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jeudi, octobre 22, 2026
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Tradition : Ferveur, rituels et zébus sacrés pour le « Jôro vangy tanimagnintsy »

Décor de carte postale et rassemblement de la communauté Anjoaty, une tradition bien malgache. (crédit photo : Dovin Makua English Coaching)

Tous les quatre ans, la communauté Sakalava Anjoaty se réunit à Vohémar pour honorer ses ancêtres et entretenir ses sépultures sacrées. Du défrichage du site aux sacrifices de zébus, la tradition du « Jôro vangy tanimagnintsy » a mobilisé une vaste foule venue de tout Madagascar du 17 au 19 octobre.

« Chez nous, l’expression Tany magnintsy désigne un tombeau », explique Raymond Jaoriziky, président de l’association des Sakalava Anjoaty d’Iharagna (FISANI). En traduction libre, tany magnintsy signifie tout simplement « sol froid ». De samedi à lundi, la tradition du « Jôro vangy tanimagnintsy » a rassemblé à Vohémar, ou Iharagna pour les locaux, cette communauté malgache. Pour faire simple, il s’agit d’un rassemblement communautaire dont le principe est, sur certains points, similaire au nettoyage familial des tombeaux, comme cela se fait dans les Hautes Terres, dans l’Alaotra, à l’est et dans d’autres régions du pays. « Rien de spécial, nous le faisons tous les quatre ans. Les sépultures sont envahies par les plantes et méritent d’être nettoyées », souligne Raymond Jaoriziky. Dans le parler local, cette exubérance des plantes se nomme « dobo ». Un mot connu dans tout Madagascar, mais dont les significations sont plus ou moins similaires. Comme pour toutes les traditions malgaches, les jours propices sont choisis et fixés pour effectuer les rituels. Ensuite, l’appel est lancé. « Avec les réseaux sociaux, cela a beaucoup changé les choses », reconnaît-il. L’affluence a nettement augmenté cette année. Venus de Tuléar, de Tananarive, de Tamatave et de presque tout le territoire national, les Anjoaty de la diaspora ont répondu à l’appel. Le « Jôro vangy tanimagnintsy » connaît maintenant un regain d’intérêt. La jeunesse a répondu présente du 17 au 19 octobre à Vohémar. « Il nous est interdit de nous introduire dans le lieu en temps normal, sauf pour les enterrements. C’est pour cela qu’il faut le défricher tous les quatre ans », explique le président de la FISANI. Le samedi, la foule a nettoyé le site sacré. Le dimanche après-midi, elle a préparé le « toha-drazagna » pour réaliser le « joro », puis a poursuivi avec le « Tsimandrimandry ». Enfin, le lundi, ce dernier rituel a été réalisé avec des zébus. Cette année, selon les dires, plus de 250 bovidés ont été sacrifiés. Chez les Anjoaty, « joro » signifie aussi « mamangy », d’où est tiré « vangy ». Cela veut dire rendre visite. « Parce que vous rendez visite à vos ancêtres, il est approprié d’emmener des zébus pour les honorer », poursuit Raymond Jaoriziky. Le point culminant, assez impressionnant, est l’immolation de ces animaux. « Comme nous n’attachons jamais nos zébus, nous les menons dans la mer. Dans la mer, ils deviennent dociles. » En quelques minutes, une partie de la mer devient rouge. Une image presque biblique. « Il n’y a pas de signification particulière, c’est surtout pour le côté pratique », précise-t-il. Les viandes sont ensuite partagées entre toutes les personnes présentes, sans distinction. À l’instar de toutes les traditions malgaches, festives ou sacrées, il s’agit du « nofonkena mitam-pihavanana ». Rendez-vous en 2030.

Maminirina Rado

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