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samedi, octobre 17, 2026
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Antoine Rajerison : « Un État démocratique est un État qui respecte la liberté d’expression »

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« Elle garantit aux citoyens et à leurs représentants le droit de critiquer, de s’opposer, d’exprimer leurs opinions et de recourir à la loi, sans crainte ni sanction », soutient le député Antoine Rajerison.
« Elle garantit aux citoyens et à leurs représentants le droit de critiquer, de s’opposer, d’exprimer leurs opinions et de recourir à la loi, sans crainte ni sanction », soutient le député Antoine Rajerison.

Face aux vagues d’interpellations et aux pressions politiques, le député Antoine Rajerison remet en cause la nature démocratique du régime en place depuis octobre 2025.

« Madagascar : État démocratique ou État autoritaire ? » C’est la question que soulève le député élu dans le district d’Arivonimamo, Antoine Rajerison. Face à la multiplication des arrestations, dont celle de Haritsilavo Rakotoson constitue le dernier exemple en date, l’élu appelle l’opinion publique à méditer sur la véritable nature du régime politique en place depuis le mois d’octobre 2025. « Si nous sommes réellement en démocratie, les citoyens qui ont le courage de se lever et de dénoncer les dysfonctionnements devraient être protégés », soutient l’élu, laissant entendre que la Grande Île s’éloigne dangereusement des standards démocratiques. Selon Antoine Rajerison, les critères ne souffrent d’aucune ambiguïté : « Un État démocratique est un État qui respecte la liberté d’expression, la liberté de la presse, le pluralisme politique, les droits des citoyens et l’indépendance des institutions ».

Acharnement politique

« Avons-nous fait bouger les lignes, ou avons-nous basculé vers un régime autoritaire ? », s’interroge le parlementaire, espérant provoquer une prise de conscience au sein d’une opinion qu’il juge prisonnière d’un climat de peur. À l’appui de ses doutes, l’élu d’Arivonimamo témoigne des épreuves qu’il affirme traverser depuis le dépôt de sa requête auprès de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) pour contester les agissements de l’Exécutif. Depuis lors, il se dit victime d’un véritable acharnement politique : brouillage incessant de Radio Fivoarana, harcèlement fiscal consécutif à ses prises de position, tentative de levée de son immunité parlementaire et fabrication présumée de dossiers judiciaires en vue de son arrestation.

Dérive autoritaire

« Sommes-nous toujours dans une démocratie et un État de droit, ou faisons-nous déjà face à une dérive autoritaire ? », insiste l’élu. Il rappelle que « la démocratie ne se résume pas à la soumission aux dirigeants. Elle garantit aux citoyens et à leurs représentants le droit de critiquer, de s’opposer, d’exprimer leurs opinions et de recourir à la loi, sans crainte ni sanction ». Le constat dressé par le député résonne bien au-delà de sa personne. Une frange grandissante de la population, notamment urbaine, commence à émettre de sérieux doutes à l’égard de ce régime issu de la mobilisation de septembre et octobre 2025. S’il est souvent avancé qu’une véritable rupture ne pourra s’opérer qu’à l’issue de la Concertation nationale, au mois de mai 2027, les interpellations pour « atteinte à la sûreté de l’État » se poursuivent à un rythme soutenu. « Je ne suis pas le seul à vivre une telle situation. De nombreuses personnes subissent pressions et injustices dans le silence, muselées par la peur des représailles », conclut le député.

Julien R.

Harotsilavo Rakotoson : Relâché après 24 heures de garde à vue

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Ouf de soulagement pour la famille et les proches de Harotsilavo Rakotoson. Après près de 24 heures de privation de liberté dans les locaux de la Section des recherches de la gendarmerie, à Fiadanana, le juriste et politiste a recouvré la liberté tard dans la nuit de mardi. Une issue heureuse qui vient clore une séquence marquée par de vives spéculations et des incompréhensions généralisées sur les réseaux sociaux depuis le début de la semaine. Face à cette épreuve, l’entourage de Harotsilavo Rakotoson tient à exprimer sa profonde gratitude. Amis, proches, simples citoyens ou sympathisants : la mobilisation générale a été qualifiée d’extraordinaire, portée par une immense vague de solidarité et de générosité. Si le fond de cette affaire demeure, pour l’heure, entouré de zones d’ombre aux yeux du grand public, cet épisode vient, aux yeux de nombreux observateurs, écorner un peu plus l’image d’un régime qui ne cesse de prôner la rupture avec les méthodes d’autrefois, tout en revendiquant des aspirations résolument démocratiques.

Julien R.

Armée malgache : Des stages opérationnels avec les Français

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À Antsirabe comme à Manjakandriana, les militaires français ont mis leur savoir-faire au service de leurs partenaires malgaches. Du 27 juillet au 14 août, deux détachements d’instruction opérationnelle (DIO) du 5e Régiment étranger de l’armée française ont été conduits simultanément dans ces deux villes. Deux terrains, deux volets d’instruction, mais une même finalité : renforcer les capacités opérationnelles des militaires malgaches et consolider la coopération entre les forces armées des deux pays.

Pendant près de trois semaines, les stagiaires ont été confrontés à des situations proches des réalités opérationnelles, avec une priorité donnée à la pratique et à la mise en situation. À Antsirabe, l’instruction s’est articulée autour de plusieurs compétences essentielles. Les militaires malgaches ont notamment été formés à l’emploi des drones, au combat en terrain libre et en zone urbaine, aux transmissions, à la topographie ainsi qu’au secourisme de combat. Un programme dense, destiné à renforcer à la fois les capacités techniques et la coordination sur le terrain.

À Manjakandriana, l’accent a été mis sur les savoir-faire spécifiques du combat du génie. Ouverture d’itinéraire, emploi des explosifs, mise en place de réseaux barbelés et lutte contre les engins explosifs improvisés figuraient au cœur de l’instruction. Des compétences qui exigent rigueur, précision et parfaite coordination entre les différents éléments engagés.

Le point d’orgue de ces stages a été une journée de démonstration, au cours de laquelle les stagiaires ont pu mettre en pratique les connaissances acquises. À travers plusieurs scénarios tactiques, ils ont été placés en situation afin de tester leurs réflexes, leur coordination et leur capacité à appliquer les techniques enseignées.

Mais derrière les exercices et les démonstrations, l’enjeu dépasse la seule transmission de compétences. Ces deux détachements français ont également constitué des espaces d’échanges entre militaires français et malgaches. Les entraînements communs permettent de confronter les méthodes, de partager les expériences et de renforcer les liens entre les deux armées.

Rija R

Session extraordinaire du parlement : Le projet de loi sur l’accès à l’information aux oubliettes

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Le projet de loi sur l’accès à l’information à caractère public reste bloqué à Tsimbazaza. Déposé depuis le 28 mai dernier, le texte n’a toujours pas trouvé sa place dans l’ordre du jour de la session extraordinaire du Parlement.

Une situation pour le moins paradoxale pour un régime qui place la « refondation » et la gouvernance ouverte au cœur de son discours. La transparence attendra. Du moins, c’est ce que laisse penser le sort réservé au projet de loi n°017/2025 sur l’accès à l’information à caractère public. Alors que les députés sont réunis en session extraordinaire depuis mardi 25 août, ce texte, pourtant déjà déposé à l’Assemblée nationale, ne figure toujours pas parmi les priorités parlementaires. Le projet était censé franchir une étape décisive. Déposé le 28 mai, il entend consacrer le droit des citoyens d’accéder aux informations détenues par les institutions publiques et, par conséquent, renforcer la transparence de l’administration. Un outil essentiel dans toute démocratie qui prétend rapprocher l’État du citoyen. Mais à Tsimbazaza, le texte s’est enlisé. Son examen avait déjà été repoussé lors de la dernière session ordinaire, sans explication publique véritable. Depuis, silence radio. Aucun débat engagé, aucune nouvelle échéance annoncée.

Et, désormais, même la session extraordinaire ne semble pas lui réserver de place. Une priorité qui ne l’est visiblement pas. Le contraste est saisissant. D’un côté, le pouvoir multiplie les discours sur la refondation, la modernisation de l’État, la bonne gouvernance et la nécessité de restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens. De l’autre, un texte qui donnerait précisément aux citoyens davantage de moyens pour contrôler l’action publique demeure dans les tiroirs parlementaires. Le ministère de la Communication et de la Culture, pourtant directement concerné par les questions relatives à l’accès à l’information, brille surtout par son silence. Pas de campagne particulière pour défendre le texte. Pas de réaction publique notable après son report. Pas davantage d’explication sur son absence de l’ordre du jour actuel. Une discrétion qui pourrait presque passer pour de la prudence diplomatique. Elle devient toutefois plus embarrassante lorsqu’il s’agit d’un texte censé faire de la transparence un principe de gouvernance.

Le contexte rend ce retard encore plus difficile à comprendre. En mars 2026, les révélations de la Cour des comptes sur les préjudices subis par l’État ont provoqué un véritable électrochoc. Des milliards d’ariary en jeu, des irrégularités de gestion. Dans ce contexte, une loi sur l’accès à l’information aurait pu constituer une réponse institutionnelle forte. Elle aurait envoyé un signal clair selon lequel, après les scandales, davantage de lumière devait être faite sur la gestion publique. C’est pourtant le contraire qui se dessine. Le texte reste à quai. Difficile, dès lors, d’écarter complètement l’hypothèse d’un manque d’empressement politique. Car une législation réellement contraignante sur l’accès aux documents publics obligerait l’administration à davantage d’ouverture. Elle donnerait aussi aux journalistes, aux chercheurs, aux organisations de la société civile et aux simples citoyens des moyens supplémentaires pour demander des comptes.

Pendant ce temps, l’Assemblée nationale avance sur d’autres textes. Aujourd’hui, sauf changement de programme, les députés doivent notamment examiner en commissions le projet de loi relatif à l’utilisation sûre, sécurisée et pacifique des technologies nucléaires à Madagascar, le projet de loi sur les communications électroniques et les infrastructures numériques, ainsi que la refonte de la loi sur la lutte contre la cybercriminalité. Demain, les commissions devraient se pencher sur la ratification de la Convention des Nations unies contre la cybercriminalité, dite « Convention de Hanoï ».

Rija R

Haute Cour Constitutionnelle : La loi sur la langue malagasy bloquée en entier

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Les initiateurs de la loi sur la langue malagasy voulaient sans doute faire du plaise-majesté (par opposition à lèse-majesté).
Les initiateurs de la loi sur la langue malagasy voulaient sans doute faire du plaise-majesté (par opposition à lèse-majesté).

La HCC a fait avaler sa langue à l’initiateur de la loi n°2026-005, qui n’est pas passée comme une lettre à la poste à Ambohidahy.

Un mois

La HCC a rendu sa décision concernant la loi sur la politique de l’usage de la langue malagasy et les droits sur la langue à Madagascar, le 21 août 2026. En somme, un mois exactement, presque jour pour jour, après la lettre de saisine du PRRM, qui a été reçue et enregistrée au greffe de la haute juridiction le 20 juillet dernier. « La saisine introduite par le président de la Refondation de la République, régulière en la forme, est recevable », selon le juge constitutionnel, en utilisant comme d’habitude la langue de l’ancienne mère patrie, qui est officiellement en usage en même temps que le « tenin-dreny ».

Libre choix

« Les langues officielles sont le malagasy et le français », d’après l’article 4 in fine de la Constitution de la Quatrième République, qui reste et demeure en vigueur en l’état actuel de la loi fondamentale, laquelle n’est pas près de devenir caduque, à l’allure où va ou ne va pas (c’est selon) le « fanavaozana ». En sa qualité de gardienne de la Constitution, la HCC continue alors de se baser sur l’article cité ci-dessus pour spécifier que « cette disposition ne met aucune différenciation entre la langue malagasy et le français et autorise un libre choix entre les deux langues pour l’enseignement et les pratiques officielles à Madagascar ».

Obligation

Ceci expliquant cela, la HCC censure une dizaine d’articles qui « imposent une obligation d’utilisation de la langue malagasy dans l’enseignement, les formations et dans les relations entre citoyens, ainsi que les communications étatiques ». Il est écrit noir sur blanc dans la décision du 21 août 2026 « qu’une telle obligation va en contradiction manifeste avec le libre choix posé par l’article 4 de la Constitution ; qu’il convient de les déclarer non conformes à la Constitution ».

Sanctions

L’article 28 est également déclaré « en contradiction avec la loi fondamentale » en ce qu’il impose l’application de sanctions administratives ou disciplinaires prévues par les différentes structures d’autorité en cas de non-respect d’un seul des articles de la loi n°2026-005, qui se trouve ainsi dépourvue de sa substance. « Considérant que les articles susvisés constituent l’essence même du texte, que les extirper reviendrait à vider le texte de son sens et de son objet ; qu’il convient dès lors de déclarer la loi déférée non conforme à la Constitution ». La HCC décide que « la loi n°2026-005 sur la politique de l’usage de la langue malagasy et les droits sur la langue à Madagascar est déclarée non conforme à la Constitution ». Cette décision sera notifiée au PRRM, qui prône la malgachisation ; au Premier ministre, dont le gouvernement a fait passer la loi ; et au président de l’Assemblée nationale, qui l’a soumise au vote des députés le 1er août 2026. En attendant l’adoption, par voie référendaire, d’une nouvelle Constitution, ils n’ont qu’à tenir et retenir leur… langue.

R.O

PRRM : Interdiction de dissoudre l’Assemblée nationale

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Les pouvoirs du PRRM sont délimités par la décision de la HCC en date du 14 octobre 2025, qui l’a fait Roi.
Les pouvoirs du PRRM sont délimités par la décision de la HCC en date du 14 octobre 2025, qui l’a fait Roi.

Jurisprudence

« La requête du parti politique « Kintana », représenté par son secrétaire général, Monsieur Ralainirina Marcel, aux fins de constat de blocage institutionnel et de recommandation au Président de la Refondation de la République de procéder à la dissolution de l’Assemblée nationale, est déclarée irrecevable ». C’est la teneur de l’article premier de la décision rendue hier par la HCC, qui a repris sa jurisprudence en la matière. En l’occurrence, la décision du 14 octobre 2025, qui a spécifié que « pendant la période allant de la constatation de la vacance à l’investiture du nouveau président de la République, il ne peut être fait application des articles 60, 100, 103, 162 et 163 de la Constitution ».

Disposition

Cela a été repris dans la décision du 06 novembre 2025 concernant des requêtes en interprétation de l’article 4 de la décision du 14 octobre 2025. « Que, de cette disposition, il est fait interdiction à l’autorité qui supplée le président de la République de dissoudre les institutions et organes prévus par la Constitution ». Le juge constitutionnel a déclaré irrecevable la demande du parti Kintana, qui « ne figure pas parmi les autorités et organes constitutionnellement habilités à saisir directement la HCC par voie d’action ; que la seule qualité de parti politique constitué et reconnu administrativement compétent ne confère pas à son représentant la qualité pour saisir directement la HCC ». Même si « la saisine a été introduite par une personne morale dépourvue de qualité pour agir directement devant la HCC », cette dernière a saisi l’occasion pour réitérer que le PRRM n’a pas le pouvoir de dissolution de la Chambre basse.

R.O

Ambatofinandrahana : L’économie locale fragilisée par la crise du marché de l’orge

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Fenonantenaina Honoré Patrick, maire de la commune rurale d’Anjoma Nandihizana
Fenonantenaina Honoré Patrick, maire de la commune rurale d’Anjoma Nandihizana

Filière incontournable du développement socioéconomique de la région Amoron’i Mania, la culture de l’orge est en ce moment gravement menacée.

Depuis cette année, les producteurs constatent une baisse importante des bénéfices tirés de leur activité, alors même que les coûts nécessaires à la production et à l’entretien des cultures augmentent.

Source majeure de revenus

Une sombre perspective pour les nombreux ménages qui vivent, pourtant, depuis longtemps de cette filière. À Ambatofinandrahana, par exemple, la culture de l’orge ne représente pas seulement une activité agricole parmi d’autres. Elle constitue, avant tout, une source majeure de revenus, notamment pendant la période de contre-saison. Les recettes tirées de cette production permettent de subvenir aux dépenses quotidiennes, mais aussi de préparer la prochaine campagne agricole, notamment la riziculture, de financer la scolarité des enfants et d’investir dans les moyens nécessaires à l’exploitation, comme l’élevage ou l’achat de matériel. Au fil des années, le développement de cette culture a ainsi contribué à améliorer progressivement les conditions de vie de certains ménages ruraux. L’augmentation du pouvoir d’achat a permis à plusieurs familles de mieux répondre à leurs besoins et, pour certaines, d’investir davantage dans l’éducation de leurs enfants.

Fiscalité prohibitive

Mais cet équilibre est aujourd’hui fragilisé par les difficultés que connaît le marché de l’orge. Depuis cette année, les producteurs constatent une baisse importante des bénéfices tirés de leur activité, alors même que les coûts nécessaires à la production et à l’entretien des cultures augmentent. La pression sur les revenus des exploitations devient ainsi de plus en plus forte. Pour Fenonantenaina Honoré Patrick, maire de la commune rurale d’Anjoma Nandihizana, dans le district de Manandriana, les conséquences de cette situation ne se limitent pas aux producteurs d’orge. C’est l’ensemble de l տնտես locale qui risque d’en subir les effets. Il désigne notamment une fiscalité prohibitive comme étant l’une des origines de ce problème. Selon lui, la hausse des droits d’accise appliqués à la société STAR a eu des répercussions sur le marché de l’orge et, par conséquent, sur les producteurs. « La dégradation des revenus des producteurs affecte directement leurs conditions de vie et pourrait, à terme, peser sur l’activité économique de la commune », précise le maire. Cette crise de la filière orge constitue aussi une menace pour les recettes locales. En effet, la fragilisation de la filière pourrait également avoir des conséquences sur les capacités financières des collectivités locales, qui pourraient être privées des ristournes qui constituent pourtant, pour elles, une source importante de revenus. Ainsi, les collectivités territoriales décentralisées ne pourraient plus financer les infrastructures et les différentes actions de développement local.

 Situation dramatique

Pour les agriculteurs, l’enjeu touche directement la capacité des familles à maintenir leurs conditions de vie et à préparer les prochaines saisons agricoles. Randrianantenaina Solondraibe Jean, producteur d’orge à Ambatofinandrahana, redoute la situation dramatique que pourraient vivre les acteurs de la filière, qui avaient pourtant connu une belle époque avant cette menace actuelle. « Avant, l’amélioration des revenus a permis à des familles d’accroître leur pouvoir d’achat et de mieux prendre en charge la scolarité de leurs enfants », rappelle-t-il, en regrettant que « cette évolution est aujourd’hui remise en question par la perspective d’une diminution des surfaces consacrées à l’orge ». Les producteurs redoutent en particulier les conséquences d’une réduction des superficies cultivées sur les revenus des ménages. Ils demandent que les difficultés auxquelles ils sont confrontés soient examinées avec une attention particulière, afin d’éviter que la contraction de cette activité ne fragilise davantage les familles rurales.

R.Edmond.

Filière cacao : Michel Arrion en visite à Madagascar

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Une étape importante dans le renforcement de la coopération entre Madagascar et l’Organisation internationale du cacao (ICCO). Michel Arrion, directeur exécutif de cet organisme international, est actuellement en visite officielle au pays. Cette visite, qui confirme la place croissante qu’occupe Madagascar dans les discussions internationales sur l’avenir du cacao, sera notamment marquée par la signature de l’Accord international sur le cacao 2026. Notons que Madagascar assure la vice-présidence de l’ICCO et s’est récemment mobilisé, notamment à Bruxelles, pour porter les préoccupations des pays producteurs face à la baisse des cours internationaux.

R.Edmond.

Meurtre de Stéphanie et Haingotiana : Plusieurs personnes arrêtées

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Plusieurs personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Stéphanie et Haingotiana, dont les corps ont été découverts à Ambohimanga Rova. Selon des sources, plus de deux individus se trouvent actuellement entre les mains des forces de l’ordre. Les premières arrestations ont débuté lundi soir, soit environ 24 heures après la découverte des dépouilles des deux jeunes filles. Par ailleurs, plusieurs personnes ont été convoquées par les enquêteurs afin d’être entendues sur les circonstances de cette affaire. D’après les informations recueillies, les personnes interpellées seraient des proches des deux victimes. D’autres individus sont toujours recherchés par les forces de l’ordre dans le cadre des investigations. L’examen médical aurait également permis d’établir que Haingotiana, âgée de 17 ans, aurait été victime d’un viol avant d’être tuée. Stéphanie, de son côté, aurait subi des violences et aurait été blessée avant sa mort. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin de déterminer les circonstances exactes du drame, d’identifier toutes les personnes susceptibles d’y être impliquées et de procéder, le cas échéant, à de nouvelles interpellations.

Yv Sam

Relance économique : Fin des dépenses inutiles et des lourdeurs, imposée par Dr Ramiarison

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Rencontre du ministre Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison avec les agents du ministère de l’Économie et des Finances basés dans les régions Fitovinany, Vatovavy et Atsimo-Atsinanana.
Rencontre du ministre Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison avec les agents du ministère de l’Économie et des Finances basés dans les régions Fitovinany, Vatovavy et Atsimo-Atsinanana.

Face aux agents du ministère de l’Économie et des Finances dans le Sud-Est, le ministre Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison a fixé les priorités : l’administration financière doit devenir un véritable levier de relance économique et améliorer concrètement les services rendus aux usagers.

Un ministère au cœur de la relance. En marge de sa participation à l’ASIEF à Manakara, le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, a rencontré les agents du MEF des régions Fitovinany, Vatovavy et Atsimo-Atsinanana. Une rencontre sans détour, durant laquelle les difficultés des services déconcentrés ont été exposées, mais qui a surtout permis au ministre de rappeler la responsabilité du département dans la situation économique actuelle. Dépenses publiques à impact, lutte renforcée contre la fraude et la corruption, simplification administrative, fiscalité de proximité et soutien au secteur privé ont été longuement discutés durant cette rencontre. « Il faut voir les priorités », a insisté le ministre. En matière de finances publiques, chaque ariary dépensé doit produire un impact concret sur le développement économique et social. Il appelle ainsi à mettre fin aux dépenses inutiles et extravagantes, dans un contexte où les ressources restent limitées et où les besoins sont nombreux.

À résoudre

Sur le terrain, les agents ont justement dressé une longue liste de contraintes : bâtiments fortement dégradés, services contraints de louer ou d’emprunter des bureaux, matériels informatiques et roulants défaillants, mobilier de qualité insuffisante, manque d’effectifs et besoin de renforcement des compétences. À la Trésorerie générale de Manakara, seuls 13 agents opérationnels restent en poste après les départs à la retraite et les affectations, alors que la charge de travail augmente. Des bénévoles ont même été sollicités pour maintenir le rythme, leurs indemnités étant prises en charge par cotisation du trésorier général et du fondé de pouvoir. La réhabilitation des locaux devient également urgente. Selon les responsables, leur état expose notamment les retraités venus effectuer leurs démarches à des risques de malaise. D’autres services déconcentrés ont évoqué des pénuries de tickets et d’imprimés, ainsi que la nécessité d’augmenter les crédits du Programme d’investissement public pour renouveler les équipements. Le ministre a reconnu les besoins, tout en soulignant qu’ils devront être hiérarchisés et traités progressivement.

Hémorragie à stopper

Mais la feuille de route va au-delà des moyens matériels. Aux Impôts et aux Douanes, la lutte contre la fraude et la corruption devra s’intensifier. Madagascar perdrait près de 800 millions de dollars par an en recettes fiscales et douanières du fait de ces pratiques. Un infléchissement est toutefois constaté : en 2026, les recettes supplémentaires issues de cette lutte auraient doublé par rapport à l’année précédente. La digitalisation des procédures, destinée notamment à réduire les contacts humains et les risques de corruption, sera davantage déployée dans les régions. La fiscalité de proximité doit également gagner en lisibilité. Les enquêtes citées par le ministre montrent une population disposée à contribuer au développement, mais encore insuffisamment informée sur les montants, la destination des recettes et les différents impôts. Le civisme fiscal devrait ainsi être intégré aux programmes scolaires. Autre chantier : les lourdeurs administratives. Des manuels de procédures seront élaborés et une task force travaille déjà à leur réduction. Pour le ministre, ces lenteurs ont un coût économique réel. Même logique pour les infrastructures : leur insuffisance ferait perdre jusqu’à 2% du PIB, soit environ 320 millions de dollars par an. L’État affirme avoir réglé les impayés du Fonds d’entretien routier et veut désormais que les nouveaux dossiers soient traités en quinze jours maximum. Le cap fixé par le ministre Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé aux agents de son ministère consiste ainsi à mieux gérer les ressources publiques, à faciliter l’activité du secteur privé et à faire de l’administration un moteur, et non un frein, de la relance.

Antsa R.