’administration centrale.
Lourdeur administrative
Si le maire salue l’utilité du Fonds de développement local (FDL), il ne mâche pas ses mots sur sa mise en œuvre. « C’est nécessaire, certes, mais le dispositif est devenu une usine à gaz », peste-t-il. Entre la complexité du montage des dossiers et l’impossibilité, pour des communes isolées, de trouver des prestataires répondant aux critères stricts du code des marchés, le FDL ressemble parfois à un mirage budgétaire. Mais c’est la lourdeur administrative qui irrite le plus. « On nous demande un NIF-STAT pour l’achat de quelques kilos de clous ou de sable ! C’est déconnecté du réel, c’est humiliant pour des maires qui, faute de formation spécifique, se retrouvent parfois sous le coup de la loi pour des erreurs de procédure administrative », s’indigne l’élu. Pour lui, cette technocratie excessive « asphyxie les initiatives locales ». Il regrette que « la lourdeur administrative plombe souvent le développement ».
Coups bas
Au-delà de la bureaucratie, le maire dénonce un climat politique malsain. Entre les élus qui préfèrent « distribuer des coups bas » plutôt que de collaborer au développement de la circonscription, et les contraintes budgétaires structurelles, la tâche est ardue. « Il n’y a pas d’école pour devenir maire, nous apprenons sur le tas », rappelle-t-il, amer. Pourtant, malgré ces vents contraires, Ambodidivaina persiste. Le pont d’Ambodisatrana reste le symbole de cette résilience. Le message est clair : le développement doit venir de la base. Pour que ces communes rurales puissent réellement décoller, il faudra bien, un jour, que l’administration simplifie ses rouages et laisse respirer ceux qui, au quotidien, font le pays. En attendant, Théodore Rasolomanana continue d’avancer, fidèle à son credo : agir, encore et toujours, envers et contre tout.
Julien R.





Lourdeurs administratives..loin d’être faux.la majorité des administrations sont encore au cahier et papier. à l’heure de la généralisation informatique mais il faut bien faire vivre tous ces fonctionnaires