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jeudi, octobre 15, 2026
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Stationnement Fasan’ny Karàna : Les lieux sont désertés par ses occupants

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Dix lignes de navettes ont été créées afin de faciliter le transport des usagers vers Amoronakona.
Dix lignes de navettes ont été créées afin de faciliter le transport des usagers vers Amoronakona.

Les transporteurs ont rejoint la gare routière Amoronakona au moment convenu. Hier, 16 septembre 2016, plus aucun taxi-brousse n’a été en service au stationnement Fasan’ny Karàna. Les lieux sont déserts. De leur côté, les usagers habitués de ce site vieux de 23 ans, ont été orientés dès le 15 septembre, vers la gare routière Amoronakona. Plusieurs nouveaux moyens de transport leur sont proposés, outre les taxis et les taxis-be habituels. Dix lignes de navettes sont actuellement opérationnelles, partant des quatre coins d’Antananarivo et du Grand Tana : Itaosy, Gare Soarano, Alakamisy Ambohidratrimo, Ivato, Sabotsy Namehana, Ampitatafika, Andoharanofotsy, Ambohimitsimbina, Ambolokandrina. De même, des bus Foton entreront en service, en renfort aux navettes. S’y ajoute le train urbain desservant Ambohimanambola, en passant par Amoronakona.

Hanitra R.

Avis de vigilance : Vents forts et vagues jusqu’à 3,5 mètres en vue

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Une large partie du littoral malgache reste exposée à des conditions maritimes difficiles. Vents forts et forte houle se conjuguent sur plusieurs façades côtières, avec des vagues pouvant atteindre 3,5 mètres.

La vigilance restera de mise jusqu’au 18 septembre dans certaines zones, où les conditions en mer demeurent particulièrement agitées. Selon le bulletin émis par la direction générale de la météorologie hier à 12h31 (heure locale), des vents forts de 45 à 55 km/h persistent sur plusieurs secteurs du littoral. La côte de la région SAVA reste concernée jusqu’à aujourd’hui, tandis que la vigilance se prolongera jusqu’à demain pour la région DIANA ainsi que dans le secteur compris entre Vohimena et Taolagnaro. Par ailleurs, la vigilance doit être maintenue ce jour entre Mahajanga et Analalava. Pour le service météo du pays, ces conditions peuvent rendre les déplacements en mer difficiles et accroître les risques d’accidents, notamment pour les petites embarcations.

Exposée

Le bulletin de la DGM annonce une forte houle qui touche désormais une vaste portion de la façade orientale du pays, de Taolagnaro jusqu’au cap Bobaomby. Les vagues attendues pourraient atteindre 2,5 à 3,5 mètres, rendant les conditions de navigation particulièrement délicates. Le phénomène devrait persister jusqu’à ce jour entre Taolagnaro et Mahanoro, et jusqu’à demain entre Mahanoro et le cap Bobaomby. La simultanéité des vents forts et de la forte houle constitue ainsi le principal facteur de risque. Outre les difficultés et accidents de navigation, ces conditions sont susceptibles de perturber les activités maritimes et côtières. La prudence reste donc recommandée jusqu’à l’amélioration des conditions en mer.

José Belalahy

Santé maternelle – CHOR MAHA : Echanges et formations pour les CSB de Mahajanga

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Les équipes du CHOR aux côtés du personnel médical de Mahajanga.
Les équipes du CHOR aux côtés du personnel médical de Mahajanga.

Le projet CHOR MAHA, La Santé Ensemble, poursuit son déploiement entre Mahajanga et La Réunion. Porté par le Centre Hospitalier Ouest Réunion (CHOR), il vise à renforcer la santé maternelle et infantile à travers des formations ciblées dans les CSB de Sotema et Mahavoky. « Nous travaillons sur plusieurs axes : santé sexuelle, antibiorésistance, prévention des IST, organisation des soins et gestion des risques. Un ingénieur biomédical réalise aussi un état des lieux pour préparer l’arrivée de matériel l’an prochain. On est vraiment sur des formations théoriques, mais on essaie aussi de rajouter, sur certains axes, de la pratique, pour que le personnel puisse voir aussi, avec les solutions hydroalcooliques, comment les utiliser. Sur l’organisation des soins, on essaie de mettre en place des outils ensemble, en reconstruction, qu’ils puissent ensuite mettre en place dans les CSB pour améliorer l’organisation des soins. Mais nous, vraiment, l’idée, c’est d’avoir un apport, mais aussi un échange », explique Anne-Gaëlle Bénard, chargée de mission au CHOR. Financé par l’Union européenne et la Région Réunion, le projet a déjà permis de former 156 personnels lors de la première session, en juin. Le médecin-chef du CSB Sotema, Dr Nirisoa Aimée Olga Randrianarimanana, souligne l’impact concret : « C’est un véritable échange d’expériences. Nous apprenons à mieux organiser notre travail, à gérer le temps, et déjà des améliorations se voient dans nos pratiques ». Au-delà des apports techniques, l’initiative repose sur une dynamique d’échange et de coopération. Les équipes réunionnaises saluent la réactivité et l’engagement du personnel malgache, tandis que les partenaires locaux – ministère de la Santé, DRSP, SDSP et l’association Tsiky – assurent le lien opérationnel. Ensemble, ils tracent une voie commune pour offrir aux mères et aux enfants des soins de meilleure qualité.

Heriniaina Samson

Fondation Axian : FCRA 10 millions d’Ar pour les enfants nécessiteux

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Le Colonel Gervais Andriamiarisoa a effectué hier une descente à Tataho, dans le district de Manakara. Cette visite a été marquée par l’inauguration du complexe scolaire Al Mahdi School II, de 150 logements sociaux et de 50 maisons en dur à Tsarasaotra. Ces réalisations ont bénéficié de l’appui de la FCRA (Fifanampiana Centre Rassoul Akram), de l’ONG américaine Confort Aid International et de la Fondation Axian. Cette dernière a contribué à la réalisation des 50 maisons en dur à Tsarasaotra.

Le Président-directeur général Cheikh Haniphe Akbaraly a également évoqué l’appui d’un donateur malgache établi à Dubaï, disposé à financer des écoles, des CSB II et des logements pour les personnes démunies. Le maire de Tataho a profité de cette rencontre pour présenter les besoins de la commune, qui compte sept fokontany. L’électrification, les équipements pour les quartiers mobiles et l’appui aux personnes vulnérables ont été évoqués, entre autres. Une manière de rappeler les difficultés auxquelles la population reste confrontée au quotidien. En réponse à ces doléances, le Colonel Gervais Andriamiarisoa a remis une enveloppe de 10 millions d’ariary destinée aux enfants nécessiteux. Il a également annoncé la prise en charge de la confection des tenues des forces d’appoint locales. « Il faut soutenir les personnes qui en ont le plus besoin », a-t-il affirmé.

Clivages politiques

Le Haut Conseiller de la Refondation a également abordé la question de la politique et du fihavanana. Il a appelé au dépassement des clivages politiques et religieux et a insisté sur l’importance de l’unité et de la solidarité. La visite a également permis de constater les différentes réalisations destinées à la population, à savoir le complexe scolaire, les logements sociaux et les maisons en dur construits à Tsarasaotra. Le Haut Conseiller a ensuite annoncé la mise à disposition de carburant pour les engins de la Région afin d’aménager un terrain de 8 hectares réservé à de futures infrastructures publiques.

Nadia R.

Jeune patronat : Cap sur le « Passage à l’échelle »

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La deuxième édition de la Rentrée du Jeune Patronat (RJP) se tiendra les 8 et 9 octobre au Patio Ivato. Organisée par le Jeune Patronat de Madagascar (JPM), cette rencontre réunira des entrepreneurs, des dirigeants d’entreprise, des décideurs publics ainsi que des partenaires techniques et financiers.

500 participants

Placée sous le thème « Passage à l’échelle », cette édition sera consacrée au développement des petites et moyennes entreprises. Les échanges porteront sur les moyens permettant aux entrepreneurs de faire évoluer leurs structures, de renforcer leurs capacités et de poursuivre leur croissance. Pendant deux jours, plusieurs sujets seront abordés, dont le climat des affaires, la gestion des entreprises, la structuration des organisations, les partenariats et les mécanismes de financement. Plus de 500 participants sont attendus.

Climat des affaires

La première journée sera consacrée aux échanges entre les institutions publiques, les acteurs économiques, les organismes de financement et les partenaires internationaux. La deuxième journée fera place aux masterclass et aux ateliers, avec des partages d’expérience et des échanges entre entrepreneurs. Le Jeune Patronat de Madagascar, qui regroupe des entrepreneurs et des cadres dirigeants du secteur privé, entend également renforcer le dialogue entre le secteur privé et les pouvoirs publics.

Nadia R.

Région Itasy : Offensive contre les vols de câbles électriques

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Les vols répétés de câbles électriques dans plusieurs communes de la région Itasy continuent de perturber l’approvisionnement en électricité, selon la Jirama. Face à cette situation, les autorités entendent désormais renforcer la prévention, la surveillance et la coordination afin de mettre fin durablement à ce phénomène. Une réunion consacrée à la recherche de solutions s’est tenue le 15 septembre 2026 à Arivonimamo, sous la conduite du secrétaire général du ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures, Dr Rakotonandrasana Adolphe. Elle a réuni des élus, des responsables administratifs ainsi que les forces de l’ordre. Les discussions ont notamment porté sur les vols récurrents enregistrés dans les communes de Morarano, Antongona, Avarabohitra, Faharetana, Amboanana, Ambohitrambo, Soavimbazaha et Anjomabealoka. Les participants ont affiché leur volonté de conjuguer leurs efforts pour sécuriser les infrastructures électriques et préserver la continuité de l’alimentation des usagers.

Surveillance communautaire

Plusieurs mesures ont été arrêtées. Il est notamment prévu de mettre en place des dispositifs de vigilance communautaire en collaboration étroite avec les forces de l’ordre, de renforcer la communication et de multiplier les contrôles sur les axes routiers. Les autorités comptent également intensifier les actions de sensibilisation au civisme, aussi bien dans les médias que dans les établissements scolaires. Le remplacement rapide des câbles volés figure également parmi les priorités. À Soavimbazaha, l’ampleur des dégâts s’est révélée bien plus importante que prévu : 28 km de câbles auraient été dérobés, contre une première estimation de 12 km. Une situation qui illustre l’importance des pertes subies et l’urgence d’une réponse coordonnée.

Antsa R.

Alaotra Mangoro : « 300 000 tonnes de riz à évacuer », selon le chef de région Elire Rabemananjara

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Des producteurs locaux sont prêts à vendre leurs stocks de récoltes grâce au prix incitatif fixé par la SPM.
Des producteurs locaux sont prêts à vendre leurs stocks de récoltes grâce au prix incitatif fixé par la SPM.

Depuis l’ouverture de la campagne de collecte de riz dans la région Alaotra-Mangoro, le 4 mai 2026, moins de 10 % de la production ont été commercialisés vers les autres régions.

« Il reste encore environ 500 000 tonnes de paddy en stock, soit près de 300 000 tonnes de riz blanc à évacuer », a déclaré le chef de région d’Alaotra-Mangoro, Elire Rabemananjara, lors du lancement de l’opération d’achat direct de paddy auprès des producteurs par la société d’État SPM (State Procurement of Madagascar), dans le district d’Amparafaravola. Des producteurs locaux confirment que chacun d’entre eux dispose actuellement de 10 à 20 tonnes de paddy en stock. Selon leurs témoignages, la fixation du prix d’achat de ce produit de première nécessité à 1 500 Ar/kg s’avère incitative, alors que les cours sur le marché local oscillent entre 1 200 et 1 350 Ar/kg.

Intervention de la SPM. Le chef de région a évoqué une réticence des 269 collecteurs formels recensés, confrontés à l’instabilité des grands marchés urbains où le riz importé, vendu à des prix très compétitifs, pourrait concurrencer directement la production locale. « Ces opérateurs ont souvent recours à des emprunts bancaires pour financer leurs opérations de collecte. Ils ont ainsi besoin de garanties sur la régularité des débouchés vers ces grands marchés urbains afin d’éviter tout blocage de trésorerie. L’intervention de la SPM, qui achète 1 500 tonnes de paddy d’un seul coup, constitue une grande première dans l’histoire de la région », a-t-il souligné. Cette opération d’achat direct sera renouvelée via un système de fonds revolving dès que les 1 500 tonnes de paddy, préalablement décortiquées par la SPM, auront été écoulées auprès des grossistes partenaires sur le marché intérieur. Une deuxième opération d’achat est déjà prévue d’ici peu.

Transformer le paddy. Par ailleurs, un arrêté régional fixant le montant des ristournes prélevées auprès des opérateurs est entré en vigueur au lancement de la campagne, le 4 mai 2026. Ce texte stipule que les acteurs économiques s’acquittent du double du montant de la ristourne s’ils commercialisent le paddy non transformé en dehors de la région Alaotra-Mangoro. « Nous incitons ainsi les opérateurs à transformer le paddy sur place afin de créer de la valeur ajoutée locale et de juguler la spéculation, d’autant plus que certaines usines de décortiquerie ont dû être mises en chômage technique faute d’approvisionnement. En parallèle, le taux de recouvrement des ristournes s’est amélioré grâce au déploiement de la digitalisation », a précisé Elire Rabemananjara. Pour appuyer la filière en amont, la région Alaotra-Mangoro collabore étroitement avec les communes des différents districts. Des pistes rurales ont notamment été réhabilitées dans des fokontany afin de faciliter l’accès des collecteurs aux zones de production.

Navalona R.

Entreprenariat au féminin : Le GFEM tient son premier congrès

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Après dix ans de présence dans le monde entrepreneurial de Madagascar, le Groupement des Femmes Entrepreneurs de Madagascar (GFEM) tient son premier congrès national. L’événement, qui se déroule aujourd’hui et demain au Delta Marriott Hôtel, Antanimena, sera l’occasion pour les membres du groupement, issus de différentes régions du pays, de travailler autour de trois dimensions essentielles : mieux comprendre l’organisation et l’identité communes du GFEM, renforcer les liens entre les différentes régions et développer des compétences directement utiles à la croissance de leurs entreprises.

Le programme abordera notamment le leadership féminin, l’image et la posture professionnelle, l’accès au financement, le branding et le positionnement de l’entreprise, l’accès au marché et le développement commercial, ainsi que la gestion des risques entrepreneuriaux. Le congrès donnera également une place importante aux échanges entre pairs et à la valorisation des entreprises membres, notamment à travers un Pop-up Store, conçu comme un espace de visibilité, de rencontre et de création d’opportunités commerciales.

À noter que, si la journée d’aujourd’hui est exclusivement réservée aux membres, les événements de demain seront ouverts à d’autres personnes. « Cette ouverture permettra d’élargir l’accès aux contenus, aux échanges et aux opportunités proposées pendant le congrès, tout en donnant à d’autres entrepreneures la possibilité de mieux connaître le GFEM, son réseau et ses dix années d’engagement », a expliqué Fanja Razakaboana, présidente du GFEM. Le congrès est axé sur le thème : « De l’appartenance à l’action ».

R.Edmond.

Transport maritime : UAFL Express ouvre une nouvelle connexion au port de Toamasina

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L’UAFL Express accoste au port de Toamasina.
L’UAFL Express accoste au port de Toamasina.

Une nouvelle compagnie maritime fait son entrée au port de Toamasina. Le navire UAFL Express y a accosté, hier.

Cette entrée, qui marque l’ouverture d’une nouvelle connexion maritime pour le grand port, intervient à un moment stratégique, alors que le principal port du pays poursuit son vaste programme d’extension et de modernisation.

25 ans d’expérience

Une entrée qui permet également à la Grande île de démontrer sa capacité à recevoir les grands noms du transport maritime mondial. Basée à Dubaï, la compagnie UAFL Express revendique plus de 25 ans d’expérience dans le transport maritime régional. Fondée en 2000 comme opérateur de services feeder en Afrique, UAFL a progressivement développé un réseau reliant l’Afrique de l’Est et les îles de l’océan Indien aux grands marchés du Moyen-Orient, du sous-continent indien, de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique australe. La compagnie dispose notamment de services reliant des ports tels que Jebel Ali aux Émirats arabes unis, Nhava Sheva et Mundra en Inde, Mombasa au Kenya, Nacala et Pemba au Mozambique, Port-Louis à Maurice, Longoni à Mayotte, Port-Réunion, Port-Victoria aux Seychelles ou encore Durban, en Afrique du Sud. Cette implantation dans l’océan Indien constitue précisément l’une des particularités d’UAFL. Contrairement aux grands armements mondiaux qui desservent de très nombreuses régions, la compagnie a développé une expertise particulièrement centrée sur les marchés africains et insulaires de l’océan Indien.

Possibilités supplémentaires

Pour Madagascar, cette nouvelle connexion ouvre la voie à des possibilités supplémentaires de desserte. L’intégration de Toamasina au réseau d’UAFL peut notamment faciliter les échanges avec les plateformes maritimes de l’océan Indien et, au-delà. Il s’agit, en somme, d’une plus grande intégration avec les marchés de l’océan Indien, du Moyen-Orient et de l’Asie. Pour les importateurs comme pour les exportateurs, la multiplication des options de transport maritime peut contribuer à diversifier les itinéraires et à réduire la dépendance à un nombre limité de services. L’enjeu est également important pour les exportations malgaches. Une meilleure connexion avec les ports régionaux peut faciliter l’acheminement des produits destinés aux marchés extérieurs, tandis que les importateurs disposent potentiellement de nouvelles possibilités pour faire venir des marchandises, des équipements et des intrants nécessaires à l’activité économique. Bref, pour le port de Toamasina, qui entre progressivement dans une nouvelle phase de son développement, l’arrivée d’un opérateur spécialisé dans les échanges de l’océan Indien vient renforcer la vocation internationale de la principale porte maritime de Madagascar.

R.Edmond.

Alice N’Diaye : « Madagascar n’est pas isolé après le changement en 2025 »

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Alice N’Diaye, ministre des Affaires étrangères.
Alice N’Diaye, ministre des Affaires étrangères.

L’actuel régime a nommé plus de dix ambassadeurs en moins d’un an. La ministre des Affaires étrangères, Alice N’Diaye, défend ce choix dans un contexte géopolitique mondial très animé. Interview exclusive.

Midi Madagasikara : Le gouvernement a décidé de nommer de nouveaux ambassadeurs ces derniers mois. Quel en est l’objectif ?

Alice N’Diaye : En dix mois, le gouvernement a nommé seize chefs de mission diplomatique. Cela traduit clairement la volonté de l’État de renforcer la présence de Madagascar sur la scène internationale et régionale, et d’accroître l’efficacité de la diplomatie malgache. L’objectif est, tout d’abord, de renforcer la présence de Madagascar dans les capitales et les instances internationales d’importance stratégique, afin de promouvoir et de protéger au mieux les intérêts politiques, économiques et diplomatiques du pays. Il s’agit, ensuite, de raviver et de renforcer la coopération avec les pays dans lesquels nos ambassades sont présentes, ainsi que dans les pays de juridiction de ces dernières. Vous aurez noté qu’un certain nombre de nos grandes ambassades n’avaient pas de chefs de mission accrédités depuis plus d’une décennie, pour ne citer que nos représentations permanentes multilatérales et certaines capitales stratégiques. À cet effet, le président de la Refondation a pleinement pris la mesure de la nécessité, pour Madagascar, d’être présent au sein des grands centres de décision mondiaux, dans un contexte géopolitique marqué par de profondes mutations et une forte concurrence sur la scène internationale. Nous devons avoir une présence forte et active afin, d’une part, de protéger nos intérêts et, d’autre part, de saisir les opportunités de coopération susceptibles de bénéficier au pays. Il convient de rappeler que de nombreuses décisions concernant directement Madagascar sont discutées au sein d’organisations internationales ou avec différents pays. Il est donc indispensable d’y être représenté afin que les positions et intérêts du pays ne soient pas relégués au second plan.

M-M : Avec la présence de quelques politiciens à la tête des ambassades, ne s’agit-il pas de nominations politiques auxquelles le gouvernement a procédé ?

A-N : La nomination d’un ambassadeur, quel que soit le pays d’accréditation, est un acte politique, que le profil soit technique, à l’instar de celui d’un diplomate de carrière, ou politique, pour des personnalités extérieures à la diplomatie. Leur point commun est qu’il est attendu de ces chefs de mission, sous les directives du ministre des Affaires étrangères, qu’ils mettent en œuvre la politique étrangère de Madagascar dans leur rôle de représentation, de promotion de la coopération politique, économique, commerciale, scientifique et culturelle avec les pays d’accréditation, de protection des intérêts et des ressortissants malagasy, et d’information.

M-M : Vous avez effectué plusieurs déplacements à l’extérieur ces derniers temps. Quel est l’objectif de ces visites ?

A-N : Il s’agit de visites diplomatiques qui s’inscrivent dans la mise en œuvre de la vision d’une diplomatie multivectorielle portée par le président de la Refondation, laquelle vise à maintenir la confiance de nos partenaires, à diversifier nos partenariats, à renforcer durablement la place et le rôle de Madagascar sur la scène régionale, continentale et internationale. Dans un contexte international en mutation continue et rapide, il est indispensable de continuer à faire entendre la voix de Madagascar dans les grands débats mondiaux, afin de préserver et de promouvoir les intérêts nationaux. Parmi les sujets fréquemment abordés figurent la paix et la sécurité, la coopération économique, la résilience face au changement climatique, ainsi que d’autres défis communs émergents, comme la cybercriminalité. Tous ces enjeux concernent pleinement Madagascar. C’est dans cette optique que Madagascar est présent dans les fora et cadres bilatéraux et multilatéraux. Cette dynamique a pour objectifs de renforcer la coopération, de susciter de nouveaux partenariats multiformes, d’attirer de nouveaux investissements et de donner à notre pays une plus grande visibilité sur la scène internationale.

M-M : Peut-on donc affirmer aujourd’hui que la diplomatie malgache s’est renforcée ?

A-N : Le dynamisme de la diplomatie d’un pays se mesure notamment à l’aune de l’impulsion et de l’orientation stratégique imprimées par le chef de l’État dans la définition et la mise en œuvre de la politique extérieure. Ce qui est le cas actuellement. Alors oui, on peut affirmer que la diplomatie malagasy se renforce, avec des directives claires et la confiance accordée aux diplomates dans la mise en œuvre de celles-ci. La poursuite des partenariats et la volonté clairement exprimée par nos partenaires d’accompagner le processus de Refondation, les échanges de visites, les invitations à être présents dans les fora montrent que la diplomatie malgache a pleinement trouvé la place qui lui est la sienne sur la scène internationale. Cela s’inscrit dans la volonté du président et du gouvernement de la Refondation de rendre le réseau diplomatique malgache plus performant, plus réactif et mieux adapté aux défis actuels.

M-M : Madagascar a dernièrement participé au 46e sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC. Quel bilan peut-on tirer de cette participation ?

A-N : Madagascar a activement pris part à ce 46e sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC, et ce dans la continuité de notre engagement constant au sein de cette organisation régionale. Cette participation revêt une importance particulière dans le contexte actuel de refondation institutionnelle engagée par le pays. Elle a permis à Madagascar de réaffirmer sa place au sein de la communauté régionale, et au président de rencontrer et de dialoguer directement avec ses pairs, et de présenter l’évolution de la situation nationale devant les instances de la SADC. Ce sommet a également été l’occasion de renforcer les liens de solidarité et de coopération avec les États membres, dans un esprit de dialogue constructif et de respect mutuel, comme en témoignent les différentes rencontres effectuées par le président de la Refondation sur place, en marge de ce sommet.

M-M : La possibilité de sanctions à l’encontre de Madagascar après le changement de l’année dernière a été évoquée dans le débat public. Qu’en est-il réellement de ce sujet à l’issue de ce sommet ?

A-N : Il convient de rétablir clairement les faits : Madagascar n’a fait l’objet d’aucune sanction de la part de la SADC. En effet, la SADC a décidé d’adopter une approche plus pragmatique. Elle a déployé différentes missions pour s’enquérir des réalités et voir l’évolution de la situation sur place, en vue de pouvoir effectuer des analyses approfondies. C’est à la suite de ces missions que la SADC a décidé d’accompagner Madagascar dans le processus de Refondation, initié par les Malagasy. Ce dernier sommet a ainsi été une occasion, pour les chefs d’État et de gouvernement de la SADC, de réitérer leur soutien ferme au processus de Refondation engagé par le pays, reconnaissant ainsi la légitimité et la pertinence de la démarche entreprise par les autorités malgaches. J’aimerais souligner que la tenue du sommet des chefs d’État et de gouvernement, les consultations constructives conduites par le président de la Refondation, ainsi que le processus de dialogue engagé jusqu’ici, ont conforté la SADC dans le fait que Madagascar s’est engagé sur la bonne voie dans la mise en œuvre du Programme de la Refondation établi en février 2026. Madagascar n’est donc pas isolé. La SADC, l’Union africaine, les Nations Unies, ainsi que l’ensemble des partenaires traditionnels du pays, ont manifesté leur volonté de soutenir la Grande Île dans la dynamique engagée, considérant le processus en cours comme un processus légitime et ayant pour objectif la transformation politique, sociale et économique de la société malgache. L’engagement de Madagascar à respecter les valeurs et les principes portés par nos organisations d’appartenance, tant à l’échelle régionale que continentale, en matière de paix et de sécurité, de stabilité, de gouvernance et de développement inclusif, les incite à accompagner et soutenir la Refondation, dans le respect de notre souveraineté. Nous nous permettons ainsi de dire que cette avancée met en lumière l’efficacité de l’action diplomatique menée actuellement par Madagascar. Sensibiliser les partenaires extérieurs aux enjeux nationaux et maintenir leur confiance, en portant la vision portée par le gouvernement, demeure au cœur même du mandat confié à la diplomatie malgache.

Recueillis par Rija R.