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lundi, octobre 19, 2026
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Mettre une croix sur la laïcité de l’État

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« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». C’est, en substance, la teneur de la loi française de 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, qui a été insérée, quasiment mot pour mot, dans l’ordonnancement juridique interne malgache.

Mettre une croix sur la laïcité de l’État

Cette loi, qui acte la neutralité de l’État vis-à-vis de toutes les religions, a été fortement influencée par la franc-maçonnerie. Une société secrète qui est suspectée de se livrer à des sacrifices humains au sein de son temple à Ivandry. Presque au moment même où la laïcité de l’État a été sacrifiée sur l’autel du Tobilehibe d’Ankaramalaza, quoique « le principe de la séparation des affaires de l’État et de ses institutions religieuses et de leurs représentants » soit édicté par la Constitution. Celle de la Quatrième République, qui reste et demeure en vigueur jusqu’à l’adoption, par voie référendaire, de la future loi fondamentale de la Cinquième République, qui mettra vraisemblablement une… croix sur certaines dispositions. Entre autres, celles de l’article premier, qui dispose que « le peuple malagasy constitue une Nation organisée en État souverain, unitaire, républicain et laïc ». Si l’État unitaire risque de laisser la place à un État fédéral composé d’un conglomérat d’États fédérés séparés les uns des autres, l’État ne serait plus, en revanche, séparé de l’ensemble des Églises. La non-immixtion consacrée par la Constitution de 2010 pourrait être remplacée par « la collaboration » entre les deux entités, comme n’a de cesse de prêcher celui qui est à la tête de l’État. La laïcité est abrogée de fait. Ou plutôt par le fait du Prince, pour ne pas dire de « Dadatoa Michaël », qui a octroyé un don de 40 millions Ar à Ankaramalaza, comme il l’a fait auparavant au profit d’autres cultes, malgré la loi de 1905 dont l’équivalent n’a pas été extirpé de la législation malgache.

R.O

Tapôlaka Glady Timeless : Rossy promet un show inoubliable

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Ça y est ! Les billets pour le grand concert de Rossy – Tapôlaka Glady Timeless sont enfin disponibles. Le rendez-vous est fixé au 22 août 2026, au Palais des Sports de Mahamasina, pour un spectacle qui s’annonce monumental. 

Les tickets peuvent être achetés directement en ligne sur tapakila.mg, mais aussi dans les points de vente physiques à Odyssey Fitness Ambohitrarahaba et chez Graphicom Ankadifotsy. Cette année, l’accès se fait via un QR code électronique, scanné à l’entrée : un système moderne et sécurisé qui rend chaque billet strictement personnel. 

Organisé par Cool Concept Events et Soma Prod, ce concert promet plus de quatre heures de musique, retraçant l’histoire de Rossy et de son groupe depuis leurs débuts. Un moment unique, pensé pour marquer les esprits et offrir au public malgache une expérience digne des plus grandes scènes internationales. 

Leur ambition est claire : offrir au public malgache une soirée mémorable, où la musique de Rossy résonnera comme un pont entre tradition et modernité. Un événement à ne pas manquer pour tous ceux qui veulent vibrer au rythme d’un Rossy intégral, intemporel et toujours aussi généreux sur scène.

Hanitra Andria

Antsosy, Salegy, Tsapiky : Les danses qui racontent le territoire

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À Madagascar, elles précèdent les discours officiels, accompagnent les célébrations populaires et servent parfois de langage identitaire. L’antosy, le tsapiky et le salegy figurent aujourd’hui parmi les expressions chorégraphiques les plus emblématiques du pays. Bien qu’elles aient connu leur essor sur les scènes modernes à partir des années 1970, comme le soulignent plusieurs ethnomusicologues malgaches, leurs racines plongent dans des traditions bien plus anciennes. Ces rythmes sont devenus les signatures culturelles de plusieurs régions. Le Salegy évoque spontanément le Nord, notamment les régions DIANA et SAVA. Le tsapiky est indissociable du Sud, particulièrement de l’Androy et de l’Atsimo-Andrefana. Quant à l’antosy, il accompagne depuis longtemps les pratiques festives des populations tsimihety, notamment dans la région Sofia. Au-delà du spectacle, chaque cadence traduit une mémoire collective, une manière d’habiter un territoire et de transmettre un héritage.

Cette reconnaissance dépasse désormais le cadre des places publiques. Le tsapiky, à la fois rythme musical et danse, a été officiellement inscrit au patrimoine culturel immatériel de Madagascar, consacrant ainsi une pratique qui continue d’évoluer sans rompre avec ses origines. Derrière chaque pas de danse se cache également un récit. L’antosy est souvent associé aux mouvements migratoires des Tsimihety et aux rencontres culturelles qui ont façonné leur histoire. Le tsapiky, lui, puise son inspiration dans le quotidien des éleveurs du Sud : la vie pastorale, les longues traversées, les joies comme les épreuves nourrissent encore les textes et les mélodies qui l’accompagnent. Le salegy, quant à lui, est longtemps resté lié à un rite social. Les traditions orales rapportent que, dans le Nord de Madagascar, cette danse était pratiquée par les jeunes filles nubiles afin d’assouplir le bassin et de préparer le corps à la maternité. Avec le temps, cette fonction initiatique s’est estompée au profit d’une dimension artistique et populaire, sans pour autant faire disparaître la mémoire de ses origines.

Ainsi, l’antosy, le tsapiky et le salegy rappellent qu’à Madagascar, la danse ne relève pas uniquement du divertissement. Elle constitue une archive vivante où se rencontrent histoire, société, identité et transmission. Lorsque les premiers accords résonnent, c’est souvent tout un territoire qui entre en scène.

Iss Heridiny

Dih’Art Madagascar : 25 ans célébrés en apothéose au CCI Ivato

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L’école de danse Dih’Art Madagascar a marqué son quart de siècle par une célébration grandiose, ce dimanche, au CCI Ivato. Baptisé Voyage dans le Temps, l’événement rendait également hommage aux 30 années de scène de son fondateur et directeur artistique, Rijamanitra Randrianarisoa. La journée a débuté par un culte de prière avant de laisser place à une succession de spectacles, animations et démonstrations chorégraphiques. Près de 200 danseurs, enfants et adultes, ont illuminé la scène, mêlant danses modernes et traditionnelles. Les défilés des plus jeunes ont particulièrement touché le public, rappelant que la danse est aussi un héritage culturel. « Je remercie de tout cœur les parents, les spectateurs et les amis du monde de la danse qui ont répondu présents, qu’ils viennent d’Analamanga ou des régions comme Diego, Fianarantsoa, Tamatave et Antsirabe. Je suis heureux de ce partage qui continue de renforcer notre communauté », a confié Rijamanitra, visiblement ému. 

La fête ne s’arrête pas là

Les organisateurs annoncent déjà un déjeuner dansant en décembre pour clôturer officiellement cette année jubilaire. « En février et mars prochains, nous préparerons un grand événement qui durera deux mois. Nous donnons rendez-vous dès maintenant aux passionnés », a ajouté le directeur artistique, promettant de nouvelles pages de danse et de convivialité.

Heriniaina Samson

Mampala Foto Lubumbashi 2026 : Madagascar représenté par Henintsoa Rafalia

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Henintsoa Rafalia, un photographe malgache au rayonnement international.
Henintsoa Rafalia, un photographe malgache au rayonnement international.

Le photographe Henintsoa Rafalia représentera Madagascar à la deuxième édition de Mampala Foto Lubumbashi, en République démocratique du Congo, du 29 août au 29 septembre 2026. L’événement, placé sous le thème « Mijiji : Racines – un retour à l’essentiel, une projection vers l’avenir », réunit 38 artistes venus d’Afrique et d’ailleurs pour explorer les liens entre héritage culturel et avenir. 

Pour cette occasion, Henintsoa présente une série consacrée au Sambatra, la cérémonie de circoncision collective du peuple Antambahoaka. Ses images plongent dans la force symbolique de ce rituel, où la cohésion sociale et la transmission culturelle se révèlent à travers chaque geste et chaque rassemblement. 

Un parcours déjà international

Ce n’est pas la première fois que Henintsoa Rafalia expose hors de Madagascar. Ses photographies ont déjà voyagé à Paris, Arles, Montpellier, La Réunion, Genève et Abidjan, confirmant la reconnaissance de son regard au-delà des frontières. Il a également collaboré avec des agences et des médias internationaux et, en 2025, il a été distingué Chevalier de l’Ordre des Arts, des Lettres et de la Culture. 

Son parcours témoigne d’une volonté constante : faire de la photographie un outil de mémoire et de dialogue, capable de relier les traditions locales à des enjeux universels, puisque ses photos sont socialement engagées.

Une voix malgache sur la scène mondiale

Avec le Sambatra, Henintsoa Rafalia inscrit son travail dans une démarche de valorisation du patrimoine immatériel. Sa sélection à Lubumbashi confirme la vitalité de la photographie malgache et rappelle que les racines sont une source d’élan vers l’avenir. 

Hanitra Andria

Bazarikely-Toamasina : Un corps carbonisé et plus de 3 000 kiosques détruits par l’incendie

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Plus de 3 000 kiosques ont été réduits en cendres dans la nuit du dimanche 2 août.
Plus de 3 000 kiosques ont été réduits en cendres dans la nuit du dimanche 2 août.

Un gigantesque incendie survenu dimanche soir a ravagé 90% du marché de Bazarikely, à Toamasina, détruisant plus de 3 000 kiosques et provoquant la mort d’une personne retrouvée carbonisée. Déjà éprouvés par le récent cyclone Gezani et de précédents sinistres, les commerçants, sous le choc, font face à un bilan humain et matériel dramatique.

Des cris, des larmes

C’est la terrible symphonie de la détresse qui a résonné au cœur du marché de Bazarikely, à Toamasina, ce dimanche 2 août, aux alentours de 22h40. Une nuit de cauchemar qui a réduit en cendres l’espoir de centaines de pères et de mères de famille, replongeant toute une ville dans l’effroi. La lutte contre les flammes a été un véritable combat de titans. Un brasier d’une rare violence qui a duré de longues heures, ne capitulant qu’aux alentours de trois heures du matin. Il y avait encore des flammes hier matin, même si le feu principal avait déjà été maîtrisé. Selon les estimations, plus de 3 000 kiosques ont été réduits en cendres. Les sapeurs-pompiers, malgré leur acharnement, n’ont pu que constater l’immensité du désastre : 90% de la surface du marché a été consumée par les flammes. Mais au-delà des pertes matérielles colossales, estimées à plusieurs millions d’ariary, la tragédie a pris un tournant macabre. Au milieu des décombres fumants, le corps sans vie d’une personne, totalement carbonisé et méconnaissable, a été découvert.

Catastrophes. Pour l’heure, l’origine de cet incendie dévastateur reste un mystère total. Une enquête a immédiatement été ouverte pour faire la lumière sur cette ténébreuse affaire. Bien que l’enquête soit toujours en cours, le maire a insisté sur le fait que la loi doit être appliquée aux auteurs, selon le maire de la Commune urbaine de Toamasina, Alain Andriafanomezantsoa. Une question hante désormais tous les esprits : comment un tel drame a-t-il pu se reproduire ? Car, pour les habitués de Bazarikely, la cicatrice est d’autant plus vive que le marché avait déjà connu les affres des flammes en 2019 et, plus récemment, en avril 2025. Les commerçants sont anéantis. Ils ne s’étaient même pas encore relevés des ravages causés par le cyclone Gezani qu’un autre cataclysme vient de les frapper de plein fouet, anéantissant l’unique source de subsistance de leurs foyers.

Narindra Rakotobe

Travaux post-session du baccalauréat : Trois ministères et dix universités engagés dans le processus

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Le plus dur est fait pour les plus de 233 500 candidats au baccalauréat 2026 à Madagascar. La fin de la session du baccalauréat de l’enseignement général marque également l’entame, dès le 27 juillet 2026, des travaux post-session, incluant la correction des copies, l’analyse des notes et le traitement des données, ainsi que les vérifications nécessaires. Trois ministères en charge du secteur de l’éducation, à savoir celui de l’Éducation nationale (MEN), celui de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (METFP) et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESUPRES), sont engagés dans le processus d’organisation du baccalauréat, avec l’implication de dix universités publiques et de leurs offices ou services du baccalauréat respectifs. Outre les universités des six chefs-lieux de province (Antananarivo, Fianarantsoa, Antsiranana, Mahajanga, Toliara et Toamasina), quatre autres universités publiques des régions font également partie du processus : l’université de l’Itasy, sise à Soavinandriana, l’université d’Analanjirofo, à Fénérive-Est, l’université de la SAVA, à Antalaha, et l’université du Vakinankaratra, à Antsirabe.

Les travaux post-session du baccalauréat battent leur plein actuellement. Les corrections des copies, qui ont débuté le 27 juillet, s’étaleront jusqu’à la mi-août 2026. Suivront les étapes des vérifications, la délibération, les contre-vérifications, avant la publication des résultats. 

Hanitra R.

Madagascar-Égypte : Un plan quinquennal pour transformer l’accès à l’eau

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Une nouvelle étape s’ouvre dans la coopération entre Madagascar et l’Égypte. Plus que des engagements, les deux pays s’orientent désormais vers un plan d’action concret sur cinq ans, avec un accent particulier sur l’identification des zones encore privées d’accès à l’eau potable.

La coopération entre Madagascar et l’Égypte franchit un cap décisif. Réunis au Centre national de recherche sur les ressources en eau en Égypte, les représentants des deux pays ont engagé des discussions opérationnelles pour traduire en actions le Memorandum of Understanding (MoU) signé entre les deux États. Au cœur des échanges se trouve l’élaboration d’un plan d’action conjoint sur cinq ans, destiné à structurer durablement les efforts en matière de gestion et d’accès à l’eau. Ce plan quinquennal prévoit notamment le renforcement des compétences techniques locales, le développement d’infrastructures hydrauliques et le partage d’expertises entre les deux nations. L’objectif consiste à passer d’une « coopération de principe à des réalisations concrètes, mesurables et suivies dans le temps ».

À faire

Parmi les priorités majeures figure la mise en place d’une cartographie précise des zones encore en difficulté d’accès à l’eau à Madagascar. Ce travail, piloté par les autorités malgaches, permettra d’identifier les territoires les plus vulnérables et de mieux orienter les investissements. De son côté, la partie égyptienne s’engage à fournir des propositions de projets ainsi que des programmes de formation adaptés aux besoins identifiés. Un mécanisme de suivi régulier accompagnera ce dispositif afin d’assurer l’efficacité des actions engagées. Pour la ministre de l’Eau, la Dr Minosoa Elia Anjaratiana Razafindrianiaina, cette démarche marque un tournant stratégique, celui d’une coopération désormais tournée vers l’impact direct sur les populations.

José Belalahy

Imagerie médicale : L’Écurie DELTA forme la prochaine génération d’experts malgaches

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Une soixantaine de médecins généralistes et de doctorants en médecine se sont inscrits au programme.
Une soixantaine de médecins généralistes et de doctorants en médecine se sont inscrits au programme.

L’Institut Médical de Madagascar (IMM) franchit une étape charnière dans sa stratégie globale de renforcement du potentiel humain en santé. Conçu pour identifier, accompagner et préparer des praticiens chevronnés à fort potentiel, le programme baptisé Écurie Médicale « DELTA » entre désormais dans sa phase opérationnelle. La campagne de recrutement préalable s’est soldée par un succès retentissant, enregistrant un nombre d’inscriptions nettement supérieur à l’objectif initial d’une soixantaine de médecins généralistes et de doctorants en médecine. Cet engouement massif témoigne de la volonté ardente des jeunes praticiens malgaches de se hisser aux plus hauts standards internationaux de la pratique clinique. Au cours des deux prochains mois, les médecins présélectionnés s’engagent dans un parcours de perfectionnement multidisciplinaire particulièrement rigoureux. La formation combine des enseignements interactifs, des sessions d’analyse approfondie de cas cliniques complexes, des conférences de partage d’expériences avec des spécialistes chevronnés ainsi que des évaluations régulières. L’enjeu fondamental consiste à consolider le socle de connaissances théoriques, à affiner l’acuité du raisonnement clinique et à optimiser les compétences pratiques en prise en charge thérapeutique. Cette initiative ambitionne d’apporter une contribution concrète et pérenne à la hausse globale de la qualité des soins dispensés à la population malgache.

Formation

À l’issue des deux mois d’évaluation continue, environ 20 médecins seront retenus pour intégrer un cursus de spécialisation d’une durée de cinq années, entièrement dédié à l’imagerie médicale. Élaboré en partenariat direct avec le Collège des enseignants en radiologie de France (CERF), ce parcours hautement qualifiant se déroulera en alternance entre Madagascar et la France. Cette opportunité offrira aux lauréats une immersion au sein des meilleurs centres hospitaliers, garantissant une maîtrise des technologies de pointe en radiologie et en diagnostic par imagerie. La mise en œuvre académique et le pilotage organisationnel de cette vaste entreprise sont assurés par AROVY University, sous la supervision attentive de ses comités scientifique et pédagogique, travaillant de concert avec l’IMM et le CERF.

Narindra Rakotobe

Ils ont fait le buzz… : La culture des rues tananariviennes.

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Rien que sur cette image, sans doute prise depuis l’escalier à côté des « anciens combattants », il y a au moins quatre marqueurs culturels. (crédit photo : NowMada Tours)
Rien que sur cette image, sans doute prise depuis l’escalier à côté des « anciens combattants », il y a au moins quatre marqueurs culturels. (crédit photo : NowMada Tours)

Antananarivo, meurtrie ces derniers mois. Mais Tananarive qui vit, qui reste elle-même. Ville des Mille, ville des traditions séculaires actualisées. C’est ce qui fait son charme historique, d’ailleurs. Le mois d’août pointe avec ses mêmes rengaines sur « Facebook », parfois limites, « racisées ». Les circoncisions et les retournements des morts fêtés en fanfare et en danse le long des rues de la capitale, causant gêne et petites frustrations, reprennent. Rien de bien méchant, juste des familles des quartiers populaires heureuses et réunies. Il faut aussi savoir, pour la petite histoire, qu’aujourd’hui, en 2026, la coupe du prépuce, dans la stricte tradition, est encore pratiquée dans le quartier royal d’Andohalo. Les affrontements, « bagarre générale » pour interdire l’entrée du « ranomahery », traduira qui pourra, en sont le climax. Sur les réseaux sociaux, les langues acerbes se décomplexent. « Ils ne savent pas qu’ils causent des tumultes », s’insurge un internaute. Une autre se met à jouer les victimes. « Et si nous étions pressés, la rue n’est pas à eux ». De quoi sourire : il faut être un tananarivien depuis son arrière-arrière-grand-père pour comprendre que ces réjouissances populaires localisées font partie du paysage, même des marqueurs culturels de Tananarive. Faisant penser que ces communautés sont parmi les plus anciens des citadins. Il est possible que les grands-parents et parents de ceux ou celles qui ne supportent pas ces « fêtes » aient encore vécu à la campagne, alors que ces manifestations sur la chaussée, des « famorana » et « famadihana », étaient déjà festoyées. Sans être un historien aguerri, les quartiers comme Ankazomanga, Ambohimanarina et d’autres étaient des lieux de promenade de rois « Merina ». Il se dit qu’à sa jeunesse, Radama 1er y allait pour participer à des jeux comme le « marakely » ou le « diamanga ». Post-indépendance, tout digne habitant du quartier d’Ampefiloha se souvient des ambiances nocturnes familiales le long du canal d’Andriantany, de juillet à septembre. Les « chevaux de bois », les tourne-disques pétaradants, « H24 ». Avec l’incontournable « Regarega » du grand maître Tianjama. Un joli brouhaha qui envahit une partie de la cité dans les années 90 et 2000. Signal saisonnier aussi pour l’ancien hôtel de luxe Hilton d’organiser ses fêtes en plein air. Dès lors, une musique de DJs capable de réveiller un ours en hibernation. En guise d’animation extra-muros, les « pointes » autour du lac Anosy des « 206 T16 », les « Ford » survitaminées, suivies des parties de cache-cache avec la vaillante « Renault 12 Toros » de la police. À en devenir presque nostalgique. De cette sensation oubliée d’être « tananarivien ». 

Maminirina Rado