
Madagascar fait partie des pays africains signataires de la Déclaration de Kampala sur le CADEP/CAADP, ou Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine, en janvier 2025, après les déclarations de Maputo et de Malabo.
« Cette Déclaration de Kampala se traduit par la mise en œuvre d’un plan stratégique étalé sur une période de 2026 à 2035 en vue de promouvoir un système alimentaire durable et résilient pour une Afrique saine et prospère », a expliqué hier Christine Campeau, directrice de la politique sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle au sein de Care International, lors d’un atelier national des acteurs non gouvernementaux sur la gouvernance, le renforcement de capacité et le plaidoyer. Elle a ensuite énuméré les six engagements de cette Déclaration de Kampala, à savoir l’intensification de la production durable de l’ordre de 45 %, l’agro-industrialisation et le commerce, la réduction de 50 % des pertes post-récolte et le triplement du commerce des produits agroalimentaires intra-africain. Stimuler les investissements et les financements de la transformation des systèmes alimentaires, améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et promouvoir l’inclusivité et des moyens de subsistance équitables, ainsi que construire un système agroalimentaire résilient face aux chocs climatiques et renforcer la gouvernance, sont également les autres engagements inscrits.
Allouer 10 % du budget. L’implication des acteurs non gouvernementaux tels que les organisations de producteurs, les instituts de recherche, les ONG, la société civile, les autres partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé s’avère aussi importante. « D’où l’organisation de cet atelier durant trois jours, avec l’appui de la GIZ, pour renforcer une meilleure compréhension de cette Déclaration de Kampala tout en identifiant les priorités nationales et en élaborant un plan d’action sur 6 à 12 mois », a fait savoir Mirana Fanomezantsoa, directrice pays de Care International à Madagascar. De son côté, Harimino Ainanavalona R., directeur général de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, a évoqué que l’État doit allouer au moins 10 % de son budget au secteur agricole. « Le renforcement du partenariat avec ces acteurs non gouvernementaux s’impose ainsi en matière de plaidoyer. Ceux-ci peuvent en même temps effectuer un suivi sur la réalisation de ces engagements signés », a-t-il ajouté.
Secteurs prioritaires. Par ailleurs, « l’implication de ces acteurs non étatiques contribuera à l’amélioration du score de Madagascar de 4,83/10 à 9,29/10. Plusieurs pays africains ont ce même score en raison de plusieurs défis auxquels ils sont confrontés. En revanche, l’agriculture, l’élevage, la pêche et la foresterie sont les secteurs prioritaires pour la mise en œuvre du plan stratégique », a exprimé Miandrisoa Rakotozanany, point focal du CADEP/PDDAA à Madagascar. Parmi les acteurs non étatiques, le réseau panafricain d’instituts de recherche FANRPAN joue un rôle important dans le cadre de cette consultation multi-acteurs. « Il fournit des données et analyses pour faciliter la prise de décision tout en traduisant les engagements lors de la Déclaration de Kampala en politiques nationales », a indiqué Randrianarisoa Mina Tsiriarijao, coordinatrice de FANRPAN à Madagascar.
Navalona R.




