- Publicité -
dimanche, octobre 11, 2026
- Publicité -
Accueil Blog Page 18

Abus de confiance : Cinq médecins recherchés par les forces de l’ordre

2
Les personnes recherchées pourraient être au Sénégal.
Les personnes recherchées pourraient être au Sénégal.

Cinq médecins font actuellement l’objet de recherche des forces de l’ordre à la suite d’un différend avec l’hôpital Jean-Paul II de Mahajanga. Ils sont soupçonnés de ne pas avoir respecté leurs engagements après avoir bénéficié d’un financement de leurs études de médecine au Sénégal.

L’affaire remonte à l’époque où les cinq concernés étaient encore étudiants en médecine. Un accord comprenant cinq clauses avait alors été conclu entre eux et l’établissement hospitalier pour assurer le financement de leur formation à Dakar, au Sénégal. En contrepartie de cette prise en charge, ils s’étaient engagés à regagner Madagascar à l’issue de leurs études afin d’exercer au sein de l’hôpital pendant quelques années. Cet engagement ne prévoyait toutefois pas qu’ils y travaillent définitivement.

Selon les informations rapportées, les cinq étudiants ont achevé leur cursus et obtenu leur diplôme de médecin. Cependant, au lieu de rentrer à Madagascar comme convenu, ils seraient restés au Sénégal, manquant ainsi à leurs engagements envers l’établissement qui avait financé leur formation. Estimant avoir subi un préjudice, l’hôpital Jean-Paul II aurait décidé de saisir la justice.

L’établissement aurait investi plusieurs milliards d’ariary dans la formation des cinq médecins. Face à cette situation, il entend obtenir réparation pour les sommes engagées. L’affaire est désormais entre les mains de la justice, tandis que les forces de l’ordre sont à la recherche des cinq médecins concernés.

Yv Sam

Namontana : Un employé de Gastro Pizza tué par balle lors d’une intervention policière

0
Le corps sans vie de Christophe, l'une des victimes.
Le corps sans vie de Christophe, l’une des victimes.

Un homme présenté comme un employé de Gastro Pizza à Soanierana a succombé à ses blessures après avoir été atteint par balle à Namontana, dans la nuit de jeudi à vendredi. Plusieurs de ses compagnons ont également été blessés lors de cette intervention policière. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes du drame. Les faits se sont produits aux alentours de 23 heures, à la suite d’un signalement de vol à l’arraché dans le secteur de Namontana. Alertés, les éléments des forces de l’ordre dépêchés sur place auraient repéré un groupe d’hommes dont le signalement correspondait à celui communiqué par la victime et les témoins. Selon les premières informations recueillies, les policiers auraient ordonné aux individus de s’arrêter. Ces derniers auraient toutefois pris la fuite, entraînant une poursuite au cours de laquelle les forces de l’ordre auraient fait usage de leurs armes à feu.

Neuf employés

D’après les explications fournies par des employés de Gastro Pizza, les hommes présents sur les lieux étaient des membres de leur équipe. Ils auraient été chargés de raccompagner leur responsable à Namontana. Le groupe aurait compté neuf personnes. Sept d’entre elles seraient ensuite retournées vers leur véhicule, stationné au bord de la route, lorsqu’elles auraient croisé des éléments de l’Unité d’intervention rapide (UIR). La rencontre aurait alors dégénéré, dans des circonstances qui restent à établir. Les blessés ont été évacués vers un établissement hospitalier. Malgré les soins prodigués, Christophe, présenté comme un employé de Gastro Pizza, n’a pas survécu à ses blessures.

Une enquête

Cet incident intervient dans un contexte de vigilance accrue au sein des forces de l’ordre, après qu’un policier a été grièvement blessé par balle par des malfaiteurs à Tranodimy, dans le quartier d’Anosipatrana, il y a peu. Toujours en convalescence, il aurait échappé de peu à la mort. La Police nationale, en collaboration avec la Gendarmerie nationale, mène actuellement des investigations afin de reconstituer le déroulement des faits et d’établir les éventuelles responsabilités. Sollicité à ce sujet, le ministère de la Sécurité publique a indiqué qu’aucun traitement de faveur ne serait accordé. Les conclusions de l’enquête judiciaire et de l’investigation interne devront permettre de déterminer les circonstances précises de l’intervention et les mesures à prendre. Par ailleurs, des rumeurs faisant état d’un éventuel état d’ivresse des policiers au moment des faits circulent. Cette version a été formellement démentie. Le ministère a également indiqué que ces allégations pourraient faire l’objet de mesures appropriées. En attendant les conclusions des investigations, les circonstances dans lesquelles les tirs ont été effectués restent à clarifier.

Yv Sam

RN2 : Un Sprinter se renverse, un passager tué sur le coup

0
la fin du Sprinter.
la fin du Sprinter.

Un passager a perdu la vie sur le coup dans un accident de la circulation survenu samedi soir à Marozavavy, dans le district de Brickaville. Le véhicule aurait quitté la chaussée en tentant d’éviter une collision frontale avec un camion.

Un grave accident de la circulation a coûté la vie à un passager, samedi 3 octobre, vers 19h30, sur la Route nationale n° 2 (RN2), à Marozavavy, devant le Bungalow Brayan, dans le fokontany de Nierenana, district de Brickaville. Selon les premières informations recueillies, un minibus de type Sprinter, transportant des passagers de Toamasina à destination d’Ambositra, aurait tenté d’éviter une collision frontale avec un camion circulant sur cet axe routier. Au cours de cette manœuvre, le conducteur aurait perdu le contrôle du véhicule. Le Sprinter a alors quitté la chaussée avant de se renverser sur le bas-côté.

Le bilan fait état d’un mort. Un passager installé à l’avant, à la « place du mort », a succombé à ses blessures sur le coup. Une enquête a été ouverte.

Yv Sam

Jazz à l’Institut : La relève assurée

0

Dans le cadre de la 37ᵉ édition de Madajazzcar, l’Institut français de Madagascar (IFM) a accueilli, le vendredi 2 octobre dernier, une après-midi et une soirée entièrement dédiées au jazz.

« Jazz à l’Institut » s’est ainsi imposé comme un véritable moment de rencontre entre générations, où la passion de la musique s’est transmise naturellement d’une scène à l’autre.

Dès 16 heures, les espaces de l’IFM ont résonné au rythme des prestations des élèves de l’Iarivo Art & Music Academy et de l’Aponga Music & Drum School. À travers leurs performances, les jeunes artistes ont partagé leur énergie, leur créativité et leur envie de faire vivre un jazz ouvert aux influences malgaches et contemporaines.

La soirée s’est poursuivie avec le concert de Trade Union, attendu par un public curieux et enthousiaste. Porté par l’improvisation, l’écoute mutuelle et une complicité évidente entre les musiciens, le groupe a offert un voyage musical tout en nuances, confirmant sa place parmi les formations qui participent aujourd’hui au renouvellement du jazz malgache.

Avec ce rendez-vous inédit, l’IFM a rappelé que le jazz est avant tout une histoire de transmission, de dialogue et d’émotions partagées.

Hanitra Andria

FOS’ART Festival : Rendez-vous ce samedi

0
Le lancement officiel du festival s’est déroulé en fin de semaine au Birdy Andraharo en présence des organisateurs, des partenaires et de Bolo, représentant des artistes.

Le 10 octobre prochain aura lieu la première édition du FOS’ART Festival, imaginé par Kiss My Beat (KMB). Il se tiendra au Golf Galaxy Birdy Andraharo. Il se démarque des festivals culturels classiques en réunissant dans un même espace musique, artisanat, culture urbaine et engagement social.

Dès 11 heures, les visiteurs pourront découvrir les créations d’une cinquantaine d’artisans et créateurs malgaches, profiter des animations familiales, des espaces de restauration et d’une programmation artistique pensée pour tous les âges. Sur scène, des artistes particulièrement appréciés du public, tels que Bolo, Denise et Shyn, se succéderont avant de laisser place à une grande nuit électro.

Au programme : house, afro house, deep house, musique malgache, tech house ou encore hardstyle, entre autres. Le festival promet, en tout cas, une expérience immersive portée par un impressionnant dispositif de 32 000 watts de son et lumière. Une ambiance rare dans la capitale, qui se prolongera jusqu’à l’aube.

Le soutien de Beaufort s’inscrit naturellement dans cette démarche de valorisation des talents malgaches. En effet, parmi les artistes à l’affiche figure un ambassadeur de la marque, Shyn. Mais, en marge de cela, la marque met également à l’honneur sa récente édition limitée, imaginée par un jeune artiste malgache, Nombantsitoha Sarobidy, finaliste malgache sélectionnée pour habiller les bouteilles en édition limitée, après avoir été révélée à travers le Ma Beaufort Challenge, le concours africain organisé avec l’appui de la Fondation Castel. Un engagement qui reflète la volonté renforcée de promouvoir la créativité locale et la relève artistique.

Mais FOS’ART ne se résume pas uniquement à un spectacle, aussi festif soit-il. L’intégralité des bénéfices sera reversée à l’ONG MealEspoirs afin de soutenir ses actions auprès des enfants les plus vulnérables. Il s’agit, en somme, d’un festival où culture, divertissement et solidarité avancent sur la même scène, pour allier l’utile à l’agréable de la meilleure façon qui soit.

Hanitra Andria

Njakatiana au Coliseum : Nostalgie et émotions au rendez-vous

0
Njakatiana toujours égal à lui-même.
Njakatiana toujours égal à lui-même.

Le concert de Njakatiana au Coliseum a tenu toutes ses promesses en réunissant plusieurs générations autour des grands classiques du chanteur. Les fans, venus en nombre, ont apprécié et fredonné les chansons intemporelles comme Zokinay, Somariaka, Mbola Hafa, Mbola Ianao, entre autres.

Parmi les moments forts du concert, le public a particulièrement apprécié la présence de Hery, du groupe Njila, invité sur scène pour reprendre leur célèbre duo Tsy Hirafy, un duo qui date quand même des années 90. L’émotion était également palpable lors de l’interprétation de Tsara Ny Fitiavana aux côtés de sa choriste, un titre qui a également suscité une belle vague de nostalgie dans le Coliseum.

Autre invité de marque, Jacquis Randria a, lui aussi, apporté sa touche à ce grand moment musical placé sous le signe des souvenirs et de la nostalgie.

Si les chansons romantiques ont occupé une place importante dans le répertoire, l’artiste n’a pas oublié des titres plus festifs et identitaires comme Mifalia Fa Malagasy ou encore Vazo Gasy, chaleureusement repris par le public. Les danseurs ont apporté une dimension supplémentaire au spectacle.

Un après-midi résolument tourné vers les anciennes chansons sans oublier les titres les plus récents, qui ont rappelé toute la richesse du patrimoine musical de Njakatiana.

Hanitra Andria

Rap : Da Hopp livre Kôpy elah

0
Da Hopp, l’un des rares collectifs à être restés soudés au fil des années. ( Crédit photo: Da Hopp ofisialy)
Da Hopp, l’un des rares collectifs à être restés soudés au fil des années. ( Crédit photo: Da Hopp ofisialy)

Ils n’ont pas signé leur retraite. Pendant que d’autres produisent des musiques alimentaires, les membres du collectif Da Hopp concoctent des morceaux conscients. Et voilà que Kôpy elah est livré depuis la semaine dernière.

Pour X-Tah, Dadilahy Benja et leurs compères, le rap a toujours été un moyen d’expression, une musique qui a du fond… c’est ce qu’ils font. Bien entendu, ceux qui se sentent visés verront leurs oreilles fondre, mais les apôtres de ces zokibe old school mettront le volume à fond. En réalité, Madagascar touche le fond, son peuple est affamé, compte les trous à travers le plafond…

Texte réfléchi

Kôpy elah est un langage familier qui veut dire « t’as capté » et c’est un titre soulevant les magouilles des politicards malgaches. « T’as saisi » le mic-mac de ceux qui ont soif du pouvoir ! Oui, les Malgaches ne sont guère si dupes à ce point. C’est la raison pour laquelle le groupe légendaire du « rap Syga » aiguillonne l’esprit de ses compatriotes. De ce fait, le son n’est en aucun cas une chanson ordinaire. Le titre mérite d’être couronné, puisque ces aînés de la culture hip-hop de la Grande île ont décortiqué les mauvaises pratiques des dirigeants en 4 minutes 13. Ces quinquagénaires ont leurs mots à dire, étant donné qu’ils ont consacré leur carrière musicale à protester contre l’injustice sociale, l’inégalité, la corruption, surtout les gouvernants insatiables. Alors, Kôpy elah éveille la société. Cela ne signifie pas que celle-ci se soit endormie. Toutefois, ces rappeurs confirment à voix haute que la voie empruntée par le pays semble encore floue. Donc, il aurait intérêt à rester sur ses gardes afin de saisir la ruse des loups affamés, en l’occurrence les hauts dignitaires, les figures controversées. Sous un autre angle, ces poètes urbains attestent que le régime est renversé. Ceci dit, les visages se renouvellent ; quant aux habitudes, elles perdurent. Bref, le même schéma se dessine, avec des couleurs différentes.

Da Hopp est plus qu’une équipe de rappeurs. C’est une institution qui a vu le jour vers la moitié des années 1990, une époque durant laquelle la nation a traversé une histoire tumultueuse, voire troublante. Jento, Dadilahy Benja, ou BenJ pour les intimes, et X-Tah sont plus que des rappeurs. Ils sont des chroniqueurs, des plumes tranchantes forgées entre les ruelles et les couloirs des quartiers tananariviens. D’ailleurs, cette conviction est le secret de leur longévité ! Leur présence témoigne de la vitalité du « rap Syga ».

Iss Heridiny

Commune d’Antanetibe Mahazaza : Une production de 300 000 œufs par jour

0
La 5e édition du Festival des Œufs s’est tenue à Antanetibe Mahazaza.
La 5e édition du Festival des Œufs s’est tenue à Antanetibe Mahazaza.

L’économie de la commune rurale d’Antanetibe Mahazaza, située dans le district d’Ambohidratrimo, repose principalement sur l’élevage de poules pondeuses.

Cette collectivité territoriale décentralisée est reconnue comme le plus grand fournisseur d’œufs de la région Analamanga, avec une production impressionnante atteignant 300 000 œufs par jour. La majeure partie de cette manne est destinée à approvisionner les marchés de la capitale. À l’occasion de la 5e édition du Festival des œufs organisée sur place, les acteurs de la filière ont mis en avant le rôle central de ce produit avicole dans la sécurité alimentaire, tout en cherchant à stimuler sa consommation. En effet, l’œuf est un aliment complet et sain, particulièrement riche en protéines et en nutriments essentiels au bon fonctionnement de l’organisme. De plus, il demeure financièrement plus accessible pour les ménages, comparé à la viande, avec un prix unitaire variant entre 650 Ar et 850 Ar sur le marché d’Analakely.

Difficultés majeures

Au-delà de son aspect festif, le Festival des œufs constitue une véritable manifestation économique. Son objectif est d’inciter la population à consommer davantage d’œufs afin d’offrir des débouchés stables aux producteurs et de pérenniser leurs revenus. Il faut souligner que le taux de consommation annuelle reste particulièrement faible à Madagascar, ne dépassant pas 20 œufs par habitant. Cette initiative vise ainsi à soutenir et à développer l’ensemble de la filière pondeuse. À cette occasion, les intervenants de la chaîne de valeur ont également soulevé les difficultés majeures auxquelles ils font face, notamment la hausse continue du prix des intrants et des provendes. Pour y répondre, le ministère de l’Élevage travaille en étroite collaboration avec ses partenaires afin de soutenir les éleveurs, de promouvoir la production et la consommation locales, et de contribuer activement à l’amélioration de la sécurité alimentaire dans le pays.

Poste mixte

Toujours dans le cadre du festival, le département ministériel a officialisé la mise en place d’un poste mixte regroupant plusieurs entités afin de mieux réguler et structurer cette filière porteuse. Ce dispositif réunit les forces de l’ordre représentant la Police et la Gendarmerie, ainsi que les services fiscaux. En parallèle, la direction régionale du ministère de tutelle s’implique directement pour assurer une veille sanitaire systématique, garantissant ainsi la préservation de la santé animale des cheptels avicoles.

Navalona R.

Carburant : Vers une hausse inévitable des prix à la pompe

1
Les prix à la pompe vont repartir à la hausse.
Les prix à la pompe vont repartir à la hausse.

La magie d’un maintien artificiel des prix à la pompe des carburants n’a pas beaucoup de chances d’opérer pour le régime de la refondation. La perspective d’une nouvelle hausse des prix des carburants se précise.

Entre la flambée récente des cours du brut sur le marché international, l’évolution du taux de change et surtout la volonté affichée de rétablir pleinement le mécanisme d’ajustement automatique des prix, les marges de manœuvre pour maintenir durablement les tarifs actuels apparaissent de plus en plus réduites.

Réalités du marché

Hier encore, les prix affichés étaient ceux du 5 septembre, où le litre de supercarburant était à 5 300 ariary, le gas-oil à 4 860 ariary et le pétrole lampant à 3 710 ariary. Aujourd’hui, ou dans les jours qui viennent, la donne risque de changer, du moins si les autorités respectent la logique du marché et leurs engagements vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI), dont le conseil d’administration a donné, la semaine dernière, son feu vert pour le décaissement immédiat des 155 millions de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Les réalités du marché pétrolier et des cours des changes militent, en tout cas, pour une révision à la hausse des prix à la pompe. La pression vient tout d’abord du marché international, où le cours du Brent est passé d’environ 88 dollars le baril début août à 120,44 dollars fin septembre, soit une progression de l’ordre de 37%. À cette variable s’ajoute celle du taux de change, l’ariary s’étant déprécié par rapport au dollar. De 4 300 ariary début août, le dollar, monnaie de référence du marché, est passé à 4 426 ariary fin septembre, soit une dépréciation d’environ 3%. Ce qui confirme, en tout cas, cette possible tendance à la hausse des prix à la pompe.

Application intégrale

Mais le principal élément nouveau qui justifie cette hausse attendue se situe au niveau des relations de Madagascar avec le FMI. L’institution de Bretton Woods exprime clairement sa position concernant le mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants. Pour le bailleur de fonds, l’application intégrale de ce mécanisme se justifie, car il doit permettre de réallouer les ressources publiques vers des secteurs prioritaires comme l’éducation, la santé et la protection sociale, tout en limitant l’exposition du budget aux fluctuations des cours mondiaux du pétrole. On rappelle que le mécanisme prévoit des ajustements mensuels des prix à la pompe en fonction de l’évolution des prix de référence. La variation est toutefois plafonnée à 200 ariary par litre et par mois, afin d’éviter des augmentations trop brutales. En tout cas, l’État est appelé à abandonner progressivement la subvention des prix à la pompe, une mesure considérée, d’ailleurs, comme une injustice dans la mesure où elle priorise les intérêts des plus riches, au détriment des plus démunis, qui ont besoin de ressources pour financer les secteurs de la santé, de l’éducation et de la protection sociale. Mais la menace d’une inflation galopante qu’entraînera la hausse des prix à la pompe est une affaire à gérer pour le régime de la refondation, toujours en quête de popularité après les belles promesses du lendemain de la lutte populaire de 2025, mais dont, malheureusement, certaines ne sont pas encore tenues.

R.Edmond.

L’engrenage Moscou-Afrique : Les nouvelles routes de l’influence géopolitique russe sur le continent africain

0

Trente ans après l’effondrement du bloc soviétique, la Russie opère un retour spectaculaire sur le continent africain. Là où l’URSS exportait autrefois une idéologie marxiste et finançait des mouvements de libération nationale, la Fédération de Russie contemporaine propose une offre d’un tout autre ordre : de la sécurité sur mesure, des équipements militaires livrés sans conditions politiques et un discours souverainiste qui résonne avec force auprès de populations en quête de rupture avec les puissances coloniales traditionnelles.

De Bangui à Bamako, en passant par Niamey et Antananarivo, Moscou a façonné au fil des ans une stratégie hybride redoutablement efficace. Comment se présente ce modèle d’implantation qui redessine en profondeur la carte géopolitique du continent.

La mécanique du pouvoir

Pour s’imposer sur le continent africain, Moscou a mis au point une formule pragmatique, ajustée en fonction des vulnérabilités ou des opportunités locales. Cette stratégie repose sur des leviers indissociables qui s’alimentent les uns les autres.

Le premier levier constitue le véritable produit d’appel du Kremlin : l’offre sécuritaire. La Russie propose des armements et des équipements à des prix très compétitifs, le transfert de savoir-faire militaire, la maintenance d’aéronefs d’attaque ainsi que la protection rapprochée des dirigeants en place. La reprise en main progressive des réseaux paramilitaires sous la bannière institutionnelle du corps Africa Corps, les anciens Wagner, atteste de la volonté du gouvernement russe d’étatiser, de structurer et de pérenniser ces interventions sur le long terme. À Madagascar, des éléments d’Africa Corps ont pris part à la formation des gardes présidentielles depuis l’arrivée de Michaël Randrianirina au pouvoir.

En contrepartie de cet appui sécuritaire, le deuxième pilier repose sur une diplomatie économique ciblée. Ne disposant pas des capacités financières des institutions internationales ou des investissements massifs de la Chine dans les infrastructures, la Russie privilégie des partenariats directs basés sur l’accès aux gisements miniers. L’or, le diamant, l’uranium et les terres rares deviennent ainsi les monnaies d’échange de cette coopération militaire. Le géant russe de l’aluminium, Rusal, prospecte de potentiels contrats miniers à Madagascar depuis que le pouvoir en place s’est rapproché de Moscou, début 2026.

L’autre volet s’orchestre sur le terrain de la guerre de l’information. À travers un réseau d’influence médiatique dense, porté par des canaux d’État comme Sputnik et RT, et relayé par des acteurs locaux sur les réseaux sociaux, notamment l’agence russe Africa Initiative à Madagascar, Moscou diffuse un récit valorisant la Russie comme un partenaire d’égal à égal et un rempart face à l’impérialisme occidental.

Cette présence s’appuie sur un volet culturel et universitaire relancé. La multiplication des quotas de bourses d’études supérieures destinées aux élites administratives et militaires africaines, couplée à l’enseignement de la langue russe via l’ouverture de la Maison Russe, comme à Madagascar, permet de former de nouvelles générations de cadres réceptifs aux intérêts de Moscou.

Les nouveaux fiefs de Moscou

L’influence russe ne se déploie pas au hasard. Elle cible en priorité les pays traversés par des crises de gouvernance ou des défis sécuritaires majeurs, là où le besoin de stabilisation rapide est le plus pressant.

La République centrafricaine demeure la matrice et la vitrine de cette stratégie en Afrique subsaharienne. Dès 2017, en échange de la sécurisation du régime face aux groupes armés et d’un appui militaire rapproché, des entreprises russes ont obtenu des concessions d’exploitation minière majeures, notamment dans le secteur de l’or et du diamant. Ce cas d’école a servi de démonstration à destination du reste du continent pour prouver la rapidité d’exécution et l’efficacité de l’offre sécuritaire russe.

Au Sahel, une bascule stratégique historique s’est opérée avec la création de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont progressivement rompu leurs accords de défense traditionnels avec les partenaires occidentaux, comme la France, pour sceller des alliances militaires et économiques étroites avec Moscou. Au Mali, l’arrivée d’instructeurs et de troupes de soutien s’est accompagnée d’importantes livraisons de matériel aérien et terrestre. Au Burkina Faso et au Niger, la coopération s’est accélérée autour de la formation technique des forces armées locales et du soutien matériel direct à la lutte contre les groupes armés terroristes.

Plus à l’Est, le Soudan constitue un autre point d’ancrage fondamental. Malgré les soubresauts politiques et le conflit interne qui ravage le pays, Moscou poursuit l’objectif constant d’obtenir un accès naval permanent sur la mer Rouge, tout en maintenant sa présence dans les chaînes de valeur et de transformation de l’or soudanais.

À Madagascar, la Russie a gagné un autre terrain de jeu depuis l’arrivée au pouvoir des militaires, sous la houlette du colonel Michael Randrianirina, en octobre 2025. Le déploiement de la stratégie d’influence russe dans la Grande Île s’est accéléré depuis le début 2026.

Le cas Madagascar

Un ancrage feutré mais stratégique dans l’océan Indien. Si les projecteurs des médias internationaux sont majoritairement fixés sur le Sahel, la Grande Île représente un enjeu géographique singulier pour la diplomatie russe. Située au cœur du canal du Mozambique, Madagascar contrôle un point de passage stratégique pour le commerce maritime mondial et le transit des hydrocarbures dans le Sud-Ouest de l’océan Indien. Les ressources du sous-sol font aussi de Madagascar un nouveau terrain de jeu des luttes d’influence entre les puissances étrangères qui, elles, cherchent à sécuriser les approvisionnements en minerais stratégiques.

Les relations entre Antananarivo et Moscou s’appuient d’abord sur un héritage historique. Durant la Deuxième République malgache menée par Didier Ratsiraka, des centaines de cadres, d’officiers et de hauts fonctionnaires ont été formés dans les universités et académies militaires soviétiques. Cet ancrage crée encore aujourd’hui un réseau d’interconnexions et une familiarité institutionnelle au sein des hautes sphères de l’État malgache. Mais l’issue de ce bras de fer avec Moscou, sous Didier Ratsiraka, a fini par mettre à genoux l’économie du pays.

Sur le plan sécuritaire et institutionnel, la présence russe à Madagascar prend une forme plus feutrée mais régulière. Contrairement à la méthode sahélienne, la coopération ne s’exprime pas par le déploiement de troupes de combat, mais par un cadre institutionnel renforcé. Un accord de coopération militaire signé en 2022 est venu formaliser des échanges dans les domaines de la formation technique, de la maintenance d’équipements militaires d’origine soviétique ou russe et de l’apprentissage de la langue russe pour les officiers de l’armée malgache.

Sur le plan économique, le sous-sol malgache, riche en nickel, en chrome, en cobalt et en terres rares, attire l’attention des compagnies minières russes, tout comme le potentiel des blocs pétroliers offshore situés dans le canal du Mozambique.

Cette présence se traduit également sur le terrain diplomatique. Fidèle à sa tradition de non-alignement, Madagascar adopte une posture de neutralité prudente sur la scène internationale, marquée par des abstentions lors de plusieurs votes décisifs aux Nations Unies concernant le conflit en Ukraine.

La méthode russe a permis des gains d’influence rapides et spectaculaires. Mais le modèle d’engagement risque de se heurter à certains défis. Contrairement aux bailleurs de fonds traditionnels ou aux grands acteurs industriels comme la Chine, la Russie dispose de capacités financières limitées pour investir dans les infrastructures de développement à long terme, telles que les routes, le réseau électrique, les hôpitaux ou les écoles, qui demeurent pourtant les priorités absolues des populations africaines. Et puis la question de la sécurité pérenne reste l’épreuve de vérité pour Moscou. Si l’offre militaire russe répond à des besoins d’urgence à court terme, la capacité à stabiliser durablement des territoires complexes et à offrir des perspectives de paix durable constituera le véritable test de crédibilité de cet engagement sur le continent.

Recueillis par Rija R.