La taxe, très controversée, il faut bien le dire, sur les véhicules à moteur (TVM) est qualifiée sarcastiquement de « perle » de la gestion publique par nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux. Car la pilule a du mal à passer et les avis de contestation se multiplient.
Une question de redevabilité
La décision politique d’instaurer cette taxe laisse l’opinion perplexe. Celle-ci n’en a réellement pris conscience qu’à la suite de la publication, en début de semaine, par la Direction générale des impôts, d’une annonce sur l’obligation de s’acquitter de cette taxe au plus tard le 15 juillet 2026 – échéance finalement reportée – ainsi que du montant de la taxe en question selon la catégorie de véhicules. Présentée comme une mesure fondée sur le principe « pollueur-payeur », la TVM fait l’objet, depuis trois jours, d’un tollé général, ou presque, car l’instauration d’une telle taxe est loin d’être perçue par l’opinion publique comme un levier magique pour faire baisser la pollution atmosphérique causée par les émanations des véhicules à moteur. Elle est avant tout une pression de plus sur des contribuables déjà à bout de souffle.
Il est indéniable que le pays a besoin de disposer d’un environnement moins pollué et que les caisses de l’État ont besoin de ressources supplémentaires. Seulement, alors que la majorité de la population peine à joindre les deux bouts, taxer davantage ceux qui ont pu acquérir un véhicule, même modeste, est perçu comme un véritable affront par les contribuables, du moins ceux qui se sont exprimés sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Une vive réaction motivée en grande partie par ce qu’ils estiment être une absence de redevabilité, au vu de la situation déplorable à Madagascar, en matière d’infrastructures routières et de conditions de circulation. Une question de redevabilité qui, finalement, ne touche pas uniquement le secteur du transport routier, mais quasiment tous les secteurs sociaux. Des taxes dont s’acquittent les contribuables – pas tous, car l’informel reste majoritaire et les évadés fiscaux ne sont pas peu nombreux –, mais dont les impacts restent peu visibles, au point de susciter un courroux difficile à contenir.
Hanitra R



