- Publicité -
dimanche, octobre 18, 2026
- Publicité -
Accueil Blog Page 153

Chômage des jeunes : Derrière le faible taux, une réalité préoccupante

0

Entre manque d’emplois, inadéquation des formations et progression de l’informel, des milliers de jeunes malgaches peinent à trouver leur place dans l’économie.

Le paradoxe est saisissant. Madagascar peut afficher un niveau de chômage qui semble relativement contenu lorsqu’on regarde uniquement l’indicateur classique. Mais dès que l’analyse se concentre sur les jeunes, le tableau change radicalement. Selon les données d’Afrobaromètre issues d’une enquête menée en 2024, « 42% des 18-35 ans déclarent être sans emploi et à la recherche d’un emploi, contre des proportions nettement inférieures chez les générations plus âgées », Le problème tient d’abord au déséquilibre entre l’offre et la demande. En effet, des milliers de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail, alors que les opportunités disponibles restent très insuffisantes.

Refuge

Cette situation révèle surtout les limites d’un marché du travail incapable d’absorber une population jeune et de plus en plus instruite. L’enquête Afrobaromètre de 2024 relève d’ailleurs que 55% des jeunes ont atteint le secondaire ou le post-secondaire, mais qu’ils sont simultanément beaucoup plus exposés au chômage. Pour le pays, le véritable problème ne se résume toutefois pas à l’absence d’emploi. Il concerne aussi la qualité des emplois accessibles. Lorsque l’emploi formel est rare, l’informel devient le principal recours.

Exclue

Par ailleurs, le décalage entre formation et besoins des entreprises accentue cette situation. Les jeunes citent notamment le manque de formation adaptée, l’absence d’expérience et l’inadéquation des qualifications parmi les principaux obstacles à l’emploi. Le risque dépasse donc la seule question économique. Une jeunesse durablement exclue de l’emploi peut alimenter la pauvreté, la migration et la frustration sociale. L’urgence n’est donc plus seulement de réduire le chômage, mais de créer suffisamment d’emplois productifs, formels et correctement rémunérés pour transformer le poids démographique de la jeunesse en véritable dividende économique.

José Belalahy

Violences : 59% des femmes en sont victimes dans certaines régions

0

Outre les statistiques, les violences faites aux femmes touchent également différents domaines et secteurs tels que la santé, la pauvreté, la dépendance économique, la protection des enfants ou encore l’accès à la justice.

La violence domestique n’est pas un problème cantonné à la sphère privée. Elle constitue un enjeu social qui touche directement la santé, l’autonomie économique des femmes et la stabilité des familles. Les données disponibles font état de 41% de femmes victimes de violences, avec des niveaux pouvant atteindre 59% dans certaines régions, notamment le Vakinankaratra. Le paradoxe est d’autant plus préoccupant que Madagascar dispose, depuis 2020, d’un cadre légal renforçant la protection des victimes. Pourtant, la dénonciation reste freinée par les normes sociales, la dépendance économique et le poids du tabou familial. L’Agence française de développement (AFD) relève notamment que « 41% des femmes et 29% des hommes considèrent encore que, dans certaines circonstances, un homme peut justifier de battre sa femme. »

Large. Les données antérieures de l’enquête MICS montrent également l’ampleur du phénomène. Violences physiques, sexuelles ou émotionnelles, violences conjugales et agressions sexuelles touchent une part importante des femmes malgaches. Le problème est donc aussi celui de la sous-déclaration : ce qui n’est pas signalé disparaît des statistiques, sans pour autant disparaître de la réalité. Les conséquences dépassent largement la relation entre victime et agresseur. Une femme économiquement dépendante peut avoir davantage de difficultés à quitter un conjoint violent. Les enfants exposés aux violences familiales peuvent, eux aussi, subir des conséquences durables sur leur sécurité et leur développement.

Mécanismes. La lutte contre les violences doit ainsi être articulée avec l’accès à la justice, la protection sociale, la formation professionnelle et l’autonomisation économique. Un témoignage publié par l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) en avril dernier illustre ce lien : une jeune femme victime de violence économique explique avoir pu sortir progressivement de cette dépendance après avoir bénéficié d’une formation professionnelle. Lutter contre les violences faites aux femmes ne consiste donc pas uniquement à sanctionner les auteurs. C’est aussi réduire les mécanismes économiques et sociaux qui contraignent les victimes au silence. Tant que ces mécanismes perdureront, les statistiques ne montreront qu’une partie de la réalité.

José Belalahy

Météo : Chaleur persistante, mais des pluies encore attendues sur la côte Est

0

Les trois prochains jours seront marqués par un temps globalement sec et chaud sur une grande partie de Madagascar. Toutefois, le Nord-Est et la côte orientale conserveront un risque de faibles précipitations.

Ainsi, jusqu’au vendredi 21 août, les températures resteront élevées dans plusieurs régions. Le Nord et l’Ouest seront les plus exposés à la chaleur, avec des maximales pouvant dépasser 30°C. À Antsohihy, le mercure pourrait atteindre 31°C mercredi, tandis qu’à Ambilobe, il pourrait grimper jusqu’à 35°C jeudi. Sur les Hautes Terres, notamment à Antananarivo, l’ambiance sera plus modérée, avec des maximales autour de 25°C, mais des matinées toujours fraîches.

Concentrées. De son côté, la situation pluviométrique restera contrastée. La Direction générale de la météorologie prévoit des pluies faibles sur le Nord-Est et une partie du littoral oriental, notamment entre Sambava et Brickaville jeudi. Des averses sont également possibles autour de Nosy Be, Ambanja et Analalava. En somme, le pays devrait connaître une période majoritairement sèche et chaude, mais avec une humidité persistante sur la façade Est.

Recueillis par José Belalahy

Salon INCO 2026 : SIMEX-ci au cœur de la performance industrielle à Mahamasina

0
Parmi les exposants incontournables au Salon INCO 2026 au Stade Barea Mahamasina, SIMEX-ci s’impose comme un pilier au stand n°20.
Parmi les exposants incontournables au Salon INCO 2026 au Stade Barea Mahamasina, SIMEX-ci s’impose comme un pilier au stand n°20.

Le Stade BAREA Mahamasina devient, du 20 au 22 août, le centre névralgique du développement économique avec la 5e édition du Salon INCO. Sous le parrainage du MIDSP et du MinCC, cet événement réunit les acteurs clés du secteur privé, avec une attention particulière portée aux solutions techniques favorisant la compétitivité locale. Parmi les exposants incontournables, SIMEX-ci s’impose comme un pilier au stand n°20. Véritable référence dans le domaine du pesage à Madagascar, l’entreprise célèbre ses 20 ans d’expertise en proposant une immersion totale dans son savoir-faire : vente, installation, maintenance et métrologie. Qu’il s’agisse de balances commerciales, industrielles ou de ponts-bascules complexes, SIMEX-ci accompagne les opérateurs vers une précision optimale.

À l’occasion de l’INCO 2026, l’expert du pesage frappe fort avec une offre spéciale : un diagnostic gratuit sur place et des remises exceptionnelles sur la main-d’œuvre de réparation. Une opportunité stratégique pour les industriels de fiabiliser leurs équipements. Alors que le Salon met en avant les enjeux de l’industrialisation et de l’emploi, la présence de SIMEX-ci illustre parfaitement la volonté de moderniser les outils de production malgaches. Les professionnels sont invités à venir nombreux au stand n°20 pour bénéficier de cet accompagnement sur mesure.

Julien R.

Ambassade de la République de Corée : Un atelier de cuisine gratuit ce 27 août

0
Cet atelier sera consacré au mythique Kimbap.
Cet atelier sera consacré au mythique Kimbap.

Les amateurs de gastronomie asiatique et de K-culture ont rendez-vous le jeudi 27 août prochain à la Villa Pervenches. L’Ambassade de la République de Corée à Madagascar ouvre ses portes pour un atelier culinaire d’exception consacré au mythique kimbap, promettant une immersion gourmande au cœur des traditions du Pays du matin calme.

Voyage gourmand à Ivandry. Dans le cadre de son programme « Atelier de Culture Coréenne 2026 », la représentation diplomatique coréenne dans la capitale organise une session d’initiation culinaire pas comme les autres. Le jeudi 27 août, dès 10 heures du matin, les passionnés de l’art culinaire asiatique sont conviés au siège de l’Ambassade dans le quartier d’Ivandry (Lotissement Bonnet).

Dégustation

Pour cette édition, les projecteurs seront braqués sur une spécialité incontournable de la cuisine de rue et des pique-niques coréens : le kimbap. Sous la houlette éclairée de la cheffe cuisinière de l’Ambassade, les apprentis cuistots d’un jour apprendront à maîtriser l’art du roulage de ce célèbre mets à base de riz, de légumes et d’algues. La séance de pratique sera suivie d’une dégustation conviviale, rehaussée par la présence des incontournables ramyeon, ces nouilles épicées très prisées. Cet événement est totalement gratuit mais, logistique oblige, la capacité d’accueil est strictement limitée à une trentaine de gourmets. Pour espérer décrocher leur précieux ticket d’entrée, les candidats doivent exprimer leur motivation en commentaire sous la publication officielle de l’Ambassade avant le 20 août. Les heureux élus seront contactés directement en message privé. Que les retardataires se rassurent : la représentation diplomatique promet déjà d’autres rendez-vous thématiques tout au long de l’année pour continuer à faire rayonner la culture coréenne dans la Grande île.

Narindra Rakotobe

District d’Ambovombe : Des cas de mortalité bovine constatés

0

Des mesures d’urgence ont été prises par le ministère de l’Élevage, à la suite de la constatation de cas de mortalité bovine dans le district d’Ambovombe.

Une équipe technique, conduite par le ministre de tutelle, Riana Nantenaina Randrianomenjanahary, s’est immédiatement déplacée sur place pour évaluer la situation. Elle écarte tout signe de maladie suspecte ou contagieuse après avoir examiné les organes des bétails décédés. Ces pertes sont principalement liées aux fortes intempéries qui se sont abattues ces derniers temps sur des cheptels déjà fragilisés par le problème de malnutrition, a-t-on expliqué auprès de sources du ministère de l’Élevage.

3 millions d’ariary

Dans la même foulée, une « Taskforce » conjointe a été mise en place dans le but de renforcer le suivi sanitaire des bétails. Elle est composée notamment des techniciens du ministère de l’Élevage, des autorités locales représentant la région et le district, ainsi que des agents des services techniques locaux tels que la direction des Services vétérinaires, et bien d’autres entités concernées. Cette « Taskforce » a pour mission de renforcer la sensibilisation, la surveillance et la prise de mesures rapides pour éviter que de tels événements ne se reproduisent. Pour lancer ses travaux, le ministère de l’Élevage a alloué une somme de 3 millions d’ariary afin d’amorcer le recensement et l’identification des éleveurs sinistrés ainsi que le décompte des animaux morts ou malades. Des médicaments vétérinaires et des compléments nutritionnels destinés aux animaux d’élevage encore vulnérables seront également distribués, a-t-on indiqué.

Par ailleurs, une campagne de sensibilisation a été menée auprès des éleveurs locaux afin de protéger leurs bétails dans un abri approprié, tout en assurant une alimentation suffisante et un suivi sanitaire de proximité durant cette période de pluie. Cette initiative, menée conjointement par toutes les parties prenantes, vise à protéger les cheptels et à soutenir les éleveurs tout en préservant l’économie locale.

Navalona R.

Hugues Rajaonson : « La fiscalité ne doit pas fragiliser les PME-PMI »

0

Une fiscalité qui fragilise les petites et moyennes entreprises et industries (PME-PMI) finit par fragiliser l’activité économique, l’emploi et, au bout de la chaîne, les populations. Habitué des analyses sur les sujets qui touchent l’économie du pays, l’économiste Hugues Rajaonson estime que, dans un pays comme Madagascar, où la création de richesses repose largement sur un tissu entrepreneurial encore fragile, la politique fiscale ne peut être considérée comme une simple question de recettes budgétaires.

« Elle constitue également un levier déterminant de développement économique », soutient l’économiste, en expliquant que le rôle de l’État est avant tout de créer les conditions permettant à ceux qui produisent, investissent, innovent et entreprennent de le faire dans un environnement stable et prévisible.

Effet paradoxal

Pour lui, l’essentiel n’est pas de taxer davantage les entreprises, mais de savoir comment construire un système fiscal qui permette à la fois à l’État de disposer des ressources nécessaires à ses missions et aux entreprises de conserver suffisamment de capacités pour investir, innover et grandir. Une manière, pour Hugues Rajaonson, de soutenir qu’une pression fiscale excessive peut produire un effet paradoxal. « En cherchant à augmenter les recettes à court terme, l’État peut contribuer à réduire, à moyen et long terme, la capacité des entreprises à investir. Pour une PME ou une PMI, chaque prélèvement supplémentaire peut représenter une diminution de la trésorerie disponible pour acheter une machine, moderniser un atelier, recruter un salarié, former le personnel ou développer un nouveau marché ». L’effet est particulièrement sensible pour les petites entreprises, qui disposent généralement de marges financières limitées et d’un accès au crédit plus difficile. Hugues Rajaonson rejoint ainsi les analystes qui soutiennent que lorsqu’une entreprise est fragilisée par une pression fiscale excessive, elle investit moins, elle produit moins, innove moins et recrute moins. Un phénomène qui provoque le ralentissement des créations d’emplois, lequel entraîne la baisse des revenus des ménages, avec ce que cela suppose d’impacts négatifs sur la consommation.

Cercle vicieux

Ainsi, à l’échelle du pays, l’affaiblissement du secteur privé, par la surtaxation, peut contribuer à alimenter un cercle vicieux : moins d’investissement, moins d’emplois, moins de revenus, moins de consommation et, finalement, moins de dynamisme économique. Les conséquences sont à la fois économiques et sociales. En effet, la progression du chômage, l’augmentation de la pauvreté et la multiplication des formes d’insécurité économique et sociale peuvent être, en partie, les conséquences de l’affaiblissement durable du tissu productif. Pour éviter ces effets dommageables, Hugues Rajaonson suggère que « la politique fiscale doit être pensée dans une perspective beaucoup plus large que celle de la seule mobilisation des recettes publiques ».

Hugues Rajaonson estime, par ailleurs, que le développement agricole constitue un autre enjeu majeur de la relance économique. Malheureusement, dans le contexte actuel, l’agriculture ne bénéficie pas encore du soutien qu’elle mérite. En effet, à Madagascar, de nombreux agriculteurs travaillent encore de manière isolée, avec des moyens limités, un accès insuffisant au financement, aux équipements, aux technologies et aux marchés. Ce qui fait que leurs activités leur permettent difficilement de dégager des bénéfices suffisants pour investir et changer d’échelle.

Politique publique stable

L’agriculteur reste ainsi prisonnier d’une logique de subsistance : il produit pour vivre, mais ne dispose pas toujours des moyens nécessaires pour transformer durablement sa production en véritable activité économique créatrice de valeur. Cette évolution ne peut cependant pas être laissée à la seule initiative des agriculteurs. « Elle nécessite une politique publique stable et un environnement réellement incitatif ». L’accompagnement doit porter sur l’accès au financement, la mécanisation, la formation, les infrastructures, la technologie, l’organisation collective et l’accès aux marchés. L’objectif devrait être de permettre progressivement au monde agricole de passer d’une logique de subsistance à une logique d’entreprise et d’industrie, sans pour autant nier les réalités sociales et économiques du secteur. « Des agriculteurs mieux organisés, mieux équipés et intégrés à des chaînes de valeur peuvent produire davantage, créer des emplois et générer des revenus plus importants dans les territoires ».

R.Edmond

Siteny Randrianasoloniaiko : « Madagascar est ouvert à toutes les relations »

2
Siteny Randrianasoloniaiko recevant la délégation française conduite par Bruno Fuchs, hier au Palais de Tsimbazaza.
Siteny Randrianasoloniaiko recevant la délégation française conduite par Bruno Fuchs, hier au Palais de Tsimbazaza.

Après la visite de courtoisie d’une délégation française conduite par Bruno Fuchs, président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française, le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, donne sa position sur les relations entre Madagascar et la France. La rencontre s’est tenue hier au Palais de Tsimbazaza. Pour Siteny Randrianasoloniaiko, « Madagascar est ouvert à toutes les relations, coopère avec tous les pays et ne rejette nullement la France ». Les échanges ont principalement porté sur les relations entre les deux pays, liés par une histoire particulière. La France demeure notamment le premier partenaire de Madagascar.

Élections

Le numéro un de la Chambre basse met en avant la volonté de Madagascar de mettre fin à toute forme de monopole afin de favoriser une coopération ouverte. Il insiste sur l’importance de la confiance du peuple, fondée notamment sur la transparence. La question électorale figure parmi les sujets abordés. Les prochaines élections sont prévues en juillet 2027 et devront être transparentes et acceptées par tous. La résolution des problèmes sociaux reste une priorité. Plusieurs actions sont déjà engagées, notamment dans les infrastructures et l’accès à l’eau potable.

Investissements

Madagascar souhaite également une implication accrue de la France dans les secteurs miniers et des investissements liés aux ressources naturelles. Le président de l’Assemblée nationale met ainsi l’accent sur le renforcement de la coopération dans ces domaines. Siteny Randrianasoloniaiko réaffirme par ailleurs que l’Assemblée nationale reste attachée au respect de la Constitution. De son côté, la délégation française réitère la disponibilité de la France à accompagner Madagascar dans différents domaines. La Commission des Affaires étrangères entend notamment mettre à profit les expériences menées dans des pays comme le Congo et le Sénégal pour contribuer au bon déroulement du processus de réforme. La rencontre de Tsimbazaza intervient ainsi dans un contexte marqué par la volonté affichée de Madagascar de maintenir ses relations avec la France tout en développant sa coopération avec l’ensemble de ses partenaires.

Recueillis par Nadia R.

Madagascar : La SADC remet le dialogue au cœur de la sortie de crise

0
Le couple Randrianirina à Durban avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa en marge du 46e sommet de la SADC.
Le couple Randrianirina à Durban avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa en marge du 46e sommet de la SADC.

La SADC infléchit-elle son discours sur Madagascar ? Elle ne renonce ni à son implication ni à ses exigences.

À l’issue du sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation régionale, tenu le 17 août à Durban, en Afrique du Sud, les dirigeants d’Afrique australe ont appelé les acteurs malgaches à préserver l’accalmie actuelle et à privilégier le dialogue pour régler leurs différends. Une formulation qui tranche avec l’exigence, formulée fin juin, d’un dialogue politique inclusif. Dans ses conclusions, le sommet a salué « l’engagement constructif » engagé à Madagascar grâce aux efforts du panel des sages de la SADC, avec l’appui du groupe de référence sur la médiation, du secrétariat de l’organisation et des autres mécanismes régionaux.

La SADC réaffirme surtout son soutien au processus de réforme et à l’agenda de développement de Madagascar. Elle cite plusieurs priorités, notamment « la gouvernance inclusive, le renforcement des institutions démocratiques, les responsabilités des dirigeants, le respect des droits humains, la participation citoyenne et le retour à la normalité constitutionnelle ». Mais le message politique le plus immédiat tient en quelques mots : préserver le calme et dialoguer. Le sommet a ainsi exhorté les différentes parties prenantes malgaches à maintenir le climat relativement apaisé qui prévaut actuellement et à choisir la voie du dialogue pour répondre aux revendications et régler les désaccords.

Sémantique

Cette déclaration marque une évolution notable du langage diplomatique de la SADC. Lors de sa réunion extraordinaire virtuelle du 29 juin dernier, l’organisation régionale avait explicitement appelé à un dialogue politique inclusif entre les protagonistes de la crise malgache. Cette fois, cette expression ne figure plus dans les recommandations du sommet de Durban. La SADC met davantage l’accent sur le processus, le dialogue et le retour à la normalité constitutionnelle. Un glissement sémantique qui n’est pas anodin. Il laisse davantage de marge aux acteurs malgaches pour conduire les discussions, tout en maintenant la pression régionale sur les principes démocratiques et institutionnels. Le message reste néanmoins ferme sur le fond concernant la stabilité.

Eswatini prend les commandes de la Troïka politique de l’organisation régionale. Il s’agit d’un changement à la tête de l’Organe de la SADC chargé de la politique, de la défense et de la sécurité. Le roi Mswati III d’Eswatini a officiellement pris la présidence de la Troïka de l’Organe sur la politique, la défense et la sécurité. Ce roi africain a déjà rencontré Andry Rajoelina en février 2026. Pour son nouveau mandat, le gouvernement d’Eswatini identifie déjà ses principaux dossiers, en l’occurrence le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, mais aussi la restauration de l’ordre politique à Madagascar. Madagascar figure donc clairement dans l’agenda de la nouvelle présidence de la Troïka.

La balle est désormais dans le camp malgache. La SADC ne renonce ni à son implication ni à ses exigences. Elle continue de suivre de près le processus engagé à Madagascar, mais semble privilégier désormais une approche fondée sur le dialogue plutôt que sur l’imposition d’un format politique précis. Le passage de la formule « dialogue politique inclusif » à celle de « voie du dialogue » pourrait ainsi ouvrir un nouvel espace de manœuvre aux acteurs malgaches. Mais la vigilance régionale reste intacte. Avec Eswatini à la tête de la Troïka politique et sécuritaire, Madagascar demeure dans le radar de la SADC.

Rija R.

Parti Otrikafo : Appelle à préserver la souveraineté nationale

0

Le président de l’Otrikafo, Elia Rabevahiny, appelle à ne pas accepter sans réaction les décisions de la SADC concernant Madagascar. Il estime que les orientations proposées reprennent la formule appliquée en 2009-2010 et rappelle les limites des pressions venant de la communauté internationale. L’Otrikafo et le Kafim, qui ont déjà échangé avec les émissaires de la SADC présents à Madagascar, plaident également pour la poursuite du dialogue entre les acteurs malgaches. L’écoute des responsables politiques locaux ayant déjà commencé, Elia Rabevahiny souhaite que cette démarche se poursuive. Le président de l’Otrikafo reconnaît toutefois le rôle de la communauté internationale dans la récupération des îles malgaches et du plateau continental.

Nadia R.