5,75 kilos. Pas une once de plus ni un gramme de moins. Le poids total des quatre lingots appréhendés à l’aéroport international d’Ivato est aussi précis que le prix du métal précieux, même s’il peut varier selon le cours du jour.
Une occasion en or
Si la cargaison a été embarquée clandestinement, sa découverte a fait, en revanche, l’objet d’un tam-tam médiatique et politique. Y compris sur les réseaux sociaux, où l’affaire – au propre comme au figuré – est vite devenue virale. Les commentaires fusaient sur la toile, où beaucoup d’internautes demandaient si la valise remplie d’or appartenait à la passagère en partance pour l’extérieur ou si elle n’était qu’une passeuse, payée à prix d’or par le véritable propriétaire de la marchandise qui serait, paraît-il, un élu. Un « olomboavidy », tel que le défunt président Albert Zafy qualifiait les édiles véreux. En tout cas, ni l’identité ni la qualité de la femme arrêtée par l’équipe de la Présidence, qui donne l’impression d’être partout sauf nulle part, n’ont été dévoilées, contrairement à ce qu’on a vu ces derniers temps concernant d’autres personnes surprises en train de faire ceci ou suspectées de préparer cela. Le silence est d’or, semble être la règle d’…or autour de cet énième trafic intercepté (mais peut-être pas démantelé) à Ivato, qui est la principale porte de sortie vers l’extérieur, mais pas que. Les autres aéroports et ports sont souvent des passoires pour les richesses nationales, mais pas seulement pour l’or qui constitue une valeur refuge. Notamment pour les trafiquants, qu’ils soient anciens ou nouveaux venus en matière de trafics illicites, qui peuvent être placés sous le signe de la continuité ou de l’alternance. Pour le régime de la refondation, la saisie des quatre lingots était une occasion en… or de faire monter sa… cotation, tout aussi fluctuante que celle du métal précieux.
R.O


