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samedi, octobre 17, 2026
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Avarabohitra-Andranonahoatra : Un conducteur en état d’ivresse dans une collision entre deux Sprinter

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Trois personnes ont été blessées et deux véhicules de transport en commun fortement endommagés dans une collision survenue vendredi soir sur la RIP 13, à l’endroit appelé Sinoa Avarabohitra, dans la commune d’Andranonahoatra. La conduite en état d’ivresse, la vitesse et l’inattention figurent parmi les causes relevées par les premiers constats.

La soirée du vendredi 28 août 2026 a été marquée par un violent accident de la circulation à Sinoa Avarabohitra, fokontany d’Avarabohitra, commune d’Andranonahoatra, dans le district d’Antsimondrano. Il était environ 19h30 lorsque deux Sprinter de transport en commun, circulant en sens opposés, sont entrés en collision sur la RIP 13, une route reliant notamment Andranonahoatra et Ampitatafika. Selon les premiers éléments recueillis sur place, les deux véhicules auraient circulé à vive allure au moment où ils se sont croisés. L’un, en provenance d’Antanimenakely et se dirigeant vers Andranonahoatra, aurait empiété sur la partie gauche de la chaussée. Le second véhicule, venant d’Andranonahoatra en direction d’Ampitatafika, aurait tenté de l’éviter. La vitesse des deux véhicules n’aurait toutefois pas permis d’éviter la collision. Le choc a été particulièrement violent. Les deux véhicules ont subi d’importants dégâts au niveau de leur partie avant. Trois passagers du Sprinter de la ligne D ont par ailleurs été blessés. Les victimes ont été rapidement prises en charge et évacuées vers un établissement de soins. Elles présenteraient différentes blessures, dont une blessure à la bouche pour une femme âgée de 75 ans, une légère blessure au côté gauche pour une passagère de 25 ans, et une blessure à la jambe gauche pour un homme de 26 ans.

Conducteur en état d’ivresse

Trois éléments de la gendarmerie, issus de la zana-tobim-paritra d’Ambohimamory, se sont immédiatement rendus sur les lieux. Ils ont procédé aux constatations, porté secours aux blessés et assuré la régulation de la circulation afin d’éviter la formation d’un important embouteillage. Les constatations effectuées après l’accident auraient également permis de relever que le conducteur du Sprinter de la ligne D reliant Tana à Ivato était en état d’ivresse au moment des faits. La conduite sous l’emprise de l’alcool, conjuguée à la vitesse et au manque de prudence, fait ainsi partie des éléments examinés dans le cadre de l’enquête. Les deux conducteurs ont été placés sous surveillance et les deux véhicules accidentés ont été conduits à la fourrière, conformément aux mesures prises à la suite de l’accident. Des comptes rendus ont également été transmis aux responsables hiérarchiques concernés. Une sensibilisation des usagers de la route a par ailleurs été effectuée sur place, notamment sur les dangers liés à la vitesse et à la conduite sous l’emprise de l’alcool. L’enquête est désormais menée par la zana-tobim-paritra d’Ambohimamory afin de déterminer avec précision les circonstances et les responsabilités dans cet accident.

T.M.

Bejofo-Betsiboka : Kapiteny sandoka nampidirina am-ponja vonji-maika

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Lehilahy nisandoka kapiteny no naiditra am-ponja vonjimaika rehefa nanao tsindry azo lena tao amin’ny karieram-bolamena. Taorian’ny fahatrarana sy ny fanokafana fanadihadiana nataon’ny mpitandro ny filaminana an’ilay lehilahy iray nisandoka kapiteny manoninana ho ao amin’ny tafika Malagasy, izay nilaza iraka avy any ambony nanao tsindry azo lena ny mpiasa volamena ao Bejofo, fokontan’Ampotaka andrefana, kaominina ambanivohitra Antsiafabositra, disitrikan’i Maevatanàna, ato anatin’ny faritra Betsiboka dia nanao fidinana ifotony niarahana ny lehiben’ny faritra sy ireo mpikambana eo anivon’ny OMC, ny Alarobia faha 26 Aogositra taona 2026 teo. Napetraka nandritra izany ny fiaraha-momina mirindra ao amin’ny tobim-bolamena iray, ary natao tamin’ny toby hafa izany ho an’ireo olona mivezivezina miditra sy mivoaka. Tetsy an-dany dia nametrahana  » Perception à la source  » ihany koa ny tao amin’ity karieram-bolamena iray ity mba hafahan’ny faritra sy ny kaominina mahazo tamberim-bidy. Nampitandrina ireo manao ny kely tsy mba mamindro sy ny fanam-param-pahefana atao amin’ny mpitrandraka volamena ireto farany, rehefa naharay ny fitarainana mialohan’izao fidinana ifotony izao. Aok’izay ny fanononana anarana tompon’andraikim-panjakana hoentina hanaovana tsindry azo lena sy atao hahazoana volamena. Afaka mitoroka ny rehetra raha sendra mahita trangan-javatra tsy mifaranaka amin’ny lalàna eto amin’ny tany sy ny firenena, raha ny fanazavana hatrany. Nankasitran’ireo mponina mpiasa volamena ny fihetsika sy ny fanam-pahan-kevitra noraisin’ireo mambran’ny OMC Betsiboka. Eto am-pamaranana ny lahatsoratra dia tsara ny mampahafantatra, fa efa naiditra am-ponja vonjimaika ny andron’ny Alarobia teo ilay lehilahy nisandoka kapiteny manao fanamina miaramila mitondra galona Lietina, taorian’ny fanolorana azy teny amin’ny fampanoavana.

Ratantely

Kick-boxing – « Ala Vela International » :Sarobidy victorieux par K.O face à Maillot Adrien

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L’Ala Vela local n’est pas en reste au Petit Palais.
L’Ala Vela local n’est pas en reste au Petit Palais.

Le Petit Palais de Mahamasina a accueilli samedi le tournoi de kick-boxing « Ala Vela International », véritable vitrine des échanges sportifs entre Madagascar, La Réunion et Maurice. Avec 24 combats au programme, dont cinq confrontations directes entre les îles sœurs, la soirée a offert des duels intenses et spectaculaires. Si Maurice et La Réunion ont décroché trois victoires, Madagascar a brillé grâce au triomphe de Sarobidy par K.O, confirmant la montée en puissance du kick-boxing national et l’importance des échanges régionaux pour hisser l’océan Indien sur la scène internationale.

Le Petit Palais de Mahamasina était en effervescence ce samedi lors du tournoi de kick-boxing « Ala Vela International », organisé par la Ligue Analamanga en étroite collaboration avec la Fédération malgache. Pas moins de 24 combats ont été disputés, dont cinq confrontations directes entre Madagascar et les délégations venues de La Réunion et de Maurice. Les îles sœurs ont remporté trois victoires. Chez les filles, en K1 -48 kg (classe B), Annya, de Maurice, s’est imposée par K.O au 3e round face à Isaia. En low-kick -42 kg (classe A), Warren, de La Réunion, a battu Judicael aux points. Samuel, également réunionnais, a dominé Michel en K1 -71 kg (classe C). Mais Madagascar a répliqué grâce à Christien, vainqueur aux points contre Arnoh, de Maurice, en K1 -77 kg (classe B). Enfin, le duel phare opposant Sarobidy à Maillot Adrien (-71 kg, classe A) a tenu toutes ses promesses : sans casque ni protège-tibias, les deux combattants ont livré un affrontement intense. Après un premier round équilibré, Sarobidy a profité d’un relâchement de son adversaire pour enchaîner les coups et l’emporter par K.O au deuxième round, déclenchant l’ovation du public. « Très belle organisation, des combats de haut niveau. Ces échanges entre Madagascar, La Réunion et Maurice nous permettent de progresser ensemble. Battre un Malgache est une fierté, car leur niveau est déjà très élevé », a souligné Jean Bernard Sautron, chef de la délégation réunionnaise.

De son côté, Voary Pierre, président de la Ligue Analamanga, a insisté sur la nécessité de renforcer la maîtrise du K1 et la gestion du stress en compétition : « Nos athlètes sont talentueux, mais il faut mieux gérer la pression du ring. Les échanges se poursuivront : rendez-vous à Maurice le 3 octobre et à La Réunion le 6 novembre ». Outre les combats internationaux, les affrontements locaux ont marqué la soirée. Fandresena (Tamatave) a battu Mahandry (KFMA) en -51 kg, Mirado (Andrefana) s’est imposé face à Maxime (Avaratra) en -54 kg, Franck (Moramanga) a dominé Dominique (SANDA), tandis que Mendrika (Antsirabe) a vaincu Jenny (Scorpion) chez les filles. Ce gala confirme la montée en puissance du kick-boxing malgache et l’importance des échanges régionaux pour hisser l’océan Indien sur la scène internationale.

Heriniaina Samson

Kids Championship : La relève du pancrace et du MMA assurée

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La première édition du tournoi inédit consacré aux jeunes pratiquants de pancrace et de MMA, « Kids Championship », organisé par la Commission malgache du pancrace et de la submission (CMPS), a tenu toutes ses promesses en réunissant minimes, cadets et benjamins, filles comme garçons, pour un total de 56 combats disputés. « Cette compétition a été conçue pour évaluer le niveau des enfants et identifier les futures générations de combattants. Les performances qu’ils ont montrées sur le ring dépassent largement ce que nous leur avons enseigné », a souligné Mely Zafindranaivo, président de la commission. Pour cette première, l’organisation a fourni l’équipement de base – gants, casques, coquilles et shorts – afin de garantir la sécurité des jeunes athlètes. Le responsable a également lancé un appel à la solidarité : « Il n’est pas facile de trouver du matériel adapté aux enfants. Nous espérons que des partenaires généreux viendront nous soutenir pour poursuivre cette mission ». Au-delà de la compétition, ce rendez-vous marque une étape importante dans la structuration du pancrace et du MMA à Madagascar, en offrant aux jeunes un cadre éducatif et sportif. La prochaine échéance est déjà fixée : le 18 octobre, la CMPS convie les passionnés au tournoi MPC, prévu au gymnase couvert de Mahamasina.

Heriniaina Samson

FIFAe Continental Championship : JZ Rayan et Roberto SK sacrés champions d’Afrique en 2v2

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Madagascar a remporté le FIFAe Continental Championship Africa 2026, à Casablanca, grâce à la victoire de son duo Roberto SK et JZ Rayan, qui s’est imposé face au Maroc en finale. Ce sacre offre aux deux joueurs malgaches le titre de champions d’Afrique et leur qualification pour les FIFAe Finals 2026 en Arabie saoudite.

Deux Malgaches ont écrit l’histoire ce week-end à Casablanca. JZ Rayan (Herilanto Mamitiana Ralainaivo) et Roberto SK (Manu Rakotoarison) ont remporté le titre de champions d’Afrique en 2v2 lors du FIFAe Continental Championship Africa 2026, organisé du 27 au 29 août au Maroc. Face à 48 participants, le duo a battu le Maroc en finale. Triple champion d’Afrique en 1v1, Rayan ajoute désormais un sacre continental en double. « Je ne parle pas seulement pour moi. Je parle pour tout un continent. L’Afrique a du talent. L’Afrique a des champions. L’Afrique compte des millions de joueurs passionnés. L’Afrique a déjà prouvé qu’elle a sa place sur les plus grandes scènes de l’eFootball. Et pourtant, nous continuons de concourir sans les conditions que nous méritons. Nous avons joué avec une latence énorme. Nous nous sommes battus contre des connexions injustes. Et nous sommes quand même devenus champions. Imaginez ce que les joueurs africains pourraient accomplir avec un serveur africain dédié. Nous ne demandons pas un avantage. Nous demandons l’équité. Nous voulons avoir la possibilité de concourir à la Coupe du monde FIFAe dans les mêmes conditions compétitives que les joueurs des autres régions », a déclaré le joueur. Madagascar, engagée en eFootball Mobile et sur console, joue gros : une qualification aux FIFAe Finals 2026. Ce sacre en 2v2 confirme le niveau des représentants de la Grande Île sur la scène africaine.

Heriniaina Samson

JIOI 2027 : Madagascar reste silencieux par rapport au regroupement

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À moins d’un an des Jeux des îles de l’océan Indien, prévus du 10 au 19 août 2027 aux Comores, le flou persiste autour de la préparation de la délégation malgache. Pendant que les autres îles affinent leur dispositif, Madagascar peine encore à afficher une véritable feuille de route.

Le temps presse. À moins d’un an du rendez-vous régional, Madagascar ne donne toujours pas le sentiment d’avoir véritablement enclenché la machine des Jeux des îles. Aucun grand regroupement national annoncé, aucun calendrier global de préparation rendu public, encore moins de dispositif clairement affiché concernant l’accompagnement des athlètes et des fédérations. Le contraste avec les îles voisines commence à devenir préoccupant. Aux Seychelles, les instances sportives ont déjà réuni les fédérations nationales en avril dernier afin de faire le point sur la préparation, avec une échéance fixée pour la transmission des listes d’athlètes. À Maurice, le ministère des Sports a lancé le regroupement des athlètes samedi. La Réunion, de son côté, a déjà enclenché plusieurs préparations dans différentes disciplines. L’île dispose notamment d’un travail de détection et de regroupements en athlétisme.

À Madagascar, quelques disciplines commencent certes à se mobiliser, sans vraiment de directives de l’État. Les championnats nationaux d’athlétisme ont notamment servi de cadre à la détection, avec des regroupements annoncés pour les prochains mois. Mais ces initiatives restent dispersées et ne semblent pas encore s’inscrire dans une stratégie nationale clairement lisible. Le paradoxe est pourtant saisissant. Madagascar sort d’une édition 2023 triomphale à domicile et a terminé à la première place. Mais gagner à domicile est une chose, confirmer à l’extérieur en est une autre. Dans l’histoire des Jeux, Madagascar n’a remporté le classement général qu’à trois reprises, toujours lorsque le pays accueillait la compétition. Aux Comores, le compte à rebours est désormais lancé. Le pays hôte accélère ses préparatifs et travaille sur ses infrastructures.

T.H

Motocross – MXoAN : Madagascar décroche la 3ᵉ place en MX2

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Le circuit de Gallina Motocross Park, à Windhoek en Namibie, a vibré les 29 et 30 août lors du Motocross of African Nations (MXoAN). Face à plus de 180 pilotes venus de neuf nations africaines, Madagascar a tenu son rang en alignant six représentants. En catégorie élite MX1, Claudio Tida (Fantic 450) et Mathias Plantive (Husqvarna 450) ont malheureusement dû abandonner avant la fin. Mais en MX2, les performances ont été plus encourageantes : Steven Karnezis (Fantic 250) a terminé 12ᵉ, tandis que Jeremy Rakotoarimanana (KTM 250) s’est hissé à une brillante 6ᵉ place. Grâce à ces résultats, Madagascar a décroché la troisième position du classement général MX2, avec un total de 42 points, derrière l’Afrique du Sud (101 points) et le Zimbabwe (69 points). La relève n’a pas démérité non plus. En 125cc, Sincère Leung Yen s’est classé 8ᵉ et Lucas Szmurlo 23ᵉ. Ensemble, ils ont permis à Madagascar de se positionner à la 5ᵉ place du classement par équipes dans cette catégorie. Malgré les abandons en MX1, la détermination des pilotes et la progression des jeunes talents confirment que la Grande Île est désormais un acteur crédible dans les compétitions continentales.

Heriniaina Samson

Pétanque : Ravaka et Kaleba appellent à l’apaisement

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Le monde de la pétanque malgache traverse une zone de turbulences. Face aux tensions et aux polémiques qui agitent la discipline, deux figures emblématiques, Ravaka Andriantsiferana et Zoki Kaleba, ont pris la parole dimanche lors du tournoi spécial de rentrée scolaire au boulodrome Arcadia, à Analakely. Leur message : un appel solennel au calme et à la cohésion. Ravaka a tenu à clarifier les règles entourant le tournoi à points organisé par la LSBA, rappelant qu’il s’agit d’une compétition régionale, indépendante du classement national, et destinée à promouvoir les joueurs de la ligue. « Nous avons choisi de garder le silence jusque-là, mais aujourd’hui nous avons une responsabilité : expliquer, apaiser et défendre l’intérêt de la pétanque », a-t-il affirmé.

Les deux hommes ont ensuite rappelé leur engagement de longue date pour la discipline : sacrifices personnels, soutien aux clubs et aux joueurs, organisation de tournois et accompagnement des talents. « Nous avons toujours œuvré par amour pour la pétanque malgache, malgré les critiques, les sanctions et même les attaques sur les réseaux sociaux. Mais nous n’avons jamais cessé d’avancer », ont-ils insisté.

Dans un discours empreint de métaphores familiales, Ravaka et Kaleba ont exhorté les dirigeants, les clubs et les athlètes à dialoguer, à écouter et à rechercher des solutions rapides. « La pétanque est une grande famille. Sans écoute ni respect, elle risque de se diviser. Nous appelons chacun à la responsabilité et au fair-play », ont-ils conclu, invitant les clubs et les patrons à poursuivre leurs efforts pour soutenir les joueurs, qu’ils soient jeunes espoirs ou expérimentés. Un message fort, qui résonne comme une alerte, mais aussi comme une main tendue pour préserver l’unité et l’avenir de la pétanque malgache.

Heriniaina Samson

Diego-Suarez : L’osmose culturelle en mouvement

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Le oadraha (wadrà) mahorais est presque devenu une danse, patrimoine commun de l’indianocéanique.
Le oadraha (wadrà) mahorais est presque devenu une danse, patrimoine commun de l’indianocéanique.

La culture n’est jamais figée, enfermée dans un tiroir poussiéreux. Elle avance avec le temps, absorbe, emprunte, transforme et abandonne parfois ce qui appartient à une autre époque. Elle se nourrit des rencontres, des déplacements, des échanges et même des contradictions. C’est cela, l’osmose culturelle.

Diego-Suarez n’échappe pas à cette dynamique. Sa position géographique, son histoire et ses brassages successifs font que la cité de Varatraza demeure un véritable carrefour de l’espace indianocéanique. Les immigrants n’ont pas emmené que leurs bagages. Ils ont apporté avec eux leur patrimoine immatériel, à savoir la langue, les croyances, les goûts et les sonorités. Par conséquent, la pointe nord de Madagascar devient un point de jonction où les diverses traditions se croisent. Ainsi, les cultures malgache, comorienne, mahoraise, réunionnaise, seychelloise, mais aussi d’autres influences venues de plus loin, ont laissé leurs empreintes dans les habitudes quotidiennes, les mots, la musique, la cuisine, les vêtements et jusque dans les imaginaires. Il faut alors regarder cette réalité avec un peu plus de hauteur. Ce qui se construit aujourd’hui ne peut pas être enfermé dans l’ancienne logique du « malgache à 100% ». Une culture qui refuse tout contact finit par se momifier. Elle est vivante en se confrontant à son époque, s’adapte à son environnement et trouve de nouvelles manières de continuer à exister.

À Diego, le salegy, l’antsa, le tsapiky et d’autres expressions musicales traditionnelles continuent de faire vibrer les cérémonies, les fêtes et les rassemblements populaires. Toutefois, d’autres sonorités apparaissent… Les jeunes ne vivent plus exactement dans le même univers culturel que leurs parents. Ces derniers, eux-mêmes, n’étaient déjà plus tout à fait ceux de la génération précédente. « L’important est ailleurs : savoir ce que nous sommes, sans avoir peur de ce que nous devenons. Préserver une mémoire ne signifie pas refuser toute évolution. Le patrimoine n’est pas une pièce de musée que l’on contemple derrière une vitrine. Il respire, se transforme et se transmet », argumente le sociologue Dr Salazin Andriamitarika. Bien entendu, cela ne signifie pas qu’il faudrait tout accepter au nom de la modernité. Une société qui oublie ses racines risque de perdre les repères qui lui permettent, en effet, de comprendre son chemin. Mais préserver ne veut pas forcément dire figer. La mémoire peut être une boussole sans devenir une chaîne.

La Grande île est depuis longtemps une terre de rencontres. Diego-Suarez en est une illustration particulière. Les influences ne font pas toujours disparaître les anciennes pratiques. Elles les déplacent, les mélangent. Une chanson peut porter une vieille mémoire sur une rythmique nouvelle. Un mot venu d’ailleurs peut finir par appartenir au langage quotidien.

L’identité culturelle n’est donc pas une photographie jaunie que le temps devrait conserver intacte. Elle ressemble davantage à un fleuve : il garde son nom, son eau n’est jamais exactement la même.

Iss Heridiny

Mr Sayda :  Le silence n’a jamais enterré le rap.

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Le mercredi 26 août, le chanteur a fait parler son mur Facebook. Pas avec une longue annonce, encore moins avec une campagne de communication savamment orchestrée : juste un single.

Quelques minutes de musique pour rappeler à ceux qui auraient pu l’oublier que le rap n’est jamais très loin de lui. « Misé Milay 2.0 », présenté par Mr Sayda comme la suite de « Losa », arrive ainsi comme un retour de flamme, aussi discret dans la forme que brûlant dans le fond.

Dès les premières mesures, le ton est donné. Les mots claquent, les rimes s’entrechoquent et les jeux de mots s’emboîtent comme des lames bien aiguisées. Sur une cadence néo-boom-bap, le poète urbain déroule une prose qui ne cherche pas à caresser les oreilles. Le morceau avance avec cette mécanique particulière du rap où chaque syllabe peut devenir une arme qui tire à bout portant. Cette démonstration technique exprime, en quelque sorte, une « belle rage » longtemps contenue, peut-être nourrie par les années de recul.

En outre, dans « Misé Milay 2.0 », Sayda réaffirme sa place dans le game. Une manière de dire qu’il n’a pas quitté le terrain, même lorsqu’il s’est éloigné des projecteurs. Absent des radars ne veut pas dire qu’il n’est plus à la mode : voilà l’une des principales lectures de ce nouveau single. Pendant que certains occupent l’espace à coups de sorties successives, Mr Sayda préfère prendre de l’élan momentanément pour revenir avec quelque chose de pesant. D’ailleurs, le gars a pris du poids, au sens strict comme au sens figuré du terme. En fait, c’était une période pour écouter et écrire.

La réception du single n’a, bien entendu, pas tardé. Après sa publication, les réactions et les commentaires se sont multipliés. Des rappeurs malgaches ont salué les punchlines, preuve que sa plume continue de faire hocher positivement des têtes. Dans un milieu où l’actualité musicale file à grande vitesse, quelques mesures peuvent parfois suffire à rappeler une signature. Mr Sayda revient ainsi avec ce qu’il semble avoir accumulé pendant son retrait.

En revanche, il n’a pas perdu le goût du verbe, paraissant avoir laissé mûrir sa matière avant de la servir à ses aficionados. En d’autres termes, il y a ce contraste qui fait aussi son personnage. Le monsieur au chapeau Panama n’est pas condamné à écrire des histoires de love et des mélodies à faire chavirer les cœurs. Il a l’élégance du couvre-chef, une mâchoire de prédateur. Quand il le faut, le lover peut devenir féroce comme un fosa.

Dans « Misé Milay 2.0 », il rappelle surtout une vieille règle du rap : on peut quitter le bruit, mais pas nécessairement la culture. Certains se taisent et, lorsqu’ils reprennent le mic, le silence lui-même devient une partie du morceau.

Iss Heridiny