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vendredi, octobre 16, 2026
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Africa Food System Forum : Présentation de la vision de Madagascar sur la transformation de l’agriculture

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Le SG du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, Andritiana Arsène Rabarison, lors de son intervention à ce forum à Kigali.
Le SG du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, Andritiana Arsène Rabarison, lors de son intervention à ce forum à Kigali.

Madagascar a participé à la 20e édition de l’« Africa Food Systems Forum », organisée la semaine dernière par AGRA (Alliance for a Green Revolution in Africa) en partenariat avec le gouvernement rwandais, à Kigali.

Cet événement a réuni l’ensemble des dirigeants politiques africains, des entrepreneurs, des organisations de la société civile, des groupements de producteurs, des institutions de recherche, des partenaires au développement et des représentants du secteur privé œuvrant dans le secteur agricole, ainsi que des investisseurs. Placé sous le thème central « Investir dans les systèmes agroalimentaires africains : nourrir les nations, créer des emplois et renforcer la résilience », l’objectif consistait à augmenter la production locale afin de garantir la sécurité et la souveraineté alimentaires, tout en renforçant la résilience climatique de l’ensemble des chaînes de valeur agricoles. Cette 20e édition du Forum africain sur les systèmes alimentaires vise également à susciter des investissements et à développer l’agribusiness et les agritechs, en vue de créer des opportunités économiques pour les jeunes et les femmes.

Partager les expériences

À cette occasion, une délégation du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, conduite par son secrétaire général, M. Andritiana Arsène Rabarison , a représenté Madagascar. Lors de son intervention au forum, il a présenté la vision de la Grande Île pour une transformation durable de l’agriculture. « Notre pays s’engage à mettre en œuvre des stratégies adaptées pour protéger les acquis agricoles et renforcer durablement la production nationale, afin de bâtir un système alimentaire plus résilient pour les générations futures », a-t-il déclaré. Dans le cadre de ce forum continental, la délégation malgache a également participé activement aux échanges avec les partenaires africains et internationaux. « Ces rencontres constituent une opportunité de partager les expériences, de renforcer les collaborations et de construire ensemble des solutions face aux défis alimentaires et climatiques », a-t-il ajouté.

Outils numériques

Lors de cet événement de grande envergure, les discussions entre toutes les parties prenantes se sont articulées autour de cinq axes stratégiques. Le premier axe porte sur la mobilisation des financements et des investissements pour renforcer la résilience des systèmes alimentaires, tout en contribuant à l’amélioration de la production. Des rencontres directes entre les entrepreneurs africains œuvrant dans la transformation agroalimentaire et les fonds d’investissement ou les banques de développement ont également été facilitées en vue de financer des projets à fort impact économique local. Le deuxième axe stratégique concerne la gestion durable de l’eau et de l’irrigation, à travers la vulgarisation de technologies modernes telles que le pompage solaire et le système d’irrigation goutte-à-goutte, tout en déployant des outils numériques appliqués à l’hydrologie et aux alertes météo prédictives.

Commerce intra-africain

Ensuite, la facilitation d’accès aux produits agricoles et d’élevage à moindre coût pour la population africaine a fait l’objet de débats entre toutes les parties prenantes, en vue d’atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnelle. De leur côté, les institutions de recherche poursuivent leurs efforts en contribuant au renforcement de la résilience des producteurs, en vulgarisant les semences enrichies et résistantes au stress thermique ou à la sécheresse, à l’image de la semence de riz « Besalohy » et du sorgho. Le développement de l’entrepreneuriat rural et le déploiement de solutions numériques comme l’agritech et l’e-commerce constituent le quatrième axe stratégique. Enfin, le dernier, et non des moindres, porte sur le développement du commerce intra-africain, à travers la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine. L’objectif commun vise à bâtir des systèmes alimentaires plus sains, inclusifs, durables, résilients et équitables, capables d’accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) en Afrique d’ici à 2030.

Navalona R.

Paiements par carte : La BMOI et VISA récompensent les utilisateurs avec « Payez Libre »

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BMOI encourage l’utilisation des cartes bancaires.
BMOI encourage l’utilisation des cartes bancaires.

Les initiatives visant à inciter les gens à utiliser les cartes de paiement se multiplient. C’est le cas, par exemple, de la BMOI et de VISA, qui lancent en ce moment « Payez Libre », une campagne qui récompense chaque paiement par carte.

La campagne, qui a débuté le 1er juillet et prendra fin le 30 septembre 2026, consiste à récompenser tout paiement par carte VISA BMOI de 100 000 ariary ou plus. Avec, à la clé, une chance pour les gagnants de remporter un grand voyage et de nombreux lots exclusifs.

Automatique

Une opération qui a le mérite d’être simple. En effet, aucune démarche préalable n’est demandée au client, puisque le jeton de participation est généré automatiquement dès le premier paiement éligible, qu’il soit réalisé sur un terminal de paiement électronique ou en ligne, à Madagascar comme à l’étranger. Chaque transaction supplémentaire augmente mécaniquement les chances de figurer parmi les gagnants. Le tirage, annoncé comme entièrement électronique et aléatoire, désignera les lauréats à l’issue de la période. Filiale du Groupe BCP depuis 2019, la BMOI présente cette campagne comme un volet de son partenariat stratégique avec VISA, et l’inscrit dans un objectif plus large : celui d’accélérer la modernisation des paiements par carte à Madagascar, en particulier pour les dépenses du quotidien, encore largement dominées par les espèces.

Sensibilisation

Au-delà de la dimension promotionnelle, la banque a profité de l’occasion pour sensibiliser le public à l’usage de la carte bancaire. Lors d’une conférence organisée le 2 septembre au CAFF Eden, à Ankorondrano, elle a présenté les bonnes pratiques de paiement, la sécurité des transactions et les fonctionnalités de la carte, souvent ignorées du grand public. Une manière, pour la banque, de combler le déficit de connaissances qui freine l’adoption du paiement électronique. « Une carte bancaire n’est réellement utile que si elle est bien comprise et bien utilisée », a résumé Manoa-Elia Rasandinirina, directrice marketing et communication de la BMOI. « Payez Libre est un moyen d’accompagner les clients vers une meilleure maîtrise de leur carte », a-t-elle ajouté.

R. Edmond.

Budget 2027 : Les consultations régionales se poursuivent à Boeny et Atsinanana

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La préparation du Projet de loi de finances (PLFI) 2027 poursuit son ancrage territorial. Après plusieurs régions, Boeny et Atsinanana ont accueilli, les 2 et 3 septembre derniers, leurs Conférences budgétaires régionales (CBR), consacrées à la remontée des besoins et des priorités identifiés au niveau local. Ces rencontres s’inscrivent dans une série de consultations engagées depuis le lancement des CBR dans l’Itasy, le 21 août. Analamanga, Vakinankaratra, SAVA, Diana, Melaky ou encore Sofia ont notamment déjà accueilli cet exercice participatif. À Boeny et Atsinanana, élus, responsables locaux et acteurs du développement ont ainsi pu faire valoir les secteurs et les projets jugés prioritaires pour leurs territoires. L’objectif est d’intégrer davantage les réalités régionales dans les arbitrages qui serviront à l’élaboration du budget de l’État. Relancées cette année après plusieurs années d’interruption, les CBR doivent ainsi rapprocher la programmation budgétaire des besoins exprimés par les populations et les collectivités.

Antsa R.

Secteur bancaire : Les banques africaines en pleine expansion

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Filiales des banques européenne et africaine à Antananarivo.
Filiales des banques européenne et africaine à Antananarivo.

Le paysage bancaire africain a profondément changé. Longtemps dominé par des filiales de grandes banques occidentales, il voit désormais émerger des banques à capitaux subsahariens se déployant au-delà de leurs frontières d’origine. Elles côtoient désormais leurs homologues sud-africains et égyptiens, déjà solidement établis. Elles redessinent la carte bancaire du continent, jusqu’à l’Océan Indien.

Il y a encore une génération, les principales banques opérant en Afrique étaient souvent adossées à des banques européennes et, dans une certaine mesure, américaines. Depuis, de nouveaux acteurs subsahariens se sont affirmés, en grandissant d’abord sur leurs marchés domestiques avant de partir progressivement à la conquête des marchés voisins et de construire de véritables réseaux panafricains. Ecobank et Bank of Africa en constituent les illustrations les plus spectaculaires. La première a été créée au Togo dans les années 1980 et est présente dans 33 pays africains, tandis que la seconde est implantée dans 20 pays, dont Madagascar. D’ailleurs, il est important de souligner que l’expansion des banques africaines coïncide avec le départ progressif des banques occidentales, jugeant le marché africain peu porteur. La mise en vente des filiales africaines de Société Générale, y compris à Madagascar, en est l’illustration la plus récente. Des banques africaines en ont beaucoup profité pour élargir leur implantation sur le continent.

Changement d’échelle

Cette évolution dépasse la seule croissance des réseaux bancaires. Les grands groupes africains cherchent également à diversifier leurs métiers afin de couvrir plusieurs segments du marché financier, quasiment sur l’ensemble du continent. À l’instar d’AFG Bank, présente dans 15 pays, dont Madagascar et les Comores. Après avoir racheté en intégralité l’allemande Accès Banque et son réseau continental, ainsi que la filiale guinéenne de Société Générale, cette banque ivoirienne se retrouve sur plusieurs créneaux : la banque traditionnelle, la microfinance, les assurances et la banque d’investissement, et ce dans plusieurs pays. La concurrence bancaire se déplace ainsi progressivement : il ne s’agit plus seulement d’être la première banque d’un pays, mais d’être capable d’accompagner un client lorsqu’il change de marché.

Vertus de la concurrence

La montée en puissance des banques africaines s’accompagne d’une concurrence ardue. En effet, ces nouvelles banques sont, en quelque sorte, acculées à sortir des sentiers battus, ce qui constitue de réelles opportunités pour la clientèle, particuliers ou entreprises privées, voire les États. Les banques s’intéressent désormais à des segments peu explorés du marché, allant jusqu’à financer des secteurs d’activité jusque-là ignorés. Elles rivalisent d’ingéniosité pour entrer sur des marchés nouveaux, tels que le financement de certaines professions libérales, le secteur minier ou l’énergie, ainsi que certaines diasporas présentes dans les pays africains. Aujourd’hui, les banques africaines sont devenues, à leur tour, des conquérantes de leur propre continent. Et Madagascar, au cœur de l’océan Indien, se retrouve progressivement sur cette nouvelle carte bancaire africaine.

R.Edmond.

Plan de relance économique : Un objectif de croissance de 6% et plus de 40 000 emplois d’ici 2027

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Les grandes lignes du Plan de relance économique 2026-2027 ont été présentées au Plan Anosy, lors d’une rencontre du ministère de l’Économie et des Finances avec des représentants du secteur privé. Le document mise sur une mobilisation conjointe de l’État et du secteur privé.

Faire repartir la croissance, créer des emplois et restaurer la confiance des investisseurs. C’est autour de ces objectifs que s’articule le Plan de relance économique 2026-2027, dont les grandes lignes ont été présentées vendredi dernier au Plan Anosy par la Direction générale de l’Économie et du Plan (DGEP), auprès du ministère de l’Économie et des Finances. Les ambitions sont chiffrées. Le Plan vise un taux de croissance du PIB de 4% en 2026, puis de 6% en 2027, ainsi que la création cumulée de 40 593 emplois. Son coût global est estimé à 4 622 milliards d’ariary. Le document affiche également une hausse de la productivité du secteur privé de 25% à 50%. Trois piliers structurent l’ensemble : création d’emplois durables, en priorité pour les jeunes et les populations rurales ; renforcement de la compétitivité ; et relance de l’investissement, notamment pour réduire le déficit de financement des entreprises et des MPME.

24 programmes, 68 actions

Le Plan est l’aboutissement des Assises pour la relance économique, organisées de janvier à mars 2026, avec consultations régionales, dialogues public-privé et analyses coûts-bénéfices. Le diagnostic met en évidence plusieurs freins : une productivité estimée à seulement un quart de la moyenne africaine, 94% de la population active évoluant dans l’économie informelle, une industrialisation représentant 15% du PIB, seulement 19% de routes bitumées et un accès à l’électricité limité à 30-39%. Pour y répondre, 68 actions prioritaires ont été regroupées dans 24 programmes. Dix programmes, représentant 35 actions, portent sur les mesures transversales : climat des affaires, compétitivité et fiscalité. Quatorze autres programmes, soit 33 actions, ciblent quatre secteurs jugés à fort potentiel : agribusiness, tourisme, TIC et numérique, et textile. Le volet « climat des affaires » comprend les infrastructures routières, la sécurisation foncière, l’accès à l’énergie, le développement des compétences, ainsi que la sécurité juridique et judiciaire. Les projets Sahofika, Volobe, le solaire et Antetezambato figurent parmi les investissements énergétiques cités. Sur le plan fiscal, le MEF entend porter la pression fiscale à 12,5% du PIB en 2027, contre 7% en 2024, en misant sur l’élargissement de l’assiette, la formalisation du secteur informel, la modernisation de l’administration et la stabilité fiscale.

Quatre moteurs sectoriels

L’agribusiness, qui représente 23 % du PIB et concerne 80% de la population active, doit évoluer vers davantage de transformation locale et une meilleure insertion dans les marchés régionaux et internationaux. Le Plan prévoit notamment l’opérationnalisation de six Zones d’investissement agricole (ZIA) et un meilleur accès des acteurs agricoles au financement et aux marchés. Dans le tourisme, les priorités portent sur la gouvernance, la transformation numérique, la formation et le développement de routes aériennes domestiques. Le numérique doit, de son côté, porter sa contribution au PIB de 1,7% à 4% à l’horizon 2028, grâce à une meilleure connectivité et à la généralisation des paiements numériques. Pour le textile, l’objectif est de renforcer l’intégration verticale, diversifier les débouchés et relancer la filière coton, tout en anticipant les mutations des accords commerciaux préférentiels. Le financement montera progressivement en puissance : 560 milliards d’ariary sont prévus en 2026, puis 4 062 milliards en 2027. Cette hausse est surtout portée par les investissements liés au climat des affaires, notamment l’énergie, et par la relance de la filière coton. Reste désormais le défi de l’exécution. Le dispositif prévoit un pilotage associant l’État et le secteur privé, des analyses coûts-bénéfices régulières et un tableau de bord de veille sur les risques externes. Le Plan identifie quatre menaces majeures : aléas climatiques, tensions géopolitiques, lenteurs administratives et désengagement du secteur privé. Un contrat de performance État-secteur privé doit ainsi formaliser les engagements réciproques, entre réformes publiques, création d’emplois et gains de productivité. L’enjeu, après la phase de concertation et de programmation, sera donc de traduire les 68 actions annoncées en résultats visibles pour l’économie réelle.

Antsa R.

Finance durable : Madagascar prépare sa première taxonomie verte

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Les investissements dans les énergies renouvelables figurent parmi les activités pouvant bénéficier du nouveau cadre de classification de la finance verte à Madagascar.
Les investissements dans les énergies renouvelables figurent parmi les activités pouvant bénéficier du nouveau cadre de classification de la finance verte à Madagascar.

Madagascar avance vers la mise en place d’un cadre national permettant de distinguer clairement les investissements réellement « verts ». Une première version de la Taxonomie verte de Madagascar est actuellement soumise à consultation publique.

Le projet est porté par un comité technique réunissant Banky Foiben’i Madagasikara (BFM), le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et le ministère de l’Environnement et du Développement durable. L’objectif est avant tout financier, autant qu’environnemental. La taxonomie doit, selon ses promoteurs, constituer un langage commun permettant aux banques, aux investisseurs, aux entreprises et aux pouvoirs publics de déterminer quelles activités économiques peuvent effectivement être qualifiées de vertes. Le dispositif vise ainsi à développer le marché malgache de la finance durable, à faciliter la mobilisation de financements et à orienter davantage de capitaux vers la résilience climatique, la préservation du capital naturel et le développement durable. Il doit également contribuer à réduire le risque de « greenwashing », ou écoblanchiment.

Objectifs environnementaux

Six grands objectifs servent de référence : l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, l’utilisation durable et la protection des ressources en eau et marines, l’économie circulaire, la prévention et la maîtrise de la pollution, ainsi que la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes. Concrètement, une activité ne pourra pas être considérée comme verte sur la seule base de son appellation. Elle devra apporter une contribution substantielle à au moins un objectif environnemental, respecter le principe « Do No Significant Harm », c’est-à-dire ne pas causer de préjudice significatif aux autres objectifs, et satisfaire aux garanties sociales minimales. Le projet couvre un large éventail d’activités. Le document en recense 108, touchant notamment l’agriculture, l’énergie, les activités de fabrication, les transports, le bâtiment, l’eau et l’assainissement, le tourisme, la gestion des risques de catastrophe ou encore certains mécanismes de finance verte et bleue. Dans l’énergie, par exemple, figurent le solaire photovoltaïque, l’éolien, l’hydroélectricité, le stockage électrique et les solutions de cuisson propre.

Mobiliser les capitaux

La taxonomie s’adressera principalement aux banques, aux institutions de microfinance, aux investisseurs, aux assureurs, aux entreprises et aux autorités publiques. Elle pourra notamment servir à structurer les prêts verts, à labelliser des instruments financiers durables, à analyser des portefeuilles ou à assurer le suivi des financements verts. Son utilisation restera toutefois volontaire dans cette première phase. L’approche se veut par ailleurs progressive. Des activités encore imparfaitement alignées pourront être reconnues comme activités de transition si elles démontrent une trajectoire crédible, mesurable et vérifiable d’amélioration environnementale. Pour Madagascar, fortement exposé aux cyclones, aux sécheresses, aux inondations et à d’autres effets du changement climatique, l’enjeu est désormais de faire de cette classification un outil capable de rassurer les investisseurs et d’attirer davantage de capitaux vers des projets réellement durables.

Antsa R.

Sécurité sanitaire des aliments : Les contrôles sur l’aflatoxine renforcés à Madagascar

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Désormais, l’ACSSQDA a la capacité de détecter la présence de l’aflatoxine (photo FAO).
Désormais, l’ACSSQDA a la capacité de détecter la présence de l’aflatoxine (photo FAO).

Les arachides, le maïs et les céréales mal stockés peuvent contenir de l’aflatoxine, une toxine très dangereuse pour le foie. Pour protéger la santé des consommateurs au quotidien, le laboratoire national ACSQDA s’est équipé afin d’éliminer ce poison de nos marchés. Grâce au soutien de la FAO et du ministère de la Santé publique, l’Agence de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments (ACSSQDA) se dote d’équipements de pointe pour traquer l’aflatoxine dans les denrées locales et importées. Cette avancée cruciale permettra de protéger efficacement la population malgache contre cette toxine redoutable, principalement présente dans les arachides et les céréales mal stockées.

Avantages

Depuis juin 2024, le projet « assistance technique au contrôle de la qualité et au suivi de la sécurité sanitaire des aliments », mis en œuvre par la FAO dans le cadre de son Programme de coopération technique (TCP), a contribué au renforcement des capacités de l’ACSSQDA. La grande nouveauté de ce renforcement de capacités réside dans la détection de l’aflatoxine, une avancée majeure pour le laboratoire. L’aflatoxine est une toxine naturelle extrêmement dangereuse, produite par certains champignons microscopiques qui se développent sur les produits agricoles, notamment les arachides, le maïs et les céréales, souvent en raison d’un mauvais stockage ou de l’humidité. Ingérée à fortes doses ou de manière répétée, elle constitue un risque grave pour la santé publique, pouvant provoquer des atteintes hépatiques sévères et favoriser le cancer du foie.

En temps normal, l’ACSSQDA joue un rôle crucial de bouclier sanitaire. Cette agence étatique assure le contrôle de la qualité microbiologique et physico-chimique des denrées alimentaires distribuées sur le marché national ou importées. Ses analyses habituelles visent à détecter la présence de bactéries pathogènes comme les salmonelles ou les coliformes, les métaux lourds, ainsi que les résidus de pesticides, afin de protéger les consommateurs contre les intoxications alimentaires.

Narindra Rakotobe

Rentrée scolaire : Plus de 7 millions d’élèves sur le chemin de l’école

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Coup d’envoi, hier, 7 septembre 2026, d’une nouvelle année studieuse pour les élèves du système éducatif malgache, du préscolaire au lycée, à travers plus de 20 000 établissements scolaires.

Plus de sept millions d’élèves ont repris le chemin de l’école en ce début du mois de septembre, dont ceux des établissements scolaires publics – et une partie du privé – dont la rentrée officielle a eu lieu hier, 7 septembre 2026. Le début de 42 semaines de travail, avec à la clé la réussite à l’examen officiel pour les élèves des classes d’examen et le passage au niveau supérieur pour les classes intermédiaires. Le premier jour de classe était surtout consacré à l’accueil et à la prise de contact, ainsi qu’au partage des informations essentielles sur le calendrier scolaire, les règlements intérieurs et le déroulement de cette nouvelle année scolaire 2026-2027. La première semaine est, quant à elle, celle de l’évaluation sommaire du niveau des élèves et des exercices de rappel.

Le cycle primaire compte environ 4,8 millions d’élèves à travers près de 20 000 établissements scolaires, dont plus de 15 400 établissements publics, soit plus des trois quarts, et près de 3 500 établissements privés, ainsi que plus de 600 établissements communautaires. Dans le cycle secondaire, où plus de 3 millions d’élèves sont inscrits, les collégiens et lycéens sont scolarisés dans près de 3 500 établissements, majoritairement privés, avec plus de 2 600 collèges et lycées privés, tandis que l’enseignement public en compte 755. Notons que la subdivision en cinq périodes reste maintenue pour l’année scolaire 2026-2027. La première trêve sera celle de la Toussaint, du 31 octobre au 8 novembre 2026.

Hanitra R.

Mobilité à Antananarivo : Se déplacer, un parcours de combattant

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La circulation quotidienne dans la capitale malgache
La circulation quotidienne dans la capitale malgache

Circuler expose les piétons, les automobilistes et les usagers des transports à des risques qui dépassent largement la seule question des embouteillages.

Comme dans les grandes villes du monde, marcher, traverser une rue, prendre un taxi-be ou rejoindre son lieu de travail constitue un défi quotidien à Antananarivo. Et l’accident survenu récemment à Ambohijatovo, qui a grièvement blessé un confrère journaliste, remet brutalement en lumière une réalité devenue quotidienne dans la capitale. En effet, ce fait (loin d’être un « fait divers ») constitue un signal supplémentaire sur les conditions de circulation dans une capitale où l’espace public est soumis à une pression croissante. Trottoirs occupés, stationnements anarchiques, circulation dense, véhicules qui se frôlent et traversées difficiles réduisent les espaces permettant de circuler en sécurité. Pour les enfants, les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite, cette vulnérabilité est encore plus importante.

Collectif

Le problème ne se mesure pourtant pas uniquement au nombre d’accidents. Chaque déplacement peut représenter plusieurs dizaines de minutes, voire plusieurs heures, perdues dans les embouteillages. Pour les travailleurs, ces retards répétés réduisent le temps consacré à la famille, au repos ou aux activités économiques. Le coût du transport pèse également sur les ménages lorsque les trajets se multiplient. Les navettes envisagées au niveau de la gare routière d’Amoronankona pour répondre aux inquiétudes des passagers montrent qu’il est possible d’apporter des réponses ciblées. Mais Antananarivo a besoin d’une approche plus systémique, où sécuriser et libérer les trottoirs, aménager des traversées piétonnes protégées, identifier les principaux points noirs, rationaliser les arrêts de taxis-be et renforcer les transports collectifs constituent les maillons d’une chaîne de solutions. À terme, la capitale devra surtout disposer d’une véritable politique de mobilité fondée sur des données telles que les accidents par zone, le temps moyen de trajet, la fréquentation des lignes, les coûts pour les ménages et les flux de circulation. Car fluidifier la circulation ne suffit plus : l’enjeu est de permettre aux Tananariviens d’aller travailler, d’étudier ou simplement de rentrer chez eux sans que chaque déplacement ne devienne une épreuve.

José Belalahy

Exploitation illicite dans les aires protégées : Les OSCEC tirent la sonnette d’alarme

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Les représentants issus de Aika, GERP, Alliance Voahary Gasy, l’Association des journalistes environnementaux, TI, entre autres organisations de l’OSCEC, ont présenté la lettre ouverte à la presse hier.
Les représentants issus de Aika, GERP, Alliance Voahary Gasy, l’Association des journalistes environnementaux, TI, entre autres organisations de l’OSCEC, ont présenté la lettre ouverte à la presse hier.

Le 4 septembre dernier, à l’issue d’un atelier de bilan, les Organisations de la société civile environnementales et climatiques (OSCEC) ont adressé une lettre ouverte au président de la Refondation de la République de Madagascar ainsi qu’aux institutions et ministères concernés. Dix mois après une première interpellation, elles dressent un état des lieux contrasté : des avancées réelles ont été enregistrées, mais elles demeurent insuffisantes face aux urgences écologiques. 

Les OSCEC dénoncent la persistance des crimes et trafics environnementaux, aggravés par une justice défaillante. Les saccageurs de l’aire protégée de Makira ont été relâchés par le TPI de Maroantsetra en août, tandis que la loi protégeant les défenseurs et lanceurs d’alerte n’est toujours pas promulguée, selon cette lettre ouverte. De plus, des images de Mantadia révélant une exploitation aurifère illicite ravageant la forêt de cette aire protégée ont été dévoilées hier lors d’une conférence de presse à ce sujet. Les lois existantes, centrées sur la pollution industrielle, sont peu appliquées et laissent les activistes sans protection. 

Madagascar pourrait perdre 93% de sa couverture forestière de 1950 d’ici 2050. Pourtant, aucune disposition budgétaire publique n’existe pour lutter contre les feux de brousse, alors que plus de cinq millions d’hectares brûlent chaque année. 

D’autres chantiers ont été évoqués et le constat est alarmant. Un appel a été lancé à chaque ministère et institution concernés. Les organisations saluent néanmoins des progrès : saisie de tortues grâce aux réseaux de vigilance, adoption de la loi sur le CESC, protection temporaire de nouvelles aires protégées, réforme du Code de la pêche et reconnaissance internationale des parcs marins. Mais elles insistent : ces pas en avant ne suffisent pas à enrayer la crise. 

Pour assurer un suivi citoyen durable, elles annoncent la création de la Confédération des Organisations de la Société Civile Environnementale de Madagascar (COSCEM), chargée de contrôler l’application des engagements, de rendre compte publiquement des avancées et de maintenir la pression sur les décideurs. 

Hanitra Andria