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jeudi, octobre 15, 2026
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Radoniaina Rakotoranto : « La vraie souveraineté, c’est savoir dire non quand on ne maîtrise pas le risque »

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Le jeune économiste et environnementaliste Radoniaina Rakotoranto.
Le jeune économiste et environnementaliste Radoniaina Rakotoranto.

Madagascar s’égare dans un faux débat entre protection et exploitation minière. Pour l’économiste et environnementaliste Radoniaina Rakotoranto, l’urgence est de bâtir une gouvernance forte pour transformer la ressource en richesse durable.

Midi Madagasikara (M.M.) : Comment analysez-vous le débat actuel sur l’exploitation minière ?

Radoniaina Rakotoranto (R.R.) : Le débat est aujourd’hui confisqué par le politique et l’émotion, au détriment de l’analyse technique. Dès qu’un investisseur étranger se manifeste, on agite les mêmes réflexes : vente de la patrie, bradage, trahison. La défense de la souveraineté et de l’environnement est légitime. Mais elle bascule trop souvent en discours nationaliste et xénophobe, qui empêche de juger le fond : qualité du contrat, partage de la rente, impacts environnementaux et capacité réelle de l’État à contrôler. C’est là que se joue l’enjeu politique majeur. Notre histoire récente montre que la question des ressources, quand elle est instrumentalisée, devient un facteur d’instabilité. Or Madagascar a des experts compétents – droit minier, géologie, économie de l’environnement, études d’impact – qui se taisent par peur d’être traités de « mpivarotra tanindrazana ». Il faut rouvrir un espace où l’on peut défendre une exploitation sous conditions sans être un traître, et s’y opposer sans être un ennemi du développement.

M.M. : La radioactivité évoquée autour de Base Toliara doit-elle, par exemple, conduire au rejet du projet minier ?

R.R. : C’est un risque et un impact potentiel sur la santé publique qu’on ne doit jamais minimiser. Mais, techniquement, il faut distinguer l’existence d’un risque ou d’un impact et sa maîtrise. Quel niveau d’exposition ? Quelles populations sont concernées ? Quelles normes ? Qui contrôle les données ? Qui assume les conséquences en cas de fuite ? La question n’est donc pas seulement : y a-t-il un risque ou un impact ? Mais sommes-nous réellement capables de les maîtriser ? Si, après une expertise indépendante, la réponse est non, l’État doit avoir la force politique de dire non. C’est cela, la souveraineté : ne pas refuser par principe, mais savoir refuser lorsque cela est réellement nécessaire.

M.M. : Où placer, alors, le vrai débat ?

R.R. : Sur le coût d’opportunité et sur l’usage de la rente. Que gagne-t-on avec le statu quo sans exploitation ? Et la mine est-elle le meilleur usage de ce territoire face à d’autres usages économiques : agriculture, tourisme, pêche ou conservation ? Un projet ne se compare pas à rien, il se compare à d’autres trajectoires de développement durable. Ensuite, la question la plus politique : que fait l’État de la rente ? Même avec un bon contrat, si les recettes financent des dépenses courantes, la population n’en verra pas la couleur. L’enjeu est de transformer un capital naturel épuisable en capital durable : capital humain – éducation, santé, formation – et capital productif – routes, énergie, irrigation, numérique. C’est à cette condition que l’exploitation minière pourra contribuer à réduire notre dépendance extérieure et à amorcer véritablement le processus de développement de Madagascar.

M.M. : Quelle est la dimension géopolitique ?

R.R. : Elle est devenue centrale. Dans un monde de rivalités pour les ressources stratégiques, Madagascar ne doit pas rester un simple territoire d’extraction. Notre souveraineté ne se mesurera pas au nombre d’investisseurs refusés, mais à notre capacité à négocier, à maximiser la valeur créée localement, à former des compétences et à diversifier nos partenaires. Cela suppose trois conditions politiques : transparence totale sur les contrats et les revenus, institutions solides et contrôle indépendant, et une vision de long terme qui échappe à la myopie électorale. Sinon, on reproduit le cycle malgache : on renverse un pouvoir au nom du peuple, on brade ou on bloque, et on rate la transformation. Il faut sortir du faux dilemme : exploiter contre protéger. La vraie question est : avons-nous une gouvernance capable de convertir notre patrimoine collectif en développement pour aujourd’hui et pour les générations futures ?

Recueillis par Julien R.

Processus électoral : L’Union africaine soutient les concertations

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Une délégation de l’Union africaine (UA) a été reçue hier, à Tsimbazaza, par le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko. Au cœur des échanges : l’avancement des réformes institutionnelles et les préparatifs des prochaines échéances électorales dans la Grande île. L’organisation continentale a salué la dynamique de concertation inclusive menée à Madagascar. Réunissant la société civile, la classe politique, la jeunesse, les femmes ainsi que les anciens chefs d’État, cette démarche vise à bâtir un consensus solide. L’objectif affiché reste l’organisation d’un scrutin transparent, crédible et accepté par tous, afin d’éviter les crises post-électorales. Parmi les chantiers prioritaires, la nécessité d’une nouvelle Constitution et l’établissement d’une liste électorale fiable ont été soulignés. Ces listes devront être consultables au niveau des fokontany pour garantir une totale transparence. Concernant la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Siteny Randrianasoloniaiko, président de l’Assemblée nationale, a insisté sur l’importance d’y intégrer des représentants de l’opposition et des candidats afin de rassurer l’ensemble des acteurs. Cette rencontre confirme l’engagement continu des partenaires africains aux côtés des institutions malgaches.

Julien R.

Assemblée nationale : Test grandeur nature pour la nouvelle majorité

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Des députés caméléons qui se sont mués en vert sans être des écologistes.
Des députés caméléons qui se sont mués en vert sans être des écologistes.

Deux semaines après la clôture, le 4 septembre 2026, de la première session extraordinaire de l’Assemblée nationale, les députés se réunissent pour une seconde session extraordinaire qui constitue un test grandeur nature pour la nouvelle majorité présidentielle, pour ne pas dire parlementaire.

Ordre du jour

L’ouverture de ce moment de vérité, notamment pour les « mpamadika palitao », est prévue ce jour à 11 heures à l’hémicycle de Tsimbazaza, pour prendre fin d’ici 12 jours, délai maximal fixé par la Constitution pour la durée d’une session extraordinaire. Toutefois, un décret de clôture intervient dès que l’Assemblée nationale a épuisé l’ordre du jour pour lequel elle a été convoquée, quoique cette éventualité s’avère peu probable compte tenu du volume de textes de loi déposés sur le bureau du président de la Chambre basse.

Intersession

La clôture de la seconde session extraordinaire aura donc lieu au plus tard le lundi 28 septembre 2026. C’est-à-dire trois semaines avant la seconde session ordinaire consacrée principalement à l’adoption de la loi de Finances 2027, qui débutera le 20 octobre de cette année. En somme, l’intersession durera moins d’un mois pour les députés, qui auront à peine le temps de faire l’aller-retour dans leurs circonscriptions respectives, du moins pour ceux qui ont été élus dans des districts éloignés et/ou enclavés, difficilement accessibles par la route et non desservis par les liaisons aériennes. Avec la saison des pluies qui commence en novembre, voire plus tôt à cause des changements climatiques, bon nombre de députés préfèrent ou sont contraints de rester dans la capitale jusqu’à la tenue de la seconde session ordinaire, qui durera 60 jours.

VFM

En attendant la grande rentrée parlementaire du mardi 20 octobre 2026, les édiles de la représentation nationale sont réunis à partir de ce jour en seconde session extraordinaire, dont l’ordre du jour est déterminé. Outre les 15 projets de loi prévus, ce sera la première session pour les membres du « Vovonan’ny Fihavaozana an’i Madagasikara » (VFM), composé essentiellement d’élus IRMAR qui ont changé de couleur. Des députés caméléons passant de l’orange, au nom duquel ils ont été élus pour la présente législature, au vert, dans l’espoir d’être réélus dans la prochaine mandature de la Vème République. Selon l’Avis en date du 16 décembre de la Haute Cour constitutionnelle, « sont considérés comme politiquement malhonnêtes les députés faisant montre d’ingratitude qui sont candidats et élus au nom d’un parti politique ou groupe de partis politiques qui, durant leur mandat, les quittent pour adhérer à d’autres partis ou groupe au sein de l’Assemblée nationale ».

Déchéance

Le juge constitutionnel nuance toutefois que « le député originellement indépendant n’est pas concerné par cette interdiction ». Celle posée par l’article 72 de la Constitution, qui dispose que « durant son mandat, le député ne peut, sous peine de déchéance, changer de groupe politique pour adhérer à un nouveau groupe autre que celui au nom duquel il s’est fait élire ». Des dispositions reprises par la loi relative aux partis politiques, qui énonce en son article 25 que : « sous peine de déchéance, tout titulaire d’un mandat public ne peut changer de parti autre que celui au nom duquel il s’est fait élire durant son mandat. Le député indépendant élu sans appartenance à un parti peut adhérer au groupe parlementaire de son choix au sein de l’Assemblée nationale ».

Versatilités

D’après l’Avis de la HCC, « l’esprit et l’objet de ces deux articles, l’un constitutionnel et l’autre législatif, sont d’imposer une moralité et une éthique dans la vie politique du pays, en sanctionnant de déchéance les errances des élus à l’Assemblée nationale, versatilités causées par des intérêts politiques ou personnels ». Le même Avis considère que « la Constitution de la IVe République, mettant en place un régime politique d’inspiration parlementaire, a prévu l’existence d’une majorité parlementaire qui ne saurait être confondue avec la majorité présidentielle. Que la formation d’une plateforme pour la majorité présidentielle est, par conséquent, une considération politique d’alliance au sein de l’Assemblée nationale, non prévue par la Constitution ; que la Haute Cour constitutionnelle ne peut y donner son avis ». On est en droit de demander si le VFM se considère comme une majorité parlementaire ou une majorité présidentielle. Une question pour un champion du retournement de veste.

R.O

Cc Esca : Aux bons souvenirs de Voanio et Vola sy Noro

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Le groupe Ny Voanio, version 2026, garde le même peps que leurs parents fondateurs. (crédit photo : Ny Voanio)
Le groupe Ny Voanio, version 2026, garde le même peps que leurs parents fondateurs. (crédit photo : Ny Voanio)

Dimanche à 14h30, les nostalgiques retrouveront « Tafaray samy tia », un concert rassemblant « Vola sy Noro » et « Voanio » au Cc Esca Antanimena. Christian Ratovona, de l’équipe organisatrice de l’évènement, explique : « En fait, ce sont les enfants des artistes originelles qui vont chanter. Du vivant de ces fondatrices, ils ont déjà accompagné leurs parents sur scène. » Les puristes n’auront donc pas de mauvaises surprises, puisque même au niveau des musiciens, tout ou presque est maintenu comme au tout début. « Parmi les musiciens, il y aura Eric Rakotoary, Titi, Gérard… », ajoute-t-il. Tout comme dans les interprétations de « Je ne peux pas t’oublier » et « Anjavidy ». « Ce sera joué comme à l’original », conclut Christian Ratovona. En tout, le spectacle durera trois heures : chaque groupe aura une heure et demie. Pour parfaire le tout, les deux formations se rassembleront pour interpréter un titre où ils échangent des chansons.

Maminirina Rado

Fidab 2027 : Appel à film lancé

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Le Festival international de documentaire africain de Bamako (FIDAB) prépare sa prochaine édition et lance officiellement son appel à projets pour sa Résidence d’écriture documentaire. Prévue du 8 au 14 janvier 2027 dans la capitale malienne, cette initiative offre un tremplin stratégique aux créateurs du continent et de sa diaspora. Pendant sept jours d’immersion intensive, les auteurs et autrices sélectionnés bénéficieront de l’expertise de mentors internationaux. L’objectif : affiner leur regard, structurer leur narration et consolider l’intégralité de leur dossier de production afin d’affronter le marché international. Au-delà de l’apprentissage technique, cette semaine d’ateliers constitue une porte d’entrée privilégiée au sein d’un réseau professionnel africain et mondial.

Les candidats éligibles doivent être des cinéastes africains ou issus de la diaspora, travaillant actuellement sur un projet de long métrage documentaire en phase de développement ou de pré-production. Les porteurs de projet ont jusqu’au 15 octobre 2026 pour transmettre leur dossier complet au format PDF à l’adresse électronique residence@fidab.org.

Zo Toniaina

Traversée maritime : L’équipage de Bill Taylor dérive près des côtes malgaches

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En 2020, l’équipage de Bill Taylor a traversé l’océan Atlantique. (crédit photo : www.atlanticdash.com)
En 2020, l’équipage de Bill Taylor a traversé l’océan Atlantique. (crédit photo : www.atlanticdash.com)

Une aventure qui finit dans la dernière ligne droite pour l’aventurier et ancien pompier britannique Bill Taylor et son équipage de rameurs de l’extrême. Parti des côtes australiennes avec l’ambition de boucler une traversée historique de 8 800 kilomètres, depuis l’Australie jusqu’en Afrique, à la force des bras, le collectif a vu son rêve s’effondrer mardi, au large de la côte est de Madagascar. Ce périple titanesque visait un double exploit : repousser les limites de la résistance humaine tout en récoltant près de 500 000 livres sterling pour la recherche contre la maladie d’Alzheimer précoce et le soutien à la santé mentale des vétérans. Ne comptant que sur la force de leurs rames et fonctionnant par roulements ininterrompus de deux heures de rame et deux heures de repos, les marins ont franchi la quasi-totalité du bassin océanique. Alors qu’ils touchaient presque au but après plus de 7 000 kilomètres parcourus dans l’océan Indien, la météo capricieuse au large du littoral oriental et les courants puissants longeant la Grande île ont eu raison de leur embarcation. Pris dans une mer démontée et confrontés à une avarie matérielle critique mettant en péril leur survie, les rameurs ont dû déclencher leur balise de détresse satellite. Coordonnée en urgence par les centres de secours maritimes régionaux, l’opération de sauvetage a permis de récupérer l’équipage sain et sauf. Si l’expédition s’arrête prématurément, le courage des aventuriers et la solidarité des marins au large de Madagascar resteront, eux, bien gravés dans les mémoires.

Recueillis par Maminirina Rado

Fibata, le virage musical de Tefi et Bob Tobias

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Tefi et Bob Tobias, alias Liva Arimontana et Ernest Kabosy, ont dévoilé Fibata en avant-première à l’Orange Digital Center d’Analakely.
Tefi et Bob Tobias, alias Liva Arimontana et Ernest Kabosy, ont dévoilé Fibata en avant-première à l’Orange Digital Center d’Analakely.

Ils l’ont annoncé il y a peu sur leurs réseaux sociaux : le jour J arrive enfin. 

Tefi et Bob Tobias sortent demain leur premier album, Fibata, disponible sur toutes les plateformes musicales. Mais avant cette sortie officielle, ils avaient déjà présenté l’opus en avant-première le 15 septembre dernier à l’Orange Digital Center d’Analakely, sous les pseudonymes de Liva Arimontana et Ernest Kabosy. 

Connus comme humoristes et créateurs de contenus, suivis par plus d’1,5 million d’abonnés, ils n’avaient pas imaginé franchir le pas vers la musique. Pourtant, leur complicité et l’accueil enthousiaste du public les ont poussés à transformer une simple expérience en véritable projet artistique. 

Composé de sept titres, l’album mêle humour et morceaux plus sérieux, surprenant ceux qui les associaient uniquement au registre comique. On y retrouve des sonorités afrobeat et shatta — ce style musical urbain né en Martinique au début des années 2010 et inspiré du dancehall jamaïcain —, des collaborations inattendues avec un artiste encore tenu secret, ainsi qu’un travail de beatmaking signé Jonas Androx et Chronix, entre autres. L’univers de Fibata se veut profondément malgache, nourri d’images symboliques qui deviennent métaphores d’une aventure collective : le « fibata » désigne tour à tour un bus ancien des années 80, une chaussure énorme ou un gros poisson. 

Cette sortie s’inscrit aussi dans une démarche de proximité. Ambassadeurs d’Orange Madagascar, Tefi et Bob ont choisi un lieu dédié à la jeunesse numérique pour présenter leur album, symbole de leur lien avec une génération connectée. Pour Orange, ce partenariat illustre son engagement à soutenir les talents locaux et à faire vivre la culture malgache à travers le digital. Cela rejoint l’objectif des deux influenceurs. Car avec Fibata, Tefi et Bob souhaitent offrir une passerelle entre humour, musique et culture populaire, portée par une énergie fédératrice. 

Hanitra Andria

25 septembre 2025-25 septembre 2026 : Un an d’agitation : entre commémoration et regret

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La Gen-Z est déçue de ce qui se passe actuellement dans le pays.
La Gen-Z est déçue de ce qui se passe actuellement dans le pays.

Dans quelques jours, la manifestation populaire de la Gen-Z sera commémorée. Sur toute la Grande île, des préparatifs ont déjà été mis en place dès le début du mois d’août. Encore une date encadrée sur la frise chronologique de l’histoire de Madagascar après le 29 mars 1947, le 13 mai 1972, le 10 août 1991, le 7 février 2009. Force est de noter que la Gen-Z de Madagascar a bousculé « une monarchie qui ne dit pas son nom », comme le regretté Arcadus Ralaivao le disait. À part l’eau et l’électricité, l’égalité des chances, l’intégrité, dire non à la corruption, l’équilibre régional, tout cela figurait parmi leurs revendications. Par conséquent, en l’espace de deux semaines, le régime orange s’est effondré. La lutte continue sous une autre forme, étant donné que les choses ne se déroulent pas comme prévu. Âgés entre 16 et 30 ans, ces jeunes, au contraire de leurs aïeux baby-boomers, ne se fient plus aux discours éloquents. Ils ont horreur des palabres, seul le résultat compte. Ayant cassé le schéma que leurs aînés (X) et leurs cadets (Y) n’ont jamais osé, la Gen-Z a concrétisé sa hardiesse. Dès lors, ces premiers vont grossir les rangs pour les soutenir. « Alefa zandry », « vas-y petit-frère », tels sont les mots d’encouragement. Ensemble, ils ont craché leur mécontentement, longtemps retenu au fond de leurs entrailles… Le système à Madagascar a perduré plus de 65 ans. Basé sur le népotisme, le clientélisme, l’infantilisation du peuple malgache, le fond de la politique du pays doit être purifié. Les zoomeurs veulent à tout prix rompre avec la méthode qui fait stagner la nation. En outre, leur spécificité est de ne pas avoir de leader. « Que tout le monde donne son maximum sur le terrain », a avancé l’un d’entre eux lors de la manifestation du vendredi 25 septembre 2025. En effet, les forces de l’ordre n’arrivaient pas à mater la résistance. Désormais, cette génération consciente est entièrement déçue, voire tétanisée, par la situation actuelle. Apparemment, les jeunes voulaient que les musiciens orange soient remplacés par un chef d’orchestre de qualité. Pourtant, la mélodie sonne toujours faux. Les dirigeants semblent garder les fausses notes composées par l’ancien régime. Pour commémorer la contestation qui a viré en vinaigre, les grandes villes, en l’occurrence Diego-Suarez, qui a combattu sans relâche ni trêve, organisent des conférences-débats, ainsi qu’une messe en hommage aux martyrs.

Iss Heridiny

Handball – Championnat d’Afrique : Les Akio cadets en difficulté à Abidjan

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Le 22e Championnat d’Afrique des Nations cadets masculins bat son plein au Palais des Sports de Treichville. Après un début compliqué, les Akio de Madagascar ont concédé leur deuxième défaite consécutive dans ce tournoi continental. Lors de la première journée du groupe B, l’Algérie s’est imposée largement face aux Malgaches (36-15), tandis que la Tunisie dominait le Nigeria (32-23). La deuxième sortie des Akio n’a pas été plus clémente : les Tunisiens, en pleine démonstration de force, ont infligé un sévère revers à Madagascar (62-20). Dans l’autre rencontre, le Nigeria a créé la surprise en battant l’Algérie d’un souffle (26-25). Pour la troisième et dernière journée de la phase de groupes, les protégés d’Émile Hervé Rafanomezantsoanantenaina défieront le Nigeria. Un ultime rendez-vous qui permettra aux jeunes Malgaches de mesurer leur potentiel et de poursuivre leur apprentissage face aux grandes nations africaines.

Heriniaina Samson

Pétanque – Championnat du monde : 35 joueurs présélectionnés pour le regroupement

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Les expatriés de France, Yves, Racle et Zigle, font partie des présélectionnés.
Les expatriés de France, Yves, Racle et Zigle, font partie des présélectionnés.

La pétanque malgache entre dans une phase cruciale de préparation. Trente-cinq joueurs triés sur le volet sont appelés à se regrouper à Analamanga en octobre, étape décisive pour former l’équipe nationale qui défendra les couleurs de Madagascar au Mondial de Thaïlande. Entre champions du monde, médaillés africains et jeunes talents issus des clubs locaux, la sélection reflète l’ambition d’unir expérience et relève pour viser haut sur la scène internationale.

La Fédération Sport Boule Malagasy (FSBM) a confirmé l’inscription officielle de Madagascar au Championnat du monde de pétanque, prévu en Thaïlande du 20 au 24 novembre 2026. Une étape décisive s’ouvre désormais avec la présélection de 35 joueurs appelés à participer au regroupement national. Selon la Direction technique nationale, ce rassemblement se tiendra à Analamanga du 10 au 14 octobre. Les athlètes arriveront le 9 octobre, avant d’entamer une première phase de sélection les 10 et 11. Les joueurs éliminés quitteront le camp le 12 au matin, tandis que les retenus poursuivront la deuxième phase jusqu’au 14, avec une sortie prévue le 15 octobre. La FSBM rappelle que l’absence à ce regroupement équivaut à un retrait immédiat de la sélection.

Parmi les présélectionnés figurent les champions du monde en titre, Rakotondrainibe Jean François Daniel « Zigle » (expatrié) et Rakotoarisoa Lova Satamandimby, ainsi que les vice-champions Faratiana Rakotoniaina (expatrié), Faly Donald Andrianantenaina, Christian Andriantseheno « Racle » (expatrié) et Faralahy Ramanantiaray. Les médaillés d’or du Championnat d’Afrique Zone 4, tels que Onjalalaina Randriaharimanana ou Herizo Rakotomalala, complètent la liste, aux côtés des vainqueurs des compétitions nationales (Triplette, Coupe de Madagascar, Doublette, Trophée des Ligues, Tête-à-tête). La sélection intègre également des joueurs expatriés, comme Yves Sedrick Rakotoarisoa, et de jeunes talents issus des clubs locaux. Ce brassage illustre la volonté de bâtir une équipe compétitive, mêlant expérience internationale et vivier national.

Heriniaina Samson