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jeudi, octobre 15, 2026
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Pilote de ligne – formation théorique ATPL(A) : Inscriptions à l’ENEAM jusqu’au 9 octobre 2026

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Les inscriptions sont ouvertes pour ceux qui s’intéressent à la carrière de pilote de ligne pour la formation théorique ATPL(A) – Airline Transport Pilot Licence. L’école d’aviation ENEAM (École nationale d’enseignement de l’aéronautique et de la météorologie) vient d’annoncer la nouvelle, précisant que la clôture des inscriptions est fixée au 9 octobre 2026, ce qui laissera aux candidats potentiels une quinzaine de jours pour s’inscrire. Les cours débuteront le 13 octobre 2026. Pour rappel, l’ATPL(A) est la licence de pilote de ligne pour avion, représentant le niveau le plus élevé de qualification pour un pilote professionnel dans l’aviation civile.

Hanitra R.

Filière bambou : Vers une normalisation des produits pour accéder au marché international

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Les artisans ont été dotés de matériels et d’équipements modernes.
Les artisans ont été dotés de matériels et d’équipements modernes.

L’association Fivoarana Malagasy (AFIMA), spécialisée dans la transformation du bambou à Ambilanibe Andavamamba, vient de bénéficier d’un important lot de matériel et d’équipements modernisés. Cette dotation vise à renforcer la performance et la qualité de ses activités de transformation.

Ce soutien est le fruit d’un partenariat fructueux entre le projet INBAR (Organisation internationale du bambou et du rotin) à Madagascar et la coopération chinoise. C’est un réseau regroupant une cinquantaine de pays. Les membres de l’association AFIMA ont ainsi reçu, entre autres, des machines à coudre, des perceuses électriques, des meuleuses d’angle, diverses scies, des compresseurs d’air, des ponceuses, des pistolets à peindre ainsi que des chalumeaux de plombier. « Ces artisans ont déjà bénéficié de formations dans la transformation du bambou. Toutefois, ils manquaient de moyens techniques pour se perfectionner, sans compter les défis liés à l’approvisionnement en matières premières et aux débouchés. Le projet INBAR vise à structurer cette chaîne de valeur en professionnalisant les artisans, tout en contribuant à l’industrialisation et à la protection de l’environnement. La remise de ces équipements permettra de normaliser les produits afin d’accéder plus facilement au marché international. Nous nous acheminons progressivement vers une industrialisation de la filière », a expliqué Njaka Rajaonarison, coordinateur du projet INBAR à Madagascar, lors de la cérémonie de remise à Andavamamba.

Economie verte

Parallèlement, le projet INBAR et le CNBART faciliteront l’approvisionnement des artisans en matières premières depuis les principales zones de production, telles qu’Anjozorobe, Moramanga, Manakara et Toamasina. « Grâce à ces équipements, les bambous transformés respecteront rigoureusement les normes requises. À titre d’exemple, l’utilisation des pistolets à peindre éliminera toute trace de pinceau sur les meubles. Les produits finis bénéficieront d’un traitement insecticide adapté et d’un séchage maîtrisé pour éviter qu’ils ne se fendent. De plus, le façonnage gagnera en précision. Quant aux artisanes, elles pourront désormais confectionner elles-mêmes les coussins pour sièges et canapés grâce aux machines à coudre, au lieu d’en acheter à Ambodinisotry », a précisé Jean Yves Razafindrakoto, président du CNBART, structure regroupant les techniciens et experts en bambou à Madagascar.

Dans cette dynamique, des pays leaders du réseau INBAR, comme l’Inde, à travers son centre d’expertise CIBART, apportent leur assistance technique pour renforcer les compétences locales. Actuellement, Madagascar exporte déjà des meubles et des madriers en bambou vers La Réunion, les Seychelles et l’Europe. De son côté, Rasolonirina Ramenason, coordonnateur national des projets au sein du ministère de l’Environnement et du Développement durable (MEDD), a annoncé la mise en place de pépinières dans cinq régions (Analamanga, Alaotra Mangoro, Atsinanana, Vatovavy et Fitovinany) afin d’assurer la pérennité de la ressource. « L’application d’une réglementation encadrant cette chaîne de valeur s’impose pour garantir une meilleure gouvernance et promouvoir l’économie verte », a-t-il conclu.

Navalona R

Filière vanille : 5 080 tonnes exportées à fin août 2026

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La vanille malgache s’achemine vers un rééquilibrage de l’offre et de la demande.
La vanille malgache s’achemine vers un rééquilibrage de l’offre et de la demande.

Bon an, mal an, la vanille malgache continue de dominer le marché international. D’après les statistiques disponibles, Madagascar a exporté 5 080 tonnes de vanille à fin août 2026.

Pour la prochaine campagne 2026-2027, les autorités tablent sur une production de vanille exportable de 2 500 tonnes. À ce volume devrait s’ajouter un report de stock, évalué, d’après notre source, à 1 000 tonnes. En somme, pour la prochaine campagne d’exportation, qui devrait débuter au plus tard au mois de novembre, Madagascar proposera sur le marché international une offre de 3 500 tonnes de vanille. Bref, après avoir exporté plus de 5 000 tonnes au cours de la campagne écoulée, Madagascar pourrait revenir à un niveau de production exportable de 2 500 tonnes. Si cette contraction se confirme et si la demande demeure suffisamment soutenue, elle pourrait contribuer à réduire progressivement la pression exercée par l’excédent d’offre. Il s’agit visiblement d’un rééquilibrage entre l’offre et la demande internationale, estimée entre 2 500 tonnes et 2 700 tonnes. Mais le stock reporté local de 1 000 tonnes constitue encore un autre problème à résoudre. Par ailleurs, notre source a indiqué que le report de stock de 7 000 tonnes annoncé dans notre précédente édition n’est pas confirmé et ne concerne pas le stock répertorié à Madagascar.

R.Edmond.

Madagascar–FMI : Le processus avance après plusieurs semaines d’échanges techniques

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Le dossier de Madagascar devrait revenir devant le Conseil d’administration du Fonds monétaire international vers la fin du mois de septembre, après un premier report intervenu en juillet. Le Conseil devrait examiner les troisième et quatrième revues combinées au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), ainsi qu’une demande de dérogation liée à un écart sur un critère de performance. Le report du dossier était notamment intervenu après la décision de l’État malgache de suspendre momentanément l’application du mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants à la pompe, pour éviter des retombées négatives plus coûteuses. À la suite de cette décision, le FMI a demandé aux autorités malgaches des précisions sur les mesures compensatoires envisagées, leurs effets attendus et leur soutenabilité. Des échanges techniques ont alors été engagés entre les deux parties afin d’examiner en détail les implications budgétaires et macroéconomiques de l’orientation retenue par Madagascar.

Sur la table

La différence, désormais, est que le pays dispose d’un plan de relance économique et d’une politique plus structurée pour guider ses décisions. L’objectif affiché est de ne plus fonder les arbitrages uniquement sur les constats du passé ou sur les situations déjà subies, mais de les inscrire dans une stratégie définissant des priorités, des mesures et des perspectives. La suspension temporaire du mécanisme d’ajustement des prix à la pompe s’inscrit ainsi, selon cette logique, dans une orientation économique plus large, accompagnée de mesures destinées à préserver les équilibres tout en soutenant la relance. Les autorités malgaches ont donc dû expliciter auprès du FMI le contenu de ces mesures et démontrer la cohérence, ainsi que la soutenabilité, de l’option choisie. Après plusieurs semaines de discussions techniques et de clarifications, le processus progresse désormais vers une nouvelle étape. L’examen attendu vers la fin septembre devra notamment permettre d’apprécier les avancées réalisées, les ajustements demandés et la compatibilité de la stratégie économique malgache avec les engagements pris dans le cadre des programmes conclus avec le FMI.

Antsa R.

PGE-R : Cap sur l’accélération des financements déjà disponibles

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Le Gouvernement et les partenaires techniques et financiers renforcent leur coordination autour des dix batailles stratégiques de la PGE-R, avec des résultats attendus pour la population.

Accélérer l’exécution des financements déjà disponibles et améliorer leur impact. Telles sont les grandes lignes des discussions lors de la rencontre organisée hier au Novotel Ivandry. En effet, la mise en œuvre de la Politique générale de l’État pour la Refondation (PGE-R) entre dans une phase où la vitesse d’exécution devient aussi importante que la mobilisation des financements. Réunis dans le cadre de la Plateforme des partenaires de mise en œuvre de la PGE-R, le Gouvernement et les Partenaires techniques et financiers ont confronté le portefeuille des financements extérieurs aux priorités nationales fixées par l’État. Au cœur des discussions : les dix batailles stratégiques de la PGE-R, allant de l’accès à l’eau potable et à l’électricité à la réduction des délestages, en passant par la maîtrise de la vie chère, la sécurité, l’emploi, la production alimentaire, les infrastructures, la relance économique, l’intégrité publique ainsi que la transparence et la crédibilité des élections et du référendum. Au-delà des engagements financiers, l’enjeu porte désormais sur la capacité à transformer rapidement les ressources disponibles en réalisations mesurables.

Efficience

Le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, a insisté sur la nécessité d’améliorer l’efficience des investissements et des dépenses publiques. Dans un contexte de raréfaction des ressources, l’objectif n’est pas uniquement de rechercher de nouveaux financements, mais aussi de mieux utiliser ceux déjà mobilisés. Le ministre a notamment pointé la nécessité de réduire les lourdeurs administratives susceptibles de ralentir les investissements et de renforcer la coordination entre partenaires. Une meilleure articulation des interventions devrait permettre d’éviter la dispersion des financements et d’en améliorer l’impact dans les secteurs et les territoires. Pour le MEF, l’enjeu est double : accélérer l’exécution tout en veillant à ce que chaque ressource mobilisée produise davantage de résultats pour la population.

Volonté politique

Le Premier ministre, chef du Gouvernement, Mamitiana Rajaonarison, a, de son côté, réaffirmé la volonté de l’Exécutif d’accélérer les procédures, de faciliter les échanges avec les partenaires et de rester à l’écoute de leurs observations. La plateforme Gouvernement-PTF se veut ainsi un espace de coordination destiné à rapprocher les ressources des priorités de la Refondation. L’ambition est de faire de la PGE-R non seulement un cadre de programmation, mais surtout un instrument capable de produire des impacts visibles sur les conditions de vie des Malgaches.

Antsa R

Branco Nantenaina : « Les titres délivrés par les services fonciers ont-ils encore de la valeur à Madagascar ? »

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Le président de la COJM s’exprime sur le terrain brûlant des litiges fonciers au moment même de la célébration du premier anniversaire de la lutte initiée par les jeunes en septembre 2025.

Tremplin

« La lutte menée par les jeunes ne doit pas servir de tremplin pour certains », selon le président national de la Coalition des Organisations des Jeunes Malagasy (COJM), Branco Nantenaina. Et de citer l’affaire – au propre comme au figuré – d’une trentaine de maisons d’habitation et de villas menacées de démolition du côté de Mandrosoa Ivato Aéroport. « Les titres délivrés par les services fonciers et les bornes ont-ils encore de la valeur à Madagascar ? », interpelle-t-il, en produisant à l’appui les certificats d’immatriculation et de situation juridique délivrés par la conservation de la propriété foncière sur les constructions concernées.

Revirement

« Les titres ont été obtenus en 1995 », fait remarquer le président de la COJM, rappelant dans la foulée que les propriétaires de ces maisons et villas avaient eu gain de cause à tous les niveaux de juridiction (Tribunal de Première Instance, Cour d’Appel, Cour Suprême), avant un revirement de la justice en faveur de la partie adverse. Face à ce revirement, Branco Nantenaina, qui avait participé activement avec la COJM au « tolona » des jeunes en 2025, a saisi la ministre de la Justice et son homologue de l’Aménagement du Territoire et des Services fonciers. « J’ai même adressé une lettre au PRRM », rapporte-t-il.

Fanavaozana

Il, c’est toujours le président de la COJM, qui réitère son appel au chef de l’État et aux organisations chargées de la défense des droits de l’homme à Madagascar, ainsi qu’au Pôle anti-corruption (PAC) et au Bianco, face à la mesure de démolition des constructions en dur visées. « Comment leurs propriétaires et/ou occupants pourront-ils aller se loger ailleurs en cette période de rentrée scolaire qui a occasionné beaucoup de dépenses pour les parents ? », interroge-t-il. Une manière de dire – et il le dit – que les familles concernées n’ont pas les moyens de déménager ailleurs, puisqu’elles ont investi l’économie de toute une vie dans la construction de ces maisons et villas aujourd’hui menacées de démolition. « Ce n’est pas pour reprendre les mêmes pratiques qu’on a renversé le précédent régime. Ce n’est pas cela le Fanavaozana pour lequel les jeunes ont lutté au péril de leur vie », estime Branco Nantenaina. Comme son prénom Nantenaina l’indique, il espérait un changement, notamment dans le domaine de la justice en général et dans le domaine – dans tous les sens du terme – de la propriété foncière en particulier.

R.O

Maître Saïd Larifou :  Madagascar face aux défis de 2050

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L’avocat international animera une conférence sur les enjeux stratégiques et démographiques du pays le 29 septembre à Antsiranana. (Photo d’archives).
L’avocat international animera une conférence sur les enjeux stratégiques et démographiques du pays le 29 septembre à Antsiranana. (Photo d’archives).

L’avocat international revient sur le mouvement Gen Z, la situation démographique du pays et les responsabilités du gouvernement face aux enjeux des prochaines décennies. Madagascar compte aujourd’hui plus de 30 millions d’habitants et pourrait atteindre près de 50 millions à l’horizon 2050. Une évolution démographique qui, pour Maître Saïd Larifou, ne peut être laissée de côté dans les réflexions sur l’avenir du pays. L’avocat international estime que Madagascar dispose de nombreuses richesses, mais qu’elles restent insuffisamment valorisées. Il va jusqu’à qualifier le pays de « pays gâché ». Une manière de rappeler que les potentialités existent, mais que leur mise en valeur reste un défi pour les responsables du pays.

Climat de confiance

En revenant sur le mouvement Gen Z, Maître Saïd Larifou rappelle qu’il constitue, selon lui, l’une des origines du changement politique intervenu dans le pays. Il estime que les revendications de cette jeunesse ne doivent pas être oubliées. Il évoque également une jeunesse africaine qui porte une vision pacifique et fait entendre ses revendications au-delà des frontières. Des revendications qui, selon lui, concernent aussi les jeunes et les communautés africaines installées en Europe, en Amérique ou en Afrique, entre autres. Pour Maître Saïd Larifou, le gouvernement doit aujourd’hui établir un climat de confiance avec la population. Il appelle également à présenter une vision claire et à expliquer les différentes étapes nécessaires au redressement du pays. Il rappelle que la population doit connaître les responsabilités qui incombent aux dirigeants dans cette période. Une manière, pour lui, de remettre la responsabilité du devenir du pays au centre du débat.

Coopération régionale

La question de la gouvernance est également évoquée. Maître Saïd Larifou fait remarquer que Madagascar ne doit pas considérer la communauté internationale comme celle qui doit définir seule la situation du pays. La stabilité nationale doit, selon lui, rester une priorité. Il insiste aussi sur la nécessité de faciliter les échanges et de respecter l’État de droit. Pour lui, le développement constitue la principale voie permettant au pays de préparer son avenir. Cette intervention intervient dans le cadre d’une conférence qui se tiendra le 29 septembre à l’Université d’Antsiranana, autour du thème « Antsiranana, porte stratégique de Madagascar sur l’océan Indien : souveraineté, coopération régionale et vision à l’horizon 2050 ». Organisée par l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance (IDIABG), la rencontre entre dans le cadre de la célébration du 70e anniversaire de la province d’Antsiranana.

Recueillis par Nadia R.

Samifin : Trois candidats sur la table pour le poste de DG

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Trois candidatures sont désormais sur la table de la présidence de la République pour prendre les rênes du Service de renseignement financier (Samifin). Elles ont été transmises le 10 septembre dernier, au terme d’un processus de sélection ayant retenu trois dossiers parmi les 27 candidatures enregistrées. L’appel à candidatures avait été lancé le 6 juillet 2026 et clôturé le 11 août. La sélection s’est déroulée en plusieurs étapes, notamment l’examen des curriculum vitae et des dossiers de candidature, les entretiens avec les candidats, ainsi que les enquêtes de moralité. À l’issue de cette procédure, trois profils ont été retenus et soumis à la présidence en vue de la nomination du prochain directeur général. La décision revient désormais à la Présidence de la République. Le futur titulaire dirigera le Samifin pour un mandat de quatre ans. Depuis juillet 2026, Haja Lalao Razanamanana assure l’intérim à la tête de l’institution. Le poste était précédemment occupé par Mamitiana Rajaonarison, avant sa nomination au poste de Premier ministre, le 15 mars 2026. Le prochain DG devra ainsi prendre les commandes d’un service stratégique dans le dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Rija R.

Un an de la Refondation : Une commémoration à la facture salée

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La décision du gouvernement de décréter jour férié la journée de demain va certainement entraîner un énorme manque à gagner au niveau de la caisse de l’État, mais aussi chez les petites et moyennes entreprises et dans le secteur informel. 

Pas de ferveur nationale

En termes de popularité, la Refondation n’a pas encore atteint le summum, ou du moins le minima requis pour un régime fraîchement propulsé au pouvoir. À travers les réactions sur les réseaux sociaux, les critiques fusent de partout. C’est certainement la raison pour laquelle le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, décide de recourir aux services des députés et maires IRMAR, ainsi qu’aux acteurs politiques qui ont traversé les régimes qui se sont succédé, pour pouvoir se remettre sur les rails et espérer rivaliser avec les grandes écuries lors des prochaines échéances électorales. Et ce, au détriment des membres de la Gen Z qui ont initié les manifestations le 25 septembre 2025. Les partisans du « tolona » seront donc en ordre dispersé pour commémorer le premier anniversaire de la Refondation. Bon nombre des militants de la première heure et des grandes figures de la grève initiée par la jeunesse en 2025 ont affiché leur déception par rapport à la tournure des événements et ont déjà annoncé qu’ils ne prendront pas part aux festivités organisées demain. En effet, d’après les constatations, cette commémoration ne fait pas l’unanimité et ne bénéficie ni de la ferveur ni d’une légitimité populaire.

Décret

Est-ce que cette commémoration mérite d’être décrétée jour férié ? Cette question est au centre des débats depuis la décision du gouvernement de décréter jour férié, chômé et payé la journée du 25 septembre. Si la décision a été accueillie positivement chez les fonctionnaires et les employés du secteur formel, car cela va leur permettre de bénéficier d’un long week-end, elle a toutefois provoqué de vives réactions, notamment de la part des petites et moyennes entreprises, mais aussi chez les travailleurs du secteur informel. Il convient de rappeler que ce secteur emploie plus de 80% des Malgaches. Nul n’ignore, en effet, que l’arrêt total, pendant une journée, des activités économiques entraîne un manque à gagner énorme pour la caisse de l’État et pour les ménages. Les marchands ambulants et les petits commerces, les artisans, les transporteurs, les travailleurs informels et toutes les couches de la population qui doivent trouver leur pain quotidien au jour le jour sont les plus affectés par cette décision. Pour ces derniers, ne pas travailler pendant une journée signifie être privé de revenu. La perte est donc totale.

Divertir la population

Ayant participé activement aux manifestations qui avaient provoqué la chute de l’ancien régime, le député d’Arivonimamo Antoine Rajerison est contre la suspension des activités économiques pendant la journée de commémoration du 25 septembre. « Est-ce que nous voulons vraiment développer le pays ou bien cherchons-nous uniquement à divertir la population ? », se demande-t-il. Et de dénoncer, au passage, la pratique des tenants du pouvoir de la Refondation qui consiste en la distribution d’argent pendant leurs déplacements dans les régions. Dans une publication, le président national du parti FIVOI accuse le régime actuel de répéter les « werawera » auxquels on avait critiqué le régime Rajoelina. Et le député Antoine Rajerison de rappeler qu’un jour férié peut entraîner une perte économique colossale si l’on se réfère au PIB quotidien, estimé à environ 232,5 milliards d’ariary. En tout cas, à cette allure, la commémoration de l’anniversaire du 25 septembre risque de laisser une facture salée car, mises à part les pertes économiques que cette décision gouvernementale pourrait provoquer, les frais de l’organisation sont aussi une autre affaire d’argent à ne pas négliger. Pas plus tard que la semaine dernière, une vidéo montrant la distribution de fortes sommes d’argent à des jeunes pro-pouvoir a provoqué l’indignation chez les observateurs. Tout de suite après la fuite de la vidéo, une des jeunes concernées par cette affaire avait expliqué que l’argent en question aurait été destiné à couvrir certaines dépenses liées à cette journée de commémoration.

Davis R

Coopération USA-Madagascar : Trump dépêche son conseiller spécial pour rencontrer Michael Randrianirina

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Rencontre entre Michaël Randrianirina et Massad Boulos (à droite) à New York le 22 septembre 2026.
Rencontre entre Michaël Randrianirina et Massad Boulos (à droite) à New York le 22 septembre 2026.

La rencontre, le 22 septembre à New York, entre le président malgache Michaël Randrianirina et Massad Boulos, conseiller principal de Donald Trump pour les affaires africaines, témoigne des tentatives de rapprochement entre Washington et les nouvelles autorités malgaches.

Dans le cadre de son passage aux États-Unis pour assister à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, Michaël Randrianirina a reçu à New York, le 22 septembre dernier, Massad Boulos, « l’homme Afrique » de Donald Trump. Cette rencontre intervient surtout dans un contexte où les États-Unis cherchent à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques. Et, dans ce cadre, le dossier des terres rares malgaches, notamment le projet Vara Mada à Toliara, apparaît ainsi comme l’un des points sensibles de cette nouvelle relation.

Dimension familiale

Massad Boulos n’est pas un émissaire américain ordinaire. Conseiller principal de Donald Trump pour l’Afrique, il est présenté comme l’un des principaux canaux de la diplomatie africaine de la Maison-Blanche. Nommé à ce poste en avril 2025, l’homme d’affaires américano-libanais est également le beau-père de Tiffany Trump, fille du président américain. Son rôle dépasse toutefois la seule dimension familiale. Il agit comme un interlocuteur direct de Washington auprès de plusieurs dirigeants africains. Sa rencontre avec Michaël Randrianirina à New York prend donc une dimension particulière. Elle intervient alors que Madagascar semble progressivement gagner en importance dans les calculs économiques et stratégiques américains. Depuis le début de l’année, les contacts de haut niveau entre Washington et Antananarivo se sont multipliés.

Deux hommes

En avril, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison avait rencontré à Washington le secrétaire d’État adjoint Christopher Landau. Les discussions avaient notamment porté sur les échanges commerciaux, les investissements et le projet Vara Mada. Le Département d’État américain avait explicitement évoqué la nécessité de renforcer les chaînes d’approvisionnement stratégiques américaines, tout en mettant en avant les retombées attendues pour Madagascar en matière d’emplois, de recettes et d’infrastructures.

Deux mois plus tard, en juin 2026, Washington envoyait à son tour à Antananarivo deux responsables particulièrement au fait des dossiers africains, en l’occurrence Nick Checker, sous-secrétaire d’État adjoint chargé des affaires africaines, et Christopher Kulukundis, conseiller Afrique de Donald Trump. Les deux hommes avaient été reçus par Michaël Randrianirina, Mamitiana Rajaonarison et le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko. Le projet Vara Mada figurait parmi les sujets abordés.

Vara Mada

Cette succession de contacts de haut niveau révèle un intérêt américain devenu plus soutenu pour Madagascar, alors que la compétition internationale autour des minerais critiques s’intensifie. Le dossier Vara Mada donne une profondeur économique à cette offensive diplomatique. Le projet, porté par Energy Fuels dans le sud-ouest de Madagascar, prévoit notamment la production de minéraux lourds contenant de la monazite, source de terres rares. Energy Fuels envisage d’expédier le concentré de monazite vers son usine de White Mesa, dans l’Utah, pour y produire des oxydes de terres rares destinés au marché américain et à ses partenaires.

USDFC

Le projet a d’ailleurs changé d’échelle stratégique en 2026. Son promoteur a présenté une nouvelle étude de faisabilité et Washington a multiplié les signes d’intérêt pour les minerais critiques malgaches. En juillet, l’administration américaine a par ailleurs apporté son soutien financier au développement d’un autre projet de terres rares à Madagascar, celui de Harena Rare Earths, à Ampasindava. L’International Development Finance Corporation américaine a annoncé un financement destiné aux travaux de développement du projet, présenté comme une source stratégique potentielle pour diversifier les approvisionnements américains. Madagascar s’insère progressivement dans la stratégie américaine de diversification des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, dans un marché mondial largement marqué par la domination chinoise sur plusieurs segments des terres rares.

Compétition.

Au-delà des intérêts portés sur le sous-sol malgache, Washington cherche également à consolider ses relations commerciales et diplomatiques avec les nouvelles autorités. La communication officielle américaine présente le développement économique, l’investissement et le commerce comme les principaux axes du rapprochement. Mais le choix des interlocuteurs et la fréquence des visites donnent une autre profondeur à cette relation. La présence successive de hauts responsables spécialisés dans les affaires africaines, puis l’intervention directe de Massad Boulos à New York, témoignent d’une implication politique qui dépasse les échanges diplomatiques.

Rija R.