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vendredi, octobre 16, 2026
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Trois opéras d’outremer : Voix malgaches et réunionnaises à Massy 

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Le Théâtre Vollard de La Réunion présentera les « 3 opéras d’outre-mer » les 1er et 2 octobre 2026 à l’Opéra de Massy, à Paris. Ce spectacle réunit des extraits de Maraina (2005), Chin (2010) et Fridom (2020), trois œuvres composées par Jean‑Luc Trulès sur des livrets d’Emmanuel Genvrin.

En une heure et demie, le public découvrira trois univers lyriques qui, ensemble, dessinent les contours d’un genre nouveau : l’opéra d’outre‑mer. 

Fondamentalement classique par sa forme, à travers l’orchestre, les chœurs et les solistes, il se distingue par une hybridation musicale. Aux cordes et aux cuivres traditionnels se mêlent percussions et rythmes des îles, maloya et salegy, ainsi que des timbres vocaux originaux comme les « voix bleues » malgaches. Cette fusion enrichit l’opéra sans le dénaturer, lui donnant une identité enracinée dans l’océan Indien. 

Maraina évoque les origines franco‑malgaches au XVIIe siècle, Chin retrace les luttes ouvrières réunionnaises des années 1950, tandis que Fridom plonge dans l’histoire contemporaine d’une radio libre et des émeutes des années 1990. Trois récits, trois époques, mais un même fil conducteur : raconter l’histoire des îles à travers les mythes universels de l’amour, du destin et de la liberté. 

Cette fusion ne cherche pas à folkloriser l’opéra, mais à élargir son langage en intégrant des sonorités régionales dans une structure universelle. Jean‑Luc Trulès et Emmanuel Genvrin ont conçu ce genre pour refléter la diversité culturelle de l’océan Indien tout en respectant les codes du répertoire européen. 

Avec plus d’une centaine d’artistes, dont un grand chœur réunissant des chanteurs réunionnais et malgaches, ce projet marque un pas de reconnaissance : pour la première fois, l’Opéra de Massy ouvre sa scène à ce genre lyrique.

Hanitra Andria

Samby tômpony : Trois villes en fête

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Les 23, 24 et 25 octobre ainsi que le 1er novembre, la caravane Samby tômpony traversera trois districts, notamment Maroantsetra, Mananara-Nord et Ambanja. Lucky Dube Band, Wawa et Tukson seront de la partie. Cela faisait des années que les organisateurs événementiels de cette festivité élaboraient ce plan. Désormais, la caravane est en marche. Des artistes nationaux et internationaux se succéderont sur scène.

En outre, la vision est de créer un grand festival réunissant le triangle du Nord. Depuis une trentaine d’années, la fête a pris une autre dimension. Les rassemblements témoignent d’un attachement de plus en plus marqué à ce qui fait la particularité du territoire : la revendication identitaire. C’est l’une des premières fois qu’Ambanja, la ville du cacao, Maroantsetra et Mananara-Nord célèbrent une seule et même festivité. Un concept inédit !

Samby tômpony met également en avant un programme d’animations populaires, une manière d’inscrire l’événement dans la culture festive locale, où la musique partage la scène avec les passionnés. À travers cet événement, les instigateurs confirment leur ambition : faire de ces trois districts un théâtre culturel géant pendant quelques jours, en réunissant artistes confirmés, jeunes talents et public autour d’un même langage, celui de la fête, de la création et de l’identité culturelle malgache. Cette expression artistique demeure jusqu’ici méconnue des Malgaches en général.

Cependant, les initiateurs ont des desseins lointains : populariser Samby tômpony et, pourquoi pas, lui donner une envergure internationale. Ils sont entièrement conscients que cela demande un long effort de composition. Vouloir, c’est pouvoir. La preuve : ils ont pu inviter Lucky Dube Band. En revanche, les entrepreneurs culturels ont assumé leurs responsabilités avec courage et ambition. Le public de ces trois villes souhaite également la longévité du projet afin qu’il puisse s’épanouir dans une atmosphère de convivialité.

Par ailleurs, le choix des dates a été méticuleusement réfléchi. La fin du mois d’octobre et le début du mois de novembre correspondent aux vacances de la Toussaint, ce qui est favorable aux vacanciers qui souhaitent apporter une gerbe de fleurs aux aïeux célestes. Sous un autre angle, les jeunes peuvent déjà anticiper la fête d’Halloween. Encore une fois, les créateurs du projet ont tout étudié.

En somme, Samby tômpony se veut fédérateur et réunificateur. Le Nord-Ouest, la région de Sambirano et l’Est, fief betsimisaraka-antimaroa (Mananara-Nord et Maroantsetra), s’unissent autour d’un grand slogan : le fihavanana.

Iss Heridiny

Exposition : Origine, la genèse de la photographie à Madagascar

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Dès le 3 octobre 2026, le Musée de la Photographie d’Antananarivo inaugurera l’exposition événement « ORIGINES. Débuts de la photographie à Madagascar ». Cet événement réunira le grand public et les passionnés d’histoire autour des premières archives visuelles de la Grande île, afin d’interroger l’impact politique, diplomatique et culturel de l’arrivée du médium photographique sur le territoire à partir de 1853. « Origine » invite les visiteurs à une immersion introspective au cœur du processus créatif, en interrogeant les racines culturelles, biologiques et spirituelles qui façonnent notre identité. À travers une sélection captivante d’œuvres picturales, d’installations sculpturales et de dispositifs multimédias, cette présentation explore la genèse de la matière et de la mémoire individuelle ou collective. En tissant des liens subtils entre traditions ancestrales et langages plastiques contemporains, l’exposition pose un regard poétique sur ce qui nous lie à notre terre et à notre histoire. C’est une véritable traversée sensorielle qui interroge la place de l’humain dans son environnement, tout en célébrant le point de départ de toute création artistique.

Zo Toniaina

Marina Mafy au Palais des Sports : Pari réussi pour Joely

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YvR
YvR

Le Palais des Sports de Mahamasina a vécu hier un moment historique : pour la toute première fois, un one man show humoristique a captivé une foule entière, jouant à guichet fermé et laissant derrière lui une salle comble, éclatante de rires. 

La soirée s’est ouverte avec une première partie portée par quatre jeunes humoristes, notamment Hery Artist, le ventriloque, Iharantsoa, Falitiana Kely et Sombiniaina, qui ont chauffé le public avant l’entrée tant attendue.

À 15 h 50, Joely a fait son apparition après un clip rassemblant ses personnages emblématiques sur l’air de We Are the World. L’entrée fut spectaculaire, avec une mise en scène lumineuse et musicale à faire frissonner, avant que Joely ne s’installe dans une conversation fluide avec les spectateurs.

Joely a également partagé la genèse de son parcours, qui a évolué pendant la période Covid, ainsi que son propre combat contre la maladie. Avec humour et profondeur, il a abordé des thèmes sensibles de la société malgache, tels que certaines traditions, les ruptures amoureuses, ses complexes personnels et des tabous du quotidien. Il a osé rire de la peur de vieillir, des habitudes de jeunesse, ou encore de l’embarras lié à l’achat de préservatifs, des différentes façons d’éduquer les enfants, transformant ces réalités en éclats de rire partagés. Des sujets qui auraient pu être très sérieux, mais grâce à son talent, Joely a su garder l’ambiance légère durant toute sa prestation. L’artiste maîtrise parfaitement l’autodérision, dans tous les sujets abordés, permettant aux générations anciennes de s’identifier, sans oublier les comparaisons avec les réalités actuelles.

Le public, venu spécialement pour lui, n’a pas été déçu. Rires non-stop, complicité palpable, et cette impression rare d’assister à un spectacle qui marque une époque ont empli la salle. Joely a prouvé que l’humour pouvait être un miroir de la société et un art majeur. Marina Mafy restera comme le premier stand-up à avoir conquis le Palais des Sports, et le pari est plus que réussi. 

Hanitra Andria

Cardiologie : Deux nouveaux professeurs agrégés à Madagascar

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A l’issue du concours national d’agrégation en médecine qui vient d’arriver à son terme la semaine dernière, la spécialité médicale cardiologie compte deux nouveaux professeurs agrégés. Il s’agit du Professeur  Miandrisoa Rija Mikhaël et du Professeur Rakoto Sedson Olivier. Ils portent aujourd’hui à cinq le nombre de professeurs agrégés en cardiologie à Madagascar parmi lesquels ne figure aucune femme. Pour tous les nommer tous, il s’agit du Pr Rakotoarimanana Solofonirina ; Pr Rabearivony Nirina ; Pr Randriamihangy Narindrarimanana ; Pr Miandrisoa Rija Mikhaël et Pr Rakoto Sedson Olivier. A Madagascar, la cardiologie figure parmi les spécialités médicales comptant très peu de spécialistes, et encore moins, de professeurs agrégés.

Pour rappel, 35 nouveaux professeurs agrégés ont réussi au dernier concours national d’agrégation en médecine.

Hanitra R.

Préscolaire : Des infrastructures pour mieux préparer les enfants au primaire

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Les élèves inscrits en préscolaire
Les élèves inscrits en préscolaire

La Fondation Axian accorde une place importante au préscolaire dans ses actions en faveur de l’éducation. Des visites ont récemment été effectuées à l’EPP Mahazoarivo II, à Antsirabe, et à l’EPP Andafiatsimo, à Ambatolampy. À Mahazoarivo II, près de 120 enfants âgés de 4 à 5 ans sont inscrits au préscolaire. Ils sont répartis dans deux salles et encadrés par quatre enseignantes.

Lecture. Des ateliers de lecture ont également été organisés à l’EPP Mahazoarivo II. Les enfants ont reçu le livre « Diary Nofy », ainsi que des kits scolaires et divers matériels. Ces activités visent à leur donner le goût de la lecture et à les préparer à leur entrée au primaire. La Fondation Axian travaille avec l’association Kozama, son partenaire technique dans le déploiement de ses actions en faveur du préscolaire.

Infrastructures. Plus de 50 établissements préscolaires ont été construits à Madagascar, sur un total de 249 écoles réalisées par la Fondation Axian. À l’EPP Andafiatsimo, dans le district d’Ambatolampy, 552 élèves sont actuellement scolarisés. L’appui de la Fondation Axian a permis d’améliorer les infrastructures et les conditions d’apprentissage. L’établissement a toutefois encore besoin de tables-bancs, en particulier pour les classes préscolaires.

Préparation. Le préscolaire permet aux enfants d’acquérir les premières bases avant leur entrée au primaire. La construction de salles adaptées et l’accompagnement des enseignants contribuent ainsi à leur préparation. L’objectif est de permettre aux enfants d’aborder le primaire dans de meilleures conditions.

Narindra Rakotobe

Mahamasina : Nouveau plan de circulation en vigueur à partir de ce jour

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Les automobilistes devront adopter un nouveau schéma de circulation jusqu’à la fin des travaux à Mahamasina.
Les automobilistes devront adopter un nouveau schéma de circulation jusqu’à la fin des travaux à Mahamasina.

Nouveau changement du côté de Mahamasina pour les automobilistes. À partir de ce jour, 14 septembre 2026, un nouveau schéma de circulation entre en vigueur en raison des travaux menés dans le cadre de la mise en œuvre de la deuxième phase du Programme intégré d’assainissement d’Antananarivo (PIAA2). Ceux actuellement en cours ont débuté le 10 septembre 2026 et s’inscrivent dans la seconde tranche de l’Opération 2 de ce programme. Il s’agit de travaux d’aménagement au niveau du rond-point Ankadilalana, en face du Palais des Sports, et du rond-point devant le Gymnase couvert de Mahamasina. C’est ainsi qu’un nouveau plan de circulation temporaire a été mis en place afin de maintenir la fluidité de la circulation sur les lieux.

À partir de ce jour, le tronçon de rue partant de la bifurcation Ankadilalana vers l’hôtel TOMETAL, puis le gymnase couvert, sera ouvert dans les deux sens. Les automobilistes en provenance d’Amparibe rejoignant Ankadilalana peuvent passer devant l’établissement scolaire Institution Sainte Famille, ou alors par l’hôtel TOMETAL, puis rejoindre le Bazar du Quartier. Le parking en face du gymnase couvert fera l’objet d’une réorganisation temporaire.

Pour rappel, la circulation autour de la zone Antanimbarinandriana menant vers Mahamasina subit déjà quelques ralentissements en raison d’une circulation limitée à une seule voie. Auparavant, la circulation avait été complètement interrompue pendant plusieurs mois, également pour cause de travaux dans le cadre du même Programme intégré d’assainissement d’Antananarivo.

Un retour à la normale est attendu dès l’achèvement des différents chantiers à Mahamasina.

Hanitra R.

Filets sociaux de sécurité : Plus de 1,9 millions de familles accompagnées depuis 2016

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Parmi les bénéficiaires du Vatsin'ankohonana
Parmi les bénéficiaires du Vatsin’ankohonana

À Madagascar, près de 1,9 million de familles ont bénéficié des programmes de filets sociaux depuis 2016. Une mobilisation nationale qui illustre la volonté de bâtir une société plus résiliente et inclusive, en accompagnant les ménages vulnérables vers l’autonomie et la dignité.

Les projets Filets Sociaux de Sécurité et Filets Sociaux de Résilience, coordonnés par le ministère de la Population, mis en œuvre par le Fonds d’Intervention pour le Développement avec le financement de la Banque Mondiale constituent une réponse concrète aux défis du quotidien. Ils visent à renforcer le capital humain, à promouvoir l’inclusion économique et à développer l’autonomie des communautés.Les bénéficiaires sont encouragés à adopter des comportements favorables à la santé, à la nutrition, à l’hygiène et à la citoyenneté. L’inclusion productive se traduit par des formations agricoles adaptées et par la mise en place d’activités génératrices de revenus. L’inclusion financière repose sur les associations villageoises d’épargne et de crédit, véritables leviers d’autonomisation.

Resultats

Plus de 8 000 associations villageoises ont été constituées, permettant à 177 600 membres, dont 148 600 femmes, de renforcer leur capacité d’épargne et d’investissement. Près de 299 000 bénéficiaires ont lancé des AGR, chaque initiative générant entre 1,5 et 2 emplois indirects. Cette dynamique entrepreneuriale contribue à la résilience des communautés et à la réduction de la pauvreté. En période de crise, ces dispositifs apportent une aide rapide et ciblée, renforçant la capacité des familles à surmonter les chocs socio-économiques et climatiques. Avec 1,9 million de familles accompagnées, Madagascar démontre qu’une politique sociale ambitieuse peut transformer durablement les conditions de vie et ouvrir la voie vers un avenir plus équitable.

Narindra Rakotobe

Infrastructures routières : Accélération des travaux pour réduire une perte estimée à 1,11 point de PIB

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Alors que les engagements de dépenses et les travaux routiers connaissent actuellement une accélération, une étude de la DGEP montre l’enjeu économique de cet effort : la réhabilitation et l’entretien du réseau pourraient générer jusqu’à 1,11 point de PIB supplémentaire. En effet, le mauvais état des routes malgaches n’est pas seulement une contrainte pour les déplacements. Il représente un véritable manque à gagner pour l’économie. Près de 90 % du réseau n’est pas revêtu et seulement 11,4 % de la population rurale vit à moins de deux kilomètres d’une route praticable en toute saison. Dans un pays où la route concentre l’essentiel des flux intérieurs, cette faiblesse infrastructurelle pèse directement sur les échanges, les coûts logistiques et la production. L’accélération actuelle des engagements de dépenses et des travaux routiers prend ainsi une dimension économique particulière. Une étude réalisée par la Direction générale de l’Économie et du Plan, au sein du ministère de l’Économie et des Finances, évalue ce que pourrait rapporter l’amélioration du réseau. Selon ses simulations, la réhabilitation et l’entretien des routes entraîneraient une hausse de 43,2 % du trafic total, soit 637 743 véhicules supplémentaires par an. Le fret progresserait de 21,7 % et le transport de voyageurs de 45,6 %.

Retombées. Cette amélioration se répercuterait largement au-delà du secteur routier. La valeur ajoutée des transports augmenterait de 17,2 %, avec des effets d’entraînement sur le commerce, les services aux entreprises, les banques et assurances, ou encore les équipements. Au total, l’impact sur le PIB est évalué à +1,11 %. Un chiffre qui peut également être interprété comme une estimation du manque à gagner lié à l’insuffisance des interventions routières. L’étude livre surtout un enseignement majeur pour les arbitrages publics : les investissements les plus lourds ne sont pas toujours ceux qui produisent le rendement économique global le plus important. L’entretien périodique des axes structurants concentrerait 52,1 % du gain total de trafic, contre 36,8 % pour les réhabilitations lourdes et 11,2 % pour le bitumage des pistes. Selon cette logique, intervenir rapidement sur une route déjà très fréquentée évite sa dégradation et protège immédiatement des flux économiques importants. Entretenir aujourd’hui coûte donc moins cher à l’économie que reconstruire demain. Dans ce contexte, l’accélération des chantiers routiers ne relève pas uniquement d’une politique d’infrastructures. Elle peut être considérée comme un levier de croissance : chaque axe remis en état réduit progressivement les pertes liées à l’enclavement, facilite la circulation des biens et rapproche l’économie de son potentiel réel.

Antsa R.

Filière cacao : La qualité malgache à l’honneur à la Foire Internationale de l’Agriculture

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L’excellence du cacao malgache est indéniable, de la production à la transformation

Une des filières clés des exportations malgaches, le cacao était à l’honneur lors de la Foire Internationale de l’Agriculture, qui s’est déroulée la semaine dernière au CCI Ivato.

Le cacao a en effet affiché une présence remarquée avec un vaste stand du Conseil National du Cacao (CNC), regroupant toute la chaîne de valeur de la filière. On peut citer notamment les producteurs, les coopératives, les chocolatiers artisanaux, les organismes d’appui et les institutions de recherche, comme la FOFIFA.

Filière structurée

« L’objectif de notre participation est la promotion de la filière cacao », explique Grégory Rabeson, secrétaire exécutif du CNC. Il ajoute que « cette présence collective permet aussi de mettre en relation directe les producteurs et les transformateurs, et d’ouvrir de nouveaux débouchés ». Le stand cacao donne, en tout cas, l’image d’une filière bien structurée, où chaque maillon connaît sa place. Les participants rencontrés se disent d’ailleurs satisfaits de cette organisation, qui se traduit concrètement par de meilleurs prix au producteur et par une reconnaissance internationale croissante. C’est le cas notamment de la coopérative Voankazomamy et de Claudio Mananjara, deux producteurs de cacao d’Ambanja médaillés de bronze au concours international Cacao Excellence Award. La coopérative Voankazomamy regroupe une trentaine de producteurs pour une production annuelle de 50 tonnes, dont 30 tonnes sont exportées. Cette reconnaissance a un effet direct sur les revenus : le prix du cacao tend désormais vers 22 000 à 25 000 ariary le kilo, contre 10 000 ariary auparavant. Un signal fort pour des planteurs longtemps restés au bas de la chaîne de valeur.

Transformation locale

Mais des efforts restent encore à faire. À en entendre les producteurs, la qualité du cacao malgache mérite un meilleur prix. Sur le marché international, la fève de cacao de Madagascar, labellisée « 100 % cacao fin », se négocie entre 5 et 6 dollars américains, alors que certaines origines d’Amérique du Sud se vendent à 10 dollars. Les producteurs souhaitent ainsi une rémunération équitable de leur production. La présence de la filière cacao au CCI Ivato a également permis de mettre en exergue l’importance de la transformation locale, au lieu d’une simple exportation de fèves brutes. En effet, plusieurs chocolatiers artisanaux transforment localement et commercialisent leurs produits, y compris en ligne. Les prix pratiqués, entre 90 000 et 100 000 ariary le kilo de chocolat, témoignent de l’enjeu de la production locale. Et le marché de la transformation est d’autant plus prometteur quand on sait que certains chocolatiers artisanaux peuvent transformer jusqu’à 40 kilos de fèves par jour.

45 000 producteurs

En amont de la filière cacao, la recherche joue un rôle déterminant. Le Centre régional de recherche Nord du Fofifa, basé à Ambanja, travaille à la conservation du patrimoine génétique du cacaoyer malgache, à la production de jeunes plants et à la distribution de semences sélectionnées aux planteurs. Un travail de fond qui bénéficie aux quelque 45 000 producteurs que compte la filière. Entre reconnaissance internationale, remontée des prix au producteur, transformation locale et appui de la recherche, le cacao malgache présente à Ivato le visage d’une filière organisée, qui a choisi de jouer la carte de la qualité plutôt que celle du volume.

R.Edmond.