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lundi, octobre 19, 2026
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Élections législatives russes : Un bureau de vote ouvrira à Ivandry

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L’ambassade russe à Ivandry servira de bureau de vote le 20 septembre prochain.
L’ambassade russe à Ivandry servira de bureau de vote le 20 septembre prochain.

Les citoyens russes résidant à Madagascar pourront voter à Antananarivo le 20 septembre 2026, à l’occasion des élections des députés de la nouvelle convocation de la Douma d’État de la Fédération de Russie. Un bureau électoral sera spécialement installé au département consulaire de la Russie à Madagascar, à Ivandry. Le bureau électoral n° 8195 sera ouvert le dimanche 20 septembre 2026, de 8 heures à 20 heures, heure locale, selon les informations partagées par l’ambassade de Russie à Madagascar. Les électeurs russes présents à Madagascar pourront, en effet, y accomplir leur devoir électoral en personne. Toutefois, le vote sera soumis à des conditions d’âge et d’identité. Selon l’ambassade russe, le scrutin est ouvert aux citoyens de la Fédération de Russie âgés d’au moins 18 ans le jour du vote. Pour participer au scrutin, ils devront aussi se présenter au bureau électoral et produire un document valide permettant d’établir leur identité en tant que citoyen russe.

L’organisation du vote à Madagascar s’inscrit dans le calendrier électoral fixé par les autorités russes. Selon les informations communiquées, le scrutin est organisé conformément au décret présidentiel russe n° 428 du 16 juin 2026, relatif à la nomination des élections des députés de la nouvelle convocation de la Douma d’État, la chambre parlementaire russe. Le rendez-vous électoral sera donc également délocalisé dans les représentations diplomatiques et consulaires russes à l’étranger, permettant aux ressortissants russes établis hors du territoire national de participer au scrutin. À Madagascar, le dispositif est désormais précisé : un bureau, une journée, douze heures de vote.

Rija R.

Justice : Une cellule pour accélérer les dossiers

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Le palais de la justice à Anosy est célèbre pour ses piles de dossiers en instance.
Le palais de la justice à Anosy est célèbre pour ses piles de dossiers en instance.

Trois semaines pour recenser les affaires qui traînent, trois mois pour les traiter. Le ministère de la Justice impose un calendrier serré aux tribunaux avec la création des Cellules opérationnelles de traitement rapide.

La justice veut rattraper le temps perdu

Face à la lenteur du traitement des dossiers, le ministère de la Justice déclenche une opération de désengorgement. Dans chaque cour et tribunal de l’ordre judiciaire, une Cellule opérationnelle de traitement rapide (CO-TR) est désormais mise en place. Le compte à rebours est lancé. La note ministérielle du 28 juillet 2026 donne trois semaines, à partir de cette date, aux nouvelles cellules pour dresser l’inventaire des dossiers qui s’éternisent. Une première échéance est donc fixée à la mi-août. Ensuite, le plan d’apurement élaboré à partir de cet inventaire devra être exécuté dans un délai maximal de trois mois.

Le premier objectif est clairement défini, notamment celui de mettre la main sur les dossiers anciens. Sont concernés les dossiers âgés de plus de deux ans, selon la note ministérielle, y compris ceux relevant de la matière pénale. Les affaires ayant fait l’objet de soit-transmis aux unités d’enquête devront également être recensées. Mais le ministère veut aller au-delà de la simple chasse aux dossiers poussiéreux. Les CO-TR devront porter une attention particulière aux affaires foncières, aux dossiers à fort impact économique et à ceux susceptibles d’avoir des répercussions sur l’ordre public. Les affaires qui dorment depuis trop longtemps doivent, en effet, sortir des tiroirs, tandis que celles présentant un caractère urgent ou stratégique doivent être traitées en priorité.

Chefs hiérarchiques

La mission des cellules ne se limite donc pas à établir une liste. Selon la note ministérielle, elles devront d’abord dresser un inventaire exhaustif, identifier les dossiers prioritaires, puis élaborer un plan d’apurement. Ce document doit servir de feuille de route pour accélérer le traitement des affaires recensées. Le cap est également fixé : trois semaines pour savoir ce qui bloque, trois mois au maximum pour agir. Une échéance particulièrement courte au regard du volume potentiel des dossiers concernés. Les magistrats et greffiers seront au cœur du dispositif. Ils seront désignés par leurs chefs hiérarchiques directs pour composer les CO-TR, a souligné la note ministérielle. Visiblement, le ministère veut donc accélérer. Mais le véritable test ne sera pas la création des CO-TR. Ce sera leur capacité à produire des résultats. Les dossiers seront-ils réellement traités plus vite ? Les stocks seront-ils effectivement résorbés ? Et surtout, les délais annoncés seront-ils tenus ? La réponse devra commencer à apparaître dans les prochains mois.

Rija R.

6 Août 1896 : Un oubli révélateur

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Le 06 août, il y a 130 ans, officiellement, avec l’adoption de la loi d’annexion, Madagascar est devenu une colonie française. Si les officiels malgaches l’oublient, c’est leur affaire. Les parents, les enseignants ou les intellectuels (s’il en reste encore ?) ont ce devoir de mémoire : le rappeler aux générations présentes et futures. Autrement, les discours mobilisateurs pour le développement restent vains. Quand des jeunes, parce que désespérés devant leur absence de perspectives d’avenir, disent tout haut qu’il vaut mieux revenir à la colonisation, pourquoi s’en étonner ? Pourquoi les blâmer ?

Non, ce pays n’est pas voué à la fatalité d’une soumission quelconque, et encore moins à être abandonné par les siens, partis chercher d’autres cieux plus cléments. À ceux-là, il faut marteler sans cesse que la situation coloniale ne s’est pas faite sans résistance et qu’elle n’entre pas nécessairement dans la logique de l’histoire. Il est vrai que la situation précoloniale n’était pas des plus idylliques, mais, en comparant aux autres nations qui ont connu leur propre évolution (avec des failles et des faiblesses, il faut le dire) et qui ont pu trouver une harmonie sociale, politique et économique, parce qu’elles ont pu surmonter par elles-mêmes leurs propres contradictions internes, il est permis de penser qu’on aurait pu suivre leur chemin. Si on ne peut pas revenir en arrière et qu’on ne refait pas l’histoire, qu’elle nous serve de leçon au moins. Pour rappel, relisons quelques bribes de notes de Gallieni*, dont le contenu en dit long et ne relève pas de la légende.

– « Au mois de septembre 1900, deux vastes régions étaient encore insoumises. C’étaient, à l’Est, la zone forestière qui s’étend parallèlement à la côte sur les limites des provinces de Fianarantsoa… depuis Ikongo au nord jusqu’au cercle de Fort-Dauphin au sud ; au sud, le pays des Mahafaly et des Antandroy. Ce n’étaient pas les seules où la pacification restait à achever… »

– « Le meilleur moyen pour arriver à la pacification dans notre nouvelle et immense colonie de Madagascar, avec les ressources restreintes dont nous disposons, est d’employer l’action combinée de la force et de la politique. Les luttes coloniales nous imposent trop souvent, malheureusement, l’insoumission des populations ; nous ne devons détruire qu’à la dernière extrémité, et ne ruiner que pour mieux bâtir. Toujours, nous devons ménager le pays et ses habitants, puisque celui-là est destiné à recevoir nos entreprises de colonisation futures… »

– « L’action politique est de beaucoup la plus importante ; elle tire sa plus grande force de la connaissance du pays et de ses habitants… C’est l’étude des races qui occupent une région qui détermine l’organisation politique à lui donner, les moyens à employer pour sa pacification. Un officier qui a réussi à dresser une carte ethnographique… est bien près d’en avoir obtenu la pacification complète, suivie bientôt de l’organisation qui lui conviendra le mieux. »

– « Toute agglomération d’individus, race, peuple, tribu ou famille, représente une somme d’intérêts communs ou opposés… Il y a aussi des haines et des rivalités qu’il faut savoir démêler et utiliser à notre profit, en les opposant les unes aux autres, en nous appuyant sur les unes pour mieux vaincre les secondes. »

Aujourd’hui, nous sommes à la croisée de notre devenir : ne gagnerons-nous pas à revoir l’histoire ?

Si les pouvoirs successifs en place n’ont pas daigné effectuer leur devoir de mémoire, c’est leur affaire.

*André Lebon, La pacification de Madagascar, 1896-1899, Plon, 1928

M. Ranarivao

Sport scolaire : Coup d’envoi officiel ce jour à Mahajanga

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La ministre de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement technique déjà sur place depuis le week-end.
La ministre de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement technique déjà sur place depuis le week-end.

La Cité des Fleurs est en effervescence. L’édition 2026 des Jeux Nationaux du Sport Scolaire se tient à partir de ce jour dans la ville de Mahajanga. Du côté des organisateurs comme des délégations régionales, les derniers réglages sont faits : athlètes et responsables sont désormais fin prêts à fouler le terrain. C’est le mythique Stade Rabemananjara qui servira de cadre à la grande cérémonie d’ouverture, prévue ce jour à partir de 16 heures. Un rendez-vous d’envergure nationale qui sera rehaussé par la présence effective du Premier ministre, Chef du Gouvernement, Mamitiana Rajaonarison, témoignant de l’importance accordée à l’épanouissement de la jeunesse par le sport. Pendant une semaine, Mahajanga accueillera de nombreuses disciplines collectives et individuelles. Au-delà des enjeux purement sportifs et de la quête de médailles, ce rassemblement scolaire demeure un tremplin privilégié pour détecter les pépites de demain tout en véhiculant les valeurs de fraternité, de discipline et de fair-play.

Narindra Rakotobe

Circoncision et « famadihana » à Bemasoandro Itaosy : Tolérance zéro pour le blocage des routes et pour le tapage nocturne

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Les rassemblements sur la chaussée ne sont plus autorisés dans la commune de Bemasoandro Itaosy.
Les rassemblements sur la chaussée ne sont plus autorisés dans la commune de Bemasoandro Itaosy.

Le climat festif lié aux « famadihana » et aux circoncisions bat son plein en cette saison, mais la liberté des uns s’arrête désormais là où commence celle des usagers de la route. La Commune rurale de Bemasoandro Itaosy vient d’adopter des mesures fermes pour encadrer ces événements et mettre fin aux désagréments quotidiens subis par la population. Sous la houlette du maire Jimmy Ranitratsilo, la municipalité a tranché : les cortèges massifs, fanfares et rassemblements sur la chaussée ne sont plus autorisés à bloquer la circulation. Si le respect des coutumes ancestrales reste fondamental, le blocage des axes routiers et les embouteillages monstres générés par ces cortèges ne seront plus tolérés. Les organisateurs devront veiller à laisser le passage libre aux véhicules et aux piétons. Outre la circulation, la tranquillité du voisinage est directement visée par ces nouvelles dispositions. La musique à fort volume et le vacarme des festivités sont désormais strictement encadrés et doivent cesser dès 21 heures. Pour toute festivité souhaitant se prolonger au-delà de cette heure limite, les organisateurs devront obligatoirement obtenir une autorisation spéciale délivrée par la Commune. Cette obligation vise à garantir la sécurité, à maintenir l’ordre public et à préserver le repos des riverains.

Cette décision prise par Bemasoandro Itaosy fait l’effet d’une bouffée d’air frais pour de nombreux citoyens. En cette période de « famadihana » et de circoncisions, l’exaspération monte dans plusieurs autres localités de la capitale et de sa périphérie. Entre artères complètement paralysées pendant des heures et sonorisations poussées au maximum jusqu’à l’aube, la cohabitation devient difficile. Beaucoup d’habitants d’autres communes appellent ouvertement leurs édiles à emboîter le pas à Bemasoandro en adoptant ces mêmes restrictions à plus grande échelle.

Narindra Rakotobe

Baccalauréat 2026 : Les premiers résultats publiés dans l’Itasy

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Fin du suspense pour les candidats au baccalauréat 2026 dans la région Itasy, où les résultats ont été publiés le 8 août, au grand soulagement des candidats, fixés sur leur sort, deux semaines après la fin des épreuves du baccalauréat général.

Moins de quinze jours après la fin des épreuves du baccalauréat de l’enseignement général, les candidats de la circonscription de l’université de l’Itasy sont les premiers à avoir pu consulter les résultats de leurs examens, dès la fin de la semaine dernière. Les candidats des centres de Soavinandriana, d’Arivonimamo, d’Imerintsiatosika, de Miarinarivo et d’Analavory disposent déjà des résultats affichés, tout en ayant la possibilité de les consulter via les opérateurs mobiles. Pour rappel, l’Office du baccalauréat de l’université de l’Itasy comptait 6 676 candidats inscrits, dont 6  516 au baccalauréat de l’enseignement général et 160 au baccalauréat technique et professionnel.

Pour les universités des autres provinces et régions, les travaux post-session du baccalauréat sont toujours en cours. Les résultats pour Fianarantsoa, Mahajanga et Antsiranana sont attendus cette semaine, tandis que ceux d’Antananarivo le sont dans une dizaine de jours. Ainsi, les candidats doivent encore prendre leur mal en patience, espérant pouvoir être fixés sur l’issue de leurs examens bien plus tôt que lors des sessions des années précédentes, où les résultats n’étaient publiés qu’un mois après la tenue de la session. De leur côté, les responsables de l’organisation et des travaux post-session se doivent d’assurer des résultats avec zéro erreur, suivant un protocole précis, incluant les étapes de vérification et de contre-vérification, avant de publier les résultats.

Hanitra R.

Refondation démocratique : Les femmes leaders malgaches se préparent en amont pour la scène politique

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Les participantes venues de divers horizons réunies à Antananarivo pour le lancement officiel de cette série d'ateliers nationaux. (photo PNUD Madagascar )
Les participantes venues de divers horizons réunies à Antananarivo pour le lancement officiel de cette série d’ateliers nationaux. (photo PNUD Madagascar )

Alors que Madagascar s’engage dans un processus de refondation institutionnelle, la participation politique et électorale des femmes, y compris celles en situation de handicap, est encouragée. À travers une série d’ateliers axés sur la maîtrise du cadre légal, le démantèlement des stéréotypes et le mentorat, cette initiative inédite entend former dès aujourd’hui les femmes malgaches dans toute leur diversité.

À Madagascar, il est crucial de prendre des mesures bien en amont des échéances pour favoriser la participation politique et électorale des femmes. Dans un contexte marqué par le processus de refondation de la République, qui s’accompagne notamment de réformes institutionnelles et électorales, l’enjeu est de permettre aux femmes et aux jeunes femmes de mieux comprendre ces évolutions, d’y participer de manière informée et de renforcer progressivement leur présence dans les espaces de décision publique. C’est dans cette perspective que le Programme des Nations Unies pour le développement à Madagascar (PNUD), à travers son projet Élections, Renforcement des processus électoraux et démocratiques à Madagascar (RPEDEM), agit à la fois sur la préparation des femmes et sur les conditions d’une participation politique et électorale plus accessible, inclusive et effective. Du 5 au 7 août 2026 à Antananarivo, le projet a lancé, avec l’appui financier du gouvernement du Japon dans le cadre du Japan Supplementary Budget (JSB), une série d’ateliers qui se poursuivra à Ihorombe et à Ambilobe. L’objectif est d’agir suffisamment en amont : mieux comprendre les processus électoraux et institutionnels, développer ses réseaux, renforcer son ancrage communautaire et consolider les solidarités entre femmes. Cette démarche s’inscrit dans une approche de long terme associant les institutions électorales et publiques, les réseaux de femmes et les radios communautaires.

Inclusive

Venues des régions d’Analamanga, d’Atsinanana, de Bongolava et de Melaky, les participantes comptent également des femmes en situation de handicap, confrontées à des barrières souvent cumulatives. Les échanges ont rappelé l’importance de leur garantir un accès plein et effectif aux mêmes réseaux, institutions, espaces de visibilité et opportunités de participation, en reconnaissant leur contribution à la vie publique comme citoyennes à part entière. Une femme participante vivant avec un handicap a témoigné : « C’est la première fois que des personnes vivant avec un handicap sont invitées à participer à une formation sur la participation politique des femmes. Un grand merci au projet élections du PNUD pour nous avoir incluses dans son partenariat », a-t-elle indiqué. Préparer les femmes signifie aussi mettre en discussion les normes et les stéréotypes qui continuent de peser sur leur engagement. Les échanges ont permis d’aborder ouvertement certaines perceptions encore profondément ancrées : le doute sur les compétences des femmes, les jugements portés sur celles qui affichent une ambition politique, ou encore l’idée que l’autorité et le leadership resteraient d’abord des attributs masculins. Accroître la participation des femmes suppose donc de renforcer leurs capacités, mais aussi de faire évoluer les perceptions qui conditionnent la reconnaissance de leur leadership.

Expériences

La formation mise pour cela sur la rencontre entre expérience vécue et expertise institutionnelle. Parmi les formatrices figurent d’anciennes parlementaires et ministres, ainsi que des femmes ayant elles-mêmes l’expérience de candidatures et de campagnes électorales, aux côtés d’une experte d’ONU Femmes Cameroun. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la Haute Cour constitutionnelle (HCC) interviennent également à titre de formateurs institutionnels afin de rendre les règles et procédures plus concrètes au regard des lois nationales : conditions d’accès aux fonctions électives, prévention des irrégularités susceptibles d’entraîner l’irrecevabilité d’un dossier, voies de recours prévues par la loi, ou encore modalités de participation en qualité d’observatrice. Les participantes ont également souligné l’importance de faire vivre, au-delà des formations, les solidarités créées entre elles. Des mécanismes de mentorat et de parrainage ont ainsi été envisagés : le mentorat pour transmettre l’expérience, les conseils et les enseignements tirés de son propre parcours ; le parrainage pour aller plus loin, en recommandant une autre femme, en l’introduisant dans un réseau, en lui ouvrant un espace de visibilité ou en engageant son propre crédit pour faciliter son accès à une opportunité. Les participantes ont convenu de prolonger, au-delà des ateliers, les solidarités créées entre elles, notamment à travers le mentorat et le parrainage : transmettre son expérience et ses conseils, mais aussi ouvrir son réseau, recommander une autre femme ou faciliter son accès à une opportunité.

Recueillies par Narindra Rakotobe

Art visuel : L’essence du quotidien dans « Fragments d’humanité »

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Le vernissage de « Fragments d’humanité » vendredi soir, un moment d’art. (crédit photo : S.denhof_)
Le vernissage de « Fragments d’humanité » vendredi soir, un moment d’art. (crédit photo : S.denhof_)

Les petites scènes de vie qui finissent anecdotiques, les quotidiens anémiés par les jours qui défilent… À travers « Fragments d’humanité », vernissage vendredi soir, une exposition au Caruso Creations by Nykanto, au Waterfront Ambodivona, Dina Rabearivelo et Sam Denhof en tirent l’essence. L’humain qui se dévoile dans les gestes simples, entre sa relation avec l’autre et avec la nature. Parce qu’il faut bien vivre et se socialiser. « En fait, Dina Rabearivelo a été prof d’art, c’est à partir de là que je me suis intéressée à la peinture », souligne Sam Denhof. Dès lors, plusieurs approches se retrouvent dans cette installation. Des tableaux en tissu, des tapis en lirette et en jute. « Ainsi, je recycle », poursuit-elle. Des peintures classiques, où le dépouillement chromatique est presque tiré à l’extrême par Dina Rabearivelo chez les personnages, pour juste en relever le geste, l’âme. Il y a une sorte de complémentarité, voulue ou non, entre chaque œuvre. Ou encore, une sorte de reconstitution temporelle à travers un triptyque à l’esthétique clair-obscur moderne de la jeune artiste, qui poursuit un cursus dans une prestigieuse école d’art à l’étranger. « Des moments suspendus, comme au réveil par exemple, quand vous vous apprêtez à vous lever du lit, où vous rassemblez vos pensées pour mieux démarrer la journée », met-elle en avant. Des choses si anodines, quelques secondes, voire des fractions d’instant, mais qui, au final, comptent. L’exposition « Fragments d’humanité » est visible chez Caruso Creations by Nykanto jusqu’au 12 septembre. 

Maminirina Rado

Festival : Jazz@tohatohabato, événement majeur du jazz national

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L’esprit jazz « made in Madagascar » retrouvé le temps du Jazz@tohatohabato. (photo : Nary Ravonjy)
L’esprit jazz « made in Madagascar » retrouvé le temps du Jazz@tohatohabato. (photo : Nary Ravonjy)

Le « festival », il faut bien lui trouver une qualification : « Jazz@tohatohabato » confirme son statut d’événement culturel majeur de la capitale. Populaire, élégant, musical et plein d’étoiles pendant quatre jours, il s’est conclu en apothéose hier, au pied de l’escalier d’Antaninarenina.

Cet escalier historique se transforme en arène du jazz. Ce public, organisé sur le rythme, les mélodies et les improvisations. Le « festival » Jazz@tohatohabato (du 5 au 9 août) redonne des couleurs locales à ce genre musical. C’est un fait de cité urbaine, dont seules les grandes villes aux marqueurs architecturaux comme Tananarive, Tamatave, Majunga, etc., peuvent s’en pavaner. Le jazz est de nouveau rassembleur, festif et familial, accessible, un lieu de vivre-ensemble grâce à ce « festival ». Hier, pour la « Grande scène » finale, pas de grosses pointures comme lors des précédentes éditions qui ont vu défiler Fanja Andriamanantena, Solo Andrianasolo et d’autres. Place, plutôt, aux jeunes, ceux du CGM Jazz Club en particulier.

Ce qui refléterait aussi cette diminution du public par rapport aux précédentes éditions. Jenny Radson, membre de l’équipe d’organisation, s’explique : « Pour cette édition, les jeunes ont été mis en avant, avec 80% des participants. » Kevin Kitou et son quatuor sont parmi ceux-là. « C’est ma première participation, j’ai un peu peur. Pour ma part, je ferai quelques chansons. En particulier, une réinterprétation, version modern jazz, de la chanson de Mahaleo «Embona sy anina». C’est pour rendre accessible ce genre musical. » Depuis quelques années, avec un festival international Madajazzcar en demi-stand-by, les jeunes pousses du jazz tananarivien manquent de scène majeure pour s’affirmer. Alors, ce sont les musiciens et musiciennes confirmé(e)s qui sortent leur épingle du jeu.

Du peu et du bon

Grâce à Jazz@tohatohabato, les choses commencent à changer. Le petit hic : les autres clubs de jazz des autres centres, comme l’Aft, n’ont pas été invités. Le CGM étant organisateur, il ne s’est focalisé que sur ses protégés. De bonne guerre et à chacun ses galères. Une petite victoire pour les organisateurs, cette année : la venue de musiciens allemands, Robin Henn et Martin Zenker. La première est une chanteuse de jazz, sortante de la Haute École de musique de Munich. Le second, plus aguerri, a déjà collaboré avec des figures mythiques du jazz telles que Jimmy Cobb, Billy Hart, Ed Thigpen ou Steve Grossman. Rien que ça. Cela laisse supposer que le festival se tourne aussi, petit à petit, vers l’extérieur.

« Comme ce festival ne se consacre pas uniquement au jazz, il y a la présence de groupes de rock, de rap et de traditionnel », poursuit Manoa Radonason, elle aussi bassiste de jazz. L’affiche de cette « Grande scène » laisse perplexe et amuse tout autant. Telle la présence du duo de rappeurs « 18.3 », qui a fait des loufoqueries textuelles son fonds de commerce. Tout comme le groupe The Revery, des rockeurs plus à l’aise sur les scènes underground que sur un podium aux couleurs de jazz. La stratégie semble être définie : ouvrir les horizons et attirer jusqu’au mélomane de base. « Pour le groupe Raozin’i Gasikiara, c’est à cause du patrimoine. La reine Ranavalona III descendait par ces escaliers pour aller au marché. Elle était devancée par la fanfare », ajoute la bassiste. Alors, la troupe folklorique a ouvert les hostilités hier. Puis s’en sont suivies plus de quatre heures de musique et de découvertes.

Maminirina Rado

Université de Tananarive : Colloque nécessaire pour les « Crises politiques à répétition à Madagascar »

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Une conférence qui mérite un vrai colloque interfacultés de quelques jours, avec « Crises politiques à répétition à Madagascar », à l’Amphi 24 de la faculté des Lettres et Sciences humaines, vendredi après-midi. Un évènement organisé par les étudiants en M2 du parcours Management et médiation culturelle.

La conférence « Crises politiques à répétition à Madagascar » tombe juste face aux préoccupations politiques et géopolitiques actuelles. Organisée par les étudiants en M2 du parcours Management et médiation culturelle de la faculté des Lettres et Sciences humaines de l’université de Tananarive, à l’Amphi 24 de la FLSH. Comme il fallait s’y attendre, l’auditoire a soulevé, devant les intervenants, la professeure Christiane Rafidinarivo et le docteur Faneva Rajaona Ratsimba, les tensions internes actuelles autour des concepts de fédéralisme, de souveraineté… Même la question des îles Éparses a été posée par une assistance au taquet. D’ailleurs, le professeur Richard Ranarivony, en tant que modérateur, a annoncé les couleurs dès le début. « Ce lieu est le dernier rempart de la démocratie, de par la franchise universitaire. Posez vos questions », sans craintes de représailles, a-t-il souligné. La salle, conquise, s’en amuse avec un rire sobre d’intellectuel. Parce qu’il y avait des mathématiciens, des juristes, des sociologues, toute une ribambelle de personnalités universitaires… dans l’Amphi 24. « Pourquoi c’est toujours le profil “big men”… généralement un entrepreneur grossiste, transporteur… Ou quelqu’un qui a un capital social élevé, un ex-gendarme ou ex-… ce n’est jamais les militants comme vous qui gagnent les élections », questionne le docteur Faneva Rajaona Ratsimba vers les jeunes présents dans la salle, bottant en touche tout nihilisme et toute « essentialisation » dans la pratique politique. Pour la professeure Christiane Rafidinarivo, elle a mis en contexte ses arguments, partant du concept de décolonialisation, de régime républicain inachevé, pour aboutir vers les « entités » actuellement aux commandes. Le pivot de son discours est le « rapport de force », essentiel à comprendre pour toute personne qui veut entrer, exercer, enseigner… la politique ou la science politique. Un point de convergence entre les deux conférenciers. Après plus de deux heures, la salle n’a pas voulu les lâcher avec ses questions.

Maminirina Rado