Dans l’histoire politique, il faut savoir raison garder et de faire outrageusement faire preuve de manichéisme. Le 14 octobre est peut-être un jour à marquer d’une pierre blanche, parce qu’une République que l’on veuille ou non malgré ses imperfections nous rapproche plus du concept de liberté car elle abolit des successions dynastiques au pouvoir. Il est donc juste de commérer la naissance de notre première république.
Quand à confondre cette date du 14 octobre avec Philibert Tsiranana, « père de l’indépendance » tous ne peuvent être que convaincus, le personnage était un habile politicien. Le personnage a su jouer entre les piquets qui jalonnent le parcours pour arriver à la tête du pouvoir. D’abord ses origines « côtières» l’obligent à s’aligner aux causes des « déshérités » de l’histoire, puis de chercher des compromis avec l’administration coloniale et enfin convaincre ses ennemis historiques (les merina) de la justesse de sa vision de l’avenir du pays.
Mais le pouvoir use comme écrivait le journaliste Sennen Andriamirado un fils d’un baron du PSD qui écrivait à la une de Jeune Afrique : « 14 ans ça suffit ! ». Sa fin de règne ne plaide pas en sa faveur et a fait oublier le fin stratège qu’il avait été. Il est vrai, affaibli par la maladie et mal conseillé par ses « amis »avides de pouvoir. Devenu paranoïaque, il s’en prenait à tout son entourage ou bien concédait tout aux plus fervents flatteurs comme cette décision irrationnelle de nommer six vice-présidents, poussant le pays vers la balkanisation du pays, tout le contraire de sa conviction profonde. Donc prudence il ne voudrait pas, peut-être d’une idolâtrie.
M.Ranarivao




