Un accident de la circulation s’est produit hier matin sur la Rocade d’Ambohimahitsy, impliquant une moto et un véhicule 4×4. D’après les premières informations recueillies sur place, le motocycliste aurait percuté l’arrière du 4×4 qui le précédait. Sous la violence du choc, le conducteur de la moto a été blessé. Les policiers dépêchés sur les lieux ont procédé aux premières constatations avant d’organiser son évacuation vers un centre de santé. Le véhicule 4×4, quant à lui, a subi des dégâts matériels. L’accident a également provoqué des perturbations de la circulation sur cette voie rapide pendant plusieurs heures. Selon les premiers éléments, la vitesse pourrait être à l’origine de la collision. Le véhicule qui précédait la moto aurait ralenti, mais le motocycliste n’aurait pas réussi à s’arrêter à temps, percutant ainsi violemment l’arrière du 4×4.
Des règles de circulation encore peu respectées
Cet accident relance la question du respect des règles de circulation sur la Rocade d’Ambohimahitsy. Les forces de l’ordre constatent régulièrement que certains automobilistes et motocyclistes ne respectent pas les règles spécifiques à cette voie rapide, notamment en circulant à une vitesse trop faible ou en adoptant des comportements inadaptés aux conditions de circulation. La gendarmerie a déjà mené plusieurs campagnes d’information et de sensibilisation auprès des usagers afin de rappeler les règles à respecter sur la Rocade. Malgré ces actions, certains comportements à risque persistent. La méconnaissance ou le non-respect du Code de la route, associés notamment à la vitesse et au manque de distance de sécurité, figurent parmi les facteurs susceptibles de favoriser les accidents. Les autorités appellent ainsi les usagers à davantage de prudence et au strict respect des règles de circulation afin de réduire les risques sur cet axe très fréquenté.
Tranga mampalahelo no nitranga tao Ambatomitety, fokontany Antanetibe, distrikan’i Faratsiho, izay niafara tamin’ny fahafatesan-jaza vao iray volana. Nanjavona ny alin’ny zoma 31 jolay 2026 ilay zaza sy ny reniny, ka niteraka ahiahy sy fikarohana nataon’ny fokonolona sy ny mpitandro filaminana. Hita ny alahady 2 aogositra 2026, tokony ho 30 metatra miala ny tranon’izy ireo, ny renim-pianakaviana sy ny zanany. Efa tsy nisy aina intsony anefa ilay zazakely, izay voalaza fa tao anatin’ny akanjon-dreniny. Niroso avy hatrany tamin’ny fanadihadiana ny polisim-pirenena sy ny zandarimariam-pirenena tao Faratsiho, mba hamantarana ny tena zava-nitranga sy ny antony nahafaty ilay zaza. Tao anatin’ny fanadihadiana no nahafantarana fa nandeha tany amin’ny mpitsabo nentim-paharazana, na mpimasy, ilay renim-pianakaviana niaraka tamin’ny zanany. Araka ny vaovao voaray, tao anatin’izany no nahatonga ny famonoana ilay zaza, izay voalaza fa natao sorona. Rehefa nitohy ny fanadihadiana dia niaiky ny famonoana ilay zazakely ny reniny. Voalaza ihany koa fa nisy mpimasy iray nandray anjara tamin’ity raharaha ity, ary nisy ramatoa iray havan’ilay renim-pianakaviana nampifandray azy tamin’ilay mpimasy. Olona telo voakasika tamin’ity raharaha ity no natolotra ny Fampanoavana ny alarobia 12 aogositra 2026. Anisan’izany ny renin’ilay zaza, ilay mpimasy ary ilay ramatoa havan’ny renim-pianakaviana voalaza fa nampifandray azy tamin’ilay mpimasy. Araka ny fanapahan-kevitra noraisina taorian’ny fampakarana azy ireo teo anivon’ny Fampanoavana, dia naiditra am-ponja vonjimaika izy telo. Mbola mitohy ny raharaha eo anivon’ny Fitsarana, ary ny fanadihadiana nataon’ny mpitandro filaminana no nahafahana namoaka tsikelikely ny marina momba ny fahafatesan’ilay zaza.
Zo Andriatsitohaina, économiste et analyste en bourse.
Zo Andriatsitohaina, économiste et analyste en bourse.
Le relèvement du taux directeur de BFM à 12,5% continue de susciter le débat. Pour l’économiste et analyste en bourse Zo Andriatsitohaina, la décision intervient à contretemps, alors que le gouvernement cherche, de son côté, à stimuler l’investissement et la relance économique.
Deux orientations difficilement conciliables
D’un côté, le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) déploie une stratégie de relance visant notamment à favoriser l’investissement privé. De l’autre, BFM (Banky Foiben’i Madagasikara) a opté pour un resserrement de sa politique monétaire en portant son taux directeur de 12% à 12,5%. Pour Zo Andriatsitohaina, économiste et analyste en bourse, cette décision risque de peser sur la dynamique recherchée. L’expert rappelle néanmoins un principe fondamental : la Banque centrale est indépendante du gouvernement et dispose de l’autonomie nécessaire pour définir sa politique monétaire en fonction de ses propres objectifs. «Mais même avec cette indépendance, je considère que cette hausse n’est pas opportune. Ce n’est pas le moment », estime-t-il. Selon lui, elle va notamment à l’encontre des mesures prises par l’État pour encourager le financement de l’économie et les investissements privés.
Inflation importée
La BFM justifie notamment son choix par la nécessité de maîtriser l’inflation. Zo Andriatsitohaina estime toutefois que la hausse actuelle des prix ne découle pas principalement d’un excès de monnaie en circulation. Certes, une forte progression de la masse monétaire M3 peut alimenter l’inflation, reconnaît-il. Mais la situation actuelle serait, selon son analyse, essentiellement liée à des facteurs externes. Madagascar demeurant fortement dépendant des importations pour de nombreux produits de consommation, les hausses de prix sur les marchés internationaux se transmettent à l’économie nationale. L’économiste évoque notamment les tensions géopolitiques internationales, auxquelles s’ajoutent les conséquences importantes des cyclones enregistrés cette année.
Orientations
Autre élément avancé : le taux de change. Habituellement, l’appréciation de l’ariary au premier semestre contribue à modérer les pressions inflationnistes. Or, fait-il remarquer, malgré une appréciation marquée de la monnaie nationale en 2026, l’inflation est passée d’environ 6% en janvier à près de 8,5%. Une évolution qui, à ses yeux, confirme la nécessité de rechercher les causes de la hausse des prix au-delà de la seule politique de taux. Pour Zo Andriantsitohaina, la priorité devrait donc être double : BFM devrait agir davantage sur la stabilité de l’ariary, tandis que l’État doit accélérer la production et la relance économique. « Si une baisse du taux directeur n’était pas envisageable, il aurait au moins fallu le maintenir à 12%. De plus, BFM avait, dernièrement, eu l’opportunité de baisser le taux directeur à 11,5%. Si elle l’avait fait, une hausse de 0,5 point nous aurait ramené à 12% actuellement », soutient-il. Selon l’analyste, son relèvement risque d’augmenter le coût du financement, de profiter davantage aux banques et, surtout, de freiner les investissements privés au moment où l’économie a besoin de nouveaux moteurs de croissance.
Valimbavaka Herimanjaka Razafimahefa est archi-favori pour la finale de « The Voice Afrique » 2026 ce jour.
Tojo Emilio, ancienne gloire des téléréalités malgaches, a fait vibrer l’Afrique.
La saison 2026 de « The Voice Afrique », diffusée sur les antennes de Canal+ Magic, n’a pas seulement été un divertissement télévisuel de premier plan ; elle a agi comme un véritable catalyseur pour la scène musicale malgache. Pour Madagascar, la délégation de cette année a marqué les esprits par une audace technique et une profondeur culturelle qui témoignent de la vitalité de notre industrie locale.
La tension monte à Madagascar à la veille de la grande finale de « The Voice Afrique », prévue ce vendredi 14 août 2026 en Côte d’Ivoire. Cette adaptation francophone du célèbre télé-crochet musical, lancée en 2016 et diffusée sur les antennes de Canal+, réunit chaque saison de jeunes talents issus de plus de seize pays d’Afrique francophone. Pour cette édition 2026, trois artistes malgaches avaient initialement tenté l’aventure : Faith, Tojo et Val. Mais à l’heure de la finale, un seul d’entre eux porte encore les couleurs de la Grande Île sur la scène continentale.
Valimbavaka Herimanjaka Razafimahefa, connu du grand public sous le nom de scène « Val », est aujourd’hui l’unique finaliste malgache de la compétition. Ses deux compatriotes, Faith et Tojo, ont, tour à tour, quitté l’aventure au fil des étapes éliminatoires, laissant à Val la responsabilité de défendre seul les espoirs de tout un pays. Une pression supplémentaire pour l’artiste, qui se retrouve seul porte-drapeau d’une nation entière face aux caméras du continent.
Membre de l’équipe du coach Meiway, l’artiste a validé son billet pour la finale à l’issue de la manche des K.O., grâce à une interprétation remarquée du titre « Lose Control », de Teddy Swims. Cette prestation, saluée pour sa puissance vocale et son aisance scénique, avait déjà confirmé la trajectoire ascendante d’un chanteur dont le parcours musical a débuté très tôt : Val s’est fait les dents dans des concours de chant en milieu religieux dès l’âge de dix ans, avant de multiplier les scènes locales, entre concours interuniversitaires et compétitions scolaires, avant de tenter sa chance à l’échelle continentale.
Valimbavaka Herimanjaka Razafimahefa est archi-favori pour la finale de « The Voice Afrique » 2026 ce jour.
Avant d’atteindre cette étape finale, Val avait déjà marqué les esprits dès les auditions à l’aveugle, en interprétant « Beautiful Things », de Benson Boone, un titre exigeant qui avait suffi à convaincre trois des quatre coachs de se retourner sur son passage. Ce premier succès avait alors ouvert la voie à un parcours semé d’embûches, jusqu’à cette qualification décisive pour la grande finale.
Ce vendredi, Val affrontera trois autres finalistes sélectionnés parmi les meilleurs talents du bassin francophone africain. Les informations disponibles font état de candidats originaires du Burundi, de la République démocratique du Congo et du Bénin, qui se disputeront eux aussi le titre suprême de cette saison. Pour l’artiste malgache, l’enjeu dépasse la simple performance scénique : dans ce format, le vote du public pèse désormais lourdement dans la décision finale, aux côtés de l’appréciation du jury.
Des plateformes de vote ont ainsi été ouvertes pour permettre aux téléspectateurs de soutenir leur candidat favori jusqu’au soir de la finale, une dimension que Val ne cesse de rappeler à ses soutiens, conscient que la mobilisation populaire pourrait faire pencher la balance en sa faveur. Sur les réseaux sociaux, les appels à voter se multiplient déjà, portés par une communauté malgache visiblement déterminée à peser sur le résultat final.
Face à des concurrents rompus aux exigences de la scène continentale, Val devra, une nouvelle fois, faire preuve de la polyvalence qui a marqué son parcours jusqu’ici, capable de passer d’un répertoire pop international à des influences plus personnelles, façonnées par ses propres racines musicales.
Au-delà du sort individuel de Val, cette finale cristallise une attente plus large : celle d’un pays qui suit avec ferveur le parcours de ses représentants sur les grandes scènes musicales africaines. La présence malgache dans une compétition de cette envergure, même réduite à un seul finaliste, illustre la diversité et la vitalité d’une scène musicale nationale capable de rivaliser avec les meilleurs talents du continent.
Cette finale marque également, pour l’ensemble de la délégation malgache engagée cette saison, l’aboutissement d’un long processus de sélection et de préparation. Si Faith et Tojo n’ont pas franchi les dernières étapes, leurs parcours respectifs ont eux aussi contribué à faire connaître la richesse musicale de la Grande Île à un public élargi, dans un format qui met en concurrence les plus grands talents émergents d’Afrique francophone.
Qu’il décroche ou non le titre, le parcours de Val restera comme l’un des temps forts de cette saison pour le public malgache, qui verra dans son passage en finale une nouvelle preuve que la musique de la Grande Île peut s’exporter et se mesurer, sans complexe, aux standards continentaux les plus exigeants. Rendez-vous ce vendredi 14 août pour connaître le nom du grand vainqueur de « The Voice Afrique » 2026.
Les couleurs du Festikite Madagascar commencent à s’affirmer. À l’approche de la course Laka, les participants de la 5ᵉ édition ont reçu leurs lycras, signe que la compétition devient de plus en plus concrète. En tenue de course, chacun montre ses couleurs et se prépare à affronter les autres concurrents sur l’eau. Cette distribution, qui peut paraître anodine, met en scène un rendez-vous qui entend faire de la mer un terrain de sport et de spectacle. Une fois les préparatifs terminés, place aux choses sérieuses. La course Laka est l’un des moments attendus de cette édition du Festikite Madagascar, qui s’inscrit dans la dynamique nautique de Diego-Suarez. Vent, voiles et stratégie : les marins devront composer avec les conditions de la baie pour tirer leur épingle du jeu.
On distribue les lycras. Le compte à rebours, lui, est enclenché.
Le 8 août dernier, le fokontany Grand-Pavois a pris une ambiance festive. L’après-midi des enfants, dont les âges variaient de 4 à 15 ans, a été rempli de musique, de jeux et de diverses animations. Sous l’égide de l’association Art’Manja, cette initiative s’inscrit dans l’objectif de proposer aux jeunes des activités durant les vacances, loin de la paresse qui pourrait les mener vers la délinquance juvénile.
L’événement dépasse le cadre du Grand-Pavois
Art’Manja couvre quatre quartiers, à savoir Bazary Kely, Grand-Pavois, Place Kabary et Lazaret Sud. Une manière d’aller à la rencontre des enfants, de leur offrir un moment de détente, mais aussi d’apprentissage par l’expression artistique. Les enfants répondaient présents, à Grand-Pavois comme ailleurs. Une initiative qui fait l’unanimité parmi les élus locaux. Le président du fokontany de Place Kabary a notamment apprécié l’initiative portée par l’association. « Nos gosses ont besoin de ce genre d’événement pour s’épanouir. On a pu voir qu’ils s’étaient bien amusés. L’animation était à la fois didactique et éducative », a-t-il remarqué.
Cette dynamique culturelle accompagne d’ailleurs l’essor, ces dix dernières années, de plusieurs espaces dédiés aux loisirs. De ce fait, la ville du Pain de Sucre voit se développer des lieux où adolescents et adultes peuvent se retrouver autour de la musique et du spectacle. En effet, Art’Manja n’en est certainement pas à son premier essai. Au fil du temps, les membres de l’association organisent de nombreux rassemblements dans l’optique de valoriser la culture locale et d’initier les enfants et les adultes aux domaines artistiques. Évidemment, il existe une manière de considérer la coutume comme un lieu d’expression plutôt qu’une distraction ponctuelle. Cette mission s’étend au sein du centre culturel d’Art’Manja, localisé à Lazaret-CUR. Les adolescents ont la possibilité de participer à des leçons de musique, de découvrir le slam, la poésie ou encore le théâtre. Ces disciplines favorisent la canalisation de l’énergie, stimulent la créativité, et offrent aux jeunes un environnement propice à l’apprentissage.
Face aux rues, aux écrans et aux fréquentations douteuses, le choix ne manque pas toujours. Des projets tels que celui-ci rappellent que la coutume peut constituer un champ d’expérimentation, d’éducation ainsi que de prévention.
La chorale RFF d’Amparibe Famonjena est un taulier des louanges évangéliques à Madagascar.
La chorale RFF d’Amparibe Famonjena est un taulier des louanges évangéliques à Madagascar.
Trois célébrations en une avec « Asandrato », demain, jour de l’Assomption, à partir de 15h à l’Havoria Anosy. Puisque la section des jeunes chrétien(ne)s du Tia Fjkm Andraisoro Kristy Fehizoro célébrera son jubilé d’argent. Handrisoa Razafindrazaka commémorera ses 35 années de créations musicales évangéliques au sein de la chorale de Anjomaran’ny Fitiavana de l’église Tranovato Fitiavana Toamasina. Et enfin, la branche loisir et sport de l’église Amparibe Famonjena fêtera son 25e anniversaire. Les organisateurs promettent un récital de 30 chansons sur quatre heures. Ce temps sera divisé en deux sessions : la première verra chaque chorale interpréter huit de ses œuvres respectives. Après, les trois ensembles formeront un seul bloc pour la deuxième session. C’est-à-dire pas moins de 60 choristes sur une même chanson de louange. De quoi faire vibrer les cieux. Trois musiciens soutiendront cette force de frappe évangélique pour ce concert de louanges.
Quand les riverains d’Anosibe s’affirment socialement avec l’OIF.
Quand les riverains d’Anosibe s’affirment socialement avec l’OIF.
Le programme de régularisation de l’état civil et de la formation professionnelle destiné aux familles en situation difficile se poursuit dans la capitale.
Bénéficiaires
Des habitants d’Anosibe sont les bénéficiaires de cette initiative menée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dont l’objectif est de favoriser l’insertion des jeunes et des familles, notamment dans le domaine professionnel. « L’absence de copie d’acte de naissance constitue un obstacle à l’épanouissement des personnes dans leur vie et dans le monde professionnel », a expliqué Marie Marchelline Rasoloarisoa, responsable du projet. Selon les explications fournies, la régularisation de l’état civil constitue ainsi une première étape avant l’accès aux formations professionnelles. Les bénéficiaires d’Anosibe, où les riverains ont notamment suivi des formations en fabrication de savon et en pâtisserie, destinées à leur permettre d’acquérir des compétences et de développer des activités génératrices de revenus.
Programme
Les bénéficiaires ont exprimé leur satisfaction à l’égard de ce programme et ont souligné l’importance de cet accompagnement pour les familles en situation difficile. À l’issue des formations, l’OIF prévoit un suivi des personnes ayant achevé leur parcours. Un accompagnement pourra également être accordé à celles qui se montrent motivées et mettent en pratique les compétences acquises.
Les festivités, comme chaque année, s’organisent aux quatre coins de la Grande île durant les grandes vacances. Les affiches se multiplient, les scènes se montent, les artistes prennent possession des places publiques. Les objectifs officiellement avancés tiennent souvent en quelques mots : « Promouvoir la culture locale et attirer les touristes, qu’ils soient nationaux ou étrangers ».
Sous un autre angle, les festivals remplissent aussi une fonction moins avouée : divertir le peuple. Les organisateurs affichent rarement cet argument, pourtant la distraction occupe une place centrale dans ces rencontres. Divertir ou diversion, l’interprétation reste libre. L’État, quant à lui, joue parfois le rôle d’un parrain, si l’on peut s’exprimer ainsi. Il soutient tout en conservant une position en apparence neutre. Cependant, la fête peut devenir un moyen commode de détourner momentanément les regards des difficultés du quotidien. Un principe qui n’est d’ailleurs pas nouveau. De l’histoire gréco-romaine aux récits des anciens royaumes de Madagascar, le spectacle a souvent accompagné l’exercice du pouvoir. Lorsque le peuple regarde la scène, il regarde moins ce qui se passe ailleurs.
Proposer des activités ludiques n’a rien de condamnable en soi. Elles permettent de se retrouver pendant quelques jours, d’oublier les soucis. La musique, la danse et les spectacles offrent cette parenthèse dont chacun peut avoir besoin. Mais la parenthèse finit toujours par se refermer. Après le dernier morceau, les lumières s’éteignent et chacun retourne à sa vie courante.
Pendant ce temps, les préoccupations demeurent. Quand la fête devient permanente, le risque est de transformer la distraction en anesthésiant collectif. Le citoyen se déhanche aujourd’hui, retrouve demain les mêmes problèmes auxquels il tentait, quelques heures plus tôt, d’échapper. Il faut toutefois se garder de jeter l’opprobre sur les festivals. Les instigateurs, même lorsqu’ils poursuivent des intérêts commerciaux — ce qui reste compréhensible dans un secteur où la concurrence est rude — cherchent aussi à faire connaître leurs localités. La plupart des créateurs de projets travaillent de bonne foi. Une célébration bien pensée donne de la visibilité à une région, valorise ses artistes, attire des visiteurs et peut même faire vivre toute une économie locale. Lorsque le pouvoir s’en mêle, la fête change de nature. Les dirigeants mettent alors le feu aux festivités. La cérémonie ne sert plus seulement à distraire, elle devient une manière de faire danser l’opinion à la cadence des intérêts du moment.
La fête revendique
Depuis une trentaine d’années, les manifestations culturelles ont pris une autre dimension. Les rassemblements témoignent d’un attachement de plus en plus marqué à ce qui fait la particularité d’un territoire. Dès lors, la revendication identitaire s’invite dans la partie. Du Nord au Sud de Madagascar, « les groupes humains » mettent en avant leurs traditions, leurs langues, leurs histoires, leurs symboles. La scène devient un lieu où l’on se reconnaît. Fanamby Rasamoely, anthropologue culturel de formation, estime que l’art constitue justement un moyen privilégié de réappropriation de son appartenance. « En fait, la politique ne fait que suivre. L’art, la culture en général entame la lutte », affirme-t-il. Une assertion qui mérite réflexion, puisque la revendication peut commencer sur les planches. L’artiste ne brandit pas forcément un slogan. En revanche, il montre ce qu’il est.
L’anthropologue considère l’art comme un mouvement de contestation qui peut s’avérer efficace. « Il faut au moins un quart de siècle pour que la population se rende compte que les metteurs en scène, les dramaturges, les entrepreneurs événementiels ont joué un rôle primordial dans cette construction identitaire », conclut-il.
La fête n’est donc jamais tout à fait innocente. Elle peut aussi rappeler à une population sa source. Mince est la frontière entre diversion et revendication. Tout dépend finalement de celui qui écrit le scénario, et de ceux qui regardent avec admiration.
Sombinaina investira la scène du No Comment Bar à Isoraka ce soir à 20h30, pour un spectacle d’humour attendu par les amateurs de stand-up tananarivien. Connu pour son regard affûté sur le quotidien malgache, l’humoriste promet une soirée placée sous le signe de la dérision et du rire partagé. Ce rendez-vous intimiste s’annonce comme une parenthèse idéale pour décompresser en fin de semaine dans l’ambiance chaleureuse de ce cabaret de la capitale. Les réservations sont d’ores et déjà conseillées pour s’assurer une place de choix face à cet artiste qui manie l’autodérision avec brio.
(crédit photo : Soaravo Mahalia)
Mahalia et Anjatiana à la Teinturerie
Le rock malgache résonnera aujourd’hui dès 20 heures à La Teinturerie, à Ampasanimalo, où Mahalia, membre fondatrice du groupe emblématique Loharano, ayant porté les couleurs de la Grande île jusqu’à la scène internationale du Hellfest, se produira aux côtés d’Anjatiana. Ce moment électrique promet de fusionner énergie brute et sensibilité artistique dans l’ambiance si particulière de ce haut lieu culturel de la capitale. Les mélomanes et amateurs de riffs percutants y trouveront une occasion rare de vibrer au rythme d’une performance live taillée sur mesure.
(crédit photo : Madagascar Tourisme)
« Zara lalao » pour les tous petits
En ces mois de vacances, les tout-petits et les toutes petites restés à la capitale pourront s’amuser au jardin d’Antaninarenina avec l’évènement « Zara lalao », sur deux jours à partir de demain. Il y aura des jeux comme le « sabaka », le « zoera », les contes, le « katro », le « vitsily »… Des expositions sur la culture folklorique malgache, la gastronomie nationale et d’autres s’y tiendront également. Des spectacles avec Ken, Mamina, Melky, entre autres, seront aussi au menu. Une belle initiative pour les parents, surtout, soucieux de trouver des loisirs autres que la « télé », « YouTube » et compagnie pour leurs progénitures.
(crédit photo : Finengo Mahasaky)
Finengo Mahasaky se déchaîne
Dimanche à 15h au CGM Analakely, Finengo Mahasaky présentera son spectacle humoristique « Izy iry ambony iry ». Fidèle à son habitude, l’artiste portera un regard satirique et sans filtre sur les petits travers du quotidien à travers des sketches percutants. Cette représentation dominicale offrira ainsi au public de la capitale une parenthèse résolument décalée et salvatrice. Connu pour ses chroniques décalées et son regard incisif sur les travers du quotidien, l’artiste promet une prestation taillée pour détendre les spectateurs en fin de week-end. Un moment à partager entre bande de copains et copines, entre familles, etc.