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mercredi, octobre 14, 2026
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Tahina Razafinjoelina : « La politique n’est pas un service rendu à des individus »

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Tahina Razafinjoelina lors des échanges avec les étudiants de l’INSCAE aux 67 ha, samedi dernier.
Tahina Razafinjoelina lors des échanges avec les étudiants de l’INSCAE aux 67 ha, samedi dernier.

Invité à partager son expérience d’entrepreneur et d’acteur politique devant les étudiants de l’INSCAE aux 67 ha, samedi dernier, Tahina Razafinjoelina a livré un vibrant plaidoyer sur l’éthique de la gouvernance. Devant ses jeunes auditeurs, il a insisté sur la nécessité de refonder la pratique politique sur des bases saines et rigoureuses. « C’est un grand honneur pour moi d’avoir pu partager mon expérience et mes connaissances avec mes cadets et enfants, étudiants de l’INSCAE », a déclaré d’emblée Tahina Razafinjoelina. Axée sur le marketing politique, la rencontre a permis d’exposer sans fard les réalités, les épreuves et les convictions qui animent le parcours d’un dirigeant.

Pour le leader politique, l’exercice du pouvoir exige avant tout de la probité. « Un dirigeant doit avoir le courage de se lever pour faire ce qui est juste, de prendre des décisions fondées sur la loi et de veiller à ce que ses actes portent de bons fruits. La politique n’est pas un service rendu à des individus, mais le suivi d’une vision et des règles qui régissent un parti politique », a-t-il martelé. Battant en brèche la superficialité en politique, l’intervenant a rappelé que l’apparence extérieure ne saurait remplacer la compétence. « Ce n’est pas l’apparence qui doit être au cœur de la politique, mais le fait de posséder un projet clair et réalisable, ainsi que la capacité de le concrétiser. La vérité doit primer au sein de la société, ce qui se reflète par le respect strict de la loi », a-t-il ajouté. Abordant la cohésion au sein des formations politiques, Tahina Razafinjoelina a souligné que seuls l’idéal collectif et l’intérêt général cimentent durablement les rangs, loin des ambitions égoïstes. Enfin, armé de son profil d’entrepreneur, il a conclu sur une note d’optimisme pragmatique : face aux crises, qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’une nation, le découragement n’a pas sa place ; la quête permanente de solutions reste la seule boussole.

Julien R.

Assises militaires : Clôture de huit mois de discussions pour refonder l’Armée malgache

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« Ce ne sont pas des putschistes que nous formons à l’Académie, mais des hommes pétris d’amour pour la patrie, proches du peuple », a déclaré samedi le colonel Michaël Randiranirina.
« Ce ne sont pas des putschistes que nous formons à l’Académie, mais des hommes pétris d’amour pour la patrie, proches du peuple », a déclaré samedi le colonel Michaël Randiranirina.

Dans un contexte de refondation de la nation, l’armée malgache vient de clore huit mois intenses de remise en question.

C’est au Mining Business Center (MBC) d’Ivato que se sont achevées officiellement, samedi dernier, les assises militaires qui ont mobilisé les Forces armées durant huit mois. La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence du Président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, entouré de quatre conseillers supérieurs de la refondation, issus du corps des généraux. Ce grand rendez-vous a permis d’ausculter sans complaisance les failles et les défis qui entravent l’accomplissement des missions dévolues à l’armée malgache, tout en posant les jalons de stratégies novatrices pour blinder la défense nationale et sécuriser les citoyens.

Souveraineté nationale. Durant ces ateliers de réflexion, les Foloalindahy ont passé au crible l’ensemble des problématiques de terrain. Comme l’a souligné le Président de la Refondation lors de son allocution, la concrétisation des résolutions issues de ces travaux exige une réactivité exemplaire. « Vous avez examiné minutieusement l’état des lieux, cerné les difficultés fondamentales, débattu des solutions idoines et esquissé les structures de changement à instaurer pour disposer de forces armées aguerries, performantes et totalement dévouées à la souveraineté nationale et à la défense de la patrie », a-t-il souligné, tout en insistant sur la nécessité d’agir avec promptitude, abnégation et don de soi, car le peuple malgache place de grands espoirs en cette mue du secteur sécuritaire.

Neutralité politique. Le ministre des Forces armées, le général Maminirina Ely Razafitombo, a quant à lui rappelé l’impératif de neutralité politique de l’institution militaire, érigée en rempart de l’unité et du patriotisme. Dans le même élan, le colonel Michaël Randrianirina a fait écho à sa récente rencontre avec le président gabonais, actant la reprise de l’envoi d’élèves officiers gabonais à l’Académie militaire d’Antsirabe — une coopération interrompue par le passé en raison de clichés persistants. Face aux inquiétudes, le Président a rétorqué avec fermeté : « Ce ne sont pas des putschistes que nous formons à l’Académie, mais des hommes pétris d’amour pour la patrie, proches du peuple », une armée prête à se lever pour protéger les citoyens lorsque l’ordre constitutionnel et social est menacé.

Julien R.

SMMEC Vonjy : Soutien à la « Race cup 2026 »

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L’agence SMMEC Vonjy s’est engagée à soutenir la « Race Cup 2026 », qui s’est tenue samedi dernier à Imerintsiatosika. « Tout le monde s’accorde à dire que les deux-roues constituent l’un des moyens de transport les plus rapides. En tant que partenaire officiel de cette compétition, nous incitons les passionnés à participer aux courses et à offrir une véritable démonstration de pilotage uniquement dans des espaces sécurisés, comme le circuit d’Imerintsiatosika, et non sur la voie publique, afin d’éviter les accidents », a expliqué Hery Mamy Michel Nirina, directeur adjoint de l’agence, lors d’une conférence de presse la semaine dernière.

Crédits d’équipement. Des solutions financières adaptées ont également été mises en avant à cette occasion. « Nous proposons, entre autres, des crédits à la consommation ou d’équipement permettant aux passionnés de deux-roues d’acheter des pièces de rechange pour leurs réparations, voire d’acquérir une nouvelle moto. Nous exigeons seulement que l’emprunteur dispose de sources de revenus stables pour bénéficier de ces prêts », a-t-il poursuivi.

Compétition encadrée. S’exprimant sur la « Race Cup 2026 », Rado Randrianarison, fondateur de Rado Moto et organisateur de l’événement en partenariat avec MCM, a apporté des précisions : « Cette course de motos de grosse cylindrée vise à promouvoir le sport mécanique à Madagascar. Seuls les pilotes titulaires d’une licence et ayant satisfait à une visite médicale ainsi qu’à des tests psychotechniques et de conduite ont pu y participer. »

Navalona R.

Nécrologie du 26 septembre 2026

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Assises nationales du litchi : La filière face à 7 obstacles matériels

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Le président du GEL a exposé les particularités de la filière litchi lors de ces Assises nationales.
Le président du GEL a exposé les particularités de la filière litchi lors de ces Assises nationales.

L’ensemble des acteurs de la filière litchi s’est réuni pendant deux jours lors des Assises nationales du litchi organisées à Toamasina.

Les parties prenantes ont échangé sur la diversification des marchés afin de booster les exportations de Madagascar, premier exportateur mondial en détenant 35 % des parts de marché et 4e producteur mondial. « La Chine, le Canada, les États-Unis, l’Inde et d’autres destinations offrent de belles perspectives. Cependant, leur ouverture exige des démarches concrètes telles que la mise en place de protocoles phytosanitaires, des négociations interétatiques, des contrôles reconnus et une organisation commerciale fiable. Le gouvernement et les professionnels doivent mener ce travail ensemble. Avec nos clients, nous avons convenu de financer une campagne de marketing et de communication basée sur la création d’un label, à l’instar de celui de la vanille et du cacao malgaches, reconnu par les grandes enseignes internationales. Le litchi malgache se distingue par son goût particulier, d’où le choix du slogan « Le goût de l’île trésor » pour stimuler la consommation européenne à court terme », a expliqué Roland Ratsiraka, président du Groupement des exportateurs de litchi de Madagascar (GEL), lors de l’ouverture de l’événement.

Difficultés de rapatriement. Cependant, « ces ambitions se heurtent actuellement à des obstacles matériels très précis », a-t-il évoqué. Premièrement, les redevances aéroportuaires et le coût du fret pèsent lourdement sur les exportations aériennes. Deuxièmement, les infrastructures aéroportuaires à Toamasina et dans les régions productrices, pour accompagner le développement de la filière, sont insuffisantes. Troisièmement, les embouteillages et retards sur la RN2 détériorent la qualité d’un fruit hautement périssable. Une coordination opérationnelle s’impose entre transporteurs, autorités routières et gendarmerie. Quatrièmement, les ruptures de la chaîne du froid et la lenteur des procédures douanières à l’aéroport d’Ivato risqueraient de détruire, en quelques heures, la valeur créée durant des mois. Ensuite, la logistique au port de Toamasina, notamment en matière de capacité de stockage, de fluidité des opérations et de fiabilité des départs, est limitée. La concurrence régionale accrue de La Réunion et de l’île Maurice, qui cherchent également à conquérir des parts de marché, nécessite un renforcement de la compétitivité de la Grande Île, en amont comme en aval de la filière. Enfin, une solution s’impose face aux difficultés de rapatriement des devises lorsque des fruits arrivent dégradés, sont refusés ou restent impayés. Sur ce dernier point, le président du GEL a plaidé pour une approche pragmatique : « L’État doit pouvoir distinguer une opération commerciale réellement en difficulté d’un manquement volontaire. Nous proposons d’étudier des procédures de régularisation documentées et réalistes, tout en travaillant avec les acheteurs sur une meilleure commercialisation, des contrats plus sûrs et une gestion plus rapide des litiges. »

Nouveaux membres. Depuis l’installation du nouveau bureau du GEL, plusieurs avancées majeures ont été enregistrées. On peut citer, entre autres, la levée de l’interdiction d’exporter les litchis primeurs, le rétablissement de l’équité dans l’attribution des quotas, la fin du blocage des exportations vers les autres marchés et l’augmentation du nombre de chargeurs.

De plus, la filière s’ouvre de nouveau à d’autres opérateurs. Le groupement a ainsi enregistré l’adhésion de deux nouveaux membres respectant le cahier des charges : disposer d’une station de traitement adaptée, assurer la traçabilité des produits, respecter les normes, honorer ses engagements envers les producteurs.

Résultats positifs. Par ailleurs, Roland Ratsiraka a annoncé que les résultats de l’audit mené cette semaine par les experts de l’Union européenne sur le contrôle sanitaire et phytosanitaire des exportations agricoles de Madagascar sont positifs. Les membres ont su démontrer que le litchi respecte rigoureusement les normes européennes, positionnant la filière comme un modèle pour les autres produits d’exportation. « À l’issue de ces Assises nationales, une Déclaration de Toamasina, faisant office de plan d’action pour les années à venir, sera adoptée. Je remercie Madame la ministre du Commerce et de la Consommation ainsi que l’ensemble de nos partenaires pour leur présence et leur engagement », a conclu le président du GEL.

Recueillis par Navalona R.

Menabe Antimena : Deux hommes interpellés pour avoir chassé des lémuriens

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Deux hommes ont été interpellés le 23 septembre 2026 à l’intérieur de la forêt protégée de Menabe Antimena, alors qu’ils se trouvaient dans le « noyau dur », une partie strictement interdite d’accès. Ils sont soupçonnés d’y être entrés clandestinement pour chasser des sifaka, des lémuriens appartenant à des espèces protégées. L’interpellation a été effectuée lors d’une opération de patrouille menée conjointement par des éléments de la Circonscription régionale des Forces d’intervention de la Police (CRFIP) de Menabe et des agents de la Direction régionale de l’Environnement et du Développement durable (DREDD). Les deux hommes auraient ainsi pénétré sans autorisation dans cette zone réglementée pour se livrer à la chasse de ces animaux protégés, dont la capture et la chasse sont interdites. Leur présence dans le noyau dur a été découverte au cours de la patrouille effectuée par les équipes de contrôle. Après leur interpellation, ils ont été conduits au commissariat de la Sécurité publique (CSP) de Belo-sur-Tsiribihina. Ils y sont maintenus pour les besoins de l’enquête avant leur présentation devant la justice. Cette opération illustre également la surveillance menée dans la zone protégée de Menabe Antimena, notamment pour lutter contre les atteintes à la faune et aux espèces protégées.

T.M.

Andramasina : Un motard retrouvé mort au fond d’un ravin

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Le corps sans vie d’un père de famille, porté disparu depuis mercredi dernier, a été retrouvé hier au fond d’un ravin à Andrefan’i Mandrosoa, dans le district d’Andramasina. Des piétons auraient alerté les autorités après avoir découvert le cadavre. L’homme se trouvait à proximité de sa moto, avec les effets personnels qu’il transportait au moment de sa disparition. Selon les informations recueillies, le père de famille avait quitté Antananarivo mercredi. Resté introuvable depuis, il faisait l’objet d’un avis de recherche lancé par sa famille. Les circonstances exactes de sa mort restent, pour l’heure, à déterminer. Selon les premières constatations, l’hypothèse d’une chute dans le ravin n’est pas à écarter. Une enquête doit toutefois permettre d’établir les circonstances précises du drame. Cette affaire intervient dans un contexte où plusieurs disparitions, suivies de la découverte de personnes décédées, suscitent l’inquiétude. Les circonstances de chaque cas doivent néanmoins être établies par les investigations avant de tirer des conclusions.

D.R

65e anniversaire de la Police nationale : Le ministre Erick Michel fixe le cap de la proximité

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La Police nationale a ouvert, jeudi 24 septembre, les célébrations de son 65e anniversaire par un office religieux interconfessionnel à la cathédrale de l’Immaculée-Conception d’Andohalo. Une cérémonie placée sous le signe du bilan de 65 années de service, mais aussi de la prière pour les missions quotidiennes de la Police et pour le pays. Présidée en présence de hauts responsables, de représentants de différents ministères et services publics ainsi que de personnalités civiles et militaires, cette cérémonie a marqué le début des festivités du 65e anniversaire de la Police nationale.

Cap sur la proximité. Dans son intervention, le ministre de la Sécurité publique, inspecteur général de police Erick Michel, a souligné l’évolution de la Police nationale au cours de ses 65 années d’existence. Il a surtout insisté sur l’orientation à donner à l’institution face aux exigences actuelles en matière de sécurité. Le rapprochement avec la population constitue ainsi l’un des axes mis en avant par le ministre. La Police nationale entend renforcer sa présence auprès des citoyens, notamment à travers la protection et l’assistance aux populations. Une approche qui place le service à la population au cœur de l’action policière. Pour Erick Michel, les différentes missions accomplies par la Police nationale doivent converger vers un même objectif : contribuer à l’instauration d’une paix durable à Madagascar. Cette orientation implique une Police appelée à rester au plus près de la population et à répondre aux besoins de sécurité sur le terrain. Le cœur des célébrations est prévu le 30 septembre prochain. Plusieurs activités sont programmées à cette occasion pour marquer cet anniversaire et poursuivre la commémoration des 65 années d’existence de la Police nationale.

T.M

Cybercriminalité : 49 prisonniers chinois transférés dans leur pays

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Après une première opération lancée le 8 septembre, une deuxième vague de ressortissants chinois condamnés par la justice malgache pour des infractions liées à la cybercriminalité a été transférée en Chine. Quarante-neuf détenus ont quitté Madagascar dans la nuit du 23 au 24 septembre. Nouvelle étape dans le transfert de détenus chinois condamnés à Madagascar. Une deuxième vague, composée de 49 personnes, dont 44 hommes et 5 femmes, a été transférée vers la Chine le 24 septembre. L’avion transportant les détenus a décollé de Madagascar aux alentours de 2h30 du matin, à destination de la Chine. Ces ressortissants chinois pourront ainsi poursuivre et achever l’exécution du reliquat de leurs peines dans des établissements pénitentiaires chinois, sous des mesures de sécurité strictes et dans le cadre du suivi judiciaire prévu.

Des peines maintenues

Les autorités précisent que ce transfert ne constitue ni une annulation ni une réduction des peines prononcées. Les personnes concernées ont déjà été condamnées par les juridictions malgaches. Les décisions judiciaires rendues restent donc applicables et les peines doivent continuer à être exécutées. Cette opération intervient dans le cadre du renforcement de la coopération judiciaire entre Madagascar et la République populaire de Chine, permettant aux personnes condamnées de poursuivre l’exécution de leur peine dans leur pays d’origine. Au-delà de l’exécution des décisions judiciaires, le transfert des détenus vers la Chine pourrait également contribuer à alléger la pression exercée sur les établissements pénitentiaires malgaches, tout en maintenant le principe de l’exécution effective des condamnations.

D’autres transferts prévus

L’opération du 24 septembre constitue la deuxième vague de transferts après celle entamée le 8 septembre dernier. D’autres opérations sont encore prévues dans le cadre de la coopération entre les autorités malgaches et chinoises, conformément aux lois et accords en vigueur. À travers ce dispositif, les autorités entendent également rappeler que les personnes condamnées pour des infractions commises à Madagascar restent soumises aux décisions de la justice, même lorsque leur pays d’origine prend en charge la poursuite de l’exécution de leur peine. Au total, cette deuxième opération marque une nouvelle étape dans le processus de transfert des détenus chinois condamnés à Madagascar pour des faits liés à la cybercriminalité.

Yv Sam

Énergie à Madagascar : L’urgence d’une vision humaine

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Madagascar ne fait pas uniquement face à des coupures d’électricité. Pour Ndriantsoa Rahasimbola, président fondateur de l’association TSO-RAY MANAVO, la situation révèle une crise énergétique structurelle, qui appelle une réponse durable, fondée sur ses conséquences humaines. La dépendance aux carburants importés, les tensions géopolitiques et les incertitudes liées, notamment, au détroit d’Ormuz et à Moscou peuvent accentuer la fragilité du système énergétique malgache. Derrière les chiffres se trouvent des familles confrontées aux difficultés d’éclairage, des écoles perturbées et des centres de santé dont le fonctionnement peut être affecté. L’accès à l’énergie conditionne directement la santé, l’éducation et les revenus. Dans cette perspective, un faible indice de développement humain (IDH) doit être considéré comme un signal d’alerte et non comme une fatalité.

Un enjeu de dignité

Ndriantsoa Rahasimbola s’appuie notamment sur les travaux de l’économiste Thomas Piketty sur les inégalités et le rôle des choix politiques. Il défend une société malgache « plus juste, résiliente et solidaire », dans laquelle la sagesse ancestrale, l’ancrage culturel, la foi et la solidarité pourraient contribuer à mieux anticiper les crises. Pour lui, l’énergie ne doit pas être considérée comme un simple produit ou un luxe, mais comme un levier du développement humain et une condition essentielle de la dignité.

Face à cette situation, TSO-RAY MANAVO avance cinq propositions. La première est la création d’un Bureau indépendant pour la protection et la garantie des consommateurs (BIPGC), destiné à défendre les intérêts des consommateurs et à favoriser le règlement des différends. La deuxième porte sur une stratégie nationale de stockage diversifiée, afin de mieux anticiper les perturbations d’approvisionnement et de réduire l’exposition aux tensions géopolitiques. L’association préconise également une protection renforcée des populations vulnérables, avec une tarification sociale, la continuité énergétique des hôpitaux, des écoles et des services de secours, ainsi qu’un mécanisme d’indemnisation automatique en cas de préjudice. Elle propose aussi la publication régulière d’indicateurs liés aux ODD 7, 10 et 16, ainsi qu’à l’IDH, pour mesurer les progrès accomplis. Enfin, elle appelle à la mise en place d’un pacte énergétique national réunissant institutions publiques, société civile et partenaires techniques et financiers.

m.L