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dimanche, septembre 27, 2026
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Union Africaine : Appel à la libération sans condition de tous les détenus politiques 

Le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA a tenu le 10 mars dernier sa 1335è réunion afin de se pencher sur le dossier Madagascar. 

Consensus

L’Union Africaine est contre toute démarche unilatérale. C’est le message clé du communiqué du Conseil de Paix et de Sécurité publié à l’issue de sa 1335ème réunion qui s’est tenue le 10 mars dernier à Addis-Abeba. Une réunion consacrée à la situation politique à Madagascar. Agissant en vertu de l’article 7 de son Protocole, le CPS confirme avoir pris note de l’évolution sociopolitique dans la Grande Île, ainsi que des efforts déployés par les autorités en place pour stabiliser le paysage politique et socioéconomique du pays afin d’assurer le retour à l’ordre constitutionnel. L’instance suprême continentale exhorte d’emblée les autorités de refondation à Madagascar à respecter scrupuleusement le calendrier de transition qu’elles ont elles-mêmes, fixé à 24 mois et appelle ces dernières à rechercher le consensus le plus large possible en ce qui concerne l’organisation du dialogue national qui doit être aussi inclusif que possible et associer toutes les parties prenantes. Une manière d’affirmer que l’Union Africaine est contre toute velléité à instaurer un « tetezamitatra ».

Inclusif

Se déclarant « profondément préoccupé  par la destitution du Premier ministre et son cabinet, ainsi que par l’impact potentiellement négatif de cette décision sur le processus de transition », le CPS encourage les autorités malgaches à veiller scrupuleusement à ce que le processus de transition soit « inclusif, pluraliste, multiplicité, progressiste et transparent dans le respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit, assorti de mesures visant à instaurer la confiance mutuelle et à favoriser la participation significative des femmes et des jeunes, ainsi que de toutes les parties prenantes malgaches, notamment à l’organisation du dialogue national en vue de trouver une solution consensuelle aux défis auxquels le pays est confronté ». On peut lire à travers l’article 5 de ce communiqué du 10 mars que l’Union Africaine entend inciter le régime dirigé par le Colonel Michaël Randrianirina à mettre en place un gouvernement d’union nationale et une transition de consensus caractérisés par la participation de toutes les forces vives de la Nation, ainsi que toutes les forces politiques protagonistes afin de favoriser la tenue d’élections véritablement libres et acceptées par tous.

CENI

Nul n’ignore pourtant que la réalité sur le terrain reflète le contraire car avec la démission collective de tous les membres de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) dont le motif suscite des interrogations, et la recomposition opérée au niveau de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), les observateurs commencent à se poser des questions sur la crédibilité des structures d’organisation électorales. Reste à savoir si les tenants du pouvoir actuel accepteront de se soumettre à cette recommandation. Par ailleurs, dans l’article 6 de son communiqué, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine appelle aussi à la « libération sans condition de tous les détenus politiques et exhorte les autorités en place à coopérer pleinement avec l’UA et la SADC ». Un point très important pour instaurer un climat d’apaisement dans le processus de sortie de crise. 

Souveraineté

Pour le moment, l’instance dirigeante du Continent reste dans un discours très diplomatique et n’émet aucun message de mise en garde ni de sanction. Cependant, si l’on s’en tient à la tournure du communiqué, on peut comprendre une sorte de pression adressée aux tenants du régime de refondation. Et ce, même si l’UA réaffirme le respect pour l’indépendance, la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité nationale de la République de Madagascar. Elle réitère également sa solidarité au peuple malgache dans ses aspirations et ses efforts pour rétablir l’ordre constitutionnel, promouvoir la bonne gouvernance, la démocratie, le développement et la prospérité dans le pays. L’organe affirme aussi l’accueil favorable qu’il accorde au Programme de Refondation que le régime a présenté le 28 février dernier. Même si pour le moment, les observateurs se posent des questions sur la suite de la concertation nationale, le CPS se félicite du lancement du processus dirigé par les Chefs d’Eglises membres du FFKM.

Mission

Tout en proposant la nécessité d’une coopération, d’une coordination, d’une harmonisation et d’une complémentarité accrues de toutes les instances internationales dans l’accompagnement de Madagascar dans le rétablissement de l’ordre constitutionnel, le CPS appelle la Commission de l’Union Africaine à intensifier ses efforts de mobilisation des ressources en faveur de la transition politique à Madagascar. Et de proposer le recours à la Facilité africaine de soutien aux transitions inclusives (FASTI). Le Conseil de Paix et de Sécurité prévoit de mener incessamment une mission de terrain au pays afin d’échanger avec toutes les parties prenantes. Le dossier Madagascar sera certainement remis sur la table lors du Forum d’Accra sur les changements anticonstitutionnels de gouvernement.

Davis R

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