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jeudi, octobre 15, 2026
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Science et insolite : L’indri, « soprano » de la canopée

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Dans les forêts denses du Nord-Est de Madagascar, où la végétation interdit toute visibilité au-delà de quelques mètres, l’indri, le plus grand lémurien vivant, s’impose comme l’un des chanteurs les plus singuliers du règne animal. Une étude publiée lundi dans « PLOS Computational Biology », menée par Filippo Carugati, de l’université de Turin (Italie), et Chiara De Gregorio, de l’université de Warwick (Royaume-Uni), montre que l’animal ouvre davantage la bouche sur ses notes aiguës. Une technique dite d’« accordage des formants », proche de celle des chanteurs lyriques, qui porte le son loin dans le feuillage, comme le ferait une soprano d’opéra. La voix de soprano, c’est tout simplement la voix la plus aiguë chez les femmes et chez les enfants. Dans un opéra, c’est presque toujours elle qui incarne l’héroïne principale, la princesse ou le personnage central de l’histoire. Elle se distingue par sa capacité à monter très haut dans les notes, avec une grande puissance et une clarté capables de traverser tout un orchestre, à l’instar de Maria Callas ou du contre-ténor Andreas Scholl. Dans la forêt, un duo dans lequel le mâle et la femelle indri imbriquent leurs phrases, utile pour marquer un territoire ou simplement pour se retrouver. Cette musicalité n’est pas une nouveauté pour la science. Dès 2021, une équipe internationale conduite par le chercheur Andrea Ravignani établissait déjà, dans « Current Biology », que l’indri chante selon un rythme défini, après l’écoute de plus de 600 enregistrements récoltés durant douze ans auprès de près de quarante individus — une cadence dans laquelle les chercheurs retrouvaient même l’écho de « We Will Rock You » du groupe Queen. Mais ce chanteur hors norme, que l’on ne trouve qu’à Andasibe, Marojejy ou Maromizaha, reste classé en danger critique d’extinction. Les recherches sur le chant de ce lémurien s’affinent au fil du temps. Rétif à la captivité, il ne doit sa survie qu’à la protection de son habitat naturel, aujourd’hui grignoté par la déforestation.

Recueillis par Maminirina Rado

FOS’ART : Première édition d’un festival engagé avec Denise, Shyn et Bolo

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Un événement culturel d’un genre nouveau arrive bientôt dans la capitale. Il s’agit du FOS’ART Festival, qui aura lieu le 10 octobre prochain. À cette date-là, le Golf Galaxy, situé au Birdy Andraharo, accueillera une journée entière où la musique, l’artisanat et la fête se mêleront dans une atmosphère vibrante. Dès l’ouverture, le public sera plongé dans un univers où la scène malgache contemporaine rencontre les sonorités électro, créant une expérience sensorielle inédite. 

L’après-midi, la grande scène vibrera au son de Bolo, Shyn et Denise, trois figures de la scène malgache contemporaine. Mais c’est à la tombée de la nuit que le festival prendra une autre dimension : les DJs enchaîneront les sets électro, afro-house et techno, entraînant le public dans une transe collective jusqu’à l’aube. Des noms comme DJ Sakay, K-Za ou Julio Anbu promettent une nuit électrisante où les basses feront battre le cœur de la capitale.

Cependant, FOS’ART se distingue aussi par son Village des Baobabs, un espace immersif où l’on flâne entre marché nocturne, ateliers créatifs et stands artisanaux. Les festivaliers pourront découvrir des savoir-faire locaux, participer à des expériences artistiques et partager un moment convivial autour des saveurs malgaches. Les enfants ne sont pas oubliés, avec un espace dédié qui leur permettra de vivre, eux aussi, la fête en toute sécurité. 

Mais le festival porte surtout une finalité humaine. Tous les bénéfices seront reversés à l’association MealEspoirs, qui œuvre pour les enfants et les communautés locales. FOS’ART devient ainsi un rendez-vous artistique, mais également un acte solidaire, une manière de prouver que la culture peut être un moteur de changement. 

Une première édition marquée par l’audace et l’engagement, un voyage sensoriel où tradition et modernité s’entrelacent pour donner naissance à une expérience collective unique. 

Hanitra Andria

Foire Fagnanko : Pour transformer la reconstruction de Toamasina en relance économique

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Les organisateurs de la foire économique Fagnanko, qui se déroulera du 16 au 19 décembre à Toamasina.
Les organisateurs de la foire économique Fagnanko, qui se déroulera du 16 au 19 décembre à Toamasina.

Toamasina veut tourner la page des dégâts laissés par le cyclone Gezani et remettre l’économie locale sur les rails.

C’est dans cet esprit que se tiendra, du 16 au 19 décembre, la foire économique Fagnanko, présentée hier à la CCIA Analakely. Pour Robert Kotonirina, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Toamasina, cette manifestation doit symboliser « la résurrection » et le relèvement de la ville, tout en accompagnant la reconstruction engagée dans le cadre de la Refondation. Présentée comme la plus grande foire jamais organisée à Toamasina, Fagnanko se déroulera sur l’esplanade de la mairie, le long de l’avenue de l’Indépendance. L’événement est porté par la CCI Toamasina, en partenariat avec la Région Atsinanana et la Commune urbaine de Toamasina. Entre 160 et 200 stands sont attendus, avec une participation nationale. Le lancement de l’événement à Antananarivo traduit d’ailleurs cette ambition d’en faire un rendez-vous dépassant largement le cadre régional. Plusieurs secteurs seront représentés, notamment les mines, le tourisme, le transport, la logistique, l’agriculture et l’artisanat. Des conférences-débats sont également prévues, en présence du secteur privé, des administrations publiques et des partenaires au développement. Une soirée de gala complétera le programme.

Rendez-vous des CCI

La Foire Fagnanko coïncidera également avec l’Assemblée générale de la Fédération des Chambres de commerce et d’industrie de Madagascar, prévue le 18 décembre. La FCCIM regroupe les CCI des 24 régions et joue un rôle d’unification et d’appui à leur développement. Son président, Laou-Po Wing, a indiqué que cette assemblée générale est désormais organisée de manière décentralisée. Des chambres de commerce d’autres îles de l’océan Indien, ainsi que des délégations de plusieurs pays, sont également annoncées. À travers cette double rencontre économique et institutionnelle, Toamasina entend afficher une image de ville en reconstruction, mais surtout de ville qui se relève et se projette de nouveau vers l’avenir.

Antsa R.

Filière cacao : Madagascar à la présidence de l’ICCO

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Le cacao fin de Madagascar est mondialement reconnu pour sa qualité.
Le cacao fin de Madagascar est mondialement reconnu pour sa qualité.

Madagascar confirme son rôle actif dans le développement de la gouvernance internationale du secteur cacaoyer. Philippe Fontayne, vice-président du Conseil national du cacao, a été élu président du Conseil de l’ICCO (Organisation internationale du cacao) pour l’année cacaoyère 2026-2027.

Cette élection, qui a eu lieu à Abidjan durant la 114ᵉ réunion ordinaire du Conseil de l’Organisation internationale du cacao, intervient quelques semaines après la signature, le 27 août 2026 à Antananarivo, de l’Accord international sur le cacao de 2026.

Récompense

Une élection considérée comme une récompense du travail mené par Madagascar pour faire entendre la voix des pays producteurs et replacer les femmes et les hommes de la filière au cœur des décisions internationales. Elle traduit la confiance accordée au pays et confirme sa capacité à exercer un leadership dans la gouvernance mondiale du cacao. Cette responsabilité intervient dans un contexte particulièrement exigeant, marqué notamment par d’importantes fluctuations des cours internationaux, les impacts négatifs du changement climatique ainsi que le vieillissement des plantations. La filière cacao a également été marquée par les exigences croissantes en matière de qualité et de traçabilité, ainsi que par l’application du règlement européen contre la déforestation. Des évolutions qui ont directement affecté les revenus, la sécurité économique et l’avenir des producteurs.

Intérêt des producteurs

La Grande île a toujours été particulièrement active dans les initiatives mondiales de sauvegarde de la filière cacao, lors des différentes rencontres internationales, notamment à Bruxelles et au sein de l’ICCO. Et ce, dans l’objectif de défendre l’intérêt des producteurs dans un marché mouvementé. Une diplomatie économique qui a influé sur les décisions internationales, notamment pour améliorer les conditions de production, l’accès aux marchés et la rémunération des acteurs situés à la base de la chaîne de valeur. Cette élection découle également de la position privilégiée de Madagascar, seul pays au monde dont 100% des exportations de fèves sont reconnues comme cacao fin et aromatique. Une distinction qui repose sur la richesse des terroirs malagasy, mais surtout sur le savoir-faire des producteurs.

Plusieurs priorités

Pour l’administration et les professionnels de la filière cacao, cette reconnaissance internationale est appelée à devenir un outil de plus pour la valorisation du travail des familles productrices. La présidence malagasy de l’ICCO doit ainsi permettre de défendre plusieurs priorités : une meilleure rémunération des producteurs, le renouvellement des plantations, l’accès à du matériel végétal performant, l’adaptation au changement climatique, la traçabilité des parcelles et le développement de la transformation locale. Elle devra également favoriser la mobilisation de nouveaux partenariats, financements et investissements au bénéfice des territoires de production. L’élection de Philippe Fontayne représente ainsi une victoire collective pour le gouvernement, le ministère du Commerce et de la Consommation, le Conseil national du cacao et l’ensemble des producteurs, coopératives et opérateurs de la filière.

R.Edmond.

Madagascar – Suisse : Renforcement de la diplomatie économique

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Des échanges fructueux entre les deux parties marquant le début d’un partenariat prometteur.
Des échanges fructueux entre les deux parties marquant le début d’un partenariat prometteur.

L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Madagascar auprès de la Confédération suisse, le Général Edelin Calixte Randriamiandrisoa, a effectué tout récemment une visite de courtoisie auprès de la Présidente du Conseil d’État de Genève, Anne Hiltpold, au Salon jaune de l’hôtel de ville.

Les deux parties ont discuté, à cette occasion, du renforcement de la diplomatie économique entre Madagascar et Genève afin de contribuer au développement durable. « Nos échanges se focalisent en premier lieu sur la jeunesse, car nous sommes tous convaincus que c’est un levier de développement de la nation. Nos efforts se concentreront ainsi sur le transfert de compétences et l’employabilité des jeunes », a expliqué l’ambassadeur de Madagascar en Suisse, le Général Edelin Calixte Randriamiandrisoa, qui occupe simultanément la fonction de Représentant permanent de Madagascar auprès de l’Office des Nations unies. Également à la tête du Département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse, la Présidente du Conseil d’État, Anne Hiltpold, envisage la mise en relation des universités et des établissements professionnels malgaches et genevois afin de concrétiser ces projets. Rappelons qu’elle préside le Conseil d’État, qui constitue le gouvernement de la République et canton de Genève.

Investissements responsables

En outre, le diplomate malgache a soulevé de nombreux défis majeurs auxquels est confronté Madagascar. On peut citer, entre autres, la gestion des ressources naturelles, la conservation de la biodiversité, la résilience climatique, l’accès à l’eau potable et la transition énergétique. Des échanges d’expériences et des partenariats sont en vue dans ces domaines, tout en mobilisant les acteurs économiques pour renforcer la bonne gouvernance. « L’objectif consiste à promouvoir des investissements responsables et créateurs de valeur locale », a-t-il précisé. Force est de reconnaître que Genève constitue un hub international du climat et de l’environnement. Surnommé la « Capitale de la paix » ou la ville la plus internationale du monde, ce canton abrite de nombreuses organisations internationales tout en étant la capitale multilatérale de l’ONU. En matière de recherche et développement, Genève est également le berceau de grandes avancées scientifiques et technologiques. C’est pourquoi le renforcement de la diplomatie économique entre Madagascar et Genève s’avère particulièrement bénéfique pour la Grande île.

Navalona R.

Nécrologie du 22 septembre 2026

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Fonction publique : 13 274 postes budgétaires alloués en 2026, dont 9000 pour l’éducation

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Le budget de l’État indique une priorisation importante des secteurs sociaux et de la croissance économique.
Le budget de l’État indique une priorisation importante des secteurs sociaux et de la croissance économique.

L’État renforce les moyens humains de ses services publics. Pour cette année en cours, 13 274 postes budgétaires ont été alloués, dont 9 000 au secteur de l’éducation. Une priorité qui s’accompagne de plusieurs mesures en faveur des agents publics.

L’éducation se taille la part du lion. Sur les 13 274 postes budgétaires alloués en 2026, pas moins de 9 000 sont destinés à ce secteur. Cette allocation, indiquée par le ministère de l’Économie et des Finances, s’inscrit dans la volonté de renforcer les effectifs nécessaires au fonctionnement des services publics de base, notamment dans l’éducation et la santé. Le chiffre est significatif dans un contexte où les besoins en ressources humaines restent importants dans l’administration et dans les services directement en contact avec la population. Au-delà de la seule création de postes budgétaires, l’enjeu porte ainsi sur la capacité de l’État à disposer des ressources humaines nécessaires pour assurer ses missions. Pour le ministère de l’Économie et des Finances, qui assure la programmation et la mise à disposition des moyens budgétaires correspondants, la priorité donnée aux services essentiels se traduit également dans les choix opérés en matière de dépenses publiques. L’éducation figure ainsi parmi les secteurs privilégiés en 2026. L’allocation de 9 000 postes représente à elle seule plus des deux tiers du volume total des postes budgétaires prévus. L’objectif affiché est de renforcer les effectifs indispensables au fonctionnement des services publics et, à terme, d’améliorer la qualité du service rendu aux usagers. Cette politique intervient parallèlement à la modernisation de la gestion des ressources humaines de l’État. Le système AUGURE est notamment déployé pour améliorer la transparence et la célérité dans le traitement des dossiers des agents. À ce stade, 86 mouvements ont été développés, tandis que l’extension du dispositif aux catégories qui ne sont pas encore intégrées et la finalisation des modules restants du SIGRHE se poursuivent.

Amélioration des conditions. L’effort en faveur des agents publics ne se limite pas aux effectifs. Le bilan du ministère de l’Économie et des Finances fait également état d’une revalorisation de 14 % des salaires des fonctionnaires. À cela s’ajoutent l’adoption du décret relatif à la revalorisation de l’indemnité de logement pour l’ensemble des agents de l’État, ainsi que celui portant attribution de l’indemnité de craie au personnel enseignant encore en activité relevant du ministère de l’Éducation nationale et du ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Autant de mesures qui touchent directement aux conditions de travail et au pouvoir d’achat des agents publics. Les retraités ne sont pas en reste. Une tranche correspondant à deux mensualités du complément de l’indemnité d’installation de retraite a été prise en charge en juin 2026 au profit de 63 943 bénéficiaires, pour un montant de plus de 26,03 milliards d’ariary. Le chantier se poursuit également sur le terrain structurel avec l’élaboration de deux nouveaux projets de décrets relatifs à la Caisse de retraite civile et militaire et à la Caisse de prévoyance et de retraite. L’objectif annoncé est de résorber le déficit structurel, d’assainir la gestion et d’aller vers davantage d’autonomie des caisses. Entre création de postes budgétaires, revalorisation salariale, amélioration des indemnités et modernisation de la gestion administrative, les mesures engagées dessinent ainsi un même axe : renforcer les moyens humains de l’État tout en améliorant les conditions de ceux qui assurent quotidiennement les services publics.

Antsa R.

La sécurité, un luxe

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Une énième attaque par des bandits armés chez des particuliers a été rapportée du côté d’Anosiala. Un énième cas qui vient s’ajouter au bas d’une bien longue liste de faits d’insécurité, phénomène visiblement difficile à endiguer à Madagascar.

La sécurité, un luxe

Car dans le pays, l’insécurité n’est plus seulement une statistique, elle s’invite dans les foyers, dans les rues, dans les commerces, dans les zones rurales, loin de tout. Ce mois de septembre 2026, plusieurs attaques à main armée ont encore été signalées dans la capitale, et en province. A Ambalavao Isotry, un employé transportant les recettes de son entreprise a été blessé par balle lors d’un braquage. Quelques jours auparavant, à Antanifotsy, des hommes armés avaient attaqué un village après une cérémonie familiale. Autant de faits qui s’ajoutent aux autres formes de criminalité violente rapportés ici et là. Ils nourrissent un sentiment d’insécurité qui dépasse largement les seules victimes, et qui dicte le mode de vie des citoyens : ne plus sortir le soir ; ne pas rouler la nuit dans un tel quartier ; tenir son sac contre soi si l’on ne veut pas être une proie facile pour les pickpockets ; les bijoux en or devenus des biens contemplatifs car impossible à porter au grand jour sans se faire détrousser ; en d’autre termes, faire attention à tout.    

A Antananarivo, les autorités renforcent les patrouilles et déploient des centaines d’agents des forces de sécurité, face à la multiplication des faits d’insécurité. Mais le paradoxe est préoccupant : alors que les forces de l’ordre intensifient leur présence et leurs interventions, des attaques continuent de se produire. Bien entendu, être présent partout relève de l’impossible. Toutefois, d’aucuns estiment que la réponse ne peut se limiter au déploiement ponctuel d’hommes en uniforme. Elle doit également passer par plusieurs autres voies : des enquêtes efficaces, une justice capable de traiter rapidement les dossiers et nettoyer de toute forme de corruption, pour ne citer que cela.

Car derrière chaque braquage, chaque scène de vol à la tire, chaque coup de feu tiré par des malfaiteurs, il y a une population qui aspire simplement à vivre et à travailler sans peur. Car la sécurité ne devrait pas être un luxe. Elle constitue le socle même de la confiance entre les citoyens et les institutions.

Hanitra R.

Réduction des risques et catastrophes : Beaucoup de villes malgaches privées de dispositifs anti-feu

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Cent vingt habitations détruites, 516 personnes laissées sans abri et aucun service de sapeurs-pompiers pour intervenir. L’incendie survenu le 17 septembre 2026 à Amboasary Atsimo n’a heureusement fait aucune victime. Ce sinistre devrait renforcer les capacités de lutte contre les incendies dans les villes et communes malgaches.

À Tanambe Ambany Tranofolo, lorsque les flammes se sont propagées, les habitants ont dû faire face avec les moyens disponibles. Le vent a compliqué leur intervention et il a finalement fallu qu’un particulier mobilise un camion-citerne rempli d’eau pour contribuer à maîtriser le feu. Le bilan est lourd : environ 120 maisons parties en fumée et 516 personnes sans abri. Le Comité de district de gestion des risques et catastrophes est intervenu pour rechercher des solutions d’hébergement et apporter les premières aides. L’origine du sinistre demeure, elle, indéterminée. Le cas d’Amboasary Sud interpelle sur un fait majeur : la ville ne dispose pas encore de sapeurs-pompiers. Pas plus tard que dimanche dernier, la ville d’Antalaha a fait face à un incendie important ayant ravagé près de huit maisons. Et le problème n’est pas nouveau : une évaluation des capacités de Madagascar en matière de réduction des risques relevait déjà que certaines municipalités ne disposaient pas de ce service, faute de ressources. Plus récemment, des responsables des secours ont encore pointé le coût important nécessaire à l’installation d’une caserne et à l’acquisition d’un véhicule.

Préparer

Dès lors, combien de communes malgaches disposent aujourd’hui d’une véritable capacité d’intervention ? Combien possèdent un camion opérationnel, des pompiers formés, un point d’eau accessible et un dispositif d’alerte ? Et surtout, combien de personnes vivent à plusieurs dizaines de kilomètres du premier secours capable de combattre un incendie ? Même Antananarivo, pourtant mieux équipée, continue de signaler des besoins. En 2025, son corps comptait 316 pompiers et réclamait notamment davantage de véhicules d’intervention. En matière de réduction des risques d’incendie, l’enjeu ne consiste donc pas nécessairement à construire une caserne complète dans chaque commune. Mutualisation entre collectivités, centres régionaux, véhicules adaptés, réserves d’eau, pompiers volontaires, formation des communautés : plusieurs réponses peuvent être étudiées selon les territoires. Amboasary Atsimo et Antalaha rappellent surtout l’évidence selon laquelle la lutte contre l’incendie ne peut commencer lorsque les premières maisons brûlent.

José Belalahy

Sendra Nirina Rajaonarison : « Il faudra 7 à 10 ans pour recruter les 118 000 enseignants non fonctionnaires »

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La ministre de l’Éducation nationale, Sendra Nirina Rajaonarison lors de sa prise de parole au Lycée Alakamisy Fenoarivo
La ministre de l’Éducation nationale, Sendra Nirina Rajaonarison lors de sa prise de parole au Lycée Alakamisy Fenoarivo

La ministre de l’Éducation nationale, Sendra Nirina Rajaonarison, a révélé qu’il faudra entre 7 et 10 ans pour intégrer dans la fonction publique les 118 000 enseignants non fonctionnaires (ENF) du pays. Dénonçant la corruption et les dérives politiciennes dans la création anarchique d’écoles, la ministre préconise désormais une transparence totale et une rationalisation stricte du temps de travail dans les établissements publics.

Le problème des enseignants non fonctionnaires (ENF), communément appelés maîtres FRAM, ces éducateurs rémunérés grâce aux cotisations des associations de parents d’élèves sans bénéficier du statut de fonctionnaire, reste un casse-tête majeur pour le secteur éducatif malgache. Lors de l’inauguration du lycée d’Alakamisy Fenoarivo, samedi dernier, la ministre de l’Éducation nationale, Sendra Nirina Rajaonarison, a dressé un état des lieux sans concession : on compte actuellement 118 000 ENF à travers l’île. Et leur intégration dans la fonction publique s’annonce particulièrement longue. « Il faudra entre sept et dix ans pour que l’ensemble de ces enseignants soient recrutés par l’État. Lors du dernier quota des postes budgétaires attribués, seuls six ENF par CISCO ont pu être intégrés », a révélé la ministre. Un chiffre qui illustre l’ampleur du chemin restant à parcourir.

Corruption

Outre le défi de l’intégration, le ministère de l’Éducation nationale entend mener une lutte acharnée contre la corruption qui gangrène le système depuis trop longtemps. La ministre préconise une transparence totale dans la sélection. « Il faut privilégier les recrutements au vu et au su de tous, et non sur la base de simples listes concoctées dans l’ombre puis transmises aux responsables. Le ministère a hérité de pratiques frauduleuses intolérables. Des enseignants qui auraient dû être intégrés dès 2018 ou 2020 ne le sont toujours pas aujourd’hui, alors que certains comptent déjà jusqu’à 17 ans de service », s’est-elle désolée. Pour Sendra Nirina Rajaonarison, le pays paie aujourd’hui le prix d’années de mauvaise gestion. « Nous n’en serions pas arrivés à cette situation critique si les normes de recrutement et de création d’établissements avaient été respectées. Parfois, des enseignants recrutés par les parents d’élèves manquent de qualifications et de formation, ce qui impacte directement la qualité de l’enseignement. Par ailleurs, certains construisent des écoles à des fins électorales et de fausses promesses, laissant ensuite le ministère et l’État gérer les conséquences de cette politique irresponsable ».

Toutefois, la ministre se veut ferme : pas question de continuer à embaucher de manière anarchique. Il appartient désormais à la direction de l’établissement et au corps professoral de rationaliser l’emploi du temps. « Beaucoup d’enseignants ne dispensent que 10 heures de cours par semaine dans le public avant d’aller cumuler dans le privé, alors qu’ils doivent effectuer au moins 20 heures de service dans les établissements publics. Les écoles publiques ne doivent plus recruter à l’aveuglette, il faut d’abord compléter le volume horaire obligatoire de chacun », a-t-elle conclu avec fermeté.

Narindra Rakotobe