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dimanche, octobre 18, 2026
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Sécurité alimentaire : Une nouvelle soudure se profile à l’horizon

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L’accalmie pourrait être de courte durée. Après les dernières récoltes, la situation alimentaire devrait de nouveau se tendre dans plusieurs régions de Madagascar à partir d’octobre. Dans le Grand Sud, l’épuisement des stocks, la faiblesse des revenus et les incertitudes climatiques font craindre une nouvelle période difficile jusqu’au début de 2027.

La situation alimentaire s’est légèrement améliorée à Madagascar après les dernières récoltes, mais cette amélioration pourrait ne pas durer. Selon une analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un système international utilisé pour mesurer la gravité des crises alimentaires, environ 2,12 millions de personnes devraient se trouver, entre juin et septembre 2026, dans une situation nécessitant une aide alimentaire urgente ou risquant de l’être. La lecture de cette analyse fait savoir que ce chiffre est en baisse par rapport aux 2,57 millions de personnes concernées entre mars et mai derniers. Mais derrière cette amélioration nationale se cachent de fortes disparités régionales.

Sous pression

Le signal d’alerte est particulièrement préoccupant dans le Grand Sud. Quelque 183 000 personnes y sont classées dans une situation « d’urgence alimentaire », c’est-à-dire confrontées à des difficultés telles qu’une réduction importante de la quantité ou de la qualité des repas, et un recours à des stratégies de survie. Elles étaient environ 25 000 lors de la période précédente. L’organisation FEWS NET, un réseau spécialisé dans l’analyse et l’anticipation des crises alimentaires, estime qu’une « période de soudure précoce pourrait désormais se développer entre juillet 2026 et janvier 2027 ». Les réserves alimentaires des ménages pauvres risquent de s’épuiser avant les prochaines récoltes.

À surveiller. La situation pourrait encore se dégrader entre octobre 2026 et janvier 2027, période correspondant au cœur de la prochaine soudure. L’IPC estime qu’environ 3,72 millions de personnes pourraient alors être confrontées à une situation d’insécurité alimentaire aiguë nécessitant une assistance, dont près de 426 000 en situation d’urgence. Plusieurs facteurs pourraient accentuer la pression, entre autres : la hausse saisonnière des prix, les revenus insuffisants, les stocks limités ainsi que les incertitudes concernant le début de la prochaine saison des pluies. FEWS NET évoque notamment le risque d’un démarrage retardé des pluies dans un contexte climatique influencé par le phénomène El Niño. Dans un tel schéma, la question se pose : comment éviter que la prochaine soudure ne se transforme en nouvelle crise alimentaire ?

José Belalahy

Nécrologie du 20 août 2026

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Football – FIFA U15 World Cup & Festival : Les jeunes joueurs malgaches au rendez-vous d’Azerbaïdjan

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Des jeunes joueurs issus du TDS parmi les équipes à sélectionner pour ces rendez-vous internationaux.
Des jeunes joueurs issus du TDS parmi les équipes à sélectionner pour ces rendez-vous internationaux.

Après deux éditions réussies de l’Indian Ocean U15 Festival, organisé à Madagascar en 2024 puis à Maurice en 2025, la compétition franchit un cap en 2026. Elle devient désormais la FIFA U15 World Cup & Festival, réunissant la majorité des associations membres de la FIFA. Un rendez-vous planétaire qui se tiendra du 22 au 31 octobre en Azerbaïdjan, catégorie U15 garçons. Pour Madagascar, c’est une nouvelle opportunité de mettre en lumière ses jeunes talents.

La FMF prépare une sélection nationale U15 composée de joueurs issus du Talent Development Scheme, mais aussi de jeunes évoluant dans les clubs locaux et à l’étranger. L’objectif est clair : offrir à ces adolescents une première expérience internationale et les confronter au haut niveau. « Madagascar prendra également part au prochain COSAFA U17, poursuivant ainsi son engagement dans les compétitions de jeunes. La préparation débutera dès la rentrée scolaire, avec l’utilisation des infrastructures du CTN Carion », souligne la FMF.

Au-delà des résultats, cette aventure incarne une dynamique nouvelle : celle d’un football malgache qui croit en sa jeunesse, qui investit dans la formation et qui rêve de voir ses talents briller demain sous les couleurs des Barea.

Heriniaina Samson

Masters de Pétanque : Les Étoiles du Sud d’Yves, de Zigle au Final Four 

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Malgré une défaite en demi-finale à Rognac, les Étoiles du Sudd’Yves, Zigle et Fara ont validé leur billet pour le Final Fourdes Masters de pétanque 2026. Leaders au classement général avec 46 points, ils s’assurent déjà une place dans le carré final, symbole de la régularité et de la combativité de cette équipe africaine qui porte haut les couleurs malgaches.

La sixième étape des Masters de Pétanque 2026, disputée à Rognac, a tenu toutes ses promesses. Les Étoiles du Sud, formation africaine composée d’Yves Rakotoarisoa, Zigle Rakotondrainibe et Fara N’Diaye, ont connu un parcours semé d’embûches mais ont su arracher leur qualification pour le prestigieux Final Four. Après une victoire convaincante face à l’équipe Zigler (13-8), les Étoiles du Sud ont cédé contre l’équipe Rocher (7-13), les obligeant à passer par les barrages. Dans ce match couperet, Yves, Zigle et Fara ont retrouvé leur efficacité et se sont imposés 13-3 face à Zigler, validant ainsi leur ticket pour les demi-finales. Mais la suite fut plus cruelle : après 15 mènes intenses, ils se sont inclinés 11-13 contre l’équipe Doerr (Racle, Doerr, Magny et Rousseau), qui rejoignait la Dream Team en finale.

La Dream Team, déjà victorieuse à Santa Susanna, a confirmé sa montée en puissance. Elle s’est imposée en demi-finale contre Rocher (13-6) avant de dominer Doerr en finale (13-4), signant une deuxième victoire consécutive et s’affirmant comme l’un des outsiders les plus dangereux de cette édition.

Au classement général, les Étoiles du Sud restent leaders avec 46 points, assurant leur présence au Final Four. Derrière, Bonetto (39 pts) conserve la deuxième place, tandis que Dream Team et Rocher se partagent la troisième marche avec 36 points chacun. Zigler suit de près (34 pts), Doerr reste à 29 points et l’Allemagne ferme la marche avec 6 points. La dernière étape, prévue à Nevers les 26 et 27 août, s’annonce décisive pour déterminer les quatre équipes qui rejoindront les Étoiles du Sud dans l’ultime carré des Masters 2026.

Heriniaina Samson

Société civile : Concertations régionales dans le Fitovinany et la SAVA

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Les membres de la société civile de la région Fitovinany pendant les concertations.
Les membres de la société civile de la région Fitovinany pendant les concertations.

La société civile entre à son tour dans le débat sur la « refondation » du pays. Dans le Fitovinany, une concertation nationale consacrée aux organisations de la société civile s’est ouverte officiellement, mardi dernier, tandis que la région SAVA a lancé, le même jour à Sambava, sa propre concertation régionale. Dans les deux cas, l’objectif affiché est le même, selon les informations diffusées. Il s’agit de « faire remonter les propositions des acteurs de terrain dans les discussions sur l’avenir de Madagascar ». Pendant trois jours, des représentants issus de différents secteurs et structures de la société civile se réunissent dans le Fitovinany. Ils sont appelés à exprimer leurs préoccupations, partager leurs expériences et surtout participer aux échanges consacrés aux perspectives du pays. L’initiative entend donner une place plus importante à la société civile dans le processus politique en cours. Les organisateurs soulignent son rôle de « force majeure et de partenaire de la construction et du développement, aussi bien à l’échelle régionale que nationale ». Elles veulent faire entendre leur voix et soutiennent que « la refondation ne peut pas se limiter aux institutions et aux responsables politiques ».

La SAVA entre également dans la danse

À plusieurs centaines de kilomètres de là, la région SAVA a également enclenché sa propre dynamique. La concertation régionale de la société civile (FMP) s’est ouverte officiellement le 18 août à Sambava. Elle se déroule elle aussi sur trois jours. Cette succession de rencontres entend mobiliser des acteurs non étatiques autour du processus de « refondation ». Après les consultations consacrées à d’autres composantes de la société, la société civile est désormais appelée à mettre ses propositions sur la table. Reste désormais à savoir quelle place concrète ces contributions occuperont dans la suite du processus. Car au-delà des discours et des rencontres, l’enjeu sera de transformer les recommandations issues des régions en propositions susceptibles d’influencer les décisions nationales. Du Fitovinany à la SAVA, la société civile veut donc peser dans le débat. Les consultations régionales sont lancées. La prochaine bataille sera celle de la prise en compte effective de leurs conclusions.

Recueillis par Rija R.

Coopération France-Madagascar : Bruno Fuchs chez Michaël Randrianirina

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Le député français, émissaire de Paris dans le dossier malgache, a rencontré Michaël Randrianirina à Ambohitsorohitra.
Le député français, émissaire de Paris dans le dossier malgache, a rencontré Michaël Randrianirina à Ambohitsorohitra.

La France veut préserver sa place à Madagascar. Mais le terrain diplomatique a changé. Avec un pouvoir malgache qui entend négocier avec tout le monde, Paris devra désormais composer avec Moscou.

Depuis le départ d’Andry Rajoelina, le pouvoir malgache diversifie ses partenariats et ouvre davantage ses portes à la Russie, désormais présente dans les choix stratégiques du pays. Un choix qui est, d’ailleurs, assumé par les nouveaux dirigeants. La visite, mercredi 19 août, d’une délégation de l’Assemblée nationale française conduite par Bruno Fuchs, président de la commission des affaires étrangères, prend ainsi une dimension particulière. Derrière le discours sur la « coopération historique », se joue aussi une bataille d’influence. Reçu par le chef de l’État, Michaël Randrianirina, Bruno Fuchs a placé la coopération bilatérale au cœur des échanges. La présidence malgache insiste sur la volonté des deux pays de poursuivre leurs efforts pour renforcer une relation qualifiée d’historique. Un langage diplomatique classique. Mais, sur le terrain, les équilibres évoluent.

La délégation française a également rencontré, le même jour, le ministre des Forces armées, Ely Razafitombo. Un rendez-vous loin d’être anodin, qui s’est déroulé à Ampahibe. La coopération militaire et sécuritaire constitue en effet l’un des principaux leviers de la présence française à Madagascar. Or, depuis le début de l’année, Antananarivo a accéléré la diversification de ses partenariats, notamment avec Moscou. La montée en puissance russe constitue désormais l’un des principaux changements du paysage diplomatique malgache. Coopération militaire, équipements, relations politiques et rapprochement économique : Moscou cherche à consolider son influence, tandis que le pouvoir malgache affiche une volonté claire de ne plus dépendre d’un seul partenaire.

Monopoles

Le message est d’ailleurs venu directement du président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, lors de sa rencontre avec la délégation française, mardi 18 août, à Tsimbazaza. Réputé proche de la Russie, le président de la Chambre basse a défendu une ligne d’ouverture tous azimuts. Madagascar, a-t-il affirmé, est « ouvert à toutes les relations », travaille avec « tous les pays » et ne rejette aucunement la France. Une manière de rappeler que l’ouverture à Moscou ne signifie pas, officiellement, la fermeture de la porte française. Mais le message comporte une autre dimension. Selon les informations diffusées par l’Assemblée nationale à l’issue de cette rencontre à Tsimbazaza, le président de l’Assemblée nationale a indiqué à la délégation française que Madagascar veut mettre fin aux « monopoles » dans tous les domaines afin que tous les partenaires puissent contribuer au développement du pays, alors que les investissements français prennent une place importante dans le tissu économique du pays.

Siteny Randrianasoloniaiko est allé plus loin en appelant la France à renforcer sa présence dans les affaires et les investissements liés aux ressources minières. Une invitation qui révèle l’un des nouveaux champs de bataille de cette concurrence internationale. La France reste donc la bienvenue. Mais elle n’est plus seule. Et surtout, elle n’est plus en situation de quasi-exclusivité dans certains secteurs stratégiques. Le nouveau pouvoir malgache revendique une diplomatie plus ouverte, plus diversifiée et moins alignée sur un partenaire traditionnel. La Russie en profite pour avancer ses pions. La France, elle, tente de préserver ses positions historiques. Le face-à-face n’est pas encore frontal. Les dirigeants malgaches prennent soin de maintenir le discours de l’équilibre. Mais derrière les formules diplomatiques, la compétition est bien réelle en matière de sécurité, de défense, de mines, d’investissements et d’influence politique. Autant de secteurs où Paris et Moscou cherchent désormais à renforcer leur présence. La visite de Bruno Fuchs intervient donc à un moment charnière. La France vient rappeler qu’elle entend rester un partenaire majeur de Madagascar. La Russie, elle, a déjà commencé à occuper davantage d’espace.

Rija R.

Gouvernance locale : L’état-civil au cœur de la citoyenneté et de l’insertion

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Les représentants de la CUA, de l’OIF et du 4ᵉ arrondissement lors de la cérémonie de lancement du projet pilote.
Les représentants de la CUA, de l’OIF et du 4ᵉ arrondissement lors de la cérémonie de lancement du projet pilote.

L’état-civil constitue un enjeu de citoyenneté et d’insertion des jeunes. La Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), l’Association Andrimaso et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) mettent ainsi en œuvre le projet pilote « État-civil et emploi des jeunes de la région Analamanga », lancé en mai 2026 et prévu jusqu’en juin 2027. L’absence d’acte de naissance ou de carte d’identité nationale (CIN) constitue encore un obstacle à l’accès à plusieurs droits et services. Le projet cible 200 jeunes âgés de 18 à 35 ans, issus de milieux vulnérables, avec un accompagnement portant sur la régularisation de l’état-civil et l’insertion professionnelle. La cérémonie s’est tenue en présence du représentant de l’OIF pour l’océan Indien, Traian Laurentiu Hristea, de la secrétaire générale de la CUA, Bao Razafimahefa, du chef du district d’Antananarivo IV, Mahandry Ramanamahefa, et du délégué du 4e arrondissement, Solofoniaina Daniel Ramahandrimanana.

56% de bénéficiaires

Dans le IVe arrondissement, où les femmes représentent 56% des bénéficiaires, des formations ont notamment été dispensées dans la savonnerie et la pâtisserie. L’objectif consiste à renforcer les compétences des bénéficiaires et à leur permettre de développer des activités génératrices de revenus. La régularisation de l’état-civil facilite également l’accès à plusieurs démarches, notamment l’inscription sur les listes électorales, l’accès au crédit et la création d’entreprise. Et de rappeler que l’absence de documents d’identité peut constituer un frein à l’exercice de certains droits et à l’insertion professionnelle. À son avis, cette démarche ne se limite donc pas à une régularisation administrative. Elle touche également à la participation citoyenne et à l’autonomie économique des jeunes. La CUA, l’Association Andrimaso et l’OIF entendent poursuivre cette initiative afin de rapprocher les services administratifs des populations concernées et de favoriser leur intégration dans la vie économique et citoyenne.

Recueillis par Nadia R.

CEM : L’État face aux constatations de l’IGE

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La gestion financière de la Caisse d’épargne de Madagascar (CEM) suscite des interrogations à la suite des constatations de l’Inspection générale de l’État (IGE).

Des montants importants seraient concernés par les observations relevées au sein de l’établissement. La CEM étant placée sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances (MEF), par l’intermédiaire de la Direction générale du Trésor, le silence observé au niveau de ces structures ne manque pas d’interpeller. Aucune réaction officielle n’a, jusqu’ici, été communiquée concernant les éléments relevés par l’IGE. Les constatations de l’IGE soulèvent ainsi la question du suivi de la gestion financière de la CEM.

Transparence

Les responsabilités des autorités de tutelle en matière de contrôle et de supervision de l’établissement sont directement concernées. Et de rappeler que la CEM relève à la fois de la Direction générale du Trésor et du ministère de l’Économie et des Finances. À l’heure où la bonne gouvernance et la transparence sont régulièrement mises en avant, cette absence de réaction suscite des interrogations. À son avis, une telle situation nécessite des explications sur la nature des faits relevés et sur les éventuelles mesures envisagées. Le silence des autorités de tutelle pose également la question de la transparence dans la gestion de l’établissement. En ajoutant que les constatations d’une inspection de l’État ne devraient pas rester sans suite, des éclaircissements sont attendus sur les éventuelles irrégularités relevées. Reste à savoir quelles suites seront données aux observations de l’IGE et si les autorités de tutelle apporteront des explications sur la gestion financière de la CEM.

Recueillis par Nadia R.

Théodore Rasolomanana : « La lourdeur administrative plombe le développement »

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Théodore Rasolomanana, maire de la commune rurale d’Ambodidivaina, multiplie les actions pour se rapprocher de la population.
Théodore Rasolomanana, maire de la commune rurale d’Ambodidivaina, multiplie les actions pour se rapprocher de la population.

Dans le district d’Andapa, la commune rurale d’Ambodidivaina ne se contente pas de rêver de développement : elle le bâtit. Sous la houlette de son maire, Théodore Rasolomanana, élu sous les couleurs du parti ADN, la localité impose sa marque : l’action pure.

« Acta non verba ». Ce n’est pas un simple slogan à Ambodidivaina, c’est une profession de foi. À la tête d’une commune enclavée, Théodore Rasolomanana a compris que, pour changer le quotidien de ses administrés, il ne faut pas attendre les miracles d’en haut. La dernière illustration en date ? Le village d’Ambodisatrana. Le 13 août dernier, la dalle du pont flambant neuf, point névralgique de passage, a été coulée. Adieu le vieux pont de bois précaire, place à une structure pérenne. « Remercions le maire, c’est grâce à lui, sa pioche et son marteau, que cette infrastructure a pu voir le jour », s’enthousiasment les riverains.

Culture ADN

Le bilan de l’édile ne s’arrête pas aux infrastructures. De la réhabilitation de pistes, avec l’appui dynamique des fokonolona, à la distribution de 170 lampadaires pour sécuriser les nuits, en passant par l’octroi de kits scolaires aux nouveaux titulaires du CEPE et la fourniture de matériaux de construction pour les bureaux de fokontany, le maire quadrille le terrain. Pour Théodore Rasolomanana, la proximité est une règle d’or. Sa marque de fabrique ? Ces espaces de concertation où les olo-be et notables villageois scrutent le bilan annuel. « Une culture ADN », précise-t-il, reconnaissant au passage le soutien constant de l’instance dirigeante de son parti. Pourtant, cette énergie débordante se heurte régulièrement à un mur de béton : l’administration centrale.

Lourdeur administrative

Si le maire salue l’utilité du Fonds de développement local (FDL), il ne mâche pas ses mots sur sa mise en œuvre. « C’est nécessaire, certes, mais le dispositif est devenu une usine à gaz », peste-t-il. Entre la complexité du montage des dossiers et l’impossibilité, pour des communes isolées, de trouver des prestataires répondant aux critères stricts du code des marchés, le FDL ressemble parfois à un mirage budgétaire. Mais c’est la lourdeur administrative qui irrite le plus. « On nous demande un NIF-STAT pour l’achat de quelques kilos de clous ou de sable ! C’est déconnecté du réel, c’est humiliant pour des maires qui, faute de formation spécifique, se retrouvent parfois sous le coup de la loi pour des erreurs de procédure administrative », s’indigne l’élu. Pour lui, cette technocratie excessive « asphyxie les initiatives locales ». Il regrette que « la lourdeur administrative plombe souvent le développement ».

Coups bas

Au-delà de la bureaucratie, le maire dénonce un climat politique malsain. Entre les élus qui préfèrent « distribuer des coups bas » plutôt que de collaborer au développement de la circonscription, et les contraintes budgétaires structurelles, la tâche est ardue. « Il n’y a pas d’école pour devenir maire, nous apprenons sur le tas », rappelle-t-il, amer. Pourtant, malgré ces vents contraires, Ambodidivaina persiste. Le pont d’Ambodisatrana reste le symbole de cette résilience. Le message est clair : le développement doit venir de la base. Pour que ces communes rurales puissent réellement décoller, il faudra bien, un jour, que l’administration simplifie ses rouages et laisse respirer ceux qui, au quotidien, font le pays. En attendant, Théodore Rasolomanana continue d’avancer, fidèle à son credo : agir, encore et toujours, envers et contre tout.

Julien R.

1re édition de l’ISA Systems Week : Valorisation des projets technologiques des futurs ingénieurs

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Les étudiants de la Mention ISA de l’ESPA montrent leurs projets technologiques lors de cet événement.
Les étudiants de la Mention ISA de l’ESPA montrent leurs projets technologiques lors de cet événement.

Les étudiants de la Mention Ingénierie des Systèmes Avancés (ISA), de l’École supérieure polytechnique d’Antananarivo, organisent, depuis le 18 août jusqu’au 22 août 2026, la 1re édition de l’ISA Systems Week à Vontovorona.

Placée sous le thème « Construire les systèmes intelligents de demain », cet événement, soutenu par Orange Madagascar à travers Orange Digital Center, rassemble les étudiants, les enseignants-chercheurs, les entreprises, les start-up et les acteurs du secteur technologique. L’objectif consiste à valoriser les compétences et les projets technologiques innovants des futurs ingénieurs tout en favorisant les échanges avec les professionnels dans ce domaine. « Chez Orange Madagascar, nous croyons fermement en la force des jeunes et en leur potentiel à transformer notre pays. C’est pourquoi, à travers l’Orange Digital Center, nous sommes fiers d’accompagner les futurs ingénieurs lors de cette semaine d’échanges, de découvertes et de créativité. Notre engagement dépasse le simple partenariat : il s’agit d’investir dans l’avenir, de soutenir l’émergence de talents et de bâtir ensemble un écosystème numérique dynamique », a évoqué Lalaina Nomentsoa Andrianalison, directrice d’Orange Digital Center Madagascar.

Partenariat durable

Dans le cadre de cet événement dédié à l’innovation technologique et aux systèmes intelligents, Orange Madagascar participe notamment au Challenge Innovation ISA, à travers sa présence au sein du jury, et propose des temps d’échange autour des technologies et des métiers du numérique. L’entreprise offre également des opportunités de stage et de formation via des sessions de Speed Recruiting, tout en détectant les jeunes talents et les futurs profils dans des domaines stratégiques tels que la data, le développement logiciel, la cybersécurité et les technologies innovantes. Mais sa collaboration ne se limite pas à l’accompagnement des étudiants dans l’organisation de cette ISA Systems Week 1.0. En effet, Orange Digital Center s’engage à développer un partenariat durable avec la Mention Ingénierie des Systèmes Avancés en proposant des formations, des conférences, du mentorat, des visites d’entreprises ainsi qu’un accompagnement de projets étudiants, voire des recrutements.

Veille technologique

« L’Ingénierie des Systèmes Avancés est une filière d’excellence de l’ESPA, ayant dix ans d’existence, et qui se spécialise dans les technologies intelligentes, l’automatisation et les systèmes innovants. Elle propose deux parcours : la mécatronique, à la croisée de la mécanique, de l’électronique et de l’informatique, et les sciences cognitives, notamment autour de l’intelligence artificielle et de l’interaction humain-machine. Il s’agit d’une veille technologique. Aujourd’hui, cette filière compte 119 étudiants en école doctorale, dont 48 recrutés à l’international, et 71 diplômés occupant des postes clés dans les secteurs technologiques », a expliqué Rabearivelo, responsable de la Mention ISA. À travers son engagement aux côtés de l’ISA Systems Week, Orange Madagascar entend contribuer à rapprocher les compétences universitaires des besoins du marché et à accompagner l’émergence des talents qui construiront les technologies de demain.

Recueillis par Navalona R.