Plusieurs figures des manifestations de septembre – octobre 2025 prévoient de boycotter les évènements prévus dans le cadre du premier anniversaire du tolona.
Alissa Vallérey, une des jeunes militantes ayant marqué les esprits lors de la manifestation de 2025, en forçant les barrages des forces de l’ordre avec son quad, conteste la commémoration du premier anniversaire du tolona que les autorités de la Refondation prévoient d’organiser le 25 septembre prochain. « Je n’y serai pas et n’envisagez même pas de m’inviter », a-t-elle annoncé sur sa page Facebook. Une manière, pour elle, de faire savoir qu’elle ne cautionne pas cette célébration en grande pompe alors que, sur le terrain, le changement espéré n’est pas encore effectif. En réalité, un an après le mouvement ayant conduit au renversement de l’ancien régime, bon nombre de jeunes militants de la Génération Z affichent leur déception. Certains se sentent trahis et affirment que leur lutte a été détournée au profit des politiciens. Alissa Vallérey s’insurge notamment contre les cas d’enlèvements et d’assassinats, ainsi que contre l’insécurité grandissante qui prévaut dans le pays. Et le cas de cette jeune militante est loin de faire exception. Un an après le tolona, bon nombre de membres de la GEN Z et de jeunes ayant affiché leur enthousiasme et leur détermination sur le terrain, en participant activement aux affrontements contre les forces de l’ordre, se disent déçus de la tournure des évènements. D’ailleurs, l’on ne peut s’empêcher de remarquer que, depuis ce temps, les différentes associations et les différents mouvements ont tous été frappés par la scission.
Mécontentement. Pour sa part, Mikolo, une autre figure emblématique du tolona, n’a pas mâché ses mots pour fustiger le régime. Dans une vidéo diffusée en direct, mercredi dernier, sur Facebook, il a haussé le ton pour exprimer son mécontentement face au délestage, qui fait son retour en force. Et de rappeler que ce sont les coupures incessantes d’eau et d’électricité qui étaient à l’origine du soulèvement de la jeunesse contre le régime Rajoelina. En interpellant ouvertement le PRRM, le colonel Michaël Randrianirina et le ministre de l’Énergie, Mikolo brandit la menace de remobiliser ses jeunes compagnons de lutte et de rééditer le mouvement de 2025 si le régime n’apporte aucune solution à ces problèmes. Une déclaration qui risque d’alimenter la tension entre les tenants du pouvoir et ce jeune, nommé conseiller technique auprès de la Primature au lendemain de l’accession au pouvoir du président de la Refondation, au mois d’octobre 2025. Force est aussi de remarquer que bon nombre des grandes figures du mouvement de 2025, en l’occurrence les influenceurs et les membres de la GEN Z, ont opté pour la politique du silence. Un silence qui en dit long sur leur position vis-à-vis de la Refondation. En tout cas, à l’allure où vont les choses, on risque d’assister à une commémoration du 25 septembre sous le signe de la division, à cause de cette tension latente existant entre les tenants du pouvoir et les jeunes manifestants. À noter que, dans le cadre de la commémoration de cette date historique, plusieurs évènements figurent au programme, dont une grande marche en mémoire des victimes qui débutera au jardin d’Antanimbarinandriana jusqu’à la place du 13-Mai, ainsi qu’une exposition des photos ayant marqué le tolona. Outre le délestage et l’insécurité, la question relative à la dissolution de l’Assemblée nationale constitue aussi un point de divergence incitant les jeunes membres de la GEN Z à penser que les dirigeants de la Refondation ont trahi l’esprit du tolona. La récente confrontation verbale, par médias interposés, entre le député d’Ikalamavony, Pety Rakotoniaina, et l’ancien ministre Anthelme Ramparany s’ajoute à la liste des sujets qui risquent d’alimenter davantage les tensions ces derniers jours.
Davis R


