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samedi, octobre 17, 2026
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Festival Temps Fort Danse : La troisième édition bat son plein

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Le Festival Temps Fort Danse, organisé par l’Institut français de Madagascar, vit sa troisième édition sous le thème De mémoire et d’avenir. Depuis le 22 août, l’IFM Analakely accueille trois semaines de spectacles, d’ateliers et de projections pour célébrer la danse sous toutes ses formes. 

Des artistes venus de Madagascar et de l’océan Indien partagent leurs créations, comme Tsy Ferana, OG Mécanique, Tanindrazana ou Rodo. Les ateliers, ouverts à tous, explorent différents styles, tels que la danse contemporaine, le hip-hop, le krump, la house ou le popping, et favorisent les échanges entre générations. 

Le festival propose aussi une table ronde sur le thème Prendre soin de l’artiste ; Créer aujourd’hui, durer demain, consacrée à la santé physique et mentale des danseurs. Côté cinéma, le mouvement se poursuit avec la projection de Pina, de Wim Wenders, suivie d’un après-midi autour de Happy Feet, Pulp Fiction et Climax. 

Avec cette édition, Temps Fort Danse célèbre la danse comme une mémoire vivante, un langage du présent et un espace pour imaginer l’avenir. Les passionnés et curieux auront jusqu’au 12 septembre pour s’immerger complètement dans l’univers de la danse. D’ailleurs, cette semaine, le festival invite les spectateurs à participer activement aux ateliers.

Hanitra Andria

Ya Rris : La pépite Tavaratra

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La nouvelle star Tavaratra est prête à conquérir la nation avec sa voix
La nouvelle star Tavaratra est prête à conquérir la nation avec sa voix

Ya Rris, il a préféré écrire son nom ainsi, histoire de se démarquer. Depuis deux mois, ce jeune artiste se fait entendre et commence à imposer sa voix dans le paysage musical de la pointe nord de Madagascar. Dans les conversations, certains vont déjà jusqu’à le présenter comme « le probable prince de l’afrobeat du Nord ». Une couronne encore symbolique, mais qui traduit l’engouement suscité par cette étoile montante.

En effet, l’artiste en herbe ne semble pas vouloir faire de la figuration. À la fin du premier semestre, ce protégé du label Waza Style a sorti un morceau qui, en l’espace de deux semaines, a connu un succès régional. Faisant déhancher les Jessica et les Kevin sur TikTok,

 « Jeje », son tout premier single, lui a permis de marquer rapidement son territoire. Le morceau s’est frayé un chemin dans les playlists et les vidéos des jeunes. La sortie du clip est venue amplifier le phénomène. Les passionnés de musique « Naija-Naija » à Diego-Suarez, voire dans l’ensemble de la région DIANA, ont salué l’arrivée de ce charmeur. Un timbre singulier pour attirer l’attention. Depuis, Ya Rris est devenu, pour certains, une nouvelle fierté du Nord.

En revanche, la pépite de papa Waza ne compte pas s’arrêter à ce premier succès. Le 30 août dernier, il a remis le couvert avec « Mbola Anao », un son qui poursuit cette volonté de trouver sa propre couleur, en mélangeant le dialecte tavaratra, assez ancien, avec les sonorités de la musique urbaine actuelle. Entre héritage linguistique et rythmes contemporains, Ya Rris tente de construire un pont entre une mémoire musicale locale et les tendances qui font vibrer la jeunesse.

Jusqu’ici, le lover semble pourtant cultiver une certaine discrétion. Peu de bruit autour du personnage, beaucoup plus de présence autour de ses deux productions. Cette retenue intrigue ses nouveaux aficionados. À ses côtés se trouve son mentor, Jazz MMC. Ce dernier connaît la sphère musicale et sait qu’au milieu d’un game débordant de concurrence, il faut avancer sans précipitation, tenir la bride avec délicatesse avant de lâcher le cheval.

Ya Rris a d’ailleurs déjà commencé à se frotter à la scène. Sa participation à différents concerts, notamment au Summer Color, lui a offert l’occasion de rencontrer son public autrement que derrière un écran. Pour ses fans, c’est aussi le moment de reprendre les refrains avec lui, en direct, tandis que, pour le label Waza Style, ces apparitions constituent bien entendu une manière de mettre son « gars sûr » dans le bain. La scène ne s’apprend pas dans un studio. Elle se conquiert devant un public, dans les cris et les applaudissements. Ya Rris avance, morceau après morceau, planche après planche. Le chemin est encore long, mais le jeune homme a déjà posé un premier jalon. Reste maintenant à transformer le bruit des débuts en véritable empreinte.

Iss Heridiny

Écotourisme à Nosy Sakatia : La communauté RASIS renforce ses compétences

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Lors d’une visite d’échange effectuée par la communauté RASIS à Ambalavao avec l’appui du projet GEC BATAN.
Lors d’une visite d’échange effectuée par la communauté RASIS à Ambalavao avec l’appui du projet GEC BATAN.

Nosy Sakatia fait partie des zones d’intervention du projet GEC BATAN (Gestion des Écosystèmes Côtiers du paysage Baie d’Ambaro, Tsimipaiky, Ampasindava et archipel de Nosy Be), financé par la France via le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM).

Surnommée « l’île aux Orchidées », c’est une destination préservée, localisée au large de la côte ouest de Nosy Be. Des représentants de la communauté locale RASIS (Regroupement des Acteurs pour la Sauvegarde de l’Île Sakatia) viennent d’effectuer une visite d’échange afin de s’enquérir des expériences de leurs pairs à Ambalavao, dans la région Haute Matsiatra, grâce à l’appui de ce projet qui démarre cette année. Il s’agit de la communauté COBA « Tantely », gestionnaire du site de Tsaranoro, connu pour être un spot mondial d’escalade et un paradis pour les randonneurs et trekkers, ainsi que de la communauté VOI Anja Miray, gestionnaire de la réserve villageoise d’Anjà, réputée pour ses lémuriens catta. La communauté RASIS renforce ainsi ses compétences en matière de gestion communautaire des ressources naturelles et de promotion de l’écotourisme, en s’inspirant des modèles de gestion les plus réussis de ces deux communautés.

Impact positif. Plus précisément, la VOI Anja Miray et la COBA Tantely ont réussi à faire de la valorisation de leur patrimoine naturel un levier de développement local. La première est reconnue pour son expérience en matière de gouvernance participative, de transparence dans la gestion associative, de partage des bénéfices et de développement d’un écotourisme communautaire durable. La seconde a, quant à elle, développé un modèle associant gestion communautaire des ressources naturelles et activité touristique.

À travers ces échanges d’expériences, la communauté RASIS a bénéficié d’un renforcement de capacités en matière de gouvernance associative, de transparence financière, de partage de revenus et de gestion des circuits touristiques. La formation des guides, la commercialisation des produits locaux et le développement des relations avec les opérateurs privés ne sont pas en reste. « Nous avons également constaté de visu l’amélioration du niveau de vie des membres de ces communautés dans la région Haute Matsiatra. La gestion communautaire de leur patrimoine naturel a eu un impact positif sur le développement de leur localité, surtout dans les domaines de l’éducation et de la santé », a témoigné Be Elisa Laurie, la présidente de l’association RASIS.

Contrat renouvelé. Dans la même foulée, « nous nous sommes engagés dans la préservation de nos richesses en biodiversité marine et terrestre en vue de promouvoir l’écotourisme. Ces expériences sont adaptées au contexte local de notre île », a-t-elle enchaîné. Il faut savoir que Nosy Sakatia est un sanctuaire pour les tortues marines, tout en abritant une végétation luxuriante comprenant plusieurs espèces d’orchidées sauvages, de l’ylang-ylang et des plantes médicinales. « À la suite d’une évaluation de la gestion de ce patrimoine naturel, le contrat de transfert de gestion des ressources naturelles renouvelables de Nosy Sakatia par RASIS a été renouvelé pour la troisième fois. Il dure cinq ans, soit jusqu’en 2031. Cette communauté s’implique fortement dans la protection et l’alimentation des tortues marines, entre autres », a souligné Tsialiva Diane Lolita, chef de division au sein de la Direction régionale du ministère de l’Environnement et du Développement durable (DIANA).

Solutions adaptées. De son côté, le premier adjoint au maire de la commune urbaine de Nosy Be, Masaoudy Aly Amady, ne cesse de sensibiliser la population locale en la conscientisant à la préservation de son patrimoine naturel, la principale activité de l’île étant le tourisme. Concernant le projet GEC BATAN, il vise à concilier la conservation des ressources naturelles, le développement économique durable et l’amélioration des conditions de vie des communautés locales, en s’appuyant sur une approche paysage et une gouvernance communautaire de ce patrimoine naturel. « Cette visite d’échange entre les communautés de différentes régions illustre l’ambition du projet de promouvoir des solutions adaptées au contexte local pour ce faire. Elle s’inscrit également dans la continuité des acquis du projet KOBABY, qui a pour finalité de valoriser les filières économiques contribuant à la conservation des ressources naturelles et au développement local durable », a énoncé Hanta Rabetaliana, la coordinatrice du projet.

Navalona R

Transport aérien : Madagascar Airlines fonctionne à capacité réduite

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La flotte de Madagascar Airlines n’arrive pas à satisfaire la demande
La flotte de Madagascar Airlines n’arrive pas à satisfaire la demande

Madagascar Airlines continue de traverser des difficultés. La compagnie aérienne nationale fait actuellement face à une période de capacité opérationnelle réduite.

Rado Rabarilala, le directeur général de Madagascar Airlines, a annoncé, hier, lors d’une conférence de presse, que seuls quatre parmi les cinq ATR 72 de la compagnie sont opérationnels.

Sécurité

Une capacité limitée qui est à l’origine des perturbations et des annulations de vols constatées, ces derniers temps, sur le réseau domestique. « Nous tenons à présenter nos excuses pour les désagréments vécus par les passagers », a déclaré le DG, en précisant que des ajustements ont été opérés pour maintenir un niveau acceptable de service. La compagnie affirme avoir mobilisé ses équipes afin d’optimiser l’utilisation des capacités restantes, de coordonner les opérations et de limiter autant que possible les perturbations pour les voyageurs. Mais ce qui prime avant tout pour Madagascar Airlines, c’est la sécurité des passagers. « La sécurité demeure notre priorité absolue et ne fait l’objet d’aucun compromis », selon toujours Rado Rabarilala, en ajoutant que « aucun appareil n’est engagé dans une opération commerciale tant que les conditions requises de sécurité, de navigabilité et de conformité ne sont pas réunies ».

Retard de livraison

C’est justement dans ce souci de sécurité absolue que deux moteurs de la flotte de Madagascar Airlines sont en cours de maintenance, consécutive à leur cycle réglementaire de révision. Malheureusement, la maintenance a connu un retard de livraison. « L’un des appareils devait être livré le 2 septembre, mais ne l’est toujours pas. » L’indisponibilité de ces moteurs réduit mécaniquement le nombre d’appareils pouvant être mobilisés et, surtout, la marge de manœuvre dont dispose la compagnie pour faire face aux aléas de l’exploitation. Les responsables de la compagnie ont mis en place des dispositifs pour accélérer la livraison des deux moteurs. En attendant, la compagnie affirme avoir mobilisé ses équipes afin d’optimiser l’utilisation des capacités restantes, de coordonner les opérations et de limiter autant que possible les perturbations pour les voyageurs.

R.Edmond.

Coopération extérieure : Washington veut pousser les investissements américains

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La délégation américaine, reçue hier par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison
La délégation américaine, reçue hier par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison

Les États-Unis veulent renforcer leur présence économique à Madagascar. Investissements, infrastructures, énergie, eau et santé ont dominé les échanges entre Tom Bevan et le ministre Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison lors d’une audience tenue au MEF.

Des capitaux privés pour aider à financer les besoins considérables de Madagascar en infrastructures. Cette piste a occupé une place importante dans les échanges entre le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, et la délégation américaine qu’il a reçue hier à Antaninarenina. Tom Bevan, chargé d’affaires a.i. de l’ambassade des États-Unis, a affiché l’intérêt américain pour un renforcement des relations commerciales et des partenariats stratégiques avec Madagascar. Pour y parvenir, Washington compte notamment sur une approche « whole of government ». Tom Bevan a évoqué la possibilité de mobiliser plusieurs institutions américaines, dont la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), l’EXIM Bank, le Department of Commerce et le Department of the Treasury. L’enjeu est d’accompagner les entreprises américaines et d’identifier des projets présentant un intérêt pour les deux parties.

Besoins énormes. Côté malgache, les attentes sont importantes. Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison a rappelé que Madagascar doit à la fois consolider sa stabilité macroéconomique, améliorer son environnement des affaires et développer des infrastructures devenues insuffisantes. Routes, électricité, réseaux ou encore numérique nécessitent des investissements considérables. Une équation difficile, dans un contexte où les ressources publiques restent limitées. Le ministre de l’Économie et des Finances a ainsi mis en avant le recours aux partenariats public-privé. Le principe consiste à mobiliser les capacités financières et techniques du secteur privé pour participer à la réalisation de projets que l’État ne pourrait financer seul, ou rapidement. Le ministère dispose d’ailleurs d’une structure spécialisée dans les PPP. Un autre sujet a émergé lors de l’audience : comment permettre aux entreprises américaines de mieux connaître les appels d’offres et les projets disponibles à Madagascar ? Une meilleure circulation de l’information pourrait contribuer à attirer de nouveaux investisseurs dans les infrastructures et l’énergie.

Renouvelables. Le secteur énergétique figure justement parmi les domaines offrant des perspectives. Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison a souligné la volonté de Madagascar d’accroître la place des énergies renouvelables. L’objectif est notamment de diminuer la dépendance aux combustibles importés et d’apporter une réponse durable aux difficultés d’approvisionnement en électricité. L’eau pourrait constituer un autre terrain de coopération. Tom Bevan a évoqué un protocole d’accord impliquant une entreprise américaine dans la réalisation d’études de prospection des ressources en eau à Madagascar.

Santé. Les discussions n’ont pas été uniquement économiques. La coopération sanitaire déjà engagée entre les deux pays a également été passée en revue. Tom Bevan a rappelé que le partenariat couvre, entre autres, les chaînes d’approvisionnement, les laboratoires, les personnels de santé de première ligne, la collecte de données et la surveillance des maladies. Pour Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, cette coopération reste importante pour Madagascar, notamment dans la lutte contre les maladies infectieuses. Les avancées dans la lutte contre le paludisme ont notamment été citées parmi les acquis, grâce aux actions de prévention, aux moustiquaires imprégnées et aux interventions contre les moustiques vecteurs. Au-delà de l’aide traditionnelle, l’audience fait ainsi apparaître une ambition plus large : faire davantage de la relation Madagascar-États-Unis un partenariat d’investissement et de développement économique.

Antsa R.

SECREN : 10 milliards d’ariary pour relancer l’entreprise

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Le ministre de l’Industrialisation et du Développement du Secteur privé (MIDSP), Ny Riana Nampoina Raharimanjato, ministre de tutelle de l’entreprise SECREN
Le ministre de l’Industrialisation et du Développement du Secteur privé (MIDSP), Ny Riana Nampoina Raharimanjato, ministre de tutelle de l’entreprise SECREN

La SECREN devrait pouvoir reprendre progressivement ses activités grâce aux mesures prises par l’État pour soutenir son redressement. Placée sous la tutelle du ministère de l’Industrialisation et du Développement du Secteur privé, la Société d’études, de construction et de réparation navales, dite SECREN, bénéficiera d’une augmentation de capital de 10 milliards d’ariary. Une injection financière qui devrait lui permettre de repartir et de retrouver progressivement son autonomie financière.

Salaires. Les travailleurs ne sont pas en reste. Une enveloppe de 600 millions d’ariary sera consacrée au paiement des arriérés de salaires des mois de mai et de juin. Une mesure d’urgence face aux difficultés sociales rencontrées par le personnel. Mais la question ne s’arrête pas là. La SECREN doit également pouvoir se redresser par ses propres moyens et améliorer ses performances. Face aux efforts consentis par l’État, des efforts sont attendus de l’entreprise pour assainir sa gestion et optimiser son fonctionnement.

Redressement. Le conseil d’administration s’est déjà réuni pour se pencher sur la situation et voir les mesures à prendre. En ce qui concerne la gestion et les mesures d’accompagnement de l’entreprise, le ministre de l’Industrialisation et du Développement du Secteur privé, Ny Riana Nampoina Raharimanjato, entend dépêcher une mission spéciale au sein de l’entreprise. Celle-ci devra notamment s’enquérir de la situation sur place, identifier les problèmes de fond et proposer des solutions durables. Une manière de dire que le soutien de l’État doit aller de pair avec une amélioration de la gestion de l’entreprise. Le redressement de la SECREN passe ainsi par la reprise des activités, mais également par une meilleure organisation et une gestion plus efficace. Reste à savoir si l’entreprise pourra devenir une société solide, performante et capable de se prendre en charge. Un redressement qui concerne directement les travailleurs, mais aussi l’avenir de la société et sa place dans l’économie nationale.

Nadia R.

Général Richard Ravalomanana : L’ex-Président du Sénat condamné à dix ans de travaux forcés

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Le procès de l’ancien Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie s’est déroulé hier à la Cour criminelle ordinaire d’Anosy.

Coup de tonnerre hier du côté du tribunal d’Anosy. En effet, à l’issue d’un procès très tendu qui avait duré près de six heures, l’ancien Président du Sénat, le Général Richard Ravalomanana a été condamné à 10 ans de travaux forcés. Complicité de meurtres, coups et blessures volontaires, et tentative de meurtres. Ce sont les chefs d’inculpation qui ont été retenus contre l’ancien numéro Deux du régime Rajoelina. Des accusations très graves liées notamment aux évènements politiques de septembre – octobre 2025, mais dont le Général à la retraite a rejeté en bloc durant le procès d’hier. Un autre dossier relatif à une accusation de menace de mort n’a cependant pas été retenu. Les juges ont confirmé que le dossier est déjà prescrit. Les faits commis en 2019 auraient engendrés une menace proférée à l’encontre d’un ancien haut responsable de la Société SIRAMA à Brickaville, mais la victime n’a déposé plainte qu’en 2023.

Circonstances atténuantes

En revanche, par rapport aux autres accusations, le Général Baomba est accusé d’avoir donné des instructions aux éléments des Forces de l’ordre pour inciter ces derniers à perpétrer des violences contre les manifestants de la GEN Z. Pour sa défense, l’intéressé a expliqué devant la Cour que donner des ordres aux Forces armées qui font leur travail sur le terrain ne relève pas de ses fonctions en tant que Chef d’Institution. Durant cette audience qui s’est déroulée devant la Cour criminelle ordinaire d’Antananarivo, des gendarmes et un Contrôleur Général de Police qui a assumé un poste à haute responsabilité au sein du Ministère de la Sécurité Publique du temps de l’ancien régime, ont témoigné en faveur de l’ancien Président du Sénat. Ayant pris en considération l’âge de ce dernier, ainsi que le fait qu’il ne fait l’objet d’aucun précédent judiciaire, la Cour a retenu des circonstances atténuantes. Le Général Richard Ravalomanana pourrait ainsi bénéficier d’une remise de peine. A la sortie de l’audience, l’avocat de ce dernier a fait savoir que la défense entend déposer un recours en appel.

Règlement de compte

Pour le moment donc, le Général à la retraite Richard Ravalomanana est le premier proche collaborateur de l’ancien Président Andry Rajoelina frappé d’une condamnation définitive. Quid alors du sort des autres figures du régime « Volomboasary » qui croupissent en prison depuis 7 mois sans avoir été jugé ? Pour ne citer que le cas des Marie Michelle Sahondrarimalala, Rinah Rakotomanga, Vyvato Rakotovao, Valéry Ramonjavelo, Paul Rabary, Yves Maurice Rakotoniaina et consorts. Leurs incarcérations sont qualifiées de règlement de compte politique par bon nombre d’observateurs. En tout cas, cette condamnation du Général Baomba survient pile au moment où la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar organise au Palais d’Etat d’Iavoloha des consultations des partis politiques et groupements politiques dans le cadre du processus de résolution de crise.

Tension politique

Pour rappel : le Général Richard Ravalomanana a été destitué de sa fonction de Président du Sénat le 12 octobre 2025 à l’époque où la tension politique était à son comble après le renversement du régime Rajoelina suivi de la prise de pouvoir du Colonel Michaël Randrianirina en tant que Président de la Refondation. Il a ensuite été arrêté dans son domicile à Ambatovinaky le 27 décembre après un long moment de bras de fer avec les autorités judiciaires et des menaces d’attaques de son domicile par les Forces de l’ordre. A l’issue de son déferrement le 19 janvier 2026, l’Officier Général a été placé en détention provisoire à la prison d’Imerintsiatosika. A noter cependant que durant l’audience d’hier, il s’est apparu en bon état de santé et n’a présenté, ou du moins n’a laissé apparaitre aucun signe de faiblesse ni physiquement ni psychologiquement. Si aucun accord politique n’est trouvé dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations de la SADC, le Gal Baomba risque quant à lui de purger une peine dont la durée est l’équivalent de deux mandats présidentiels. 

Davis R

Coopération militaire : 13 éléments de l’Armée malgache formés à la protection rapprochée par des experts russes

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Sous l’égide de la Primature, treize éléments d’élite de l’armée malgache ont validé leur formation commando en protection rapprochée, encadrés par des experts russes.

La coopération bilatérale entre Madagascar et la Fédération de Russie franchit un nouveau palier stratégique. Hier, le palais de Mahazoarivo a abrité la cérémonie officielle de remise de diplômes marquant la fin de la première session de formation en protection rapprochée des hautes personnalités. Placée sous la haute présidence du Premier ministre, Chef du Gouvernement, Mamitiana Rajaonarison, cette sortie de promotion consacre les efforts conjoints de modernisation des forces de défense et de sécurité malgaches. Démarré en juillet dernier, ce programme de formation d’une durée de deux mois a été dispensé par des instructeurs de l’Armée russe. L’objectif affiché par les autorités est clair : professionnaliser à l’extrême les unités d’élite chargées de veiller sur la sécurité des hauts dignitaires de l’État.

Crises ultra-réalistes. Le contenu pédagogique s’est avéré particulièrement riche et rigoureux, couvrant l’ensemble des facettes techniques et opérationnelles du métier, allant de la maîtrise des techniques de tir de précision et des tactiques d’intervention d’urgence à l’apprentissage approfondi des gestes de premiers secours. Les stagiaires ont également suivi des protocoles stricts de protection contre les risques chimiques et biologiques, ainsi que des modules spécifiques axés sur la préparation mentale et la gestion du stress en milieu hostile. Cependant, le cœur de la formation a résidé dans des mises en situation grandeur nature. Les treize stagiaires, issus des corps spécialisés de l’Armée malgache, ont été confrontés à des scénarios de crise ultra-réalistes : simulation d’embuscades, attaques coordonnées, techniques d’évacuation d’urgence et gestion de foules en milieu urbain dense. Une approche pragmatique indispensable pour forger des agents dotés d’un sang-froid à toute épreuve.

Appropriation nationale. « Cette formation s’inscrit pleinement dans la logique de renforcement des capacités opérationnelles de nos forces. Nous voulons des hommes et des femmes rigoureusement formés, disciplinés et avant tout professionnels », a soutenu le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison. Le point d’orgue de cette cérémonie a indéniablement été la distinction honorifique du capitaine Reynolds Sitraka Iombonana Andriamahazorivo. Commandant de la Garde d’Honneur au sein du Bataillon de Sécurité de la Primature, il s’est distingué en étant le seul de la promotion à décrocher le grade suprême d’instructeur spécialisé en protection rapprochée. Pour le commandement du BSP, cette consécration revêt une portée hautement stratégique. En disposant d’un instructeur certifié en interne, Madagascar amorce un virage vers l’appropriation nationale de ce savoir-faire tactique. L’ambition, à terme, est de permettre au bataillon de s’affranchir d’un appui extérieur permanent et de pérenniser la transmission des compétences aux futures générations d’agents.

Stabilité institutionnelle. En marge de la remise des parchemins, le Chef de l’exécutif a tenu à saluer chaleureusement l’engagement des instructeurs russes, tout en réitérant la volonté de Madagascar de consolider durablement ce partenariat militaire avec Moscou. Échanges de bons procédés, cessions de savoir-faire et modernisation des équipements témoignent de la vitalité de ces relations bilatérales, axées sur la préservation de la souveraineté et la stabilité institutionnelle. Face à l’évolution constante des menaces sécuritaires, ces treize nouveaux professionnels constituent désormais le noyau dur d’un dispositif de protection étatique renforcé et résolument tourné vers l’excellence.

Julien R.

Sécurité non négociable

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Frustrés. Les usagers du transport aérien national le sont naturellement face aux perturbations et aux annulations de vols endurées ces derniers temps de la part de la compagnie aérienne nationale. Le surnom d’Air « peut-être » est malheureusement de nouveau collé à Madagascar Airlines.

Sécurité non négociable

La compagnie reconnaît que l’indisponibilité de ses deux moteurs de rechange réduit temporairement sa capacité et peut l’obliger à procéder à des ajustements de son programme. Mais elle rappelle surtout qu’aucun appareil ne sera engagé dans une opération commerciale tant que les conditions requises de sécurité, de navigabilité et de conformité ne seront pas réunies. Comme toutes les compagnies aériennes du monde, Madagascar Airlines applique ainsi le sacro-saint principe de la non-négociabilité de la sécurité des passagers. Dans le cadre de l’application stricte de ce principe sécuritaire, un appareil doit être maintenu conformément à des procédures extrêmement précises. Lorsqu’un moteur arrive à une échéance de maintenance, son retrait du service n’est pas une décision facultative destinée à améliorer le confort d’exploitation. Il relève des exigences de navigabilité et du système de sécurité qui encadre l’ensemble du secteur. Ces exigences relèvent de ce qu’on appelle, dans le jargon de l’industrie aérienne, les Safety Management Systems (SMS), propres à la gestion de la sécurité exigée sur le plan international. L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) présente d’ailleurs la gestion de la sécurité comme une démarche proactive permettant d’identifier les dangers, d’analyser les données et d’évaluer en permanence les risques afin de les réduire avant qu’ils ne conduisent à un accident. Mais même si la sécurité est non négociable, les passagers ont aussi droit à de meilleurs services que ne peut malheureusement pas offrir une compagnie dont la flotte est limitée à 5 appareils. D’énormes efforts restent à faire pour la compagnie qui veut retrouver son statut de porte-étendard du pays

R.Edmond.

Projet Alifasa : Quand les jeunes filles d’Antsiranana réinventent le cinéma

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Depuis 2022, le projet Alifasa s’est imposé comme une respiration culturelle à Antsiranana. Chaque année, pendant les vacances scolaires, l’Alliance française de Diego et l’AJFACE ouvrent leurs portes à des adolescentes de 10 à 17 ans, leur offrant trois semaines pour plonger dans l’univers de l’audiovisuel et du cinéma. 

Ce n’est pas une simple initiation technique. C’est une expérience qui transforme. Les participantes apprennent à écrire un scénario, à défendre un pitch, à manier l’image et le son, à assembler leurs idées au montage. Cette année, une touche de graphisme est venue enrichir le programme, ouvrant encore davantage le champ des possibles. Guidées par Firoza Hussen, Tessa Ratovonar, Medalys Anjarasoa, Arilala Ophélia et Sylvia Razafison, elles découvrent que derrière chaque film se cache une mécanique créative qu’elles peuvent elles-mêmes maîtriser. 

La cinquième édition, en août 2026, s’est conclue par la projection du court-métrage Les Rêves de Harena, le 22 août. Dans la salle, l’émotion était palpable : ces jeunes filles venaient de prouver qu’elles pouvaient raconter leurs propres histoires, donner vie à leur imaginaire et faire émerger des récits nouveaux. En quatre ans, 54 participantes ont déjà franchi ce pas, et leurs créations ont valu à l’Alliance française de Diego le Prix du meilleur mini-reportage RFI 2026. 

Alifasa est bien plus qu’un atelier. C’est un manifeste. Il affirme que les métiers de la culture sont accessibles aux femmes, qu’ils peuvent briser les tabous et ouvrir des horizons. Il rappelle que la créativité n’a pas de frontières et que la jeunesse féminine malgache a des voix puissantes à faire entendre. 

Hanitra Andria