
Une conférence qui mérite un vrai colloque interfacultés de quelques jours, avec « Crises politiques à répétition à Madagascar », à l’Amphi 24 de la faculté des Lettres et Sciences humaines, vendredi après-midi. Un évènement organisé par les étudiants en M2 du parcours Management et médiation culturelle.
La conférence « Crises politiques à répétition à Madagascar » tombe juste face aux préoccupations politiques et géopolitiques actuelles. Organisée par les étudiants en M2 du parcours Management et médiation culturelle de la faculté des Lettres et Sciences humaines de l’université de Tananarive, à l’Amphi 24 de la FLSH. Comme il fallait s’y attendre, l’auditoire a soulevé, devant les intervenants, la professeure Christiane Rafidinarivo et le docteur Faneva Rajaona Ratsimba, les tensions internes actuelles autour des concepts de fédéralisme, de souveraineté… Même la question des îles Éparses a été posée par une assistance au taquet. D’ailleurs, le professeur Richard Ranarivony, en tant que modérateur, a annoncé les couleurs dès le début. « Ce lieu est le dernier rempart de la démocratie, de par la franchise universitaire. Posez vos questions », sans craintes de représailles, a-t-il souligné. La salle, conquise, s’en amuse avec un rire sobre d’intellectuel. Parce qu’il y avait des mathématiciens, des juristes, des sociologues, toute une ribambelle de personnalités universitaires… dans l’Amphi 24. « Pourquoi c’est toujours le profil “big men”… généralement un entrepreneur grossiste, transporteur… Ou quelqu’un qui a un capital social élevé, un ex-gendarme ou ex-… ce n’est jamais les militants comme vous qui gagnent les élections », questionne le docteur Faneva Rajaona Ratsimba vers les jeunes présents dans la salle, bottant en touche tout nihilisme et toute « essentialisation » dans la pratique politique. Pour la professeure Christiane Rafidinarivo, elle a mis en contexte ses arguments, partant du concept de décolonialisation, de régime républicain inachevé, pour aboutir vers les « entités » actuellement aux commandes. Le pivot de son discours est le « rapport de force », essentiel à comprendre pour toute personne qui veut entrer, exercer, enseigner… la politique ou la science politique. Un point de convergence entre les deux conférenciers. Après plus de deux heures, la salle n’a pas voulu les lâcher avec ses questions.
Maminirina Rado




