- Publicité -
dimanche, octobre 4, 2026
- Publicité -
AccueilCultureTsiory Narovana Razanadrakoto – slameuse, poétesse et pratiquante de « spoken word...

Tsiory Narovana Razanadrakoto – slameuse, poétesse et pratiquante de « spoken word » : « Le grand danger… c’est quand la liberté d’expression est annihilée et quand les connaissances sont bridées »

Entre ancrage malgache et art engagé, le parcours de Nazarro pour le « mic », de ses premiers écrits intimes aux répressions politiques, en passant par sa farouche défense de la liberté d’expression, inspire.

Midi Madagasikara : Parlez-nous un peu de vous…

Tsiory Narovana Razanadrakoto : J’ai grandi à Tananarive Atsimondrano, à Ampitatafika « 102 ». J’y vis toujours aujourd’hui. Je viens de Manjakandriana. Après mes études primaires au collège Les Chérubins, puis au lycée Saint-Michel à Itaosy, je suis actuellement un cursus en sociologie.

Avec le slam, depuis la classe de huitième, j’écrivais déjà des rimes dans mon journal intime. Ensuite, j’ai commencé à vouloir écrire des chansons. En quatrième, j’ai été très productive dans l’écriture, avec de plus en plus de maturité. Mes premiers juges ? Mes ami(e)s de classe. Ils et elles me poussaient déjà à les transformer en chansons et à les chanter.

M.M. : Le déclic a eu lieu au lycée ou à l’université ?

T.N.R. : Bref, une équipe de Madagaslam est venue dans notre lycée. Et il y a eu le déclic. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de devenir « slameuse ». Ma première scène a eu lieu le 15 février 2020. En 2022, mon slam « Efa sitrana » est sorti. C’est là que j’ai commencé à être reconnue du grand public. Les scènes se sont alors succédé, ainsi que les collaborations.

M.M. : Vous avez vécu l’une des pires choses qu’un artiste, voire un simple citoyen, puisse vivre durant la période d’Andry Rajoelina. Avez-vous pensé un jour que vos textes vous mèneraient jusque-là ?

T.N.R. : C’était en 2023. Cette année-là, j’ai vécu un grand combat. Quand mon slam « Madagougou » est sorti, j’y évoquais la situation sociale, notamment après les « affaires » de fuite de sujets et les épreuves du baccalauréat passées à la bougie.

On m’a convoquée auprès des forces de l’ordre et on m’a forcée à retirer mon œuvre des réseaux sociaux. À côté, de faux comptes Facebook et des appels inconnus me harcelaient et me menaçaient, jusqu’à faire disparaître mon compte YouTube.

Je parle de combat parce que c’est un combat pour la liberté d’expression. Alors, j’ai pris un peu de recul. Je n’ai plus publié de textes sur les réseaux sociaux. Plus de spectacles en solo non plus. D’ailleurs, je suis sur le point d’entamer mon retour sur les planches. Pressions ou non, je reviens petit à petit.

M.M. : Malgré le traumatisme…

T.N.R. : Parce que l’écriture est ma petite thérapie. Elle fait épanouir l’humain en moi, tout en gardant mon âme d’enfant. Jamais, dans ma vie, je ne ferai du slam pour de la propagande, quel que soit le parti politique. Jamais de propagande : c’est pour berner les gens et camoufler les détournements.

M.M. : Donc, quels sont vos thèmes de prédilection ?

T.N.R. : Mes sujets de prédilection sont la vie sociale, la vie du pays, tout ce qui touche à Madagascar. La vie de tous les jours. Parce que je suis un être humain avant d’être slameuse.

M.M. : Donc, la neutralité. Quelque part, est-ce que cette neutralité artistique ne facilite pas les actions malsaines de certains dirigeants, détenteurs du pouvoir de décision, etc. ?

T.N.R. : Ce n’est pas cela. Le grand danger, qui donne de la faveur aux « mauvaises intentions », c’est quand la liberté d’expression est annihilée et quand les connaissances sont bridées. Qui ont les mauvaises intentions ? Ceux qui veulent remplir leurs poches et qui idolâtrent le pouvoir.

Recueillis par Maminirina Rado

- Publicité -
- Publicité -
Suivez nous
502,213FansJ'aime
22,466SuiveursSuivre
8,516SuiveursSuivre
2,891AbonnésS'abonner
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici