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vendredi, octobre 16, 2026
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Aéroport d’Ivato : La Douane sanctionne un comportement inapproprié

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La dénonciation a porté ses fruits. La Douane Malagasy a réagi à la suite de publications relayées sur les réseaux sociaux faisant état du comportement inapproprié de l’un de ses agents à l’aéroport international d’Ivato, le 8 septembre 2026. Dans une déclaration, l’administration douanière confirme les faits et annonce que des mesures ont été prises à l’encontre de l’agent concerné. Selon les précisions communiquées, des responsables de la Douane se sont rendus sur place dès le signalement de l’incident. Une enquête interne a aussitôt été ouverte afin d’établir les circonstances exactes des faits. Les vérifications effectuées ont permis de confirmer le comportement dénoncé.

Un guide disponible. Au-delà de ce cas, la Douane Malagasy rappelle que ses agents exercent aux frontières une mission de contrôle qui porte principalement sur les marchandises et les effets transportés par les voyageurs. Une attention particulière est notamment accordée aux produits prohibés ou soumis à restrictions, ainsi qu’aux marchandises devant faire l’objet d’une déclaration. Ces prérogatives doivent cependant être exercées « dans le strict respect de la loi et des voyageurs », souligne l’administration douanière. Un rappel qui intervient dans un contexte où la qualité des services publics et le comportement des agents au contact des usagers font régulièrement l’objet d’une forte attention. Pour éviter les incompréhensions lors des contrôles, les voyageurs sont également invités à consulter le Guide de passage en douane disponible sur le site officiel de la Douane Malagasy. Celui-ci précise notamment leurs droits et leurs obligations aux frontières. L’administration encourage enfin les usagers à signaler tout comportement inapproprié ou tout soupçon de corruption par l’intermédiaire du numéro vert 360.

Antsa R.

Patrimoine et modernité : Illumination des 8 000 m² de l’esplanade du Rova de Manjakamiadana

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’ensemble de la cour du Rova de Manjakamiadana est désormais illuminé.
’ensemble de la cour du Rova de Manjakamiadana est désormais illuminé.

Un projet d’éclairage solaire couvrant l’intégralité de la cour du Rova de Manjakamiadana a été mis en œuvre grâce à un partenariat entre le ministère de la Communication et de la Culture, l’Office du Rova de Madagasikara (ORMADA) et le groupe Filatex.

Ce projet vise à assurer l’illumination permanente des 8 000 m² de l’esplanade du palais grâce à une énergie propre, alliant ainsi la préservation du patrimoine et la modernité du site. Les travaux d’installation des 60 plots solaires en fonte d’aluminium, étanches aux intempéries, ont duré deux mois. Dans cette démarche, l’ORMADA a assuré la maîtrise d’ouvrage, tandis que le groupe Filatex s’est chargé de la conception. Les travaux de terrassement et de maçonnerie ont quant à eux été confiés à la société SITMA. Par ailleurs, un travail minutieux de recherche de matériel garantissant la plus grande sobriété visuelle a été entrepris avec le concours de Fara H. Rahoeliarivahy, architecte DPLG et présidente de l’Ordre des Architectes de Madagascar. Il est à noter que l’ensemble de l’initiative a été financé par le Fonds Yavarhoussen. Le ministre de la Communication et de la Culture, Gascar Fenosoa, a inauguré la semaine dernière l’illumination de l’esplanade, incluant également les jardins qui entourent le Palais de la Reine.

Plusieurs enjeux

L’objectif principal de cet éclairage des espaces extérieurs de ce haut lieu patrimonial est de renforcer la surveillance nocturne et la sécurisation du site afin de prévenir toute intrusion. Les parties prenantes ont également veillé à préserver l’authenticité et l’harmonie du paysage. C’est la raison pour laquelle les promoteurs ont privilégié de petits plots d’éclairage bas et discrets pour illuminer la cour royale. Le choix d’une solution solaire répond à de multiples enjeux, à commencer par l’autonomie énergétique des équipements, évitant ainsi la dépendance au réseau électrique et les lourds travaux de raccordement. Cet engagement écologique souligne la volonté commune des partenaires de conjuguer modernité et respect de l’environnement, comme cela a été rappelé lors de l’inauguration. Enfin, cette mise en lumière contribue à l’embellissement du site et participe à son attractivité touristique auprès des visiteurs nationaux et internationaux.

Navalona R

Hery Rajaonarimampianina : Appel au respect de l’État de droit et de la liberté

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« Diriger un pays exige de regarder loin vers l’avenir », a soutenu l’ancien président Hery Rajaonarimampianina, samedi, à Itaosy.
« Diriger un pays exige de regarder loin vers l’avenir », a soutenu l’ancien président Hery Rajaonarimampianina, samedi, à Itaosy.

Clôturant le congrès du HVM à Itaosy, Hery Rajaonarimampianina a plaidé pour l’État de droit, les libertés et une vision à long terme pour Madagasikara, appelant les militants HVM à l’action.

L’atmosphère était singulière, samedi dernier à Itaosy, à l’occasion de la clôture du congrès provincial du parti Hery Vaovao ho an’i Madagasikara (HVM) pour Antananarivo. Rassemblant les militants de la première heure ainsi que plusieurs formations politiques alliées, cet événement a surtout été marqué par le discours tant attendu de l’ancien président de la République, Hery Rajaonarimampianina. Une tribune de choix pour l’ancien chef de l’État afin de réaffirmer les grands axes de la vision de son parti pour l’avenir de la Grande île.

Fisandratana 2030. Devant une foule attentive, l’ancien locataire d’Iavoloha n’a pas manqué de rappeler la genèse de son engagement programmatique : « Diriger un pays exige de regarder loin vers l’avenir. C’est précisément la raison pour laquelle nous avons conçu et proposé le Fisandratana 2030, une vision de développement durable taillée sur mesure pour répondre aux besoins profonds de la nation et du peuple malgache. Nous ne devons jamais céder au découragement, car je demeure convaincu qu’un réel espoir subsiste pour Madagascar, et je crois fermement que notre pays finira par se relever », a-t-il déclaré avec conviction, suscitant l’adhésion de ses partisans.

Cohésion. Au-delà du bilan et des perspectives économiques, le leader du HVM a également insisté sur les urgences démocratiques du moment, exhortant les autorités et les forces vives de la nation à préserver les acquis fondamentaux : « J’appelle solennellement au respect de l’État de droit et à sa défense indéfectible, ainsi qu’à la garantie de toutes les libertés que nous revendiquons de longue date, qu’il s’agisse de l’exercice politique, de l’entrepreneuriat ou de la liberté de circulation. » Insistant sur la nécessité absolue d’apaiser le climat sociopolitique national, l’ancien président a encouragé la jeunesse tout en lançant un appel pressant à la cohésion : « Nous incitons les jeunes à s’engager, tout en veillant constamment à préserver la quiétude publique. Notre patrie a impérativement besoin de stabilité, et plus encore, d’une stabilité durable pour amorcer un véritable développement. » Enfin, s’adressant directement à sa base militante, Hery Rajaonarimampianina a conclu sur une note de mobilisation générale. « J’encourage les membres du parti à prendre leurs responsabilités, à se dresser avec courage. Une concertation nationale aura lieu : débattez, discutez-en. Car les grands desseins ne se réalisent point par de simples discours, mais par des actes concrets », a-t-il conclu.

Julien R.

Diplomatie : Rivo Rakotovao à Bruxelles, Georget Mandehatsara à New Delhi

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Samedi dernier, le gouvernement malgache a procédé à deux nominations stratégiques au sein de son corps diplomatique. L’ancien président du Sénat et chef de l’État par intérim, Rivo Rakotovao, a été officiellement nommé ambassadeur de Madagascar auprès du Royaume de Belgique et de l’Union européenne. Il succède à Jean Omer Beriziky et aura pour mission cruciale de réchauffer les relations bilatérales, plombées notamment par un vieux différend financier concernant l’indemnisation d’une société belge victime des événements de 2009. Ce dossier délicat vient toutefois de trouver une issue favorable à la suite des récentes négociations menées lors d’un déplacement présidentiel.

De son côté, Georget Mandehatsara prend la tête de l’ambassade de Madagascar en Inde, avec résidence à New Delhi. Cet ancien ministre de la Transition et ex-préfet met fin à une longue période d’intérim, assurée par des chargés d’affaires depuis plus de dix ans au sein de cette représentation créée en 2008. À travers ces choix, l’Exécutif mise résolument sur des profils aguerris pour redynamiser la présence de la Grande île sur la scène internationale, tant auprès de son partenaire européen clé qu’en Asie. Les deux diplomates s’apprêtent à prendre leurs fonctions respectives dès les prochaines semaines.

Julien R.

Herilaza Imbiki : « Changer les personnes sans changer les règles produit tôt ou tard les mêmes crises »

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Herilaza Imbiki soutient l’adoption d’un « accord politique national »
Herilaza Imbiki soutient l’adoption d’un « accord politique national »

Magistrat de carrière et juriste de formation, Herilaza Imbiki appelle à dépasser le simple remplacement des dirigeants ou des institutions pour engager une transformation en profondeur de l’État malgache.

Face à la situation politique actuelle, Herilaza Imbiki livre une lecture qui dépasse le seul calendrier électoral. À ses yeux, Madagascar ne pourra rompre avec le cycle des crises successives qu’en s’attaquant aux causes structurelles de l’instabilité. « La véritable refondation de Madagascar ne devrait pas être seulement un changement de dirigeants ou d’institutions », estime-t-il. Elle doit, selon lui, « tirer les leçons des crises successives et reconstruire durablement l’État, la démocratie, la justice, l’économie et la confiance entre les citoyens et les institutions ».

Première leçon avancée par le magistrat : la stabilité politique ne peut pas reposer sur la personnalité d’un dirigeant. Les institutions doivent être suffisamment solides pour fonctionner indépendamment « des personnalités et des rapports de force du moment ». Cette consolidation institutionnelle suppose notamment de revoir l’équilibre entre la Présidence de la République, le gouvernement et le Parlement. Herilaza Imbiki préconise ainsi de renforcer réellement le rôle du Parlement dans le contrôle de l’action gouvernementale, de garantir l’indépendance de la justice et de renforcer les mécanismes de contrôle constitutionnel.

Il estime également nécessaire de clarifier les conditions de dissolution et de changement des institutions, tout en mettant en place des mécanismes efficaces de lutte contre les conflits d’intérêts et la corruption. À cela doit s’ajouter, selon lui, une professionnalisation durable de l’administration publique. L’objectif, selon Herilaza Imbiki, est de « faire en sorte que l’État fonctionne au-delà des changements de personnes au sommet ».

« Une élection ne suffit pas nécessairement à résoudre une crise politique », a affirmé Herilaza Imbiki. Pour être véritablement une « élection de sortie de crise », elle doit être préparée par un processus « consensuel, inclusif et transparent », avec des garanties acceptées par les principaux acteurs, a-t-il avancé. Dans cette perspective, le fichier électoral devient une question centrale, estime-t-il. « Le fichier électoral est une question de confiance nationale », souligne Herilaza Imbiki. Il plaide pour sa refonte, son audit indépendant et une gestion transparente.

Données électorales. Son approche repose sur l’établissement d’un « pacte national » pour des élections crédibles. Ce pacte devrait notamment, selon Herilaza Imbiki, prévoir l’audit et la refonte du fichier électoral, une réforme consensuelle du Code électoral, ainsi qu’un renforcement de l’indépendance et de la crédibilité de la CENI. La transparence du financement des campagnes, le contrôle indépendant des résultats et la mise en place de mécanismes rapides de règlement des contentieux figurent également parmi ses propositions. Il insiste par ailleurs sur la nécessité d’une participation effective des partis politiques et de la société civile. Les élections des chefs de fokontany devraient également être transparentes, tandis que l’observation nationale et internationale devrait être encouragée. Et toutes les données électorales essentielles, selon toujours Herilaza Imbiki, devraient être publiées de manière accessible au public.

Dans le contexte actuel, le dialogue national occupe également une place centrale dans la réflexion du magistrat. Mais Herilaza Imbiki met en garde contre un dialogue qui se limiterait à une succession de réunions. Le Dinika Fakankevitra, estime-t-il, doit devenir « un véritable instrument de décision ». Il devrait déboucher, selon cet ancien ministre, sur des résultats précis et mesurables, dont « un accord politique national, un calendrier électoral consensuel, une feuille de route institutionnelle et un ensemble de réformes électorales ». À cela devraient s’ajouter des garanties de sécurité et de liberté politique, ainsi qu’un mécanisme de suivi associant les différentes forces politiques.

Rija R.

OMNIS : Le pouvoir ose le goudron de Bemolanga

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L’Office des Mines Nationales et des Industries Stratégiques (OMNIS) supervise la recherche et l’éventuelle exploitation du bloc 3102 à Bemolanga (district de Morafenobe, région Melaky). Le sous-sol renferme des réserves considérables estimées à 2,85 milliards de barils de sable bitumineux, dit grès bitumineux. Contrairement au site voisin de Tsimiroro, où l’on extrait de l’huile lourde à moindre coût, Bemolanga exige un processus d’extraction plus lourd et plus technique. Seuls 5,5 % de ce volume peuvent être transformés en goudron pur exploitable.

Impact environnemental. Dans la dynamique de valorisation des richesses nationales, un projet pilote est concrétisé sur le terrain. Sur un tracé d’environ 1,4 km, 500 mètres de route seront revêtus grâce au goudron issu du sable de Bemolanga. Le directeur général de l’OMNIS, le général Tsilavonjato Honoré Andriantaolo, rappelle que des techniciens de l’Office mènent depuis des mois des études d’impact environnemental rigoureuses. L’institution balaie ainsi les intoxications circulant sur les réseaux sociaux, rappelant que la transformation requiert une séparation technique de l’huile et du bitume, ainsi que l’adjonction d’additifs spécifiques.

Viabilité technique. Ce test préalable est indispensable pour statuer sur la viabilité technique et économique du projet. L’OMNIS s’entoure de garanties scientifiques avant d’envisager tout partenariat avec de futures compagnies. Si les résultats s’avèrent concluants, l’exploitation se concrétisera à travers un Contrat de Partage de Production (CPP), assurant une gestion souveraine au profit des Malgaches. L’Office salue l’audace politique du pouvoir en place et remercie le ministère des Travaux publics, le Fonds routier, les forces de l’ordre ainsi que la population locale pour leur soutien indéfectible dans cette initiative d’envergure.

Julien R

Jeux de la Francophonie 2027 : Erevan dévoile les sites sportifs et culturels

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La capitale arménienne accueillera, du 23 juillet au 1er août 2027, la 10e édition des Jeux de la Francophonie. Pour ce grand rendez-vous qui réunira sport et culture, plusieurs sites emblématiques d’Erevan et de sa région ont été retenus pour accueillir les compétitions et les activités culturelles.

Erevan se prépare à vivre au rythme des Jeux de la Francophonie. Pour cette édition 2027, les organisateurs ont choisi de répartir les différentes disciplines dans plusieurs infrastructures sportives, mais également dans des lieux emblématiques de la capitale arménienne.

Le breaking investira notamment la place de la Liberté et l’Opéra, tandis que le complexe sportif Karen Demirchian accueillera les épreuves de judo et d’haltérophilie. La Maison des échecs, lieu incontournable pour cette discipline en Arménie, sera naturellement dédiée aux compétitions d’échecs.

La place de la République sera également au cœur de l’événement avec le basket 3×3 et le basket-fauteuil 3×3. L’athlétisme et le parathlétisme se dérouleront au stade Hrazdan, l’une des grandes enceintes sportives d’Erevan. Le Centre de gestion du sport accueillera, de son côté, le tennis de table.

Pour le football, les rencontres seront réparties entre les terrains d’Abovyan et ceux d’Urartu. Cette répartition permettra ainsi aux différentes délégations de découvrir plusieurs facettes de la capitale et de ses environs.

Culture

Au-delà du sport, la culture occupera une place importante dans cette 10e édition. Peinture, photographie, sculpture, danse de création, littérature, chanson, contes et création numérique figurent au programme. Le théâtre et la jonglerie avec ballon viendront compléter cette programmation culturelle.

Avec ces différents sites, les Jeux d’Erevan ambitionnent de réunir sport, culture et échanges entre les jeunes de la Francophonie. Pour les délégations participantes, le rendez-vous de 2027 constituera également une nouvelle occasion de faire vivre les valeurs de solidarité, de dialogue et de partage portées par les Jeux de la Francophonie.

L’Arménie s’apprête ainsi à faire de sa capitale un véritable carrefour de la jeunesse francophone, où la performance sportive côtoiera la créativité artistique et les rencontres entre les cultures. Madagascar, pays membre à part entière de l’Organisation internationale de la Francophonie, n’a jamais manqué une édition des Jeux de la Francophonie. La délégation malgache fera désormais partie des participants à Erevan.

T.H

Législation numérique : Fenitra Ravelomanantsoa plaide pour un équilibre entre sécurité numérique et libertés individuelles

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Alors que Madagascar poursuit sa transformation numérique, la question de l’encadrement de la cybercriminalité prend de plus en plus d’importance. Pour Fenitra Ravelomanantsoa, juriste spécialisé dans le numérique, le pays doit aujourd’hui disposer d’un arsenal juridique adapté aux nouvelles menaces, sans pour autant négliger la protection des libertés fondamentales.

Fenitra Ravelomanantsoa, chez Google depuis près de 10 ans et fondateur de la Maison du Numérique.

Avec la généralisation d’Internet, de la Mobile Money et, plus récemment, de l’intelligence artificielle, les usages changent rapidement. Les risques évoluent eux aussi. Cyberharcèlement, sextorsion, pédopornographie, fraudes en ligne ou encore faux profils font partie des phénomènes auxquels la législation doit désormais pouvoir répondre.

Le projet de loi sur la cybercriminalité prévoit notamment un renforcement des sanctions contre plusieurs formes de criminalité numérique. Des mesures de traçabilité financière sont également prévues, notamment une obligation de déclaration de soupçon pour les transactions Mobile Money atteignant ou dépassant 10 millions d’ariary. Le texte prévoit aussi une identification plus rigoureuse des cartes SIM.

Pour Fenitra Ravelomanantsoa, ces dispositions répondent à un besoin réel. « Madagascar a besoin d’une législation numérique efficace », estime-t-il. Une telle évolution doit permettre de mieux protéger les citoyens, les entreprises et les institutions. Mais elle doit, selon lui, s’accompagner de garanties suffisantes.

Le rôle de la justice. Parmi les points qui retiennent son attention figure la place accordée aux autorités administratives dans les investigations numériques. Le juriste considère que certaines décisions doivent rester sous le contrôle d’une autorité judiciaire indépendante, notamment lorsqu’elles peuvent toucher aux droits individuels.

La séparation des pouvoirs reste, selon lui, un élément essentiel. Même vigilance concernant la liberté d’expression et la protection des données. Des règles trop larges ou insuffisamment précises pourraient susciter de nouvelles inquiétudes chez les utilisateurs et les acteurs du secteur.

« Le numérique doit être un vecteur de croissance, pas une source supplémentaire de méfiance », souligne Fenitra Ravelomanantsoa.

Une question de confiance. Au-delà de la lutte contre les infractions, le juriste estime que l’enjeu est aussi de créer un environnement numérique dans lequel les citoyens se sentent en confiance. Les jeunes doivent pouvoir développer leurs projets, les entreprises investir et les utilisateurs avoir recours aux services numériques sans craindre pour leurs données ou leurs libertés.

Madagascar n’est d’ailleurs pas le seul pays confronté à cette recherche d’équilibre. Fenitra Ravelomanantsoa cite notamment la Convention de Budapest sur la cybercriminalité ainsi que la Convention de Malabo, ratifiée par Madagascar, parmi les références internationales existantes.

Ancien juriste chez AXA Group Solutions puis cadre chez Google sur les questions liées à la réglementation du cloud, à la protection des données et aux relations avec les régulateurs, Fenitra Ravelomanantsoa est revenu à Madagascar après près de vingt ans passés à l’étranger. Il a fondé en novembre 2023 la Maison du Numérique, à Madagascar.

Pour lui, la question n’est donc pas simplement d’être « pour » ou « contre » une loi sur la cybercriminalité. Le véritable enjeu reste l’équilibre à trouver entre sécurité, développement numérique, confiance et libertés individuelles.

Nécrologie du 12 septembre 2026

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Fanirisoa Ernaivo : Quatre barons de l’ancien régime dans le collimateur de la justice

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Le message est clair

Aucun dirigeant de l’ancien régime ne sera épargné malgré le processus de concertation nationale et le dialogue politique en cours.

La ministre Fanirisoa Ernaivo lance une véritable chasse aux sorcières contre les barons de l’ancien régime. Au cours d’une interview accordée à nos confrères de TV5Monde, la garde des Sceaux a évoqué l’ouverture d’enquêtes judiciaires contre l’ancien président Andry Rajoelina, l’ex-Premier ministre Ntsay Christian, l’ancien maire de la Commune urbaine d’Antananarivo, Naina Andriantsitohaina, et l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, qui est incarcéré dans la prison de haute sécurité de Melrose, à l’île Maurice, depuis le 25 octobre 2025. Le message est clair. Aucun dirigeant de l’ancien régime ne sera épargné malgré le processus de concertation nationale et le dialogue politique en cours. À travers la déclaration de la ministre de la Justice, on peut lire que les tenants du pouvoir de la Refondation entendent faire fi des recommandations de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), insistant sur la libération des prisonniers politiques et l’arrêt immédiat des poursuites et des persécutions (c’est selon) contre les dirigeants déchus.

Accusations

Abus de pouvoir, corruption, détournement et complicité de détournement de deniers publics. Ce sont, entre autres, les accusations portées contre ces leaders du régime « Volomboasary ». En ce qui concerne Andry Rajoelina, Fanirisoa Ernaivo affirme le déclenchement, la semaine dernière, d’une enquête ouverte contre l’ancien président de la République. Pas plus tard que jeudi dernier, son département ministériel a officialisé l’ouverture d’une enquête suite à une plainte de la Direction de la législation et des contentieux (DLC) auprès de la Primature afin de déterminer les conditions ayant permis à l’ancien président d’obtenir un certificat de nationalité malagasy lors de l’élection présidentielle de 2023 alors qu’il dispose déjà d’une nationalité française. Par ailleurs, les comptes bancaires d’INJET ont également été gelés et tous les matériels de ladite société saisis. Pour ce qui est de son Premier ministre, Ntsay Christian, c’est la première fois depuis le début de cette crise que son nom est cité dans une affaire judiciaire. La ministre de la Justice a annoncé, durant cette interview, que l’ancien locataire de Mahazoarivo fait, lui aussi, l’objet d’une ouverture d’enquête. Tout comme l’ancien président, l’ex-PM est aussi accusé d’être impliqué dans l’affaire table-bancs impliquant l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Sahondrarimalala Marie Michelle.

Candidats de substitution

Naina Andriantsitohaina, quant à lui, est aussi visé par un mandat d’arrêt. L’ancien maire de la Ville des Mille aurait quitté le pays et se trouverait désormais en Afrique du Sud ou en Belgique, si l’on s’en tient aux propos de Fanirisoa Ernaivo. Cette dernière reste convaincue qu’un jour, celui qui était ministre des Affaires étrangères, puis ministre de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, se fera rattraper dans sa fuite. Actuellement, l’équipe du ministère de la Justice œuvre et manœuvre pour réclamer l’extradition de l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga. Comme dans le cas de la société de l’ancien président Andry Rajoelina, ses comptes bancaires, ainsi que ceux de son épouse et de ses enfants, ont également été gelés, tous les biens de la famille saisis et toutes les sociétés du groupe SODIAT placées sous administration judiciaire par le Pôle anti-corruption (PAC). « Il doit répondre de ses actes devant la justice malagasy, quelle que soit l’issue de son procès à Maurice », a martelé la garde des Sceaux. Quatre grandes figures de l’ancien régime sont donc désormais dans le collimateur de la justice. Bon nombre d’observateurs estiment toutefois que la démarche relève d’un simple effet d’annonce, car la procédure n’a aucune chance d’aboutir. En ce qui concerne, par exemple, le cas de l’ancien président Andry Rajoelina, nul n’ignore que la France n’extrade jamais ses ressortissants. Plus d’un estime alors que l’objectif visé par ces dossiers judiciaires consiste à empêcher l’ex-président, ainsi que les potentiels candidats de substitution, de se porter candidats aux prochaines échéances électorales. Les gels de comptes consistent surtout à boucher les éventuelles sources de trésor de guerre afin d’anéantir complètement l’ancien parti au pouvoir pour laisser le champ libre au candidat de la Refondation.

Davis R