La décision du gouvernement de décréter jour férié la journée de demain va certainement entraîner un énorme manque à gagner au niveau de la caisse de l’État, mais aussi chez les petites et moyennes entreprises et dans le secteur informel.
Pas de ferveur nationale
En termes de popularité, la Refondation n’a pas encore atteint le summum, ou du moins le minima requis pour un régime fraîchement propulsé au pouvoir. À travers les réactions sur les réseaux sociaux, les critiques fusent de partout. C’est certainement la raison pour laquelle le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, décide de recourir aux services des députés et maires IRMAR, ainsi qu’aux acteurs politiques qui ont traversé les régimes qui se sont succédé, pour pouvoir se remettre sur les rails et espérer rivaliser avec les grandes écuries lors des prochaines échéances électorales. Et ce, au détriment des membres de la Gen Z qui ont initié les manifestations le 25 septembre 2025. Les partisans du « tolona » seront donc en ordre dispersé pour commémorer le premier anniversaire de la Refondation. Bon nombre des militants de la première heure et des grandes figures de la grève initiée par la jeunesse en 2025 ont affiché leur déception par rapport à la tournure des événements et ont déjà annoncé qu’ils ne prendront pas part aux festivités organisées demain. En effet, d’après les constatations, cette commémoration ne fait pas l’unanimité et ne bénéficie ni de la ferveur ni d’une légitimité populaire.
Décret
Est-ce que cette commémoration mérite d’être décrétée jour férié ? Cette question est au centre des débats depuis la décision du gouvernement de décréter jour férié, chômé et payé la journée du 25 septembre. Si la décision a été accueillie positivement chez les fonctionnaires et les employés du secteur formel, car cela va leur permettre de bénéficier d’un long week-end, elle a toutefois provoqué de vives réactions, notamment de la part des petites et moyennes entreprises, mais aussi chez les travailleurs du secteur informel. Il convient de rappeler que ce secteur emploie plus de 80% des Malgaches. Nul n’ignore, en effet, que l’arrêt total, pendant une journée, des activités économiques entraîne un manque à gagner énorme pour la caisse de l’État et pour les ménages. Les marchands ambulants et les petits commerces, les artisans, les transporteurs, les travailleurs informels et toutes les couches de la population qui doivent trouver leur pain quotidien au jour le jour sont les plus affectés par cette décision. Pour ces derniers, ne pas travailler pendant une journée signifie être privé de revenu. La perte est donc totale.
Divertir la population
Ayant participé activement aux manifestations qui avaient provoqué la chute de l’ancien régime, le député d’Arivonimamo Antoine Rajerison est contre la suspension des activités économiques pendant la journée de commémoration du 25 septembre. « Est-ce que nous voulons vraiment développer le pays ou bien cherchons-nous uniquement à divertir la population ? », se demande-t-il. Et de dénoncer, au passage, la pratique des tenants du pouvoir de la Refondation qui consiste en la distribution d’argent pendant leurs déplacements dans les régions. Dans une publication, le président national du parti FIVOI accuse le régime actuel de répéter les « werawera » auxquels on avait critiqué le régime Rajoelina. Et le député Antoine Rajerison de rappeler qu’un jour férié peut entraîner une perte économique colossale si l’on se réfère au PIB quotidien, estimé à environ 232,5 milliards d’ariary. En tout cas, à cette allure, la commémoration de l’anniversaire du 25 septembre risque de laisser une facture salée car, mises à part les pertes économiques que cette décision gouvernementale pourrait provoquer, les frais de l’organisation sont aussi une autre affaire d’argent à ne pas négliger. Pas plus tard que la semaine dernière, une vidéo montrant la distribution de fortes sommes d’argent à des jeunes pro-pouvoir a provoqué l’indignation chez les observateurs. Tout de suite après la fuite de la vidéo, une des jeunes concernées par cette affaire avait expliqué que l’argent en question aurait été destiné à couvrir certaines dépenses liées à cette journée de commémoration.
Davis R



Un an de perdu pour le peuple mais suffisant pour le colonel de pacotille pour vendre Madagascar pour toujours et en retour s’empiffrer avec ses proches et amis