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dimanche, octobre 4, 2026
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Violences : 59% des femmes en sont victimes dans certaines régions

Outre les statistiques, les violences faites aux femmes touchent également différents domaines et secteurs tels que la santé, la pauvreté, la dépendance économique, la protection des enfants ou encore l’accès à la justice.

La violence domestique n’est pas un problème cantonné à la sphère privée. Elle constitue un enjeu social qui touche directement la santé, l’autonomie économique des femmes et la stabilité des familles. Les données disponibles font état de 41% de femmes victimes de violences, avec des niveaux pouvant atteindre 59% dans certaines régions, notamment le Vakinankaratra. Le paradoxe est d’autant plus préoccupant que Madagascar dispose, depuis 2020, d’un cadre légal renforçant la protection des victimes. Pourtant, la dénonciation reste freinée par les normes sociales, la dépendance économique et le poids du tabou familial. L’Agence française de développement (AFD) relève notamment que « 41% des femmes et 29% des hommes considèrent encore que, dans certaines circonstances, un homme peut justifier de battre sa femme. »

Large. Les données antérieures de l’enquête MICS montrent également l’ampleur du phénomène. Violences physiques, sexuelles ou émotionnelles, violences conjugales et agressions sexuelles touchent une part importante des femmes malgaches. Le problème est donc aussi celui de la sous-déclaration : ce qui n’est pas signalé disparaît des statistiques, sans pour autant disparaître de la réalité. Les conséquences dépassent largement la relation entre victime et agresseur. Une femme économiquement dépendante peut avoir davantage de difficultés à quitter un conjoint violent. Les enfants exposés aux violences familiales peuvent, eux aussi, subir des conséquences durables sur leur sécurité et leur développement.

Mécanismes. La lutte contre les violences doit ainsi être articulée avec l’accès à la justice, la protection sociale, la formation professionnelle et l’autonomisation économique. Un témoignage publié par l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) en avril dernier illustre ce lien : une jeune femme victime de violence économique explique avoir pu sortir progressivement de cette dépendance après avoir bénéficié d’une formation professionnelle. Lutter contre les violences faites aux femmes ne consiste donc pas uniquement à sanctionner les auteurs. C’est aussi réduire les mécanismes économiques et sociaux qui contraignent les victimes au silence. Tant que ces mécanismes perdureront, les statistiques ne montreront qu’une partie de la réalité.

José Belalahy

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