Incendie, insécurité routière, manifestation des marchands : ces trois dernières semaines ont été agitées dans la région DIANA. Le premier responsable de la commune urbaine de Diego-Suarez a essayé de temporiser la situation. Les intendants locaux, bien qu’ils soient intervenus, semblent s’abriter derrière les murs de leurs bureaux.
Le mardi 15 septembre, la commune rurale de Sakaramy a vécu une tragédie sans précédent. Un incendie a réduit en cendres presque un village tout entier. Après avoir appris le drame, le gouverneur de la région DIANA, les équipes de la direction régionale de l’environnement et du développement durable ainsi que les représentants étatiques sont venus réconforter les sinistrés, entièrement tétanisés. Une semaine plus tard, les flammes ont légèrement rongé une partie de la forêt protégée d’Ankarana. En parallèle, la route nationale numéro 6 et la rue de la Cité de Pain de Sucre se sont transformées en scènes de crime. Hormis un 4×4 heurtant un motard, un camion transportant des bouteilles de gaz a dérapé et a explosé dans la soirée du 1er octobre à Tsarahitsaka, Anivorano-Avaratra. Par conséquent, la circulation est temporairement coupée.
À Tanambao IV et ses environs, les marchands occupent le lieu depuis trois ans, suite à la réhabilitation de Bazary Kely. Inauguré le jeudi 20 août par le ministre de l’Aménagement du territoire, le ministre des Travaux publics et le maire d’Antsiranana, Jean-Luc Désiré Djaovojozara en personne, le marché devait, en principe, accueillir les commerçants la semaine dernière. Pourtant, ceux-ci refusent de transporter leurs étals. D’après l’un d’entre eux, qui a bien voulu répondre aux questions des journalistes, « il y a deux poids, deux mesures. En 2022, tous les marchands ont été déplacés à Tanambao IV lors du début du chantier. Donc, il faut également que nous y retournions tous ». De leur côté, les personnels de la mairie ont insisté sur le fameux lamiñy, l’ordre. Ils ont ainsi décidé, dans l’optique de suivre la norme. En revanche, les concernés ne voient pas cela d’un bon œil et ne l’entendent pas de cette oreille !
Ambiance festive et musicale en perspective ce soir à La Teinturerie Ampasanimalo, où la chanteuse Faith célèbrera son anniversaire sur scène lors d’une soirée exceptionnelle. Pour l’occasion, elle partagera le micro avec deux invités de marque, Tojo Emilio et Val. Une affiche réunissant trois artistes qui se sont illustrés avec éclat en représentant le talent malgache lors de l’émission The Voice Africa. Un rendez-vous à ne pas manquer pour les amateurs de belles voix et de musique live.
Piment Café
Njara Marcel au complet
Le Piment Café accueillera ce soir un rendez-vous musical particulièrement attendu par les amateurs de bonne musique. L’artiste Njara Marcel y donnera un cabaret d’exception, entouré pour l’occasion de toute son équipe. Entre compositions envoûtantes et ambiance chaleureuse, l’artiste promet d’offrir une prestation scénique riche et complice pour faire vibrer le public noctambule de la capitale.
(Légende photo : Le représentant résident et le directeur pays de la Banque mondiale échangent avec un père de famille bénéficiaire des dispositifs de réponse à Gezani et Fytia, lors d’une visite de terrain à Toamasina.)
(Légende photo : Le représentant résident et le directeur pays de la Banque mondiale échangent avec un père de famille bénéficiaire des dispositifs de réponse à Gezani et Fytia, lors d’une visite de terrain à Toamasina.)
Après le passage dévastateur des cyclones Gezani et Fytia, la réponse ne se limite plus à l’urgence. Avec l’appui financier de la Banque mondiale, le gouvernement malgache a mobilisé plusieurs dispositifs pour secourir les populations et rétablir les services essentiels. Sur le terrain, le Fonds d’intervention pour le développement (FID) a notamment mis en œuvre les réponses inhérentes à la protection sociale en faveur des ménages touchés. Transferts monétaires, travaux communautaires, réhabilitation d’écoles et de centres de santé, rétablissement de l’électricité : une première bataille a consisté à remettre les populations et les services sur pied. Une autre commence désormais, avec les investissements programmés pour la reconstruction, notamment à travers le projet PRODUIRE 2. L’enjeu est de rendre Toamasina moins vulnérable au prochain choc. Une réponse qui se joue en quatre temps, à savoir : secourir, rétablir, reconstruire et mieux résister.
Lorsque Gezani frappe Toamasina en février 2026, il ne détruit pas seulement des maisons. Le cyclone bouleverse, en quelques heures, toute une économie urbaine et familiale. Des logements sont endommagés, des activités s’arrêtent, les réseaux sont perturbés, tandis que des écoles, des centres de santé et d’autres infrastructures publiques sont touchés.
Selon la Banque mondiale (BM), environ 70% du parc de logements de Toamasina a été endommagé. Face à l’ampleur du choc, la première réponse a consisté à assurer l’essentiel : entre autres, aider les ménages à tenir, dégager les quartiers sinistrés et remettre progressivement les services en fonctionnement. Cette réponse est portée par le gouvernement malgache avec l’appui de ses partenaires, dont la Banque mondiale, qui mobilise plusieurs instruments de financement existants pour répondre rapidement à la catastrophe. Suite à Gezani et Fytia, la BM a mobilisé près de 350 millions de dollars (tant pour la réponse d’urgence que pour le relèvement), dont 70% pour Tamatave.
Palpables, ces financements prennent ensuite une forme concrète sur le terrain. Dans le domaine de la protection sociale, le gouvernement s’appuie notamment sur le Fonds d’intervention pour le développement afin d’atteindre les populations touchées. Si les transferts monétaires permettent aux familles de retrouver rapidement un minimum de capacité financière, les travaux à haute intensité de main-d’œuvre, quant à eux, offrent temporairement des revenus tout en participant au nettoyage et au relèvement des communautés.
Concrètement, ce sont 85 000 ménages bénéficiaires des programmes de transferts monétaires, 60 900 ménages concernés par des activités de cash-for-work, 95 830 élèves bénéficiaires des kits scolaires et 258 écoles réhabilitées. Dans le secteur de la santé, 30 centres de santé de base ont bénéficié d’un appui, environ 54 000 ménages ont été réalimentés en électricité et quelque 88 500 m³ de débris ont été évacués.
La réponse ne se mesure donc pas uniquement aux millions de dollars déployés. Elle se traduit en ménages assistés, journées de travail, débris évacués et services rétablis. Et pour Fily Sissoko, directeur pays de la Banque mondiale pour Madagascar, les Comores, Maurice, les Seychelles et le Mozambique, en visite à Toamasina vers la fin du mois de septembre dernier, lorsqu’il a été interrogé sur la question de savoir si les fonds alloués par la Banque ont atteint leur cible et ont effectivement impacté les communautés concernées : « Le témoignage des bénéficiaires est plus fort que tous les mécanismes de contrôle qu’on peut mettre en place. »
124 millions USD pour changer d’échelle à Toamasina
« On a soutenu tous ces programmes à plus d’une centaine de millions de dollars et on compte, on espère pouvoir faire beaucoup plus parce qu’on est déjà dans la discussion du futur : comment reconstruire la ville, comment aider à reconstruire une ville beaucoup plus résiliente. » Ces propos de Fily Sissoko, directeur pays de la Banque mondiale pour Madagascar, les Comores, Maurice, les Seychelles et le Mozambique, annoncent les perspectives. Et c’est précisément la vocation de la deuxième phase du Projet de développement urbain intégré et de résilience, PRODUIRE 2. Le projet, financé par la Banque mondiale à hauteur de 225 millions de dollars, dont 124 millions alloués au Grand Toamasina, et mis en œuvre par le gouvernement malgache, doit permettre de « passer du relèvement post-catastrophe à des investissements structurels à plus long terme. » La ventilation présentée donne une indication de l’ambition : 60 millions de dollars sont orientés vers l’habitat, 30 millions vers les infrastructures publiques, 20 millions vers la résilience face aux inondations, 12 millions vers l’appui à la reconstruction et 2 millions vers la gouvernance urbaine.
Barikadimy : du provisoire au résilient
L’Université de Barikadimy résume presque à elle seule les différentes étapes de la réponse menée à Toamasina. Le cyclone Gezani y a détruit ou lourdement endommagé entre 80 et 90% des infrastructures. Dans l’urgence, des solutions énergétiques et numériques ont été déployées afin de rétablir progressivement les enseignements et la connectivité. Le dispositif numérique installé permet notamment jusqu’à 1 000 connexions simultanées et peut desservir plusieurs milliers d’étudiants.
Si des services essentiels ont pu être rétablis, la reconstruction de l’université publique est encore une tout autre affaire. Le projet PRODUIRE 2 s’est donné l’ambition d’assurer désormais sa reconstruction complète avec des standards de résilience plus élevés. Le financement de la Banque mondiale doit ainsi permettre au gouvernement de passer d’une solution provisoire, destinée à rétablir le service, à une reconstruction pensée pour mieux résister aux prochains chocs. Barikadimy devient ainsi un cas concret du changement de logique consistant à ne pas seulement remplacer ce qui a été détruit, mais à reconstruire différemment pour que le prochain cyclone ne produise pas les mêmes conséquences.
Les millions de dollars mobilisés, les dispositifs déployés par le gouvernement, le nombre de bénéficiaires atteints par le FID et les autres organismes d’exécution, ou encore les infrastructures reconstruites, permettent de mesurer l’effort engagé. Par ailleurs, ils ne suffisent pas encore à mesurer la résilience. Le véritable résultat se verra probablement dans quelques années. Ce qui est toutefois sûr actuellement, c’est qu’après Gezani et Fytia, le partenariat entre le gouvernement malgache et la Banque mondiale est entré dans une phase différente. Après avoir financé et déployé la réponse à l’urgence, il s’agit désormais de « transformer les investissements de reconstruction en réduction durable des risques et des catastrophes. »
En pleine période d’état d’urgence énergétique, le gouvernement donne le feu vert au recours à une procédure sans appel d’offres.
« Taky baiko ». Le Conseil des ministres a utilisé ce mot fort, qui sonne comme un ordre à exécuter sans aucune discussion possible, pour officialiser la décision du gouvernement malgache de réquisitionner la JIRAMA afin de procéder à l’achat de 18 groupes électrogènes auprès d’une société russe. Une décision prise, certainement, pour apporter des solutions au délestage grandissant qui sévit actuellement dans le pays. L’achat sera donc effectué auprès d’une société de droit russe dénommée « Malmekhservice ». Face à l’urgence de la situation, le gouvernement décide de passer outre les procédures normales en matière de passation des marchés publics et incite la JIRAMA à recourir à un achat sans appel d’offres. Il convient, en effet, de noter que cette initiative intervient alors que l’État malgache vient de renouveler l’état d’urgence énergétique durant le Conseil des ministres du 29 septembre dernier, afin d’autoriser le recours à ce genre de démarche exceptionnelle. D’après les informations recueillies auprès d’un technicien de la Compagnie d’eau et d’électricité de Madagascar, il s’agirait de groupes diesel dont la capacité de production est de 1 MW chacun. En procédant à ces nouvelles acquisitions, l’État malgache vise à ajouter 18 MW de plus sur le réseau interconnecté d’Antananarivo, largement suffisant pour pallier le déficit estimé par les techniciens en ce début du mois d’octobre.
« 25 septembre bis »
Pour les adeptes de la bonne gouvernance et de la transparence dans la gestion des finances publiques, le choix de la société « Malmekhservice » et la décision d’opérer par une procédure de marché de gré à gré font débat. Pourquoi une société russe ? C’est la question qui se pose. D’autant plus qu’une telle démarche est contraire aux principes de gouvernance prônés par le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, qui, à chaque sortie médiatique, martèle l’importance de la transparence et du renforcement de la lutte contre la corruption. Avec le rapprochement incontestablement perceptible du régime de la Refondation avec Moscou, le choix de cette société est plutôt logique, selon les observateurs. En revanche, dans les rangs des citoyens lambda, lassés des coupures incessantes d’électricité, la décision est reçue positivement. Peu importe la procédure adoptée, c’est le résultat qui compte. Reste à savoir, toutefois, si l’achat de ces nouveaux groupes sera suffisant pour résoudre définitivement le délestage, qui provoque d’énormes dégâts dans la vie quotidienne des Tananariviens. Ces derniers subissent parfois jusqu’à 4 à 6 heures, voire plus, de délestage par jour. D’ailleurs, avec la période d’étiage qui arrive et la sécheresse due au manque de pluies en vue, le niveau d’eau à Andekaleka risque de descendre au plus bas et la capacité de production de la JIRAMA va certainement diminuer considérablement. Des mesures d’anticipation sont donc de mise pour éviter un « 25 septembre bis ». Pour rappel, l’année dernière, ce furent le délestage et les coupures d’eau qui étaient à l’origine du mouvement de la Génération Z ayant provoqué l’effondrement du régime Rajoelina. Un an après, ce fléau reste d’actualité dans plusieurs villes du pays, particulièrement à Antananarivo et à Toamasina. Reste à voir si, avec le soutien de la Russie, le régime de la Refondation réussira son… pari.
En pleine période d’état d’urgence énergétique, le gouvernement donne le feu vert au recours à une procédure sans appel d’offres.
« Taky baiko ». Le Conseil des ministres a utilisé ce mot fort, qui sonne comme un ordre à exécuter sans aucune discussion possible, pour officialiser la décision du gouvernement malgache de réquisitionner la JIRAMA afin de procéder à l’achat de 18 groupes électrogènes auprès d’une société russe. Une décision prise, certainement, pour apporter des solutions au délestage grandissant qui sévit actuellement dans le pays. L’achat sera donc effectué auprès d’une société de droit russe dénommée « Malmekhservice ». Face à l’urgence de la situation, le gouvernement décide de passer outre les procédures normales en matière de passation des marchés publics et incite la JIRAMA à recourir à un achat sans appel d’offres. Il convient, en effet, de noter que cette initiative intervient alors que l’État malgache vient de renouveler l’état d’urgence énergétique durant le Conseil des ministres du 29 septembre dernier, afin d’autoriser le recours à ce genre de démarche exceptionnelle. D’après les informations recueillies auprès d’un technicien de la Compagnie d’eau et d’électricité de Madagascar, il s’agirait de groupes diesel dont la capacité de production est de 1 MW chacun. En procédant à ces nouvelles acquisitions, l’État malgache vise à ajouter 18 MW de plus sur le réseau interconnecté d’Antananarivo, largement suffisant pour pallier le déficit estimé par les techniciens en ce début du mois d’octobre.
« 25 septembre bis »
Pour les adeptes de la bonne gouvernance et de la transparence dans la gestion des finances publiques, le choix de la société « Malmekhservice » et la décision d’opérer par une procédure de marché de gré à gré font débat. Pourquoi une société russe ? C’est la question qui se pose. D’autant plus qu’une telle démarche est contraire aux principes de gouvernance prônés par le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, qui, à chaque sortie médiatique, martèle l’importance de la transparence et du renforcement de la lutte contre la corruption. Avec le rapprochement incontestablement perceptible du régime de la Refondation avec Moscou, le choix de cette société est plutôt logique, selon les observateurs. En revanche, dans les rangs des citoyens lambda, lassés des coupures incessantes d’électricité, la décision est reçue positivement. Peu importe la procédure adoptée, c’est le résultat qui compte. Reste à savoir, toutefois, si l’achat de ces nouveaux groupes sera suffisant pour résoudre définitivement le délestage, qui provoque d’énormes dégâts dans la vie quotidienne des Tananariviens. Ces derniers subissent parfois jusqu’à 4 à 6 heures, voire plus, de délestage par jour. D’ailleurs, avec la période d’étiage qui arrive et la sécheresse due au manque de pluies en vue, le niveau d’eau à Andekaleka risque de descendre au plus bas et la capacité de production de la JIRAMA va certainement diminuer considérablement. Des mesures d’anticipation sont donc de mise pour éviter un « 25 septembre bis ». Pour rappel, l’année dernière, ce furent le délestage et les coupures d’eau qui étaient à l’origine du mouvement de la Génération Z ayant provoqué l’effondrement du régime Rajoelina. Un an après, ce fléau reste d’actualité dans plusieurs villes du pays, particulièrement à Antananarivo et à Toamasina. Reste à voir si, avec le soutien de la Russie, le régime de la Refondation réussira son… pari.
Après près d’un an d’incarcération, Mamy Ravatomanga a pu revoir, hier, sa femme et sa fille.
Après près d’un an d’incarcération, Mamy Ravatomanga a pu revoir, hier, sa femme et sa fille.
Nouveau rebondissement judiciaire pour Mamy Ravatomanga. L’homme d’affaires a été conduit en Cour suprême à Port-Louis, hier, sous une forte escorte policière. Cette comparution fait suite à une ordonnance rendue le 25 mai dernier par un juge siégeant en chambre. Celle-ci enjoint au Master and Registrar de recueillir formellement, par écrit, les réponses du magnat malgache à une série de questions ciblées, avant leur transmission officielle à l’Attorney General.
Au cœur de cette commission rogatoire : des zones d’ombre et des allégations précises gravitant autour de la retentissante affaire dite des « Boeing 777 » à Madagascar. Cette procédure internationale vise à consigner noir sur blanc les déclarations de l’intéressé face aux soupçons qui pèsent sur lui. Alors que la défense a déposé de nouveaux documents nécessitant un temps d’examen par le Parquet, l’affaire a été renvoyée au 26 octobre prochain. En tout cas, Mamy Ravatomanga a pu revoir en face sa femme et sa fille après près d’un an d’incarcération. L’émotion était palpable.
C’est une page majeure qui se tourne pour l’économie urbaine d’Antananarivo. La digitalisation des marchés est lancée. Ce projet vise à assainir le secteur et à faciliter la vie des marchands des Mille.
La cérémonie d’envergure a réuni, hier, les plus hauts responsables de la municipalité, illustrant la mobilisation générale de l’Hôtel de Ville d’Analakely. Étaient ainsi présents le secrétaire général de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), Bao Razafimahefa, le directeur du marché, Gilles Randrianatoandro, le directeur général financier, Benoit Lucien Razafimandimby, ainsi que le directeur du développement numérique, Solonirina Ratovohery. Une synergie institutionnelle qui traduit la priorité absolue accordée à ce dossier stratégique. Au cœur de cette transformation se trouve une ambition politique claire, impulsée par le président de la Délégation spéciale (PDS), Feno Ralambomanana. L’ensemble de l’équipe municipale s’engage, pas à pas, dans l’éradication de la corruption et la simplification des procédures administratives, afin d’éliminer définitivement les doutes sur l’authenticité des acteurs du terrain.
Fondements. Le vice-PDS n°1, Nirina Thierry Ralaiharison, a tenu à structurer les fondements de ce projet autour de trois axes cardinaux. Le premier consiste à identifier avec exactitude le volume réel des marchands qui exercent au sein des enceintes communales. Le second concrétise la volonté gouvernementale de sécuriser la perception des taxes municipales pour couper l’herbe sous le pied des pratiques véreuses. Enfin, le troisième incarne l’intégration technologique moderne, permettant de s’affranchir des contraintes des tickets et quittances en papier, tout en offrant aux commerçants la possibilité inédite de régler l’intégralité de leurs redevances en un seul versement mensuel. Pour concrétiser cette mutation, la CUA déploie un processus rigoureux en plusieurs phases. Tout commence par l’enregistrement numérique des informations du commerçant sur tablette, suivi d’une vérification administrative minutieuse des pièces justificatives et de la photographie d’identité au bureau. Une carte professionnelle, la « carte marchand », hautement sécurisée, est ensuite confectionnée, intégrant la photo du titulaire, la désignation précise de son emplacement, un code QR ainsi qu’une puce électronique. Une fois la carte délivrée, le commerçant procède au chargement de ses fonds auprès du bureau de réception, le solde étant directement centralisé auprès du régisseur de la commune. Enfin, lors du recouvrement quotidien, les agents parcourent les sites équipés de Terminaux de paiement électronique (TPE). Un simple contact de la carte suffit pour actualiser et afficher instantanément le solde et les redevances dues. La distribution de la première série de cartes pour les marchands a d’ailleurs été effectuée, hier.
Plan économique
Selon le directeur du marché, cette démarche vise avant tout à apaiser les craintes et à clarifier les attributions. Elle met un terme définitif aux querelles intestines quotidiennes liées à la propriété des étals. Sur le plan économique, les enjeux sont colossaux. Le directeur du développement numérique, Solonirina Ratovohery, rappelle que les anciens recensements évaluaient les effectifs à environ 60 000 marchands, un seuil vraisemblablement obsolète que ce fichage permettra d’actualiser avec précision. Une exigence financière appuyée par Benoit Lucien Razafimandimby, directeur des ressources financières, qui rappelle que le secteur des marchés représente la troisième source de recettes de la CUA, générant entre 7 et 9 milliards d’ariary par an. Avec cette réforme audacieuse, Antananarivo se dote des outils d’un développement urbain moderne, intègre et pérenne. Pour la réussite de ce projet, les responsables de la CUA comptent sur la collaboration des commerçants.
Le Conseil des ministres réuni avant-hier au Palais d’État d’Iavoloha a pris plusieurs décisions concernant notamment la diplomatie, l’énergie, les infrastructures et la sécurité. La décision la plus marquante reste l’abrogation du décret portant nomination du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères (MAE), mettant ainsi fin à ses fonctions.
Rapatriement des devises
Dans le secteur énergétique, le Conseil a adopté un décret portant réquisition de la Jirama. La compagnie nationale devra signer une convention directe pour la mise en service de 18 groupes électrogènes diesel fournis par Malmekhservice. Sur le plan des infrastructures, les travaux d’aménagement de la RIP 107 reliant Amboasary, Behara, Tranomaro, Mahaly et Tsivory, ainsi que la réhabilitation de la piste d’atterrissage de Tsivory, ont été déclarés d’utilité publique. Le Conseil a également validé le rapport d’évaluation des impacts et des besoins de reconstruction liés au passage du cyclone tropical intense Gezani. D’autres décisions ont porté sur la fixation des lignes de base des espaces maritimes sous souveraineté et juridiction de Madagascar, la création de l’Office des transmissions militaires de l’État et l’institution du Haut-Commissariat de la Jeunesse. Le Conseil a également approuvé des mesures visant à mieux encadrer les exportations d’or et à favoriser le rapatriement des devises.
Enseignant à l’Université d’Antananarivo en ingénierie et technologie, il a présenté une communication orale remarquable et remarquée lors de l’Assemblée générale du Collectif des Professeurs de Madagascar, à l’Université de Fianarantsoa, sur les stratégies d’industrialisation par la méthode TRIZ et l’intégration de Madagascar à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Interview.
Midi Madagasikara : Quels sont, selon vous, les secteurs industriels malgaches prioritaires à fort potentiel à court terme pour que la Grande île ne soit pas une simple terre d’importation, mais un exportateur compétitif dans cette zone de libre-échange ?
François Ravalison : « L’agro-industrie ! Notre agro-industrie ne représente que 0,7% du PIB, alors que la demande alimentaire en Afrique prévoit une hausse avoisinant 30%. À Fianarantsoa, j’ai donné l’exemple de l’huile alimentaire. 84% de l’huile alimentaire consommée en Afrique provient de pays hors du continent. Madagascar importe annuellement 120 millions de dollars d’huile alimentaire. Tout ça, c’est énorme ! Il faut impérativement développer et appuyer l’agro-industrie : adopter une agriculture à haute intensité de main-d’œuvre, couplée avec une maîtrise de l’eau et de l’irrigation, dupliquer et dynamiser l’One District One Factory ou ODOF, favoriser indiscutablement la transformation locale. Avec ce processus intégré, le système agro-industriel de Madagascar, configuré sur l’Analamanga et le Vakinankaratra, sera étendu à l’Itasy, le Bongolava et le Menabe. »
Midi : Où va-t-on trouver de l’argent pour ça ?
F.R. :« Le Fonds souverain peut allouer 20% de ses actifs à l’agriculture-industrialisation. Mais il y a aussi Fiharianа, Fandroso, FAIsp. Il faut pivoter et converger ces vecteurs financiers pour un binôme agriculture-industrialisation massif à ancrage district ou région. »
Midi : Quand on parle de ZLECAf, le secteur privé malgache exprime souvent des craintes face à la concurrence continentale ou internationale et réclame un meilleur climat des affaires. Quelles garanties concrètes et quelles mesures d’incitation comptez-vous accorder aux opérateurs économiques locaux ?
F.R. : « Conversion de « tarif préférentiel d’énergie » en « quantité-qualité-coût » ; normes de qualité et de sûreté à l’import ; inscription des filières porteuses, adossées à l’agro-industrie, dans la liste de protection temporaire de la ZLECAf. On a signé et ratifié, on doit donc ouvrir nos frontières. Mais une ouverture, sans ODOF cadrées et appuyées, sans unités de production compétitives, n’est que du libre-échange asymétrique menant à un suicide industriel. L’État a un devoir d’appuyer ses champions nationaux industriels par la « préférence nationale » et « l’alignement de la politique industrielle avec le secteur de l’énergie ». La ZLECAf ne devrait pas être un risque de submersion de nos entreprises, mais plutôt un levier de notre agriculture-industrialisation. »
Midi : Qu’est-ce que la méthode TRIZ ?
F.R. : « TRIZ ou Teoriya Resheniya Izobretatelskikh Zadach est une ingénierie de résolution de problèmes inventifs. Vous partez d’un problème. Vous déterminez ses causes racines. Résoudre ce problème, c’est résoudre, d’abord, ses causes racines. Quand vous résolvez ces dernières, il y aura des paramètres qui vont se dégrader. Donc, il y aura des contradictions qui peuvent être techniques ou physiques. Et c’est là que le TRIZ, avec sa matrice, opère pour dégager une « solution idéale ». Les solutions et stratégies trouvées et développées durant la communication orale, lors de l’Assemblée générale des Professeurs de Madagascar, relèvent de ce processus. »
Midi : Enseignant à l’Université d’Antananarivo, vous êtes dans l’ingénierie et technologie. Quelle est la priorité absolue en matière de technologie pour maîtriser l’industrialisation de Madagascar ?
F.R. : « Les stratégies opérationnelles technologiques que j’ai développées durant ma communication orale sont d’utiliser les capacités de maintenance locales pour dupliquer et redynamiser les ODOF, et pour appuyer les unités de production locales. J’entends par capacités locales les ateliers de machines-outils du Collège Saint-Michel Amparibe, du Lycée technique industriel d’Alarobia, du FJKM Ivato, du CFAMMA ainsi que des blocs techniques des Écoles supérieures polytechniques d’Antananarivo et d’Antsiranana. Sont concernés aussi les ateliers particuliers de machines-outils d’Anosibe, d’Anosizato, d’Isotry, d’Itaosy ainsi que les fonderies individuelles d’Itaosy. Ces capacités locales peuvent réparer et dupliquer les machines des ODOF ou d’autres machines. Elles peuvent copier des pièces détachées. Avec une telle démarche, les capacités locales peuvent fabriquer et réparer des machines au lieu d’en importer. Madagascar a les talents, les technologies et les ressources. Ce qu’il nous faut, c’est une exécution chirurgicale et une perspicacité politique pour transformer ces potentiels en PIB. »