
C’est parti pour trois jours d’immersion dans l’univers du livre et de la littérature, dans la cour de la Bibliothèque nationale (BNM) à Anosy. Le Salon du livre 2026 ou Tsenaben’ny Boky, ouvert officiellement hier, se poursuit jusqu’à demain 25 avril. Organisé par le ministère de la Communication et de la Culture dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, célébrée chaque 23 avril, il réunit auteurs, éditeurs, libraires, associations et institutions, ainsi que tous les acteurs du cycle du livre autour d’un même objectif : promouvoir la lecture et valoriser les industries créatives et culturelles malgaches.
La cérémonie inaugurale, animée par les artistes de l’ANAC, a donné le ton. L’allocution d’Annick Andrianasolo, présidente de Havatsa UPEM et représentante des écrivains, a rappelé l’importance des auteurs dans la construction de la nation et la nécessité de lire davantage les œuvres malgaches.
L’intervention de Ravaka Tahiry Mihamina, fondatrice des éditions Karné, a, quant à elle, souligné l’essor du secteur. D’ailleurs, en marge du boom qu’a connu le marché du livre durant ces cinq dernières années, plusieurs ouvrages malgaches ont récemment trouvé preneur à l’étranger, comme au Bénin ou aux Philippines, entre autres, selon elle. Ravaka incite surtout les citoyens à consommer les produits littéraires malgaches, parce que près de 700 familles vivent aujourd’hui du livre à Madagascar.
Mais malgré ces avancées, la sensibilisation à la lecture et l’accès aux livres restent encore un défi, tout comme la difficulté du chemin à parcourir pour publier un livre. Même le ministre de la Culture et de la Communication reconnaît la limite des actions de son ministère, le budget alloué étant limité à seulement milliards d’ariary pour les deux entités (la Communication et la Culture), selon ses explications.
Cela explique en partie le fait que ce genre d’événement ne se fait presque jamais sans appui. Justement, Orange Solidarité Madagascar (OSM), l’un des partenaires, a mis en avant son rôle de passerelle entre livre et numérique. « Le livre, la lecture et le numérique sont indissociables pour construire une société plus instruite », rappelle Vavitsara Gabriella Rahantanirina, vice-présidente d’OSM.
Face aux défis d’accès aux livres, OSM agit pour rapprocher les enfants et les jeunes du savoir, en renforçant l’apprentissage de la lecture, en cultivant le plaisir de lire, tout en mettant le numérique au cœur de cette transformation, pour dépasser les contraintes géographiques, élargir l’accès aux contenus et proposer de nouvelles façons d’apprendre, notamment à travers des ateliers supercodeurs, des contes interactifs, des concours de lecture ou la transformation de récits en dessins animés.
Il est, en tout cas, évident que les talents des auteurs locaux et la création littéraire ont besoin d’être valorisés. La reconnaissance de talents malgaches, à l’image de Hary Rabary, finaliste du Prix Orange du livre en Afrique 2024 pour son livre Za Koa, illustre cette ambition de porter haut le patrimoine littéraire national. Dans cet élan, OSM accompagnera également la Bibliothèque nationale et le ministère de la Culture et de la Communication dans le lancement prochain d’un prix littéraire national.
En attendant, les stands du salon proposent des livres à découvrir, des rencontres avec des auteurs, des ateliers mêlant livre et technologies, ainsi que des démonstrations de solutions ludiques et pédagogiques.
Hanitra Andria


