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dimanche, octobre 11, 2026
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Pétanque malgache : Ultimatum d’une semaine à la FSBM

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Les clubs donnent une semaine aux dirigeants de la FSBM avant le dépôt des plaintes.
Les clubs donnent une semaine aux dirigeants de la FSBM avant le dépôt des plaintes.

Les présidents de plusieurs clubs, soutenus par des représentants des joueurs et de la diaspora, accordent une semaine aux dirigeants de la Fédération Sport Boules de Madagascar pour ouvrir le dialogue. Passé ce délai, ils annoncent leur intention de saisir les autorités compétentes et d’engager des poursuites.

La crise qui secoue actuellement le monde de la pétanque malgache franchit un nouveau palier. Réunis hier à Ampefiloha, les représentants du Collectif des présidents de clubs, accompagnés de membres du Collectif des joueurs et de la diaspora, ont officiellement annoncé leur intention de porter l’affaire devant les autorités compétentes si aucune issue n’est trouvée dans un délai d’une semaine. Face à la presse, les contestataires ont affirmé vouloir mettre fin aux échanges sur les réseaux sociaux pour privilégier désormais les voies administratives et judiciaires. Selon eux, la situation au sein de la Fédération Sport Boules Malgache (FSBM) est devenue préoccupante au point de nécessiter une action plus ferme. Le porte-parole du groupe, Luc Ratsimbaharison, a toutefois tenu à nuancer la démarche. « Ce n’est pas une menace. Nous reconnaissons que le président Adrien a également apporté sa contribution à la discipline, avec du temps, de l’énergie et des moyens personnels. C’est justement pour cette raison que nous lui lançons un appel : il lui est encore possible de sortir par la grande porte », a-t-il déclaré.

À l’origine du conflit figurent notamment les contestations liées au dernier processus électoral. Les présidents de clubs rappellent avoir déjà saisi les autorités au sujet de plusieurs irrégularités présumées et dénoncent également des engagements de réforme qui, selon eux, n’ont jamais été appliqués. Ils assurent aujourd’hui disposer d’un dossier solide comprenant dix chefs d’accusation pénale visant les dirigeants fédéraux, ainsi que plusieurs éléments de preuve. Les plaignants réclament également un audit approfondi des comptes de la fédération et souhaitent que les partenaires et sponsors de la discipline soient consultés afin de faire toute la lumière sur la gestion actuelle. Ils insistent sur le fait que leur démarche ne relève pas d’une quête de pouvoir, mais d’une volonté de changement dans l’intérêt du sport. « Il nous a été proposé d’intégrer l’équipe dirigeante de la fédération, mais nous avons refusé. Notre objectif n’est pas d’obtenir des postes, mais d’assainir la situation », ont-ils soutenu. Parmi les clubs représentés figuraient notamment l’UBMT, l’ABMI, le CBPRO, le PC2A et Besady Plus.

Heriniaina Samson

65e anniversaire de la Police nationale : Le sport à l’honneur pour clôturer les festivités

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Lors de la célébration du 65e anniversaire de la Police nationale, le 30 septembre.
Lors de la célébration du 65e anniversaire de la Police nationale, le 30 septembre.

Les festivités marquant le 65e anniversaire de la Police nationale se sont poursuivies dans une ambiance de communion et de fraternité. La journée centrale de célébration, organisée le mercredi 30 septembre, a été ponctuée par plusieurs activités sportives et par l’inauguration de plusieurs infrastructures en l’honneur de cet anniversaire historique. Les célébrations ont débuté par une course solidaire autour du lac Anosy et une séance de zumba au stade Barea, symboles de cohésion entre les membres de la Police nationale. Elles se sont ensuite poursuivies avec l’inauguration du « terrain d’honneur », d’une stèle commémorative dédiée aux 65 ans de l’institution, ainsi que d’un terrain de basketball à Anosy. Cette cérémonie a également été l’occasion de distinguer les policiers qui se sont illustrés lors des compétitions de l’ASIEF 2026. Parallèlement, plusieurs infrastructures ont été rénovées et mises en service à Antanimora, notamment le « mess » destiné aux moments de détente et de réception, ainsi que le dojo de la Force d’intervention de la Police nationale. Des équipements roulants, issus d’un partenariat avec la Fondation Viséo, ont également été remis à l’institution. Sur le plan sportif, les tournois de football, de basketball et de volleyball organisés dans le cadre de cet anniversaire connaîtront leur épilogue ce lundi, au stade annexe Barea. En volleyball, les PN1 défieront les CUA2 pour le titre. En football, les FIP croiseront le fer avec les DRH, tandis que, chez les basketteuses, les PU affronteront les Directions. La finale de tennis se disputera, pour sa part, sur les courts de l’ACSA Ambohidahy. Des matchs de gala dans les disciplines collectives ainsi que des démonstrations d’arts martiaux viendront enrichir cette journée, qui s’annonce comme le point d’orgue sportif des célébrations du 65e anniversaire de la Police nationale.

Heriniaina Samson

Barea : Le MJS s’explique sur le retard des paiements

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Face aux nombreuses réactions suscitées par des informations circulant sur les réseaux sociaux, le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) est sorti de sa réserve pour apporter des éclaircissements sur le dossier des salaires et primes impayés du sélectionneur des Barea, Corentin Martins, et de son staff. Selon le secrétaire général du MJS, Gaspard Hariliva Brice, le retard n’est nullement lié à une négligence de l’administration, mais découle principalement du renouvellement du contrat arrivé à échéance en janvier. Prévue en février, la signature du nouveau contrat n’avait pas pu être finalisée en raison de divergences sur certaines dispositions entre les différentes parties concernées. Des discussions ont alors été engagées afin de parvenir à un consensus. Le responsable a également rappelé que le traitement de fonds publics obéit à des procédures strictes. Après plusieurs étapes administratives et un passage en Conseil des ministres, le décret autorisant le transfert des crédits a finalement été adopté, ouvrant la voie au règlement des salaires et des primes en attente. De son côté, le directeur général des Sports, Harinirina Rajohanesa Brice, a précisé que les arriérés concernent notamment les matchs disputés en Turquie et au Maroc, ainsi que plusieurs primes de présence et de victoire. Le MJS insiste enfin sur l’absence de conflit avec la Fédération malgache de football (FMF) ou le staff technique des Barea, évoquant un simple processus de régularisation administrative désormais en voie d’achèvement.

Heriniaina Samson

Pentathlon moderne – Laser Run : Huit jeunes Malgaches à l’assaut de l’Afrique

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Madagascar sera au rendez-vous des Championnats d’Afrique de Laser Run, qui se dérouleront du 30 septembre au 5 octobre au Cap Town, en Afrique du Sud. La Fédération malgache de pentathlon moderne a misé sur une délégation jeune et prometteuse pour défendre les couleurs nationales sur la scène continentale.

Huit athlètes composeront l’équipe malgache. Chez les moins de 9 ans filles, Chricyah et Nayah seront en lice, tandis que Miravo représentera la catégorie U11 féminine. Chez les garçons, Alex portera les espoirs malgaches en U11, Hendry en U13 et Mandresy en U15. Fahendrena concourra chez les U13 filles. En catégorie senior hommes, Godefroy complétera la sélection nationale.

Avant même le début des compétitions, la délégation malgache a reçu un soutien de marque. Dès son arrivée, jeudi, l’équipe nationale a été honorée par la visite du président de l’Union internationale de pentathlon moderne (UIPM), Robert Stull, sur son lieu d’entraînement. Le dirigeant international a salué les efforts entrepris par la fédération malgache pour développer la discipline et a adressé ses encouragements aux représentants de la Grande Île. Cette marque de reconnaissance témoigne de l’intérêt porté à la progression du pentathlon moderne à Madagascar.

Pour ces jeunes athlètes, cette participation constitue une belle opportunité d’acquérir de l’expérience au plus haut niveau africain et de mesurer leur potentiel face aux meilleures nations du continent. Une échéance importante pour l’avenir de la discipline malgache.

Heriniaina Samson

Double test

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Après une pause de quelques mois pour cause d’urgence énergétique, l’ajustement automatique des prix à la pompe  reprend.

Double test

C’est l’un des engagements du gouvernement vis-à-vis du Fonds Monétaire International  (FMI) qui vient de débloquer les 155 millions de dollars de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) et de la Facilité pour la Résilience et de la Durabilité (FRD).   Dans ce cas de figure. Le raisonnement avancé par le FMI  se défend sur le plan budgétaire. En effet, en cette période de forte volatilité des cours pétroliers internationaux, maintenir artificiellement les prix des carburants oblige l’État à absorber une partie de la différence. Ces ressources pourraient, selon le FMI, être affectées à des dépenses jugées prioritaires, notamment la santé, l’éducation et la protection sociale. Le Fonds estime également qu’une subvention généralisée profite relativement davantage aux ménages riches qui consomment le plus de carburant. Mais à l’inverse, la suppression progressive de la subvention provoquée par cette mesure n’est pas sans coût économique. Pour la bonne et simple raison que le carburant étant  un intrant transversal, une hausse du prix à la pompe ne concerne pas uniquement l’automobiliste. Elle renchérit le transport des personnes et des marchandises, les coûts de production et de distribution et, indirectement, le prix de nombreux biens et services. Pour les ménages modestes, qui consacrent une part importante de leur revenu aux dépenses essentielles, l’effet peut  être particulièrement sensible. Bref, derrière l’application complète de l’ajustement automatique des prix à la pompe, il  y a un risque inflationniste. La question qui se pose est ainsi de savoir si le gouvernement de la refondation a la capacité  de réussir ce double test de réduire  le risque budgétaire lié aux subventions tout en évitant un choc inflationniste disproportionné que pourrait provoquer la hausse des prix  du carburant.

R.Edmond

Expression : Les reptiliens politiques

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De liane en liane, la politique change de couleur

Ils traversent les partis comme Tarzan saute de liane en liane dans la jungle. Sauf qu’ici, la jungle n’est pas amazonienne. La politique malgache est particulièrement touffue. Une liane orange par-ci. Une branche verte par-là. Un détour par une autre formation, puis une nouvelle alliance. À force de voir les couleurs se succéder, le citoyen pourrait presque avoir besoin d’un nuancier pour suivre les recompositions politiques.

Et voici maintenant le Vovonan’ny Fihavaozana an’i Madagasikara, le VFM. Rien que le nom invite à la curiosité : Fihavaozana, le renouvellement, la rénovation. Une promesse de changement qui mérite naturellement d’être observée à la loupe. Car le paysage politique malgache a cette particularité : les nouvelles plateformes peuvent réunir des personnalités dont les parcours sont parfois déjà bien connus du public. Rien d’anormal en soi : la politique est aussi faite d’alliances, de rapprochements et de recompositions.

Mais voilà que l’œil du chroniqueur s’amuse. Quand certains acteurs passent d’une couleur politique à une autre, le spectacle rappelle forcément Tarzan changeant de liane. La jungle, elle, reste la même ; seule la branche choisie semble changer. Hier orange, aujourd’hui vert : faut-il y voir une rupture, une évolution, une continuité sous une autre forme !  Chacun pourra naturellement se faire son idée. Le VFM arrive donc avec le vocabulaire du renouveau. À lui désormais de montrer ce que ce renouveau signifie concrètement : nouvelles idées, nouvelles méthodes, nouvelles priorités ou simplement nouvelle configuration politique !  Car une nouvelle plateforme n’est pas seulement un nouveau sigle. Elle devient véritablement nouvelle lorsqu’elle parvient à présenter un projet identifiable et à expliquer clairement ce qui la distingue des expériences précédentes. c’est là que la satire retrouve ses droits. Dans notre grande jungle politique, on ne dit pas forcément qu’on change de camp. On parle de « repositionnement ». On ne change pas nécessairement d’alliance : on « élargit la dynamique ». Et lorsqu’une couleur politique évolue, on peut toujours y voir non pas un changement de veste, mais une élégante adaptation au climat.

Après tout, le caméléon n’est pas accusé de manquer de couleurs. C’est précisément sa spécialité. Le VFM devra donc composer avec une question aussi simple que redoutable : qu’est-ce qui change réellement avec le renouvellement annoncé ? Les couleurs peuvent évoluer. Les alliances peuvent se recomposer. Les noms peuvent changer. Mais pour le citoyen, le plus intéressant restera toujours le même : les idées, le programme et les engagements. Tarzan pouvait se contenter de trouver la bonne liane. En politique, il faut aussi expliquer où elle mène.

Iss Heridiny

Culture générale : Bajau, Moken, Vezo… quand l’océan était une patrie

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De la mer d’Andaman au canal du Mozambique, les derniers nomades marins voient leur mode de vie pluriséculaire menacé par la sédentarisation forcée et la crise écologique. Au cœur d’une identité sculptée par l’océan, aujourd’hui au bord de l’extinction.

Les Bajau, les Moken, les Orang Laut et, enfin, les Vezo : quatre peuples qui ont fait de l’océan leur jardin et leur maison, « condamnés » à disparaître. Voilà, en substance, ce que redoutent les scientifiques, surtout anglophones, pour les décennies à venir. Ces peuples des mers ont, pour certains, une parenté plus ou moins prouvée et surprenante, tandis que d’autres ont en commun des similarités historiques ou techniques. Créer le même outil, une pagaie par exemple, à des moments et dans des lieux différents, ne prouve aucun lien génétique. Leur point commun est une culture façonnée par la mer. Ce fil invisible. Dans « The Bajau Laut: Adaptations, History, and Fate of a Maritime Fishing Society of Southeastern Sabah » (1997), Clifford Sather l’a détecté. « Pour les Bajau Laut, la mer n’est pas un espace vide qui sépare des terres, mais un paysage plein, structuré par des réseaux de récifs, de chenaux, de bancs de sable et de repères sous-marins. La mémoire collective ne s’inscrit pas dans des monuments en pierre ou des limites cadastrales terrestres… ». Cette « géographie » de l’eau, tout comme ce rapport intime. « L’océan n’est pas seulement le pourvoyeur de nourriture, il est le moule dans lequel se forge l’identité sociale tout entière », propos d’un Vezo recueillis par Bernard Koechlin et transcrits dans « Les Vezo de Madagascar : ethnologie d’un peuple de pêcheurs » (1975). Jusqu’à façonner même le corps de ces hommes : chez tous ces peuples, les plongées peuvent durer de longues minutes, six ou huit minutes au maximum. Encore mieux : chez les Bajau, le volume de la rate a presque doublé. Chez les Moken, dès l’enfance, ils peuvent voir nettement sous l’eau, sans porter de lunettes spéciales. Chez ces derniers, leur tradition orale a permis de sauver plusieurs villages et des dizaines de milliers d’individus lors du tsunami de décembre 2004. Leurs ancêtres ont déjà évoqué le « laboon », ou la vague mangeuse d’homme, avec les façons de la reconnaître à l’avance. Si les Vezo ont des liens génétiques avec les Bajau, les Moken semblent être un peuple à part, bien que les études se poursuivent encore. Quoi qu’il en soit, les quatre appartiennent à la même « racine » très lointaine austronésienne. Pour dire que les Vezo doivent aussi beaucoup à l’Afrique bantoue, les Moken plus aux Malais. Sauf que, si tout cela est bien beau, les chercheurs annoncent de plus en plus la fin de leur mode de vie, laquelle va s’orienter toujours davantage vers la sédentarisation. Dans « Indonesian Sea Nomads: Money, Magic and Fear of the Orang Suku Laut » (2003), la « civilisation » et la régularisation administrative en seraient les premières raisons. Il serait difficile, pour un agent de la commune, d’inscrire sur la carte d’identité nationale une adresse du genre : né à 5 kilomètres des côtes, ou sur une plage entre Morombe et Belo-sur-Mer. Exemple par l’absurde, cependant, qui dépeint la réalité oppressante de ces peuples des mers. La pêche industrielle, avec l’accord discret des politiques, la dégradation des récifs, etc., ajoutent de l’eau au moulin de l’« inéluctable ». Rien ne va plus.  

Maminirina Rado

Musique : L’âme du slow de Jean Rigo au cœur du littoral

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Des sonorités clin d’œil à l’univers du « blues du Mississippi », du swing millimétré, des arrangements aériens… Plongée dans l’univers poétique de Jean Rigo à travers quatre titres qui ont marqué la variété du littoral et redéfini l’art du slow.

Jean Rigo porte en lui cette capacité d’ensoleiller et d’imprégner d’un iode léger ses slows. Beaucoup diront que seuls les bluesmen peuvent atteindre cette altitude esthétique. Si c’est le cas, cet auteur-compositeur en est sûrement un. Frère poétique de Mississippi John Hurt, Ali Farka Touré, Buddy Guy et toute une longue liste de monstres sacrés qui distillaient le spleen sans misérabilisme, avec un groove maîtrisé. Quatre titres, certes à l’eau de rose, suffisent à détailler le génie de Jean Rigo. Un des princes de la ballade, un rang qu’il partage avec les Kiaka, Ejema, Shyn… et, dans une moindre mesure, les Tearano, Olombelo Ricky, Iraimbilanja, Tovo J’hay et d’autres.

« Aza malahelo »

Progression en tonalité claire, la variété littorale en est imprégnée dans les années 80 : l’ensoleillement se déclare déjà dans l’ensemble. Ensuite viennent les petits détails qui renforcent cette impression de clarté : guitare piquée dont le jeu étagé rappelle le « marovany », la création du swing dans la voix, la basse en backbeat… Toute la structure se pose, sans saturation. « Aza malahelo » évolue à son rythme, prend le corps avant l’intellect. Dans les textes, les années 2000 pouvaient encore, peut-être, permettre aux oreilles d’écouter, de réfléchir au sens et aux idées, tout comme les maris fidèles.

« Mihevera »

Sans artifices, le thème du morceau le nécessitait sans doute, l’auteur-compositeur transmet tout autant cette chaleur. Le groove malgache ne devrait pas toujours être une surenchère de tempos rapides. Il respire, devient un refuge, entre les mains de Jean Rigo. Les incertitudes politico-économiques vécues par les Malgaches aidaient aussi, quelque part, à la promotion. Ses paroles appellent alors à la retenue et à la réflexion. Comme s’il sortait d’une gueule de bois et se réveillait d’un coup face à la réalité.

« Tsy sitrapoko »

Si les deux titres précédents marquaient le balancement des flots marins, avec ce titre, il bouscule ses règles. Plus de propulsion, plus d’urgence. Et si ce n’est le blues, avec ces « call-and-response » dont les origines, dans le Mississippi, seraient attribuées à des déportés malgaches à cause de l’esclavage. L’artisanat de variété, à son époque, à l’instar d’aujourd’hui où les essayistes écumaient les studios et les ondes, est complètement laissé sous la paillasse. Là où les autres choisissaient les harmonies spectaculaires, Jean Rigo préfère ici l’approfondissement dans la stagnation.

« Tapakevitra »

L’artiste a bien compris que sa voix peut jouer un rôle, un personnage, à travers ses créations. Sur les 140 bpm, elle enveloppe et rassure. À plus de 160 bpm, la caisse claire accentue cette impression de poussée vers l’avant. « Tapakevitra » est le titre le plus national de son répertoire. Promesse d’amour inébranlable, mutuelle, aux premières strophes agitées, c’est ce dont rêveraient toutes les « princesses » des villes et des campagnes malgaches. Le groove imprègne les pores, les nerfs, le corps suit cet envol aérien de la chanson.

À travers ses slows, Jean Rigo ajoute du mouvement à la mélodie. D’abord par son génie de trouver le bpm qui sied le mieux à telle chanson. Ensuite, sa manière de broder à travers les instrumentaux : le piano sur « Ambilaho ‘zaho » est digne d’un Rubén González (Buena Vista Social Club), un insulaire également. Et enfin, sa façon de travailler le « call-and-response », tout ce qu’il y a de plus « blues ».

Maminirina Rado

Njakatiana au Coliseum : Grand come-back et retrouvailles très attendus du public

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Njakatiana aux côtés des partenaires du concert hier, pour le lancement officiel de ce concert dominical très attendu
Njakatiana aux côtés des partenaires du concert hier, pour le lancement officiel de ce concert dominical très attendu

Il y a des concerts qui ressemblent à un simple rendez-vous musical. Et puis il y a ceux qui ont le goût des retrouvailles.

Le dimanche 4 octobre, Njakatiana, le chanteur romantique malgache, retrouvera la scène du Coliseum pour la cinquième fois de sa carrière. Un retour très attendu, autant par l’artiste que par son public. Car derrière ce spectacle à venir se cache une demande exprimée depuis longtemps par ses fans : revivre un grand concert en plein air, dans cet esprit populaire et chaleureux qui a marqué certaines des plus belles pages de son parcours.

Au fil des années, chaque prestation au Palais des Sports était accompagnée de la même question : « Quand reviendrez-vous dans un grand espace en plein air ? », se rappelle-t-il. Avec le Coliseum, Njakatiana répond enfin à cette attente. Le choix du lieu n’est pas anodin. Sa vaste scène permet de donner vie à un spectacle ambitieux, à la mesure de son histoire et de celle de son public.

Pendant près de quatre heures, ce dimanche, de 14 h 30 à 18 h 30, l’artiste proposera un voyage à travers plus de trente ans de carrière. Pour construire le répertoire, il a choisi de se tourner vers ceux qui connaissent le mieux ses chansons : ses admirateurs. Un sondage lancé sur les réseaux sociaux leur a permis de sélectionner les titres qu’ils souhaitaient entendre. Les réponses ont fait remonter des classiques intemporels, des chansons des années de consécration et des morceaux plus récents. Un véritable parcours à travers les souvenirs de plusieurs générations.

Sur scène, la fête s’annonce grandiose. Choristes, cuivres, musiciens, danseurs et invités surprises viendront enrichir le spectacle. Au moins trois artistes, dont l’identité a été gardée secrète pour préserver l’effet de surprise, rejoindront Njakatiana pour des moments de partage, entre duos, interprétations de leurs propres titres et reprises de compositions signées par l’artiste. L’objectif est clair : maintenir une émotion continue, sans temps mort.

Pour parfaire ce grand moment, le groupe de Njakatiana ne travaille pas seul. Gasy Money, l’un des fervents partenaires de l’événement, accompagne cette célébration de la culture malgache et de tout ce qui rassemble, sans oublier Jay Audio et Miritsoka dans le partenariat technique.

Par ailleurs, ce concert se veut avant tout un moment de convivialité. Un rendez-vous pensé pour les familles, pour les jeunes, pour les enfants, pour tous ceux qui ont grandi avec ces mélodies ou qui les découvrent aujourd’hui.

Il ne sera ainsi pas seulement question de musique. Il sera question de mémoire, de partage et de ce lien précieux qu’un artiste a su tisser avec son public depuis plus de trente ans.

Hanitra Andria

Art plastique : « Passerelle » dans son dernier virage

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Les amateurs et amatrices d’art contemporain ont jusqu’au 10 octobre pour visiter les œuvres d’Édouard Rajaona et de Richianny Ratovo à l’IFM Analakely. « D’un côté, les œuvres d’Édouard Rajaona, figure majeure de la peinture malgache contemporaine, fruit de plus de cinquante ans de création et profondément ancrées dans les paysages, les scènes de vie et les réalités de Madagascar. De l’autre, Richianny Ratovo, artiste plasticienne de la nouvelle génération, dont la pratique mêle peinture, dessin, pyrogravure, photographie et poésie, entre introspection, émotions et héritages. Sous le commissariat de Hemerson Andrianetrazafy, ‘‘Passerelle’’… interroge ce qui se transmet, ce qui évolue et ce qui se réinvente lorsqu’une génération rencontre une autre », installation dans l’entre-deux-mondes.

Recueillis par Maminirina Rado