Le décès d’une fillette de trois ans, survenu le week-end dernier dans un établissement hospitalier de la capitale, a fait polémique. Le corps a été retenu à la morgue jusqu’à ce que les résultats du test mpox effectué sur la fillette soient connus. Une situation à l’origine de la colère de la mère, submergée par le chagrin, et de l’émoi du public lorsque la mère a rendu publique cette affaire via un réseau social.
Un si douloureux protocole…
Les résultats attendus ont finalement confirmé que la fillette avait contracté la variole simienne. C’était ainsi le premier décès lié au mpox enregistré à Madagascar. Les faits qui s’ensuivirent ont encore fait polémique, car les mesures appliquées par les autorités concernant la procédure d’inhumation de la petite défunte, dont le corps a été acheminé vers Toamasina, ont suscité une vive émotion et l’incompréhension de la famille. Car ne pas pouvoir tenir une veillée funèbre, ni changer les vêtements de la fillette pour la « vêtir » d’un peu de dignité, ni même la toucher pour un dernier adieu, fend le cœur des familles, notamment des parents. Toutefois, dans de tels cas de décès liés à une maladie transmissible, qui se transmet même après le décès et présente ainsi une menace pour la communauté, le protocole est strict concernant la prise en charge de la dépouille. Comme pour la peste, ou encore la Covid-19, le décès par mpox doit suivre ce protocole si douloureux pour les familles, et pourtant inévitable. Car, dans de tels cas, la dépouille ne peut être manipulée que par des professionnels de santé habilités à la prendre en charge. Une fois mis en bière, le corps doit rester dans le cercueil et l’inhumation doit avoir lieu sans tarder. De quoi rendre le deuil encore plus difficile et la peine de la famille encore plus grande, c’est certain. Car c’est un protocole si douloureux, qui n’est pourtant pas négociable, mais peut-être humanisable par un accompagnement des proches qui, dans un état de détresse émotionnelle et psychologique intense, risqueraient de développer, à leur tour, le « syndrome du cœur brisé »…
Hanitra R.


