Le Palais des Sports de Mahamasina était en effervescence lors de la Coupe des Nations CAVB Z7 U18, offrant à Madagascar une victoire éclatante. Les jeunes filles de la sélection nationale ont décroché le titre de championnes de la Zone 7 en surclassant La Réunion, tandis que leurs compatriotes de Madagascar 2 ont arraché le bronze au terme d’un tie-break haletant. Chez les garçons, les volleyeurs se sont battus jusqu’en finale, mais repartent avec l’argent, confirmant que la relève du volley malgache est bel et bien en marche.
Du 5 au 9 août, la Grande Île a accueilli la première édition du Championnat d’Afrique des Nations U18 CAVB Zone 7, réunissant quatre nations : Madagascar, La Réunion, Maurice et les Comores. Une compétition qui a consacré les jeunes Malgaches au sommet du volley régional. Chez les filles, la sélection Madagascar 1 a réalisé un parcours sans faute. Après avoir dominé La Réunion (3-1), Madagascar 2 (3-1) et Maurice (3-0) en phase de groupe, puis balayé Maurice en demi-finale, les protégées de Danny ont confirmé leur supériorité en finale. Face à La Réunion, elles se sont imposées avec autorité en trois sets secs (25/21, 25/19, 25/15), décrochant le titre de la Zone 7. La médaille de bronze est revenue à Madagascar 2, victorieux d’une petite finale haletante contre Maurice, conclue au tie-break (3-2).
Chez les garçons, Madagascar s’est contenté de l’argent. Après un parcours solide en phase de groupes – victoire contre Maurice (3-0) et les Comores (3-0), mais une défaite face à La Réunion –, les jeunes volleyeurs ont atteint la finale. Opposés à Maurice, ils se sont inclinés de justesse dans trois sets serrés (25/23, 25/22, 25/23). La Réunion complète le podium en dominant les Comores (3-0). Cette première édition, qui se poursuivra avec le beach-volley les 10 et 11 août à Ambohimanga Rova, marque une étape importante pour le volley malgache. Les victoires féminines et la médaille d’argent masculine témoignent de la vitalité de la discipline et de l’ambition des jeunes athlètes de la Grande Île.
Lors de la présentation officielle de l’événement à Analakely.
Lors de la présentation officielle de l’événement à Analakely.
Le 23 août prochain, le gymnase couvert de Mahamasina vibrera au rythme du kick-boxing avec l’événement baptisé « Vehivavy mahery ». Pas moins de 60 combats sont programmés : 30 masculins et 30 féminins, ces derniers étant mis en avant par le club organisateur 3FB. L’objectif est clair : encourager les femmes à s’investir dans cette discipline encore peu pratiquée à Madagascar. Au-delà des affrontements, une séance spéciale de self-défense sera proposée aux participantes, afin de les sensibiliser à la nécessité de se protéger face aux risques d’insécurité, notamment les enlèvements. L’événement se veut donc à la fois sportif et éducatif, une manière de donner confiance aux femmes. Des représentantes venues de plusieurs ligues régionales – Vakinankaratra, Matsiatra Ambony, Itasy et Bongolava – rejoindront la fête. Le club 3FB alignera 12 combattantes sur ses 35 licenciées, dont Mbolatiana, qui affrontera Liliane, du UKBA, en moins de 71 kg. Fondé il y a 14 ans, le 3FB a déjà révélé des championnes de renom comme Faratiana, titrée au niveau mondial, et Natacha, médaillée d’or aux Jeux des Îles. Avec « Vehivavy mahery », le club entend poursuivre sa mission : former des athlètes d’élite tout en ouvrant la voie à une nouvelle génération de combattantes malgaches.
Retour sur la scène régionale. Après une absence lors de l’édition 2025, Madagascar renoue avec le Championnat d’Afrique australe U12. Six jeunes représentants malgaches ont quitté le pays pour rejoindre Maputo, au Mozambique, où ils défendront les couleurs nationales du 11 au 15 août.
Le tennis malgache mise sur sa nouvelle génération. Quelques heures après le sacre de Razafiarisoa Faratiana, nouvelle championne de Madagascar U12, les jeunes sélectionnés ont pris la direction de Maputo pour relever un important défi international. Cette participation constitue une étape majeure dans leur progression et une occasion de se mesurer aux meilleures raquettes de la région.
Retour
Absent lors de la précédente édition, Madagascar effectue son retour dans cette compétition avec une sélection composée de trois filles et de trois garçons. L’objectif est clairement affiché : décrocher une qualification pour le Championnat d’Afrique continentale U12 et permettre aux meilleurs éléments de prétendre à une place au sein de la Team Afrique U12.
Chez les filles, la championne nationale Razafiarisoa Faratiana sera accompagnée de sa dauphine Razakatiana Miadana, finaliste du championnat national 2026. La troisième représentante n’est autre que Fandjambolatiana Iharifidy Fenoherintsoa, sacrée championne de Madagascar U12 l’année dernière.
Une sélection qui réunit donc les deux dernières championnes nationales, ainsi que la vice-championne 2026. De quoi nourrir de belles ambitions avant d’entrer sur les courts de Maputo.
Chez les garçons, Arinosy Hay Tsangy et Nathanaël Andrianarivony auront également la lourde responsabilité de porter les couleurs malgaches. Ils seront épaulés par Aiky Ravelontsalama Randrianasolo, âgé de seulement 10 ans. Le benjamin de la délégation aura ainsi l’occasion de se frotter à une opposition internationale et d’engranger une précieuse expérience. Sous la houlette du capitaine Aina Rafolo Rafolomanantsiatosika, les six jeunes Malgaches auront à cœur de défendre leurs chances dans cette compétition régionale. Leur participation est aussi le fruit du travail réalisé quotidiennement par les entraîneurs, les clubs et les familles dans la formation de la relève.
Le gymnase de l’ANS Ampefiloha en effervescence, lors du championnat de la section Tana-ville.
Le gymnase de l’ANS Ampefiloha en effervescence, lors du championnat de la section Tana-ville.
La section karaté de Tana-ville a organisé avec succès son championnat, vendredi dernier, au gymnase de l’Académie nationale des sports, à Ampefiloha. Une journée riche en intensité qui a consacré le club Kokaju, véritable maître des tatamis. Ses athlètes ont raflé douze médailles d’or, en kata comme en kumité, s’imposant largement au sommet du classement. Derrière, le club Tiger d’Ambohipo s’est hissé à la deuxième place avec neuf titres, suivi de Tekado qui complète le podium grâce à six médailles d’or. Au total, 80 karatékas issus de neuf clubs ont croisé le fer dans cette compétition sélective. Selon le secrétaire général de la section, Lanjanirina Andriambelo, ce rendez-vous constitue une étape préparatoire avant le très attendu championnat régional d’Analamanga. Seuls les deux premiers de chaque catégorie décrochent leur billet pour cette prochaine échéance. Satisfait du niveau affiché, le responsable souligne : « Le niveau technique progresse sans cesse. Les karatékas de Tana-ville brillent régulièrement à Analamanga, et nous comptons maintenir cette domination cette saison », a-t-il affirmé. Il a aussi rappelé que ce championnat, organisé sous l’égide officielle de la Fédération du karaté-do de Madagascar, est le seul reconnu légalement.
À Maurice, l’Open Africa 2026 a offert un moment de fierté nationale : l’hymne « Ry Tanindrazanay Malala » a retenti après les exploits des combattants malgaches. Portés par la rigueur de CHECKMAT, Nomasy Raharijaona, Lucie Herizaka Nirina, Stellah Tiavina et Willy Wilaione Razakarisoa ont hissé haut le drapeau en récoltant un total impressionnant de six médailles d’or, une coupe et quatre d’argent. À leurs côtés, Thuram, de l’Estrela Team, a signé un parcours parfait en ceinture blanche, confirmant que Madagascar s’impose désormais comme une force montante du jiu-jitsu africain.
L’hymne national « Ry Tanindrazanay Malala » a résonné avec éclat à Maurice lors de la première journée de l’Open Africa 2026 en gi. La Fédération malgache de jiu-jitsu a tenu à saluer la prestation remarquable des quatre combattants de CHECKMAT Madagascar, auteurs d’un véritable exploit. Parmi eux, Nomasy Raharijaona s’est imposé comme la figure de proue de la délégation. Avec deux médailles d’or et un trophée en absolute, il a démontré une maîtrise totale et un sang-froid exemplaire. Lucie Herizaka Nirina, elle, a brillé en décrochant une médaille d’or, confirmant son statut de valeur sûre du jiu-jitsu féminin malgache. Stellah Tiavina n’a pas été en reste, ajoutant une autre médaille d’or au palmarès collectif. Quant à Willy Wilaione Razakarisoa, il a montré une combativité admirable en remportant deux médailles d’argent, prouvant qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs du continent. La deuxième journée, consacrée au no-gi, a confirmé la solidité de l’académie. Nomasy a encore dominé en absolute et dans sa catégorie, tandis que Lucie et Willy ont poursuivi leur belle série. Le bilan global est impressionnant : six médailles d’or, une coupe et quatre médailles d’argent pour seulement quatre combattants. Une performance qui illustre le sérieux et le niveau de préparation de l’académie malgache face aux grandes nations africaines.
À côté de ces exploits, un autre nom a marqué les esprits : Thuram, de l’Estrela Team. Engagé en ceinture blanche (-70 kg), il a réalisé un parcours parfait : trois combats, trois soumissions et une médaille d’or sur la plus haute marche du podium. Un sans-faute salué par la Fédération, qui voit en lui une promesse éclatante pour l’avenir du jiu-jitsu malgache.
Le Centre Technique National de Carion a accueilli le tournoi « Meilleurs contre les meilleurs » pendant deux semaines. Quatre-vingts jeunes issus des quatre centres de perfectionnement de Toliara, Antsirabe, Antananarivo et Mahajanga se sont affrontés pour décrocher une place au sein de l’académie nationale. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Talent Development Scheme (TDS) de la FIFA, lancé il y a deux ans pour structurer durablement le football de base à Madagascar. À l’issue des matchs aller-retour, 25 jeunes seront retenus pour intégrer l’académie de Carion. « Ces enfants avaient déjà été présélectionnés dans les centres, et ce tournoi a permis de mesurer leurs progrès. Le programme va s’étendre à d’autres régions du pays », explique Rado Rasoanaivo, directeur technique national de la FMF. La détection a été menée par quatre représentants de la FIFA, en l’occurrence Emmanuela Lamptey, Michael Rentschler, Laban Scott Libby et Raul Chipenda, ainsi que Jean-Jacques Pierre, talent coach, épaulé par les techniciens malgaches. Les jeunes rejoindront l’académie en septembre pour préparer le COSAFA U17 prévu en décembre. « Le TDS est une opportunité unique pour nos enfants. Ils ne resteront pas indéfiniment au centre, mais nous continuerons à les suivre afin que leurs efforts ne soient pas vains. L’un des critères essentiels est qu’ils soient aussi des élèves assidus », souligne Solonirina Ratovohery, membre du comité exécutif de la FMF.
Pour Jean-Jacques Pierre, le talent coach de la FIFA, responsable des académies à Madagascar, l’objectif dépasse le terrain : « À Tana, nous avons eu près de 200 séances cette année, soit 37 matchs disputés. Plus un joueur joue, plus il développe sa compréhension du jeu. Mais le projet est aussi éducatif : nous voulons former des individus capables de devenir demain des footballeurs, des entraîneurs ou des enseignants. L’intelligence acquise à l’école nourrit celle du jeu ». Ainsi, le TDS ne se limite pas à détecter des talents pour les Barea U17 : il prépare une génération entière à devenir des acteurs responsables du football et de la société malgache.
La fédération apporte des éclaircissements sur le salaire du coach Rôrô.
La fédération apporte des éclaircissements sur le salaire du coach Rôrô.
Au cœur des polémiques sur le salaire de Romuald « Rôrô » Rakotondrabe, la Fédération Malagasy de Football (FMF) sort de son silence. Entre rappel des dates clés, précisions sur le contrat tripartite et éclaircissements sur les responsabilités financières, l’instance entend mettre fin aux spéculations et replacer le débat sur le terrain administratif.
Face aux nombreuses rumeurs et commentaires circulant ces derniers temps autour du salaire de Romuald Rakotondrabe, alias « Coach Rôrô », la Fédération Malagasy de Football (FMF) a tenu à apporter des précisions. Le parcours de l’ancien sélectionneur des Barea A est rappelé : nommé le 30 mai 2023 en remplacement de Nicolas Dupuis, son contrat a été renouvelé le 17 mai 2024 pour courir jusqu’en octobre 2026. Ce contrat était dit « tripartite », engageant trois parties : le coach, la FMF et le ministère de la Jeunesse et des Sports. Mais, le 14 novembre 2024, après le match contre la Tunisie, Coach Rôrô annonçait sa démission. « Administrativement, le contrat prenait fin à cette date, et la FMF nommait Gilles Hugon entraîneur intérimaire », explique Solonirina Ratovohery, membre du Comité exécutif, ce dimanche à Carion. La fédération souligne que l’ancien sélectionneur n’a pas déposé de dossier lors de l’appel à candidatures lancé en novembre 2024 pour le poste de coach des Barea A. Concernant les rémunérations, la FMF précise que sa part – environ 40% – a été réglée jusqu’en novembre 2024. Les 60% restants relèvent de l’État. « Il s’agit d’un problème administratif, pas d’un refus de dialogue. Les trois parties doivent se rencontrer pour régler ce différend », a-t-il poursuivi.
« Autre précision : aucun contrat spécifique n’a été signé entre la FMF et Coach Rôrô pour la gestion des Barea A’ (CHAN), choix personnel du technicien après sa démission. De plus, les entraîneurs des autres sélections nationales (Jeunes, Féminines, Beach Soccer, Futsal…) ne bénéficient pas de salaires fixes mais de primes liées aux résultats », souligne Solonirina Ratovohery. Ainsi, la FMF entend mettre fin aux spéculations et rappeler que toute discussion sur les rémunérations doit se baser sur les termes du contrat tripartite signé en 2024.
Le projet EAGER (East Africa Girls’ Empowerment and Resilience), financé par le Groupe de la Banque mondiale, est mis en œuvre sur la période 2025-2029 dans 16 régions de Madagascar. Il offre des formations techniques et comportementales adaptées aux besoins du marché du travail, un mentorat individualisé ainsi qu’une mise en relation avec le secteur privé, afin de faciliter l’employabilité de 60 000 jeunes femmes cibles. De plus, un fonds non remboursable est accordé aux meilleures jeunes entrepreneures via le Concours de plans d’affaires simplifiés (COPA). Fruit d’un partenariat technique et financier avec la Banque mondiale et exécuté par le FID, ce volet de transition vers l’emploi et de transformation économique est placé sous la tutelle du ministère de l’Industrialisation et du Développement du secteur privé.
Prolongation des inscriptions
Cette initiative contribue à relever les défis exprimés par les jeunes femmes bénéficiaires dans la région Anôsy, lors d’une récente mission conjointe menée par les parties prenantes à Taolagnaro (Fort-Dauphin). Il s’agit notamment de la recherche d’un emploi stable, des difficultés d’accès au financement et du manque de formations reconnues. « Le projet EAGER est une réponse concrète à ces attentes, ici dans l’Anôsy comme dans les autres régions d’intervention à Madagascar », a souligné le ministre de tutelle, Raharimanjato Ny Riana Nampoina. Plus de 14 000 candidates se sont déjà inscrites à l’échelle nationale. Afin de permettre à un plus grand nombre de jeunes femmes de rejoindre le programme, la période d’inscription est prolongée jusqu’au 30 septembre 2026. « Grâce au fort engagement du gouvernement malgache et au soutien indéfectible du Groupe de la Banque mondiale, le projet EAGER est en mesure de proposer un accompagnement complet, de la formation à l’insertion, pour chaque jeune femme bénéficiaire », a affirmé Raboanary Vero, directrice du projet EAGER.
La société Fanalamanga affiche actuellement un bénéfice de 1 milliard Ar six mois après son redressement.
La société Fanalamanga affiche actuellement un bénéfice de 1 milliard Ar six mois après son redressement.
Confiée par le Régime de Refondation au nouveau directeur général par intérim, Kouthri Tombosoa Sahadli, la mission d’audit au sein de la société d’État Fanalamanga rend un bilan sans appel.
« Nous avons hérité de la précédente direction une situation marquée par de lourdes malversations financières », a déclaré le dirigeant lors de son passage sur la chaîne nationale TVM. Les investigations ont notamment mis au jour un réseau de détournements estimé à 8,5 milliards d’ariary. « Parmi les irrégularités majeures démasquées figurent 450 millions Ar de sorties de caisse sans la moindre facture justificative, ainsi que des règlements par chèque de 340 millions Ar totalement injustifiés. De plus, près de 775 millions Ar se sont littéralement évaporés des caisses. À cela s’ajoute une enveloppe d’environ 5 milliards Ar engloutie dans le sponsoring sportif ces cinq dernières années, dont 1,5 milliard Ar débloqué pour l’exercice 2025 uniquement », a-t-il détaillé.
Profondes divisions
Au-delà de ce gouffre financier, qui laissait la trésorerie incapable d’assurer ne serait-ce qu’un mois de salaires à l’arrivée de la nouvelle équipe, le DG par intérim dénonce une gestion humaine et domaniale arbitraire. Le favoritisme et les disparités salariales flagrantes ont provoqué de profondes divisions au sein du personnel. Sur le plan de l’exploitation forestière, l’activité est restée sous le contrôle d’une minorité, attisant les tensions avec les acteurs locaux de Moramanga, maintenus à l’écart, à l’image d’un exploitant majeur monopolisant à lui seul plusieurs milliers d’hectares de parcelles.
Bénéfice de 1 milliard Ar
Six mois après l’amorce du plan de redressement, l’entreprise affiche une nette reprise. Fanalamanga enregistre désormais un bénéfice de plus de 1 milliard d’ariary, contrastant avec la perte financière de 430 millions Ar essuyée en 2025. Cette performance résulte d’une stratégie axée sur la maximisation des revenus et l’assainissement des charges d’exploitation. Cette santé financière retrouvée s’est répercutée sur le volet social : le salaire minimum d’embauche a été revalorisé à 300 000 Ar par mois, accompagné de la restitution de nombreux avantages sociaux dont les employés étaient privés depuis plusieurs années. Le DG par intérim, Kouthri Tombosoa Sahadli, concède toutefois que cette dynamique de réformes se heurte à de vives résistances, orchestrées par une minorité d’intérêts lésés cherchant à saper les procédures de recouvrement des créances impayées.
La 27e édition de la Foire internationale de l’économie rurale de Madagascar (FIERMADA) se déroule au stade Makis à Andohatapenaka depuis jeudi dernier et jusqu’à dimanche.
Près de 300 exposants, venus des quatre coins de l’île et répartis sur 350 stands, y participent activement. Cette année, les produits du terroir, notamment les légumes bio, ont été pris d’assaut par les consommateurs. Les coopératives agricoles et les organisations paysannes représentant divers bassins de production sont d’ailleurs mises à l’honneur durant cette foire agricole de grande envergure. Pour la coopérative FANAEVA d’Ambohitrinindriana, dans la commune rurale de Fiaferana, district d’Avaradrano, les petits pois, les carottes, les salades et les haricots verts, ainsi que les œufs, ont tous été écoulés durant les deux premiers jours de l’événement. « Nous avons tous fait de bonnes affaires cette année », témoignent les membres.
Réduire la dépendance aux importations
Les produits de la mer, tels que les crevettes séchées proposées par des associations de petits pêcheurs, ont également été vendus comme des petits pains. En outre, les produits laitiers, notamment le yaourt et le fromage sans lactose de Kéfir, ont attiré les visiteurs. Force est de constater que la plupart des exposants de produits agroalimentaires ont proposé des dégustations afin d’inciter les consommateurs à acheter leurs produits. On y trouve, entre autres, des produits laitiers, du miel, des cookies, des confitures, des rhums arrangés et des apéritifs, tous fabriqués localement. La population malgache commence ainsi à s’intéresser davantage aux produits du terroir bio, qu’ils soient bruts ou transformés, comme le « vary amin’anana » et le riz cantonais précuit accompagné de viande. Les produits d’élevage, notamment les poissons vivants, les volailles et les chats, sont également à l’honneur. Cette dynamique contribue à réduire la dépendance de Madagascar aux importations de produits alimentaires, de nombreux produits alternatifs étant proposés sur le marché. Elle contribue également à l’amélioration des revenus des producteurs en facilitant l’accès de leurs produits aux marchés.
Séances de démonstration
Il est à noter que le thème choisi pour cette 27e édition de la FIERMADA est axé sur « Des routes rurales solides pour relier les paysans aux communes ». Outre la valorisation des activités des jeunes agripreneurs, diverses innovations agricoles sont également exposées dans l’espace AgriTech, dans le cadre de cette foire. Des séances de démonstration de pompes solaires et de systèmes d’irrigation goutte-à-goutte, ainsi que de séchoirs solaires pour les fruits, les légumes et les poissons, visant à réduire les pertes post-récolte, sont notamment organisées par les exposants. Des microéquipements tels que les décortiqueuses, les moulins et les semoirs y sont également présentés. Par ailleurs, des acteurs du milieu rural se lancent dans la digitalisation de l’agriculture en introduisant des plateformes et des applications destinées à faciliter les techniques de production, notamment grâce au suivi météorologique permettant de déterminer le calendrier cultural. Ces outils facilitent également la commercialisation des produits agricoles en mettant directement en relation les producteurs et les consommateurs.
Conférences pratiques
Par ailleurs, des ateliers de cuisine et de transformation ont eu lieu durant cette foire internationale de l’économie rurale. Les visiteurs ont ainsi l’opportunité d’apprendre à transformer le manioc, les fruits et le lait à l’aide de méthodes simples. De leur côté, les producteurs peuvent rencontrer directement les acheteurs, qu’il s’agisse de grossistes, de collecteurs, de particuliers, d’hôteliers et de restaurateurs, d’industriels, voire d’exportateurs. Ce n’est pas tout ! Les acteurs souhaitant se lancer dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, notamment dans la pisciculture, disposent de tous les intrants et équipements nécessaires au démarrage de leurs activités, après avoir reçu les formations adéquates. Des conférences pratiques sur différentes thématiques, notamment le conditionnement des produits, l’accès au financement, le respect des normes et de la qualité, ainsi que les techniques de transformation, sont également organisées au profit des visiteurs durant la foire.