
Alors que le « Salon de l’Étudiant 2026 » de l’Université d’Antananarivo se tiendra les 3 et 4 septembre prochains sur l’Esplanade d’Ankatso, les nouveaux bacheliers sont confrontés à la dure réalité des chiffres. Avec plus de 30 000 bacheliers par an dans la capitale, pour seulement 8 000 à 10 000 places en première année, la sélection s’annonce impitoyable.
Chaque année, Antananarivo compte entre 30 000 et 38 000 nouveaux bacheliers. Pourtant, la capacité d’accueil de l’Université publique d’Antananarivo pour les nouveaux inscrits en première année est plafonnée entre 8 000 et 10 000 places, toutes facultés et écoles confondues. En clair, seul un bachelier sur trois ou quatre réussira à décrocher un banc à Ankatso. Plus de 70% des lauréats de la capitale se retrouvent ainsi d’emblée éjectés du système universitaire public, faute de capacités d’infrastructures adaptées à la démographie estudiantine. Pour cette session 2026, Antananarivo compte 32 078 nouveaux bacheliers.
Galères
Pour ces dizaines de milliers de jeunes laissés sur le carreau, l’orientation tourne rapidement au casse-tête. Les universités privées restent souvent la seule alternative pour poursuivre des études supérieures, mais avec des frais de scolarité variant de 150 000 à plus de 500 000 ariary par mois, elles demeurent un luxe inaccessible pour la majorité des ménages. Même pour les rares admis dans le secteur public, le parcours reste semé d’embûches. Les grèves à répétition des enseignants-chercheurs ou du personnel, ainsi que les retards récurrents de paiement des bourses d’études, entraînent des suspensions de cours fréquentes, rallongeant anormalement la durée des cursus. Faute de places dans les filières porteuses ou d’orientation adéquate, de nombreux étudiants se rabattent sur des parcours saturés, débouchant trop souvent sur le sous-emploi ou la reconversion forcée dans le secteur informel.
Orientations
L’Université d’Antananarivo s’apprête à célébrer ses 65 ans sous le thème « Ensemble, vers l’excellence académique et professionnelle ». Le rendez-vous annuel des 3 et 4 septembre à Ankatso offrira ateliers d’orientation, conférences et prestations artistiques gratuites. Mais derrière la devanture événementielle, l’anxiété gagne les familles. Alors que les stands du Salon de l’Étudiant s’apprêtent à accueillir des milliers de visiteurs à Ankatso, le constat reste amer : sans une extension significative des capacités d’accueil publiques et une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi, le diplôme du baccalauréat risque de demeurer un passeport vers l’incertitude.
Narindra Rakotobe




