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lundi, octobre 19, 2026
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Nécrologie du 8 août 2026

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Jubilé des 85 Ans du Grand Toby d’Ankaramalaza : Message pour la Nation et les Enfants du Réveil

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Ankaramalaza s’est métamorphosée en un véritable centre de pèlerinage spirituel. Le grand foyer du Réveil chrétien malgache a célébré son 85ᵉ anniversaire, marquant plus de huit décennies de foi, d’enseignements et de ministère auprès de dizaines de milliers de fidèles venus des quatre coins de la Grande île et de la diaspora.

Fondé en 1941 sous l’impulsion spirituelle de Mama Nenilava, le Tobilehibe Ankaramalaza constitue le troisième grand mouvement de Réveil (Fifohazana) à Madagascar, aux côtés des foyers historiques de Soatanana, Farihimena et Manolotrony. Cet anniversaire jalonné d’histoire témoigne de la pérennité et du rayonnement ininterrompu de cette œuvre. Une semaine de rassemblements spirituels et d’enseignements se tient au toby, couplée à la préparation et à la consécration des nouveaux bergers (mpiandry) chaque 2 août. Durant ce rassemblement, des conférences, des discours et des enseignements de la Sainte Écriture sont dispensés par les pasteurs et les divers responsables. L’événement est également marqué par une forte affluence des fidèles. Environ 30 000 personnes se rassemblent pour participer à ce grand rendez-vous, parmi lesquelles plus d’une centaine de visiteurs venus de l’étranger, du Canada, d’Allemagne, de Suisse et de France, ainsi que des sections du toby situées à l’extérieur. Le comité d’organisation s’est préparé plusieurs mois à l’avance, et l’engouement des fidèles venus de loin reste impressionnant. Cette année, deux personnes sont décédées : un jeune homme, noyé dans la rivière Sandrananta, et une dame, qui a succombé à une embolie pulmonaire. La famille a pris en charge les rapatriements, mais le toby a organisé une collecte pour apporter son soutien aux familles des défunts.

Le Message Spirituel et l’Ancrage Biblique

Le Jubilé est un moment privilégié pour adresser un message au peuple, particulièrement aux enfants du Réveil et à l’ensemble de la nation malgache. Le texte biblique central de ce message repose sur le verset d’Ésaïe 49:26d : « Et toute chair saura que je suis l’Éternel, ton Sauveur, et que ton Rédempteur, c’est le Puissant de Jacob. » La parole dans le livre d’Ésaïe constitue une auto-révélation de Dieu proclamant qui Il est réellement. Historiquement, cet enseignement est apparu au peuple d’Israël lorsqu’il faisait face à la captivité en Syrie et à Babylone. Ésaïe leur a rappelé que Dieu était présent au milieu d’eux, affirmant avec force qu’Il est le Sauveur et le Libérateur.

« Pour cette année 2026, malgré les événements traversés et les épreuves affrontées, le message spirituel montre que Dieu prend soin de son peuple et qu’Il est le Sauveur des Malgaches. D’une manière générale, ce Jubilé apporte un message fort pour la vie de la nation, axé sur la libération, le pardon des péchés et le repos. Dieu désire sauver et libérer, non seulement sur le plan matériel et physique, mais avant tout pour la vie éternelle. »

Foi et Continuité de l’Œuvre Divine

Selon Jaona Andrianasolo, Secrétaire général du tobilehibe Ankaramalaza, « Cette célébration témoigne de la présence et de la pérennité d’Ankaramalaza au fil des décennies. C’est de Madagascar qu’a émergé le mouvement de Réveil, et celui-ci demeure en plein essor aujourd’hui. Bien que Mama Nenilava soit décédée en 1998, c’est Jésus-Christ qui accomplit et poursuit sans relâche l’œuvre et la propagation de l’Évangile. »

Pour Sahondra Raholiarihanta, actrice malgache, présente au 75ᵉ anniversaire du tobilehibe, « Force est de constater qu’en dix ans le nombre de fidèles ne cesse d’augmenter, témoignant d’un engouement croissant pour la foi et le rapprochement avec Dieu. L’engagement spirituel des croyants s’affermit. Plus les aspirants sont nombreux, plus le nombre d’appelés s’accroît. C’est précisément cette profonde aspiration chez les personnes qui se rendent à Ankaramalaza, désirant répondre à leur vocation de berger (mpiandry) au sein de l’Église luthérienne, qui dynamise et fait prospérer la vie religieuse à Madagascar. Pour ma part, ma venue ici, l’ensemble de cet engagement se transforme en un témoignage vivant et en un puissant outil d’évangélisation pour toute la communauté, afin que le temps consacré, les ressources financières investies et le déplacement jusqu’au toby ne soient pas vains. »

Les travaux de réhabilitation de la route Lokomby-Ankaramalaza vont bon train

La route menant à Ankaramalaza est en mauvais état et inaccessible aux véhicules de transport pendant la saison des pluies. Ankaramalaza compte pourtant parmi les plus grands et les plus célèbres centres luthériens au monde, accueillant chaque année des dizaines de milliers de fidèles en pèlerinage. Pour traverser la rivière Sandrananta, une partie du trajet est aménagée en « chaussée bétonnée » afin d’assurer une grande résistance et d’éviter une détérioration rapide. Une autre portion, à partir de Lokomby, est réalisée en « pavés » : ainsi, même en cas de forte submersion, la route ne sera pas endommagée et les éventuels travaux de réparation seront plus faciles à exécuter. La réalisation de ces travaux a commencé à alléger les difficultés quotidiennes de la population locale, tout en facilitant le déplacement des milliers de pèlerins qui s’y sont rendus cette année. Alors que les efforts se concentrent actuellement sur l’amélioration des voies d’accès, la question de l’assainissement et des infrastructures d’accueil de base demeure un défi urgent à relever pour garantir la dignité et la santé de tous lors des pèlerinages. Sur le plan pratique, le manque criant de latrines constitue un véritable calvaire pour les dizaines de milliers de fidèles et de congressistes qui convergent chaque année vers ce haut lieu du luthéranisme mondial. Lors des grands rassemblements, l’absence d’installations sanitaires adéquates et en nombre suffisant complique l’accueil des visiteurs, générant un inconfort grandissant et des risques sanitaires non négligeables pour la population locale comme pour les voyageurs.

L’accès à l’eau potable, un défi face à l’affluence massive

Bien que l’installation récente d’un purificateur d’eau ait permis de résoudre en partie les problèmes d’approvisionnement en eau potable sur le site, cette mesure s’avère encore insuffisante. La cause : une vague sans précédent de fidèles attendus pour les prochains rassemblements.

Face au nombre constamment croissant de pèlerins qui convergent vers ce grand centre luthérien, malgré les progrès techniques réalisés, la demande sur place a largement dépassé les prévisions initiales. Cette situation souligne la nécessité d’un renforcement des installations hydrauliques temporaires et permanentes afin d’éviter toute pénurie d’eau potable et de garantir des conditions d’hygiène décentes à l’ensemble des visiteurs.

Le calvaire des télécommunications freine le quotidien et la sécurité du site

Outre les défis logistiques et sanitaires, la fracture numérique touche de plein fouet le grand centre spirituel d’Ankaramalaza. Dans cette zone enclavée, communiquer relève aujourd’hui d’un véritable parcours du combattant pour les habitants comme pour les visiteurs.

Le réseau téléphonique y est particulièrement défaillant : passer un simple coup de téléphone ou maintenir une communication stable s’avère extrêmement difficile. La situation est tout aussi critique du côté d’Internet. Lors des grands rassemblements religieux, l’engorgement des rares antennes disponibles paralyse totalement les échanges. Cet isolement numérique pose un problème majeur, tant pour l’organisation des pèlerinages et la gestion des urgences médicales que pour la vie économique locale. Alors que le site attire chaque année des dizaines de milliers de personnes, l’amélioration de la couverture réseau par les opérateurs télécoms s’impose désormais comme une priorité absolue.

Zo Toniaina

MIDIRAMA : Le monde accélère, Madagascar délibère

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Le monde est en train de changer de peau. Les rapports de force se recomposent, les technologies redéfinissent les puissances, les crises s’enchaînent à un rythme qui ne laisse aucun répit. Chaque semaine apporte son lot de ruptures. Chaque jour semble appartenir à une nouvelle époque. Et pendant que la planète accélère, Madagascar donne parfois l’impression de courir… sur un tapis roulant.

À La Mecque, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan viennent de signer un pacte de défense historique. Le message est limpide : attaquer l’un revient désormais à affronter les trois. Dans un Moyen-Orient où les alliances étaient jusqu’ici aussi mouvantes que les dunes du désert, une nouvelle architecture sécuritaire est en train de naître.

Au même moment, les marchés pétroliers retiennent leur souffle. Les États du Golfe et l’Iran s’approchent d’un compromis temporaire pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Les ennemis d’hier découvrent une vérité vieille comme le monde : la diplomatie coûte toujours moins cher que la guerre.

Pendant ce temps, la Chine ne regarde plus les étoiles. Elle les équipe. Deux satellites hyperspectraux, dotés d’intelligence artificielle, viennent d’être placés en orbite. Ce n’est plus seulement l’espace qui fascine Pékin, c’est l’idée de faire fonctionner l’intelligence artificielle directement dans le ciel. La prochaine révolution technologique ne se fera peut-être même plus sur Terre. Et nous continuons parfois à nous demander pourquoi les grandes puissances prennent autant d’avance.

Le reste du monde n’offre pas davantage de répit. En République démocratique du Congo, Ebola franchit le seuil symbolique des 4 000 cas confirmés. À Ceuta, des dizaines de migrants meurent dans un nouveau drame qui rappelle que les frontières les plus solides sont souvent celles du désespoir. Le sud de la France brûle encore sous les incendies. Aux États-Unis, Donald Trump poursuit sa remise en cause du droit du sol.

Même le football mondial se transforme en arène diplomatique. L’Europe réclame la tête de Gianni Infantino tandis que l’Afrique lui renouvelle publiquement sa confiance. Beaucoup sentent l’odeur du dollar américain dans la manœuvre. Même le ballon rond finit par parler géopolitique.

Puis vient Madagascar. Et là, le contraste devient presque cruel. Depuis plusieurs semaines, les discussions se multiplient autour de la sortie de la transition. La SADC insiste sur un dialogue politique inclusif. Les rencontres au sommet s’enchaînent. Cette fois-ci, avec le format d’un dialogue politique, les consultations succèdent aux concertations, lesquelles préparent d’autres consultations qui devraient ouvrir la voie à de nouvelles discussions. Le dialogue est devenu une activité économique à part entière. À ce rythme, il faudra bientôt créer un ministère chargé de coordonner les réunions destinées à préparer les prochaines réunions.

Naturellement, personne ne contestera qu’un dialogue est indispensable. Une transition ne peut déboucher sur des élections crédibles sans consensus minimal. Mais le dialogue n’est pas une fin en soi. Il est un moyen. Or, lorsqu’un moyen devient un mode de gouvernance permanent, le risque est grand de transformer l’attente en politique publique.

Car pendant que les responsables discutent, les réalités, elles, avancent sans demander l’autorisation. Les prix continuent leur ascension. L’inflation a atteint 8,6% en juin. Face à cette poussée, la Banque centrale relève son taux directeur à 12,5%. Un signal fort envoyé aux marchés, mais aussi un exercice périlleux : comment freiner la hausse des prix sans freiner davantage une économie dont la respiration reste fragile ? Les ménages, eux, n’attendent plus les analyses macroéconomiques. Ils constatent simplement que le panier coûte chaque semaine un peu plus cher.

À l’ASECNA, le bras de fer social illustre une autre réalité. Les agents dénoncent notamment des rémunérations converties selon un taux de change datant… de 2012. Quatorze ans plus tard, le coût de la vie a changé, la monnaie a changé, l’économie a changé. Pas la référence utilisée pour certains calculs. L’administration possède parfois une qualité extraordinaire : elle réussit à rendre le temps immobile.

Dans le Sud, seize personnes, dont un gendarme, sont arrêtées dans une affaire d’enlèvements et d’assassinats d’enfants albinos. Derrière les chiffres se cache une tragédie insoutenable qui rappelle que certaines pratiques criminelles survivent malgré les discours sur la modernisation de l’État.

Mais Madagascar n’est pas seulement ce catalogue de difficultés. À Nosy Be, le festival Sômarôho démontre une fois de plus que la culture demeure l’une des plus belles vitrines du pays. Pendant quelques jours, dans cette partie du pays, les débats politiques cèdent la place aux concerts, aux rencontres et à la célébration d’une jeunesse qui refuse de se résumer aux crises.

À Abidjan, les Ankoay U18 ont arraché une victoire au buzzer face au Gabon. Trois points dans les dernières secondes d’un match fou. Une délivrance. Une émotion brute. Le genre de victoire qui rappelle qu’en sport, tout reste possible jusqu’au dernier instant.

Dans les gymnases de la capitale, le premier Championnat des Nations U18 de volley-ball de la Zone 7 réunit les jeunes de plusieurs îles de l’océan Indien. Là encore, ce sont les nouvelles générations, la Gen Z, qui donnent les plus belles leçons de coopération régionale. La jeunesse avance souvent plus vite que les institutions.

C’est peut-être cela, le paradoxe malgache. Le pays ne manque ni de talents, ni d’énergie, ni d’intelligence. Les artistes innovent. Les sportifs progressent. Les entrepreneurs inventent. Les chercheurs travaillent. Les étudiants rêvent. Les citoyens s’adaptent. Mais l’État donne parfois l’impression d’appartenir à un fuseau horaire différent.

Pendant que le monde signe des pactes stratégiques, nous signons des procès-verbaux de réunions. Pendant que les autres préparent le XXIe siècle, nous discutons encore des conditions d’entrée dans le présent.

Il serait pourtant injuste de céder au fatalisme. Madagascar possède aujourd’hui une occasion rare. La transition ne sera jugée ni sur le nombre de réunions organisées, ni sur la longueur des communiqués, encore moins sur la multiplication des consultations. Elle sera jugée sur sa capacité à rendre le pouvoir aux citoyens dans un climat apaisé, à restaurer la confiance dans les institutions, à protéger les plus vulnérables, à maîtriser l’inflation, à garantir la sécurité et à remettre enfin le pays sur une trajectoire durable.

Rija Randriambola

Au fil de l’eau et des régimes

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« La situation dans l’Androy nous amène parfois à penser si on ne nous appauvrit pas délibérément afin de pouvoir bénéficier de financement tous les ans ». Le président de la Refondation a dit le fond de sa… pensée lors de la signature de l’accord pour l’installation d’une unité de dessalement d’eau de mer dans le district d’Ambovombe.

Au fil de l’eau et des régimes

A son retour de Dubaï en décembre 2025, le Colonel Michaël Randrianirina de rapporter entre autres « voa-dalana » de ce voyage éclair et secret, une rencontre avec le responsable d’une entreprise émiratie capable de transformer l’air en eau. Huit mois après, c’est finalement avec une firme chinoise que le régime de la Refondation vient de signer un accord portant sur un projet d’installation d’une unité de dessalement de l’eau de mer destinée à fournir de l’eau potable à des milliers de personnes dans le Deep South. Qu’importe le robinet pourvu qu’on ait l’eau, diront sans doute les habitants de l’Androy qui ont vu beaucoup de projets tomber à l’eau. Celle du fleuve Mandrare où la population d’Amboasary Sud et des localités environnantes remplit à ras bord des fûts rincés sur place et montés sur des charrettes tirées par des zébus à bout de force qui intéressent peu ou prou les « dahalo » qui sévissent dans la région. Une image surannée qui est appelée à disparaître au fil de l’… eau. Du moins pour les bénéficiaires de ce énième projet d’alimentation en eau potable de l’Androy où les gens se désaltèrent parfois, en période de sécheresse, avec le contenu des cactus. Une plante grasse résiliente dans un écosystème aride et hostile qui pourrait devenir plus fertile et productif si l’air et la mer venaient effectivement à se transformer à la fois en eau potable et d’irrigation. Un double projet qui pourrait apporter de l’eau au moulin du régime de la Refondation même si les Antandroy n’ont pas besoin de pareille machine pour moudre leur maïs.

R.O

Roland Ratsiraka : « Le fédéralisme est un rêve légitime mais un saut dangereux dans l’inconnu »

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« Imposer le fédéralisme sans préparation pourrait conduire à des affrontements ethniques », selon le numéro un du « Malagasy Tonga Saina »
« Imposer le fédéralisme sans préparation pourrait conduire à des affrontements ethniques », selon le numéro un du « Malagasy Tonga Saina »

Élu dans une circonscription considérée comme le bastion des fédéralistes lors des crises successives de 1991 et 2002, le numéro un du MTS a son mot à dire sur cette forme de l’État. Interview.

Midi Madagasikara : Après 1991 et 2002, le débat sur le fédéralisme revient un quart de siècle plus tard sur le tapis.

Roland Ratsiraka : « Avant de débattre du fédéralisme, posons-nous une question essentielle : quel diagnostic faisons-nous de notre pays ? Force est de constater avec tristesse que les responsables politiques malgaches ne partagent pas la même analyse de la situation nationale. Nous observons tous le même résultat : une pauvreté persistante, un recul économique et social, ainsi qu’un affaiblissement continu des services publics. Mais nos avis divergent profondément sur les causes de cet échec et sur les solutions à apporter. C’est dans ce contexte que resurgissent les débats sur la décentralisation, l’autonomie provinciale et, aujourd’hui, le fédéralisme. »

Midi : Quelle est votre position ?

R. R. : « Je ne peux pas être opposé, par principe, à l’idée du fédéralisme. Beaucoup de populations des régions périphériques, notamment côtières, l’attendent depuis longtemps, parfois sans en connaître précisément le fonctionnement ni les conséquences. Pour elles, le fédéralisme représente avant tout la fin de l’hypercentralisation, une meilleure répartition des richesses et le droit de décider localement de leur avenir. Cette aspiration est légitime, mais elle peut devenir dangereuse si elle est mise en œuvre dans la précipitation, sans préparation administrative, financière, institutionnelle et culturelle. Ancien maire durant plusieurs mandats, deux fois ministre et député depuis plus de vingt ans, je constate un recul considérable de la déconcentration et de la décentralisation à Madagascar. La « décentralisation effective » reste trop souvent un simple slogan. La seule décentralisation véritablement mise en œuvre concerne principalement les communes. Les grandes lois adoptées en 1994 et promulguées en 1995, notamment la loi n° 94-008, leur ont accordé une personnalité morale, un budget propre, des ressources, des redevances et des compétences qu’elles peuvent exercer de manière autonome. »

Midi : Est-ce tout de même une avancée ?

R. R. : « Cette avancée n’a été que rarement remise en cause dans son principe. Cependant, certaines décisions récentes ont constitué un recul, notamment lorsqu’il a été décidé de centraliser davantage la perception des impôts fonciers. Or, dans de nombreux pays, ces impôts constituent une ressource essentielle des communes et des villes. Le problème des communes n’est donc pas seulement l’absence d’autonomie. Il réside aussi dans la faiblesse des ressources, l’insuffisance des capacités administratives et, parfois, la mauvaise gestion. Dans plusieurs grandes villes, notamment Antananarivo et Toamasina, des recrutements massifs motivés par des considérations politiques ont alourdi les dépenses de fonctionnement, jusqu’à rendre difficile le paiement des salaires. L’autonomie juridique existe, mais elle ne produit pas automatiquement le développement lorsqu’elle est mal administrée. À l’inverse, Fort-Dauphin a pu bénéficier de ressources importantes liées aux activités minières de QMM. De même, les communes traversées ou concernées par le projet Ambatovy devraient pouvoir connaître un développement considérable grâce aux redevances qui leur reviennent. Encore faut-il que celles-ci leur soient effectivement versées, sans blocage ni confiscation par le pouvoir central. »

Midi : Quid des projets d’investissement public dans les régions ?

R. R. : « Dans les projets d’investissement public régional inscrits dans les budgets des ministères, les réalisations restent souvent très éloignées des annonces. Les conférences budgétaires régionales donnent de l’espoir, mais les crédits votés ne sont pas toujours engagés ni exécutés sur le terrain. Le budget devient alors un document d’intention plutôt qu’un véritable instrument de développement. Même lorsque les lois reconnaissent l’autonomie des collectivités, des instructions venues de l’État central continuent d’enfreindre cet esprit. Dans certaines administrations ou sociétés publiques, il faut encore attendre une décision prise à Antananarivo pour acheter une simple ampoule ou un matériel urgent nécessaire à la continuité du service. J’ai également été scandalisé lorsque le ministère chargé de l’Aménagement du territoire a voulu faire gérer par l’administration centrale les contrats et les droits de place du marché de Miami, à Toamasina. Cette compétence aurait dû relever en premier lieu de la collectivité locale. Ce ne sont pas de simples dysfonctionnements administratifs. Ils traduisent une forme de méfiance et parfois de mépris à l’égard des collectivités, de leurs responsables et des populations vivant en dehors de la capitale. Dans l’éducation, la santé, l’aménagement du territoire et de nombreux autres secteurs, les responsables locaux restent trop souvent obligés d’attendre les décisions de l’État central. »

Midi : La décentralisation effective était au programme de tous les régimes.

R. R. : « À des fins électoralistes et populistes, presque tous les dirigeants ont promis la décentralisation effective, l’autonomie régionale ou provinciale. Mais, une fois au pouvoir, les derniers présidents élus n’ont pas véritablement mis en œuvre ces engagements. Pourtant, les articles 139 à 160 de la Constitution organisent les collectivités territoriales décentralisées. La Constitution reconnaît les communes, les régions et les provinces, garantit leur autonomie administrative et financière et prévoit qu’elles s’administrent librement par des assemblées élues. Elle impose également une répartition des compétences, des ressources et des services publics entre l’État et les collectivités territoriales. Dans la pratique, les régions ne disposent toujours pas de l’ensemble des institutions élues et des moyens correspondant à cette autonomie. Quant aux provinces prévues par la Constitution, elles ne fonctionnent pas véritablement comme des collectivités territoriales autonomes dotées de leurs organes exécutifs et délibérants. Pourquoi n’a-t-on jamais achevé cette construction institutionnelle ? Nous vivons finalement dans une forme d’hypocrisie. Nous proclamons la décentralisation, mais nous hésitons à transférer réellement le pouvoir. Les dirigeants craignent de perdre leur contrôle politique, tandis que l’administration centrale résiste au changement. Il existe également une crainte légitime : celle de voir certaines décisions ralentir davantage si les administrations locales ne disposent ni des compétences humaines ni des moyens nécessaires. »

Midi : Quels sont les freins à la mise en place d’une véritable autonomie régionale ?

R. R. : « La mise en place d’une véritable autonomie régionale ou provinciale soulève déjà de nombreuses difficultés : découpage territorial, partage des compétences, répartition des ressources naturelles, organisation des services publics et relations entre l’État, les provinces, les régions et les communes. Qui serait responsable des routes, des écoles, des hôpitaux, de l’eau, de l’électricité ou de l’aménagement du territoire ? Qui financerait ces politiques ? Comment éviter les doubles compétences et les conflits entre les différents niveaux de décision ? Ces questions doivent recevoir des réponses claires avant toute réforme. Dans un État fédéral, elles deviendraient encore plus complexes. Le budget de l’État malgache reste largement absorbé par les dépenses de fonctionnement. Les recrutements excessifs, les emplois fictifs, la mauvaise gouvernance et les irrégularités dans les marchés publics réduisent fortement notre capacité d’investissement. Tant que les problèmes structurels de la Jirama, du coût réel des carburants, des marchés publics et de la gestion des finances publiques ne seront pas résolus, l’État ne pourra pas financer convenablement les routes, l’éducation, la santé et les autres infrastructures indispensables. Madagascar continuera alors à dépendre des bailleurs de fonds. Or, comment prétendre construire des entités fédérées réellement autonomes lorsque ni l’État central ni les collectivités territoriales ne disposent d’une autonomie financière suffisante ? »

Midi : Le fédéralisme est-il la solution miracle ?

R. R. : « Le fédéralisme ne crée pas miraculeusement de nouvelles richesses. Il répartit autrement les responsabilités et les ressources existantes. S’il n’existe pas de mécanisme puissant de solidarité et de péréquation, les régions riches pourraient progresser rapidement tandis que les plus pauvres s’enfonceraient davantage dans leurs difficultés. Beaucoup de citoyens évoquent le fédéralisme sans savoir précisément ce qu’il signifie. Un État fédéral n’est pas une juxtaposition de pays indépendants. Les entités fédérées disposent de pouvoirs importants, mais elles restent soumises à une Constitution fédérale commune. La défense nationale, la monnaie, les relations internationales et d’autres fonctions régaliennes demeurent généralement exercées au niveau fédéral. Comparer Madagascar à l’Allemagne, à la Suisse ou à l’Inde ne suffit pas. Ces pays ont construit leurs institutions au cours d’une longue histoire. Ils disposent de règles précises de répartition des compétences, d’administrations expérimentées, de juridictions capables d’arbitrer les conflits et de mécanismes financiers organisant la solidarité entre les territoires. À Madagascar, une réforme mal préparée pourrait provoquer des conflits de compétences, une multiplication désordonnée des taxes, des inégalités plus importantes et des contradictions entre les décisions nationales et territoriales. Le plus grand danger serait cependant de transformer un débat institutionnel en affrontement identitaire. Depuis le retour de ce sujet, les réseaux sociaux deviennent déjà le théâtre de propos haineux, de divisions et d’accusations à caractère ethnique. Cela commence mal. Si le fédéralisme était imposé brutalement dans ce climat, sans pédagogie ni préparation, il pourrait réveiller des blessures historiques, renforcer l’opposition artificielle entre les Hautes Terres et les régions côtières et, dans le pire des cas, conduire à des affrontements ethniques. Cette menace ne doit être ni exagérée à des fins politiques ni ignorée par naïveté. »

Midi : Mais êtes-vous finalement pour ou contre ce système ?

R. R. : « Je suis favorable au fédéralisme comme idéal de responsabilité locale, de proximité et de partage du pouvoir. Ce serait même un rêve pour beaucoup d’entre nous. Mais, hélas, les conditions nécessaires à sa mise en œuvre ne sont pas encore réunies. Compte tenu de notre diversité culturelle, de l’inégalité des richesses entre les régions, de la situation de nos finances publiques, de la culture centralisatrice de notre administration, de la fragilité de notre économie et de l’état de nos infrastructures, instaurer immédiatement un État fédéral pourrait engendrer davantage de problèmes que de solutions. Nous avons tendance à penser que tous les maux de Madagascar viennent de la concentration du pouvoir. Celle-ci constitue effectivement une partie importante du problème, mais elle n’en est pas l’unique cause. Le fédéralisme ne supprimera ni la corruption, ni l’incompétence, ni le clientélisme politique, ni la mauvaise gestion. Il pourrait même les reproduire à plusieurs niveaux. »

Midi : Que proposez-vous alors ?

R. R. : « Commençons donc par appliquer pleinement la Constitution actuelle. Mettons en place des régions et des provinces réellement autonomes, avec des organes élus, des compétences clairement définies et les ressources correspondantes. Apprenons à l’administration et aux responsables politiques à respecter cette autonomie. Développons progressivement une véritable culture de responsabilité locale, tout en garantissant la solidarité nationale. Après plusieurs années, voire plusieurs décennies d’expérience, lorsque nos institutions auront mûri, que nos collectivités seront correctement administrées et que notre pays disposera d’une plus grande indépendance financière, nous pourrons alors envisager sereinement le passage au fédéralisme, qui doit être l’aboutissement d’une longue construction nationale, et non une fuite en avant provoquée par nos frustrations. Mal préparé, il pourrait diviser Madagascar. Bien préparé, il pourrait un jour contribuer à le rééquilibrer et à le renforcer. »

Propos recueillis par R.O

A.C.S : Soutien au gouvernement et appel à l’apaisement

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L’Amicale des Anciens Conseillers Supérieurs de la Transition et Sénateurs de Madagascar (A.C.S.) se prononce en faveur de la gouvernance conduite par Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République. Dans une déclaration intitulée « Vavolombelon’ny mpiasa ny bainga », l’association met en avant plusieurs actions engagées par le gouvernement, en s’appuyant notamment sur la formule « Asa fa tsy kabary », soit des actes plutôt que des discours. La Jirama, l’accès à l’eau, les infrastructures routières, les mesures sociales et les investissements figurent parmi les principaux domaines cités.

200 milliards d’ariary. Dans le secteur de l’énergie et de l’eau, l’A.C.S. évoque l’acquisition de nouveaux groupes électrogènes pour la Jirama, la réhabilitation des conduites d’eau ainsi que les enquêtes judiciaires et administratives menées sur certains dysfonctionnements. Sur le plan social, elle cite la hausse des salaires, l’indemnité de logement et le renforcement de la lutte contre les enlèvements d’enfants et la traite des êtres humains. L’amicale met également en avant le projet de dessalement d’eau de mer destiné à l’Androy. Concernant les infrastructures, elle mentionne la réhabilitation des RN2, RN4 et RN7, l’entretien des routes secondaires ainsi que les projets de flyover et de bretelles routières autour de la capitale. Le projet « Fandroso », doté, selon l’A.C.S., de 200 milliards d’ariary, ainsi que les perspectives liées à l’OMNIS et au projet Tsimiroro, sont également cités.

Dialogue politique

Estimant que les acquis doivent désormais être consolidés dans un climat stable, l’A.C.S. appelle à mettre fin aux querelles politiques et lance le mot d’ordre « Ampy izay », qui signifie littéralement « ça suffit ». L’association invite la population à privilégier l’intérêt supérieur du pays, le fihavanana et la justice, tout en appelant ses membres, répartis dans les 24 régions, à se tenir prêts à participer au dialogue politique et à la concertation nationale. Une démarche qui traduit, selon l’amicale, la nécessité de privilégier l’unité et la stabilité dans la conduite des affaires nationales.

Nadia R.

Dialogue politique : La renaissance des particules

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La plupart de ces partis ne disposent d’aucun élu et n’ont même plus tenu leur congrès national. Pour eux, ce processus politique constitue une aubaine pour obtenir un « seza ».

Les groupuscules renaissent de leurs cendres. Le processus de dialogue politique initié par le Président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, redonne espoir aux partis et aux acteurs politiques qui se sont éclipsés de l’échiquier politique depuis belle lurette. Après les anciens présidents Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina, la valse des politiciens se poursuit du côté d’Iavoloha et d’Ambohitsorohitra. Le Chef de l’État a rencontré, entre autres, Hajo Andrianainarivelo, président national du parti « Malagasy Miara-Miainga », et les membres du « Komity Miaro ny Tolona » (KMT), dirigés par Lanto Rakotomavo et Miary Rasolofoarijaona. Dernièrement, ce fut au tour du parti « Asa Vita Ifampitsarana » (AVI), dirigé par son président fondateur Norbert Lala Ratsirahonana, de rencontrer l’officier du CAPSAT. C’était certainement une occasion pour cet ancien Chef d’État, considéré comme le faiseur de roi à Madagascar, d’apporter son point de vue sur la situation actuelle. Le Grand manitou a-t-il proposé un schéma de sortie de crise ou bien refait-il surface pour rebattre les cartes ? C’est la question qui se pose. On aura certainement des éléments de réponse dans les jours qui viennent.

Anciens Volomboasary

En tout cas, aux yeux des observateurs, ce dialogue politique est favorable à la renaissance des petits partis et/ou particules qui n’ont plus participé à aucune élection et n’ont même plus tenu leur congrès national depuis plusieurs années, contrairement à ce que prévoit la loi régissant les partis politiques. La plupart de ces partis ne disposent d’aucun député ni d’aucun maire élu. Pour eux, ce processus politique constitue une aubaine pour obtenir un « seza ». Nul n’ignore que la plupart de ces politiciens qui gravitent autour du colonel Michaël Randrianirina s’attendent à ce que ce dialogue politique aboutisse à une nouvelle Transition impliquant une clé de répartition des sièges et la création de nouvelles institutions, comme ce fut le cas durant la crise de 2009 avec la mise en place du Congrès de la Transition (CT) et du Conseil supérieur de la Transition (CST). Car, en cas de maintien du chronogramme prévoyant la tenue de la présidentielle avant décembre 2027, tous ces acteurs politiques qui sont, pour la plupart, d’anciens « Volomboasary » ayant retourné leur veste, n’auront aucune chance d’accéder au pouvoir.

Davis R

Océan Indien : Focus sur l’intelligence maritime

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Une réunion qui s’est tenue récemment à Antananarivo a remis au centre du débat l’enjeu crucial de la maîtrise de l’information maritime pour mieux lutter contre les trafics et sécuriser les approvisionnements vitaux. Pour un État insulaire comme Madagascar, une telle initiative est cruciale.

Renforcer la coordination face à des réseaux criminels de plus en plus sophistiqués. Tel est l’objectif de la réunion organisée par la Commission de l’Océan Indien (COI) dans la capitale malgache les 5 et 6 août 2026. L’initiative a réuni les administrations douanières, les centres régionaux de sécurité maritime et plusieurs partenaires internationaux. Au cœur des discussions entre les experts, le renseignement maritime s’impose comme un levier déterminant. En effet, dans un environnement marqué par l’immensité des espaces maritimes et la diversité des flux, la surveillance classique montre ses limites. Les trafiquants exploitent les conteneurs, les transbordements ou encore les ports secondaires pour dissimuler leurs activités. La capacité des pays à croiser les données issues de la mer avec celles des douanes permet ainsi de mieux identifier les risques et d’optimiser les contrôles. « Les informations recueillies en mer prennent toute leur valeur lorsqu’elles sont croisées avec les analyses de risques et les contrôles réalisés par les administrations douanières. Inversement, les résultats des inspections douanières enrichissent le renseignement maritime régional et améliorent la détection des nouvelles routes empruntées par les réseaux criminels. » Comme l’a déclaré le Secrétaire général de la COI, le Dr Ibrahim Norbert Richard : « L’information, lorsqu’elle est analysée, vérifiée et partagée, devient un véritable levier d’action. C’est elle qui permet de mieux identifier les risques, de cibler les interventions et de rendre nos réponses plus efficaces. Dans l’Océan Indien, où aucun État ne peut surveiller seul l’immensité de son espace maritime, le partage de l’information est devenu un enjeu de sécurité collective. »

Définies, les travaux ont permis d’identifier plusieurs priorités opérationnelles. L’on peut citer « la création d’un réseau régional de renseignement douanier, la mise en place d’un système régional d’alerte, le renforcement des formations au contrôle des conteneurs et à la fouille des navires, ainsi que le développement de procédures permanentes d’échange d’informations entre les administrations douanières, les centres nationaux de fusion d’informations maritimes et les deux centres régionaux de l’ARSM ». Pour les initiateurs de la réunion, « ces orientations alimenteront les prochaines activités du programme Safe Seas Africa ». Cette approche, fondée sur le partage et l’analyse de l’information, ne consiste plus à surveiller, mais à anticiper. Ce qui est, en soi, une avancée.

Madagascar

Pour Madagascar, l’enjeu dépasse largement la seule sécurité. En tant qu’île, le pays dépend quasi entièrement du transport maritime pour ses importations essentielles, telles que les carburants, les produits alimentaires, les médicaments ou encore les équipements. Toute faille dans la sécurisation de ces flux expose ainsi l’économie nationale à des risques majeurs, allant de la perturbation des marchés à des tensions sociales. Les trafics illicites, en infiltrant les chaînes logistiques, fragilisent également les recettes fiscales et la régulation des échanges. Les pistes évoquées lors de la réunion – réseau régional de renseignement, systèmes d’alerte, renforcement des capacités douanières – traduisent une prise de conscience selon laquelle la sécurité maritime est indissociable du développement. L’investissement dans l’intelligence économique revient désormais à protéger la souveraineté économique.

José Belalahy

Trafic routier : Embouteillages monstres à répétition sur la RN 2

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Mandraka fait partie des points critiques où le trafic est sérieusement ralenti, voire stoppé. Des embouteillages, longs de plusieurs kilomètres, contraignent les usagers de la route à patienter pendant plusieurs heures, jusqu’à une demi-journée avant de pouvoir poursuivre leur route. La raison évoquée par les usagers est la présence en nombre de poids-lourds stationnés sur un côté de la route, conformément aux consignes reçues des gendarmes assurant la circulation et la sécurité routière sur cet axe. Ainsi, la circulation se fait sur une seule voie, créant souvent des situations d’engorgement, aggravées par les incivilités de certains usagers qui s’engagent sur la voie unique sans attendre les consignes, bloquant ainsi la circulation dans les deux sens de la RN2. Selon les témoignages des usagers ayant emprunté l’axe RN2 en milieu de semaine, des embouteillages monstres, cette fois à cause d’un camion en panne au travers de la route, ont été à l’origine du blocage du trafic pendant plus de 10 heures. Hier également, la fermeture momentanée de la circulation au niveau du PK 61 jusqu’au PK 63+500 entre Andasibekely et Mandraka en raison des travaux d’entretien périodique, a eu pour conséquence la formation d’embouteillages dans les deux sens de la circulation.

Les usagers aspirent à une meilleure régulation de la circulation sur la RN2 afin d’éviter les situations de blocage qui rallongent de plusieurs heures la durée des trajets Antananarivo -Toamasina. Des retards qui ne sont pas sans conséquence sur les usagers, transporteurs comme particuliers.

Hanitra R.

Poliomyélite : Six cas confirmés dans le Sud

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La découverte récente de six cas confirmés de poliomyélite dans la partie méridionale de la Grande île a provoqué une vive onde de choc au sein des autorités sanitaires. Face à cette résurgence particulièrement inquiétante d’un virus capable de causer des paralysies irrémédiables chez les plus jeunes, la riposte médicale ne s’est pas fait attendre. Afin de stopper immédiatement la chaîne de transmission révélée par ces six cas, la toute première campagne de vaccination de l’année 2026 sera déployée du 11 au 14 août prochains. L’offensive sanitaire se concentrera principalement sur les cinq régions directement menacées par cette résurgence : l’Androy, l’Anosy, l’Atsimo-Andrefana, l’Atsimo-Atsinanana et l’Ihorombe. La cible prioritaire de cette opération d’urgence comprend tous les enfants âgés de 0 à 59 mois, soit un total estimé à plus de 1 173 000 tout-petits dans ces zones sensibles.

Rougeole

Concernant la rougeole dans la commune rurale de Tsatsakely, dans le district d’Antsirabe II, où six enfants âgés de moins de sept ans ont succombé, plusieurs mesures ont déjà été prises par les autorités sanitaires. Dès l’alerte donnée, les agents du ministère de la Santé publique, épaulés par les responsables du Service du district de la santé publique d’Antsirabe II, ont effectué une descente d’urgence sur le terrain. Il y a également la prise en charge médicale des malades, la recherche active des cas et des personnes en contact avec les patients, la sensibilisation de la population, la vérification du statut vaccinal, le suivi rigoureux de l’évolution des cas ainsi que le prélèvement d’échantillons destinés aux analyses de laboratoire. Les investigations et tests diagnostiques menés sans délai ont confirmé la triste réalité : la rougeole est bel et bien le mal à l’origine du décès des six jeunes victimes.

Narindra Rakotobe