Après le Palais des Sports il n’y a pas si longtemps, le poète du quotidien s’apprête à faire vibrer le théâtre de verdure pour célébrer trois décennies d’une carrière hors norme. Retour sur un événement qui s’annonce déjà comme un temps fort de la scène culturelle malgache de la semaine
Tantôt poète visionnaire, tantôt mélomane averti, Samoela n’a jamais cessé d’être ce militant culturel dévoué, ancré au cœur des réalités de Madagascar. Trente ans après ses premiers accords de guitare, l’artiste n’a rien perdu de sa verve ni de son tranchant. Pour couronner ce jubilé exceptionnel, il donne rendez-vous à son public le 30 août prochain dans son jardin de prédilection, le Théâtre de verdure d’Antsahamanitra. Pour ce rendez-vous anniversaire, l’artiste ne fait pas les choses à moitié. C’est entouré de sa formation au grand complet qu’il investira la scène. Le groupe promet d’offrir une véritable traversée dans le temps, un voyage musical retraçant les classiques d’hier jusqu’aux compositions les plus récentes.
Avec 11 albums à son actif et un répertoire fort de 153 chansons, il y a de quoi en faire tout un plat. Pour offrir un spectacle orchestré au millimètre près, la journée s’articulera autour d’un « Top 50 » réunissant les titres les plus emblématiques de sa discographie. Ce concert s’annonce d’ores et déjà comme un moment d’exception où la diversité culturelle rencontrera l’authenticité d’un grand nom de la musique malgache, devant un amphithéâtre d’Antsahamanitra prêt à chanter à l’unisson.
Trois décennies de carrière, c’est avant tout une histoire de fidélité. Depuis ses débuts, Samoela a su bâtir un pont unique entre les générations grâce à une formule musicale devenue sa signature, une fusion habile de folk acoustique, de pop moderne et de sonorités traditionnelles malgaches. À travers des textes d’une authenticité rare, teintés d’humour, d’ironie sociale et d’une tendresse lucide, il dépeint la société avec une précision de chirurgien.
Le mercredi 26 août dernier, lui et son équipe ont livré une conférence de presse pour annoncer officiellement le Live stage à La Balançoire, demain vendredi 28 août à 19 heures. Oui, le Live stage de Rija Ramanantoanina en est à sa troisième édition. L’artiste partagera la scène avec le Bandy Baraka Big Band.
Après Fanja Andriamanantena, puis Denise et Jaojoby, Live stage poursuit son pari. « Rapprocher le public des grandes figures de la musique malgache, dans un cadre où le live reprend toute sa place. Une initiative portée par Lagence, La Balançoire et NYR Image ».
Effectivement, le lord of jazz malgache interprétera ses classiques. En outre, d’après les informations recueillies, « le chanteur revisitera les différentes étapes d’un parcours qui traverse plusieurs générations. Mais il ne s’agira pas simplement de reprendre des chansons connues. L’intérêt de cette soirée réside justement dans cette rencontre entre deux univers. Celui de Rija Ramanantoanina, marqué par une longue histoire musicale, et celui d’un grand ensemble dont les arrangements donneront une nouvelle ampleur aux morceaux ». Alors, les aficionados découvriront d’autres sonorités. La nostalgie aura sa place. Le live, les arrangements et l’énergie des musiciens ouvriront une nouvelle lecture du répertoire.
Live stage sera une rencontre qui fera revivre, d’une autre façon, des chansons que l’on croyait déjà connaître. Pour cette troisième édition, la soirée sera conviviale !
Le Makua Festival Music se tiendra à Tamatave du 29 octobre au 1er novembre. Dates fixées, les artistes présents sont aussi déjà connus. Les plus connu(e)s de la variété malgache seront bel et bien sur place. Rossy, Maman’i Tsôlôlô, Nate Tex, Lico Kininike, Tence Mena, Joyce Mena, Arnaah, Ljo et d’autres encore. Dans le lot, le roi du Tapôlaka semble être le doyen. C’est le retour du Makua Festival Music après un petit stand-by. Derrière les manettes, Shyn et toute une bande de jeunes Tamataviens et Tamataviennes conscient(e)s et jalou(ses)x de leur ville.
Le Festival Tria Tria s’ouvre aujourd’hui à Antalaha, et l’air de la ville semble déjà vibrer d’une énergie particulière. Pendant quatre jours, jusqu’au 30 août, la capitale de la vanille se transforme en un immense carrefour culturel où musique, jeunesse et fierté locale se rencontrent.
Né du rêve de Big Mj, enfant d’Antalaha, ce festival est une déclaration d’amour à sa ville natale. Le nom Tria Tria, qui signifie « vibrer de bonheur », rappelle son premier single de 2010 et incarne l’esprit de partage qui anime cette aventure.
Le programme s’annonce riche et coloré : un grand carnaval et un bal d’ouverture au Bamboula dès ce soir, suivis de spectacles au stade municipal chaque après-midi. Plus d’une vingtaine d’artistes, venus de la région SAVA et d’ailleurs, offriront au public des performances où se mêlent rythmes modernes et héritage culturel.
Soutenu par Orange Madagascar et Orange Money, le festival devient aussi un symbole de solidarité et de reconnaissance des talents. Antalaha se prépare à vivre des journées intenses, où la musique unit, où la jeunesse rayonne et où la culture locale s’élève au rang de célébration universelle. Un rendez-vous qui promet de faire battre le cœur de toute une ville.
Le Festival International du Bien-être Mental, ou FIBEM, lance officiellement l’appel à films de sa quatrième édition. Destiné aux cinéastes du monde entier, cet événement met cette année à l’honneur une thématique profondément ancrée dans l’air du temps : « Tenir dans la fatigue du monde ».
À travers ce prisme, le festival souhaite offrir une tribune aux œuvres capables de raconter, d’interroger ou de célébrer les différentes façons de résister, de guérir et de préserver sa santé mentale face aux crises globales et aux épreuves de notre époque. Les organisateurs recherchent des propositions cinématographiques à la fois intimes et percutantes, exclusivement réparties entre le court métrage de fiction et le court métrage documentaire.
Les réalisateurs et réalisatrices souhaitant participer disposent d’une fenêtre de candidature ouverte jusqu’au 1er septembre 2026. Une opportunité majeure pour les créateurs d’utiliser le septième art comme vecteur de sensibilisation, de soutien et d’impact social autour des enjeux essentiels du bien-être psychique.
Les difficultés des adolescents sont généralement mesurées à travers l’école, la pauvreté, la santé physique ou les grossesses précoces. Leur santé mentale reste beaucoup plus difficile à saisir. Les données internationales montrent l’ampleur du phénomène, tandis que les réalités malgaches suggèrent que les jeunes sont exposés à de multiples facteurs de vulnérabilité.
En effet, selon l’Organisation mondiale de la santé, un adolescent sur sept, âgé de 10 à 19 ans, souffre d’un trouble mental à l’échelle mondiale. Dépression, anxiété et troubles du comportement figurent parmi les principales causes de maladie et d’incapacité chez les adolescents. Ce chiffre ne peut toutefois pas être appliqué mécaniquement à Madagascar. C’est précisément l’une des difficultés : le pays manque encore de données nationales suffisamment régulières pour mesurer avec précision l’ampleur de la détresse psychologique chez les adolescents. L’UNICEF souligne d’ailleurs, à l’échelle internationale, le manque persistant de données fiables permettant de mesurer la santé mentale des jeunes.
Exposée
Cette absence de mesure ne signifie pas absence de problème. À Madagascar, pauvreté, décrochage scolaire, travail des enfants, violences, grossesses précoces et incertitude face à l’avenir constituent autant de facteurs susceptibles de fragiliser les adolescents. Dans le Grand Sud, par exemple, une étude publiée en 2025 a notamment documenté les effets du changement climatique sur la santé mentale des adolescents. Les jeunes interrogés décrivent les conséquences psychologiques des sécheresses et de la dégradation de leurs conditions de vie.
Complication
La difficulté est aussi institutionnelle. Sans données nationales solides, il est compliqué de dimensionner les besoins, d’identifier les groupes les plus exposés ou de mesurer l’accès aux soins. La santé mentale des adolescents mérite donc de sortir du silence. La première urgence n’est peut-être pas de prétendre connaître l’ampleur exacte du problème, mais de commencer à la mesurer sérieusement. Car ce qui reste invisible dans les statistiques risque aussi de rester absent des politiques publiques.
À la tête de Riders 640, SIDIHELY Liamine porte l’ambition de faire du moto-tourisme un véritable levier de découverte et de développement local dans le Nord de Madagascar.
À la tête de Riders 640, SIDIHELY Liamine porte l’ambition de faire du moto-tourisme un véritable levier de découverte et de développement local dans le Nord de Madagascar.
Après avoir sillonné la pointe Nord de Madagascar il y a quelques mois, les Riders 640 reprennent la route. Cette fois, cap sur l’île aux parfums. « Lavalava DIANA », le nom donné à cette nouvelle aventure, s’avère coloré. Cinq jours de randonnée à moto pour traverser les cinq districts du septentrion, de Diego-Suarez à Nosy Be, en passant par Ambilobe et Ambanja.
Pour Riders 640, la route n’est guère une simple ligne tracée entre deux destinations. Elle devient un prétexte à la découverte et à la connaissance des territoires. « Il s’agit d’une randonnée de cinq jours qui emmènera les participants de Diego-Suarez jusqu’à Nosy Be, en passant notamment par Ambilobe et Ambanja, à la découverte des paysages, des territoires et des acteurs locaux du Nord de Madagascar. Une randonnée n’est jamais une balade », explique Sidihely Liamine, président de l’association. Les mains au guidon portent ainsi une ambition : promouvoir la région DIANA sous une autre forme.
Une autre aventure les attend !
La passion prend la route !
Riders 640 n’en est pas à sa première expérience. Au fil du temps, le mouvement a multiplié les circuits et les rendez-vous, en l’occurrence Tsaka Tsaka Rano, Somajia ou encore Lavalava Baomby. Des noms qui traduisent une même volonté d’aller voir ce qui se trouve au bout de la route. Certains de ces endroits restent pourtant peu fréquentés par les habitants eux-mêmes. Sites naturels, paysages remarquables, lieux chargés d’histoire sont parfois davantage connus des visiteurs étrangers que de la population locale.
Lavalava est un mot Tavaratra ayant deux sens : assez longue et le parcours.
La moto devient alors un moyen de rapprocher les uns des autres
« C’est une aventure, mais surtout une vision », insiste le président de R640. Une vision qui cherche à changer le regard porté sur la moto. Loin de l’image d’un engin de déplacement ou d’un loisir réservé à quelques passionnés, elle peut devenir un outil de découverte. En outre, l’équipe est composée de jeunes actifs dans différents secteurs de la société, réunis autour d’une même passion et d’une même envie.
L’île au parfum accueillera des riders engagés.
Cinq jours, cinq territoires, une route
Diego-Suarez, Ambilobe, Ambanja, Nosy Be. Entre ces différentes étapes, l’itinéraire traversera des réalités qui ne se ressemblent pas toujours. Le voyage aura son lot d’exploration. La randonnée entend ainsi proposer une autre manière de voyager dans le Nord. Le tourisme existe sur les pistes, les routes secondaires. Lavalava DIANA veut donner un sens au trajet.
La promotion du tourisme, tel est l’objectif.
L’idée du moto-tourisme
Pour Sidihely Liamine, le moto-tourisme peut trouver sa place dans le paysage touristique malgache. « Nous voulons changer la perception que l’on peut avoir de la moto. Elle peut être un moyen de découvrir, de connecter les territoires, de créer des opportunités et de participer au développement local. » Cette conception s’est forgée sur le terrain. Les différentes sorties ont permis à l’équipe de mesurer les possibilités ainsi que les difficultés d’un tel projet. En effet, les expériences accumulées ont contribué à structurer le mouvement et à préciser son orientation. Madagascar n’a rien à envier aux autres destinations. Ses ressources naturelles sont considérables. Ses habitants portent des cultures particulières et une hospitalité qui reste souvent l’un des souvenirs les plus forts laissés aux voyageurs. Encore faut-il que les Malgaches eux-mêmes prennent le temps de regarder ce patrimoine à portée de route.
Tracer la route, c’est aussi écrire une histoire.
Une histoire qui cherche à durer
À la tête de Riders 640, Sidihely Liamine arrive au terme de son mandat cette année. Il veut laisser une organisation capable de poursuivre son chemin, avec une équipe. Lavalava DIANA représente une nouvelle étape dans la construction d’un mouvement qui cherche à prendre sa place dans le tourisme du Nord. La moto est le point de départ. La route ouvre le chemin. Les territoires donnent un sens au voyage. Pendant cinq jours, Riders 640 veut donc faire plus que rouler. Ils souhaitent écrire un nouvel épisode, en laissant leur empreinte sur les routes du Nord.
Le motif de rayon de soleil a été retrouvé à Wetar en Indonésie, utilisé il y a 4 000 ans, et dans l’Aloalo malgache. (crédit photo : www.leboncoin.fr)
Le motif de rayon de soleil a été retrouvé à Wetar en Indonésie, utilisé il y a 4 000 ans, et dans l’Aloalo malgache. (crédit photo : www.leboncoin.fr)
Publiée le 17 août dans « Proceedings of the National Academy of Sciences ». Une étude menée par Sue O’Connor de l’« Australian National University », avec Shimona Kealy, Kaharudin et Ceri Shipton, en partenariat avec l’agence indonésienne « Badan Riset dan Inovasi Nasional », présente une plaquette de pierre peinte découverte en 2024 sur l’île de Wetar. Datée par radiocarbone à 4 090-3 900 ans, elle porte le motif solaire rouge caractéristique de la « Tradition picturale austronésienne ». Trouvée dans une couche sans céramique mais avec des perles austronésiennes, elle suggère que l’idéologie, plutôt qu’un simple bagage économique, se trouvait à l’avant-garde de la dispersion austronésienne. La plus vaste migration humaine de la préhistoire, dont les descendants arriveront sur les îles de Rapa Nui jusqu’à Madagascar. En fait, Wetar n’a aucun lien géographique direct avec Taïwan (l’Out of Taïwan), mais elle constitue une étape clé de la route empruntée par les descendants des populations taïwanaises originelles, atteinte seulement quelques siècles après leur départ. Ce réseau symbolique aurait fini par atteindre Madagascar. Des bagages culturels étaient alors déjà présents dès les premières étapes de l’expansion vers le Sud-Ouest, avant même que ces populations ne poursuivent leur route vers Madagascar ou le Pacifique. Le soleil peint sur les embarcations aurait ainsi guidé les marins bien au-delà de l’Indonésie, jusqu’aux rivages malgaches.
Le rendez-vous musical de cette fin de mois s’annonce particulièrement intense pour les amateurs de variété malgache. Dimanche, le terrain de basket-ball de l’Esca Antanimena ouvrira ses portes pour accueillir l’emblématique formation Rebika à 14h, à l’occasion de son spectacle événement intitulé « Tamberina 2026 ». Penser ce rendez-vous sous le signe du « Tamberina », c’est faire la promesse d’une immersion profonde dans un répertoire devenu patrimonial. Depuis plus de trois décennies, les harmonies vocales et la poésie romantique du groupe accompagnent le quotidien de plusieurs générations. Ce concert dominical, une signature de Rebika, se présente ainsi comme une traversée temporelle, où les ballades sentimentales incontournables côtoieront les compositions plus entraînantes qui ont forgé la renommée de la bande. Le choix du terrain en plein air s’inscrit dans cette volonté d’offrir une grande proximité avec le public.