De l’interception de 800 tortues à Mahajanga en décembre 2024 à l’arrestation d’un ressortissant tanzanien à Ivato en octobre 2026, plusieurs affaires mettent en lumière la dimension transfrontalière du trafic de tortues protégées à Madagascar.
Un ressortissant tanzanien, soupçonné d’être impliqué dans des réseaux de trafic de tortues, a été arrêté le 17 octobre dernier à l’aéroport international d’Ivato, alors qu’il tentait d’entrer à Madagascar. Visé par un mandat d’arrêt délivré en 2025, il est notamment soupçonné d’avoir participé à des opérations de trafic portant sur 1 552 tortues à Manja et 766 autres à Mahajanga, la même année. Présenté devant le parquet du Pôle anti-corruption (PAC) le 21 octobre, il a été placé en détention provisoire dans l’attente de son procès. Cette arrestation rappelle une autre affaire survenue le 27 décembre 2024 à Mahajanga. Ce jour-là, les gendarmes avaient interpellé un ressortissant tanzanien de 43 ans en possession de 800 tortues radiées (Astrochelys radiata), réparties dans sept sacs. Les animaux, originaires de Morondava, avaient été découverts à Betamanga, dans le fokontany d’Andovinjo, au sein de la commune urbaine de Mahajanga. Selon le signalement reçu par les forces de l’ordre, les tortues devaient être acheminées clandestinement vers la Tanzanie à bord d’une vedette rapide. Le rapprochement entre ces deux affaires pose une question : pourquoi des ressortissants tanzaniens apparaissent-ils dans plusieurs dossiers de trafic de tortues à Madagascar ? La récurrence de ces cas mérite d’être examinée. La proximité maritime entre Madagascar et la côte Est africaine, ainsi que l’existence de liaisons transfrontalières, constituent des pistes à examiner pour comprendre les itinéraires empruntés par les trafiquants. Les enquêtes doivent notamment permettre d’identifier les organisateurs, les éventuels intermédiaires locaux, les circuits de transport et les destinataires de ces animaux protégés.
T.M.




