
Le Groupement des Entreprises Franches et Partenaires (GEFP) a publié un communiqué dans lequel il alerte sur une menace qui pèse sur le tissu économique et sur le monde du travail à Madagascar.
Ils sont plus de 200 000 travailleurs directement concernés, selon le communiqué officiel du GEFP. Une annonce qui intervient dans un contexte déjà fragile, où le taux de chômage officiel avoisine les 3%. Et surtout, sachant que la zone franche représente un pilier essentiel de l’emploi formel dans le pays. Dans sa missive, le GEFP déplore – et motive la menace – une dégradation progressive de son environnement économique. « Le régime de Zone Franche […] est affaibli année après année », souligne le communiqué. Une dégradation causée, quant à elle, par « l’introduction de nouvelles charges fiscales depuis 2023, ainsi que les retards de remboursement de TVA qui fragilisent la trésorerie des entreprises ». Loin de se cantonner aux chiffres, le communiqué insiste sur l’impact humain de cette menace qui pèse sur le monde de l’emploi à Madagascar. « Derrière les chiffres, il y a des vies », note le groupement. En effet, les salaires issus de la zone franche permettent à des milliers de familles de subvenir à leurs besoins essentiels tels que l’alimentation, le logement ou encore l’éducation.
Domino
L’impact dépasse largement les murs des usines. Autour des zones franches gravitent des écosystèmes entiers tels que les gargotes, les transporteurs, les fournisseurs et les petits commerces. À chaque ralentissement d’activité, ce sont des dizaines d’activités informelles qui vacillent. Un chauffeur de taxi-be transporte moins d’ouvriers, une vendeuse écoule moins de repas, un propriétaire peine à louer ses chambres. Ainsi, la crise annoncée ne menace pas seulement des emplois, mais tout un tissu social déjà fragile. Dans un pays où les opportunités sont rares, la moindre secousse dans l’emploi formel peut rapidement se transformer en crise sociale majeure.
José Belalahy


