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vendredi, octobre 16, 2026
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Voile – SSL Team Madagascar – KOERA : Dix navigateurs en camp international aux Seychelles

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Dix marins se préparent pour la SSL Gold Cup.
Dix marins se préparent pour la SSL Gold Cup.

Dix navigateurs venus des quatre coins de la Grande île participent au camp d’entraînement international aux Seychelles. Sous le pavillon de KOERA, la première équipe nationale de voile inscrit Madagascar dans la dynamique de la SSL Gold Cup et ouvre une nouvelle ère pour le sport nautique malgache.

C’est une page nouvelle qui s’écrit pour le sport malgache.

Aux Seychelles, la SSL Team Madagascar – KOERA participe à son tout premier camp d’entraînement international, sous l’égide de la Star Sailors League. Pour la première fois, une équipe nationale de voile, structurée et ambitieuse, porte officiellement les couleurs de la Grande île sur les eaux du haut niveau. Composée de dix navigateurs, dont deux femmes, la formation KOERA incarne une volonté claire : transformer le potentiel maritime de Madagascar en une véritable filière sportive. « Nous voulons donner une visibilité internationale à la voile malgache et bâtir une culture nationale autour de ce sport », souligne la Fédération malagasy de voile.

Premiers pas malgaches dans l’arène mondiale.

Identité forte

La participation à la SSL Gold Cup, compétition mondiale disputée sur des bateaux monotypes de 14 mètres, place les marins malgaches face aux standards les plus exigeants. Sur ces voiliers identiques, seules la maîtrise technique, la stratégie et la cohésion d’équipage font la différence. Pour KOERA, cette immersion est une école de précision et de rigueur. Le choix du nom KOERA, inspiré du grand vasa, perroquet endémique de Madagascar, traduit une identité forte : liberté, mouvement et ouverture. Associé au ravinala, symbole d’enracinement et d’attachement à la terre natale, il compose un double emblème qui accompagnera désormais l’équipe sur les plans d’eau du monde entier.

Deux années de préparation

Fruit de deux années de préparation, ce projet fédère des talents venus de Diego-Suarez, Mahajanga, Antsirabe, Fianarantsoa, Manakara ou Toliara. Encadrés par deux entraîneurs étrangers – un Seychellois et un Hollandais –, les navigateurs découvrent les méthodes de nations aguerries à la compétition nautique. Une expérience qui accélère leur apprentissage et leur ouvre les portes du très haut niveau. « Au-delà de l’entraînement, chaque sortie en mer est un acte symbolique : le pavillon malgache flotte désormais dans un univers où se côtoient les meilleures nations de la voile. L’ambition est claire : bâtir une équipe compétitive, former une nouvelle génération et inscrire Madagascar dans la cour des grands », a ajouté Brice Jacobson Andrianirina, président de la fédération.

Ce premier camp n’est qu’un début

Demain, ils seront plus nombreux à rêver de représenter Madagascar sur l’eau. KOERA ouvre la voie, avec la promesse que la voile devienne une vitrine internationale pour une nation maritime, sportive et ambitieuse.

Recueillis par Heriniaina Samson

Concert : Njakatiana à l’assaut du Coliseum

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Njakatiana, sans doute dans le top 30 des plus grands chanteurs de variété de Madagascar toute époque confondue. (crédit photo : Njakatiana Products)
Njakatiana, sans doute dans le top 30 des plus grands chanteurs de variété de Madagascar toute époque confondue. (crédit photo : Njakatiana Products)

Le Coliseum d’Antsonjombe n’est plus autant le gros monstre que les artistes osent affronter en grand comité. Njakatiana va s’attaquer à cette montagne le 4 octobre à 14h. L’intitulé du concert : « Antsika miankavy jiaby ». Il faut bien faire appel à la multitude pour penser remplir les 30 000 places de ce lieu immense. Sûrement fera-t-il monter sur scène ses compagnons de route ; la présence de Parson Jacques serait fort à parier. Un fidèle de toujours. Après des années quelque peu en retrait du paysage musical malgache, Njakatiana signe une sorte de retour en grand. Plus d’un an déjà après ses tours de force à Antsahamanitra, scène de confirmation pour toute vedette de la variété, et au Palais des Sports, deux spectacles où il a confirmé une notoriété toujours vivace. Ce qui suppose aussi que ce sont désormais des taties et des demi-mamies qui composeront le gros de son public, depuis « Tanjomanana » et son tube tremplin, « Metezà Hahatsiaro ». Njakatiana entend marquer d’une pierre blanche ses plus de trente années de carrière.

Maminirina Rado 

Jôkôsô – Festival du Rire : Gothlieb, Francis Turbo, Dadavy, Joely à l’affiche de la sixième édition

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Joely, de passage à Madagascar, sera également à l'affiche du festival.
Joely, de passage à Madagascar, sera également à l’affiche du festival.

Ce mois-ci sera définitivement le mois de l’humour. En marge du grand spectacle de Joely au Palais des Sports Mahamasina le 13 septembre prochain, un autre événement majeur se profile à l’horizon. Le Festival du Rire 06 s’apprête en effet à illuminer la scène humoristique malgache avec une édition plus resserrée, mais pensée pour marquer les esprits. Les organisateurs ont choisi de réduire le nombre d’artistes invités afin de privilégier la force des œuvres et la cohérence des spectacles.

L’ambition est claire : offrir au public des prestations de qualité et préparer l’avenir d’un grand rendez-vous fédérateur.

Cette édition veut rassembler les talents autour d’une même vision qui dépasse le simple divertissement : unir les humoristes, varier les styles et bâtir une tradition durable. Les organisateurs veulent en faire un rendez-vous culturel majeur, capable de fédérer les humoristes et de donner au public des œuvres solides, variées et mémorables.

Les figures emblématiques comme Francis Turbo, Gothlieb et Dadavy font partie de l’aventure, tandis que Joely et les humoristes des générations plus récentes apportent leur énergie en stand-up. Ce mélange de générations et de sensibilités promet une expérience riche, où chaque spectateur trouve son compte. Le programme s’étend sur trois jours. Le 18 septembre, Gothlieb ouvre le bal au Tana Water Front avec Iharantsoa en première partie, en entrée libre. Le 19, Francis Turbo partagera son parcours à l’Alliance Française, suivi du spectacle MAÂT de Tsiresy Radilofera, en one-man-show au CGM. Le 20 septembre, la Cité des Cultures accueille le gala de clôture avec Joely, Ely, Dadavy et, bien sûr, Raytra Belaw’Yck, l’organisateur. Cette fois-ci, les adeptes d’humour de la côte Est ne seront pas en reste, puisque le festival sera également à Tamatave durant cette édition.

Hanitra Andria

Art visuel : « Echo » questionne l’unité nationale

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Le caméléon d’Echo, être hybride même qu’il soit « exotique ». (crédit photo : La Teinturerie – Association d’artistes)
Le caméléon d’Echo, être hybride même qu’il soit « exotique ». (crédit photo : La Teinturerie – Association d’artistes)

La tension du monde « moderne » se tient bien dans ce tableau du caméléon en veste, créature devenue hybride, tenant une maison dans une main, qui condenserait presque la question « F’iray sa kina ? ». Une exposition d’Echo, graffeur et en essai sur le mix-média, est à découvrir à la Teinturerie Ampasanimalo du 3 septembre au 6 octobre. Une aliénation, quand le mimétisme est poussé à bout, qu’il a inscrite dans un tableau où il démontre son éternel attachement au graffiti. Mimétisme : le caméléon est une bête touristique, destinée à attirer les Caucasien(ne)s et leurs sacs à dos. Ici, il devient l’être hybride surfait du capitalisme mondialisant. Un symbole aussi de la dépossession, celui du « citoyen du monde », sans spatialité en fait.

Les organisateurs s’expliquent. « F’iray sa kina ? », un questionnement à la base, « raconte les comportements mentaux et spirituels malgaches face à l’influence des scènes politico-sociales, illustrés en tableaux. Des représentations de luttes psychologiques, des vérités et quêtes de vérités, ainsi que des visions politiques ou non politiques, pour la survie du citoyen ». L’artiste Echo est dans le graffiti depuis plus d’une quinzaine d’années. Il rassemble trois mondes : « les codes bruts du graffiti, la géométrie sacrée des mandalas et une riche iconographie symbolique ». Plus d’une douzaine d’œuvres : le voyage est plutôt temporel, avec ce qu’il y a de dosage bien distillé de politique. De quoi le féliciter, rien que pour le geste. Du courage artistique.

Maminirina Rado 

« Vitan’ny aligna » : Ti-Ah salue l’aube en musique

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Pour 2026, Ti-Ah annonce déjà deux singles. L’un d’eux sera accompagné d’un clip.
Pour 2026, Ti-Ah annonce déjà deux singles. L’un d’eux sera accompagné d’un clip.

Il est 6 heures du matin

La ville s’éveille, et Ti-Ah choisit de saluer la nuit qui vient de passer. « Vitan’ny aligna ». Le nouveau titre du rappeur originaire de la Matsiatra Ambony est sorti la semaine dernière. Deux mots simples pour dire bonjour, pour souhaiter du bien à ceux qui ont tenu jusqu’à l’aube. Le temps d’un morceau, l’artiste pose les armes. « Un petit moment de détente, une petite pause dans la recherche et les galères », explique-t-il. Une parenthèse. Une trêve au milieu du combat quotidien. « On se félicite d’avoir passé la nuit, d’avoir traversé l’obscurité. Alors, on se distrait un peu, on se repose un peu, on se relaxe un peu. Et demain, on repart au combat », confie Ti-Ah. Pour habiller cette respiration, le rappeur est resté fidèle à son équipe. La production est signée Prodige Records. Le clip a été réalisé par Gochard et tourné à Nosy Be. Des images apaisées, des mélodies douces, le décor d’une île paradisiaque. Le but : rester au plus près de l’esprit du morceau. Ni paillettes ni artifices. Juste la vie, avec ses failles et ses petites victoires.

Deux singles

L’artiste ne compte pas s’arrêter en chemin. Pour 2026, Ti-Ah annonce déjà deux singles. L’un d’eux sera accompagné d’un clip. Pas d’album prévu pour l’instant. Il préfère avancer titre après titre, « comme on traverse la nuit, pas à pas ». Autre rendez-vous pour les plus fidèles : des lives privés. Des rencontres plus proches, plus intimes, loin des grandes scènes. Une façon de prolonger le dialogue entamé dans « Vitan’ny aligna » : se retrouver, souffler, puis repartir. En attendant, « Vitan’ny aligna » tourne déjà. Le morceau se veut une main tendue à ceux qui luttent, qui cherchent, qui tombent et se relèvent. Un rappel : entre deux combats, il faut savoir s’accorder une pause. Parce que la nuit finit toujours par passer. Et qu’au matin, il faut avoir la force de recommencer.

Julien R.

Photographie : Luis Tato récompensé grâce à la « Gen Z » malgache

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Au cœur du mouvement des Gen Z de septembre à octobre derniers, cette image prise par Luis Tato a fait le tour du monde. (crédit photo : Amnesty International)
Au cœur du mouvement des Gen Z de septembre à octobre derniers, cette image prise par Luis Tato a fait le tour du monde. (crédit photo : Amnesty International)

C’est cette once d’admiration envers la « Gen Z » malgache qui a sans doute valu au photographe espagnol Luis Tato le Visa d’or News, samedi. Il a couvert les événements du mois de septembre 2025 jusqu’à octobre de la même année, qui ont permis de mettre fin au règne de Rajoelina. Ce dernier a plongé le pays dans une telle pauvreté et a poussé à bout la génération 80/90. Luis Tato, qui qualifie cette « Gen Z » de « définir l’idée de démocratie… dans une dynamique intéressante », s’y intéresse personnellement. Avec sa figure désormais reconnue et respectée à travers le monde, Herizo Andriamanantena, porte-parole, a derrière lui toute une bande de jeunes intellectuel(le)s, geeks, artistes, etc. L’affinité envers cette « lutte » de toute une génération, aboutissant à l’intervention alliée des militaires, qui lui est venue naturellement, lui a sans doute permis de s’imprégner totalement du contexte. Et de réussir des images poignantes et au ras des hommes. Les anciens gagnants des précédentes années ont photographié Gaza, la Syrie et d’autres zones instables. 

Recueillis par Maminirina Rado

Malagasy design gaze : « Re dessin, re dessein » pour la 3e édition

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L’événement artistique Malagasy Design Gaze revient pour une troisième édition intitulée « Re dessin, re dessein ». Pour cette nouvelle étape, la manifestation vient à son tour interroger ce qui peut être transformé, relié et réinventé. Le parcours s’articule en plusieurs étapes culturelles à travers la ville. Du 19 septembre au 2 octobre, une sélection des œuvres de l’artiste, designer graphique et muraliste Iandry Randriamandroso, ainsi que de la céramiste et peintre Vero Rasendratsirofo sera présentée à la librairie Il était une fois, située à Ankorondrano. Ensuite, du 26 septembre au 24 octobre, la FLOW Gallery accueillera la première exposition monographique de l’artiste plasticienne Miangaly Elia. Enfin, la BRED, à Antaninarenina, abritera les 7 et 8 octobre l’étape de clôture de ce parcours artistique.  Pour cette année, onze artistes pluridisciplinaires croisent leurs univers et leurs savoir-faire. Le public pourra découvrir les créations en design textile d’Andrée Mathilde Ethève, les travaux de la créatrice pluridisciplinaire Emma GL, les réalisations du designer et artiste FANJAR, ainsi que les recherches plastiques de Miangaly Elia. La créatrice Stéphanie représentera la marque Granit’Ix en tant que designer et fondatrice, aux côtés de Prisca Razafindrakoto, designer et artiste métallière, et de Vero Rasendratsirofo, céramiste et peintre. Le parcours met également à l’honneur Georges Floret et les Ateliers d’Analakely, qui réunissent les compétences d’architecte, de designer de matière et de lapidaire. Enfin, la programmation réunit Iandry Randriamandroso, artiste, designer graphique et muraliste, Yassine Ben Abdallah, artiste-designer, ainsi que Philippe Manet, tailleur de pierre et fondateur de Madastone. Selon Ihoby Rabarijohn, la curatrice de cette édition, « la rencontre est placée au cœur de la démarche pour créer des correspondances uniques entre les œuvres, les matières, les créateurs, les savoir-faire et le public. » À travers ce projet, les designers considèrent l’objet comme une interprétation de leur environnement, offrant une fonction libre et ludique. Ces créations respirent et empruntent à la nature un langage organique, où chaque courbe et chaque couleur sont explorées pour communiquer intimement avec le public.

Zo Toniaina

Musique : Papa James, une des âmes rock de Madagascar

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En 1974, le jeune Mayoub Caid Jean Gaby Rakotonirina avait déjà le regard décidé et les rêves plein la tête. (crédit photo : Papa Mama James)
En 1974, le jeune Mayoub Caid Jean Gaby Rakotonirina avait déjà le regard décidé et les rêves plein la tête. (crédit photo : Papa Mama James)

Figure des nuits d’Anosy et artisan d’un premier groove urbain, Papa James, c’est la quête d’affirmation d’une génération postcoloniale qui se dévoile. Entre rock frontal et mélancolie, sa musique capture l’âme bouillonnante d’un Madagascar en transition.

Papa James, de son nom dans le civil Mayoub Caid Jean Gaby Rakotonirina (1950-2026), possédait cette aura des artistes de sa génération. Insaisissable, orchestrale et surtout dotée d’un sens élégant du « full life », perdu maintenant au fil des Républiques. Pour ne citer que Ramy Franck, son aîné, certes, Dédesse, Henri Liban et d’autres encore. Leur point commun : le rock frontal. « Beby adaladala » (1977, Discomad/réf : 467415) soutient cette affirmation. Bien que, dans le titre, la « folie » soit un sujet presque hérétique dans la morale civique nationale. Les pères et les grands-pères de sa génération portaient encore le silence traumatique de l’humiliation coloniale. Le temps du surinvestissement de la rigueur. C’est qu’en avance sur son époque, beau gosse et musicien chevronné, le jeune Papa James avait pour ambition de conquérir la capitale et son fameux club « Papillon ». Celui-ci a survécu jusque dans les années 90. Et c’est là que son aura a beaucoup joué. Pour faire simple, il faisait ce qui lui chantait et cela remplissait les pistes des night-clubs. D’une interprétation de Johnny Hallyday, chanter en français était un moyen de se faire une place dans le « monde moderne », incarné par la vie nocturne et le cosmopolitisme. Et de conquérir sa place sur l’affiche des night-clubs. À l’intime affirmation de sa malgachéité, il a offert au patrimoine musical national des tubes immortels. À commencer par « Marary ngôma » (1978/1979, Discomad/réf : 467 446), un mantra musical avec ce refrain : « Marary ngôma/ngôma tsy mahafaty », ou « Douloureuse est la nostalgie/nostalgie ne tue point ». Éclair de cafard d’un fils loin des terres de son enfance, douleur d’un amoureux… Sur la piste, Papa James distillait le premier groove urbain, rejoint par du salegy « primitif ». Dans le sillage de l’afrobeat « pop » des années 70 de « Prince Nico Mbarga & Rocafil Jazz », « Les Mangelepa », la pulsation binaire et la structure hypotonique affirmaient toute sa malgachéité. Une musique de l’insouciance, de la décadence même, des excès aussi, sans doute. Cette jeunesse, comme celle du monde, goûtait enfin aux vrais plaisirs libéraux. Une fureur de vivre lâchée dans un entre-deux-mondes, l’au-delà des mers et les racines intangibles. Dès lors, son aura orchestrale prend tout son sens. Homme d’orchestre, il aiguisait à un tel niveau technique la polyphonie. Entre lui et Jean Rakoto, des The Smokers, sur le titre « Ramena » (1975/1976, Discomad/réf : 467 402) de ce dernier, la distance esthétique est immense. Cette chanson exaltait l’exotisme, lumineuse et sentait bon l’iode. Papa James a réussi à sortir du Nord son approche frontale, tout en jouant dans le texte. Ce dernier point est tout aussi important. Les bals populaires du boulevard Lyautey à Tuléar, les soirées fiévreuses du 74, rue Colbert à Diego-Suarez et du Papillon de l’hôtel Hilton criaient « Malemilemy e » comme un seul Malgache. Pour la petite histoire, The Smokers pourrait bien être le, ou un des, patriarches du rock psychédélique à Madagascar.  

Maminirina Rado

Période d’étiage : Forte mobilisation du MEAH pour sécuriser l’approvisionnement en eau

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À l’approche de la période d’étiage, le ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène (MEAH) multiplie les interventions pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable.

Réhabilitation des installations, nouveaux forages, remplacement des conduites et renforcement des capacités : le dispositif mis en place par le gouvernement, à travers le ministère de tutelle dirigé par la Dr Anjaratiana Elia Minosoa Razafindrianiaina, concerne Antananarivo et plusieurs régions du pays. Si, chaque année, la baisse saisonnière des ressources en eau place les systèmes d’approvisionnement sous pression, cette fois, le MEAH veut anticiper. Dans la capitale, où les perturbations peuvent rapidement affecter des milliers d’usagers, plusieurs chantiers considérés comme prioritaires sont engagés. L’on peut citer l’accélération de l’achèvement de l’UTC 1 000 de Mandroseza, ainsi que la réhabilitation des unités d’Andohan’i Mandroseza, d’Ankadindratombo et de Tanjombato. La production de Mandroseza II Bis va également être améliorée, tandis que la station de traitement de Mandroseza fait l’objet d’une rénovation. Même cas à Faralaza, où les capacités de production sont renforcées. Des équipements et groupes électrogènes sont parallèlement déployés sur plusieurs sites stratégiques, dont Talatamaty, Itaosy, Anosizato et Sabotsy Namehana. Il en va de même pour le remplacement des canalisations vieillissantes d’Antananarivo.

Étendues

La mobilisation dépasse toutefois la capitale. Le MEAH fait état d’opérations de remplacement d’équipements et de conduites, notamment à Toamasina, Mahajanga, Marovoay, Antalaha, Nosy Be, Maintirano et Ampanihy. Des infrastructures et des extensions de réseaux sont également réalisées à Soalala, Manakara, Mananjary ou encore Ambalavao. Dans les efforts d’amélioration de l’approvisionnement en eau, les forages constituent un autre levier. Plusieurs infrastructures sont mises en place dans les régions Atsimo-Andrefana, Androy et Anosy, ainsi qu’auprès des universités. Et, dans la même logique, le département ministériel prévoit de poursuivre son appui à la JIRAMA par l’acquisition de matériels et de nouvelles conduites. Cette forte mobilisation est destinée à limiter les ruptures d’approvisionnement lorsque l’étiage atteindra sa phase la plus critique.

José Belalahy

Agriculture urbaine : 103 femmes deviennent les nouvelles ambassadrices de la capitale 

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Les nouvelles ambassadrices de l’agriculture urbaine.
Les nouvelles ambassadrices de l’agriculture urbaine.

Dans une capitale où l’urbanisation rapide réduit les espaces cultivables, l’agriculture urbaine devient un levier essentiel pour améliorer l’alimentation des ménages. Les chiffres restent préoccupants : 37% des enfants de moins de cinq ans souffrent de retard de croissance et plus d’un quart des femmes en âge de procréer sont anémiées. Face à ces défis, le projet Aintsoa accompagne depuis 2023 plus de 800 familles vulnérables, en plaçant les femmes au cœur de la stratégie. 

L’approche repose sur l’idée de produire davantage de légumes en ville, même lorsque l’espace est limité. Les ménages ont été organisés en groupes et ont désigné, au sein de chacun, une Femme Relais de l’Agriculture Urbaine (FRAU). Ces femmes, bénévoles, ont pour mission de promouvoir l’agriculture urbaine dans leurs quartiers, d’encourager les familles à poursuivre leurs activités de jardinage et de susciter l’adoption de ces pratiques par d’autres. 

Le projet franchit une étape majeure avec la sortie officielle de 103 FRAU, portée hier par le Gret, en partenariat avec la Commune urbaine d’Antananarivo, et financée par l’AFD. Formées au leadership féminin et aux techniques de jardinage urbain, elles deviennent de véritables ambassadrices du bio, dans un contexte où la santé impose de bannir les engrais chimiques. « Pas d’engrais chimiques, uniquement du compost et du fumier de bœuf », ont-elles témoigné, affirmant leur engagement pour une agriculture saine et durable durant la cérémonie d’hier.

Équipées de kits de sensibilisation, elles incarnent une dynamique citoyenne qui dépasse le projet. La CUA est désormais appelée à poursuivre leur accompagnement technique afin de pérenniser les acquis et de renforcer la sécurité alimentaire des quartiers d’Antananarivo. 

Hanitra Andria