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mardi, octobre 6, 2026
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Tribunal Anosy : Gastro Pizza et les victimes de la fusillade de la Police à Namontana portent plainte

L’avocate et le gérant devant la presse, hier.

La famille de l’employé décédé à Namontana ainsi que le gérant de La Gastro Pizza ont déposé plainte, hier, au Toby Ratsimandrava, à la suite de l’intervention policière qui a fait un mort et plusieurs blessés. Une conférence de presse s’est tenue hier au tribunal d’Anosy, après le dépôt de la plainte par leur avocate. Selon les explications de Me Sylvianne Raveloarinivo, les faits soulèvent de nombreuses interrogations sur les circonstances de l’intervention. Des policiers en civil, qui n’auraient décliné ni leur identité ni présenté leurs cartes professionnelles, auraient procédé à l’interpellation du groupe. Les personnes concernées auraient ensuite été contraintes de s’agenouiller avant que des coups de feu ne soient tirés. L’un d’eux, atteint à la tête, a succombé à ses blessures. Plusieurs autres personnes ont été touchées, notamment à la main, alors qu’elles auraient eu les bras levés en position agenouillée. Une autre victime, grièvement blessée, aurait dû subir une intervention chirurgicale en urgence, une balle étant restée logée dans son bras.

Mioratina Rasolonjatovo, gérant de La Gastro Pizza à Soanierana, affirme que les employés ont l’habitude de l’accompagner lorsqu’il rentre chez lui, la nuit, et qu’ils croisent régulièrement les forces de l’ordre. Il raconte qu’au moment où les coups de feu ont retenti, il était en train d’enlever ses chaussures. Selon son témoignage, les personnes blessées auraient pourtant été interpellées de nouveau le lendemain matin. Lui-même figure parmi les personnes conduites au commissariat. Il indique avoir finalement été relâché avec une autre personne. Deux autres personnes ont été conduites à l’hôpital Homi Soavinandriana pour recevoir des soins. Cinq personnes seraient toujours hospitalisées, selon le gérant. Pour Me Sylvianne Raveloarinivo, l’intervention aurait été marquée par un déséquilibre dans le rapport de force. « Il y a eu un déséquilibre dans le rapport de force et un abus », soutient l’avocate, précisant que les personnes concernées « ne sont pas des bandits et ne détenaient aucune arme ». D’après ses explications, les seuls objets qu’elles auraient eus en leur possession étaient des manches de serpillière, utilisées pour se protéger d’éventuelles attaques de chiens lors des déplacements nocturnes.

Deux enquêtes ouvertes par le parquet. De son côté, le parquet du Tribunal de première instance d’Antananarivo a annoncé l’ouverture de deux enquêtes à la suite de l’incident. Le procureur de la République s’est rendu sur les lieux, accompagné de responsables de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale, afin de constater directement les circonstances dans lesquelles les faits se sont produits. La première enquête porte sur les violences dénoncées, à la suite d’un appel et d’une plainte reçus par la Police nationale. La seconde vise à déterminer s’il y a eu d’éventuels abus ou un usage disproportionné de la force lors de l’intervention des forces de l’ordre. Le parquet indique que les investigations devront permettre d’établir les circonstances exactes des faits et de déterminer les éventuelles responsabilités, dans le respect des procédures judiciaires et de la présomption d’innocence.

Yv Sam

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